Montréal - La cohabitation survivra-t-elle au test du budget?
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, entouré de deux de ses collègues du comité exécutif, Lyn Thériault, de Vision Montréal, et Helen Fotopulos, d’Union Montréal.
L'apparente harmonie qui règne à l'Hôtel de ville de Montréal pourrait être mise à rude épreuve lors de l'adoption du budget de la Ville en janvier. Membre du comité exécutif, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a imposé ses conditions pour que son équipe appuie le budget, mais lui-même pourrait se retrouver dans une position inconfortable puisqu'il ne pourra s'opposer aux décisions prises par l'administration du maire Tremblay.
Contraint d'être solidaire des décisions du comité exécutif dont il fait partie, Richard Bergeron pourrait tomber subitement malade ou devoir s'éclipser momentanément lorsque le budget de la Ville sera soumis au vote du conseil municipal en janvier. C'est ce qu'il a avoué avec une pointe d'humour, hier, alors qu'il dévoilait les conditions auxquelles son parti accepterait d'appuyer le budget.
En conférence de presse, M. Bergeron a exposé ces trois conditions. Dans un premier temps, il a demandé que l'administration Tremblay gèle les tarifs de la Société de transport de Montréal (STM), qu'elle renonce à sabrer les programmes triennaux d'immobilisation (PTI) des arrondissements et, enfin, que les dotations versées aux arrondissements par la ville-centre soient haussées dans la même proportion que les revenus de la Ville.
Il est fort peu probable que les voeux de M. Bergeron soient exaucés puisque la STM vient tout juste d'annoncer que la carte autobus-métro (CAM) passera de 68,50 $ à 70 $ le 1er janvier, et il serait illusoire de penser que la société de transport, dont la situation financière est fort précaire, change son fusil d'épaule. Quant aux autres conditions, elles relèvent de scénarios toujours à l'étude.
«Ces trois demandes totalisent environ 20 millions de dollars, a indiqué Richard Bergeron. Vingt millions sur un budget de 4,1 milliards de dollars, c'est vraiment un effort tout à fait raisonnable que nous demandons à l'administration du maire Tremblay.»
Tous pour un
Il pourrait être difficile pour M. Bergeron de concilier son rôle de chef de parti d'opposition et de membre du comité exécutif dans les circonstances, puisqu'il a promis d'être solidaire des décisions du comité exécutif lorsqu'il a accepté d'y siéger le mois dernier. «Nous sommes dix à Projet Montréal et nous avons droit à la dissidence au sein du parti, incluant la dissidence du chef. Et le chef peut être subitement pris d'un besoin primaire et devoir s'absenter au moment du vote. On verra», a fait savoir M. Bergeron. Il a aussi évoqué une possible maladie qui pourrait l'empêcher d'assister à la séance du conseil municipal au cours de laquelle le budget sera adopté.
Richard Bergeron reconnaît qu'il pourrait être confronté à des dilemmes importants au cours des prochains mois et que le succès de la cohabitation au sein du comité exécutif est loin d'être acquis. «Je souhaite que cette expérience fonctionne, qu'elle fonctionne longtemps, pas quelques mois, mais plusieurs années, et qu'elle se fasse au bénéfice des Montréalais. Chacun doit mettre de l'eau dans son vin», a-t-il expliqué. Mais lorsque nous jugerons que la situation est trop difficile pour moi ou pour M. Tremblay, nous mettrons fin à cette expérimentation.»
Pour la chef de l'opposition et chef de Vision Montréal, Louise Harel, les trois conditions formulées par M. Bergeron «vont de soi», son parti s'étant déjà prononcé sur ces questions. «Ce qui va davantage retenir l'attention, c'est ce que va faire M. Bergeron si ces trois conditions ne sont pas réunies.» Elle s'insurge contre l'hypothèse évoquée par M. Bergeron d'une maladie soudaine ou d'une absence impromptue pour se soustraire au vote. «C'est irresponsable! C'est digne d'un parlement école! lance-t-elle. Ça démontre l'ambiguïté de cette fonction de chef de parti et de membre du comité exécutif. J'ai toujours pensé que le vrai test viendrait avec le budget.»
La conseillère de Vision Montréal, Lyn Thériault, siège elle aussi au comité exécutif, mais selon Mme Harel, son cas est tout à fait différent et beaucoup moins problématique que celui de M. Bergeron. «Il y a une différence importante entre le fait d'être le chef d'un parti et d'être simple conseiller, ajoute-t-elle sans vouloir se prononcer sur la conduite qu'adoptera Mme Thériault.
Dilemmes en perspective
Jusqu'à maintenant, les deux partis d'opposition semblent dresser un bilan plutôt positif du ménage à trois au comité exécutif, mais la situation pourrait se corser au cours des prochains mois. Les élus devront non seulement adopter le budget, mais également se prononcer sur des dossiers d'urbanisme délicats comme les projets de condos de Marianopolis, sur le flanc du mont Royal, ou de Cité-Nature, derrière les pyramides olympiques. Malgré ses réticences, M. Bergeron, qui est responsable de l'urbanisme au comité exécutif, devra se plier aux décisions prises par les élus de l'équipe Tremblay.
M. Bergeron minimise toutefois les conséquences du «test» que représente le budget. Des dissensions ne devraient pas conduire à des gestes d'éclat selon lui: «Il ne s'agit pas du test du siècle.»
Du côté du maire Tremblay, on se contente d'expliquer que les décisions concernant le budget ne sont pas encore prises. «Il est normal que l'opposition fasse ses demandes, mais M. Bergeron sait très bien que le comité exécutif n'a pas pris de décision finale et qu'il y a plusieurs scénarios qui circulent», a expliqué Darren Becker, attaché de presse au comité exécutif. M. Bergeron aura l'occasion de rappeler ses demandes à ses collègues du comité exécutif en janvier.» M. Becker n'a pas voulu commenter l'absence possible de Richard Bergeron lors du vote sur le budget.
Contraint d'être solidaire des décisions du comité exécutif dont il fait partie, Richard Bergeron pourrait tomber subitement malade ou devoir s'éclipser momentanément lorsque le budget de la Ville sera soumis au vote du conseil municipal en janvier. C'est ce qu'il a avoué avec une pointe d'humour, hier, alors qu'il dévoilait les conditions auxquelles son parti accepterait d'appuyer le budget.
En conférence de presse, M. Bergeron a exposé ces trois conditions. Dans un premier temps, il a demandé que l'administration Tremblay gèle les tarifs de la Société de transport de Montréal (STM), qu'elle renonce à sabrer les programmes triennaux d'immobilisation (PTI) des arrondissements et, enfin, que les dotations versées aux arrondissements par la ville-centre soient haussées dans la même proportion que les revenus de la Ville.
Il est fort peu probable que les voeux de M. Bergeron soient exaucés puisque la STM vient tout juste d'annoncer que la carte autobus-métro (CAM) passera de 68,50 $ à 70 $ le 1er janvier, et il serait illusoire de penser que la société de transport, dont la situation financière est fort précaire, change son fusil d'épaule. Quant aux autres conditions, elles relèvent de scénarios toujours à l'étude.
«Ces trois demandes totalisent environ 20 millions de dollars, a indiqué Richard Bergeron. Vingt millions sur un budget de 4,1 milliards de dollars, c'est vraiment un effort tout à fait raisonnable que nous demandons à l'administration du maire Tremblay.»
Tous pour un
Il pourrait être difficile pour M. Bergeron de concilier son rôle de chef de parti d'opposition et de membre du comité exécutif dans les circonstances, puisqu'il a promis d'être solidaire des décisions du comité exécutif lorsqu'il a accepté d'y siéger le mois dernier. «Nous sommes dix à Projet Montréal et nous avons droit à la dissidence au sein du parti, incluant la dissidence du chef. Et le chef peut être subitement pris d'un besoin primaire et devoir s'absenter au moment du vote. On verra», a fait savoir M. Bergeron. Il a aussi évoqué une possible maladie qui pourrait l'empêcher d'assister à la séance du conseil municipal au cours de laquelle le budget sera adopté.
Richard Bergeron reconnaît qu'il pourrait être confronté à des dilemmes importants au cours des prochains mois et que le succès de la cohabitation au sein du comité exécutif est loin d'être acquis. «Je souhaite que cette expérience fonctionne, qu'elle fonctionne longtemps, pas quelques mois, mais plusieurs années, et qu'elle se fasse au bénéfice des Montréalais. Chacun doit mettre de l'eau dans son vin», a-t-il expliqué. Mais lorsque nous jugerons que la situation est trop difficile pour moi ou pour M. Tremblay, nous mettrons fin à cette expérimentation.»
Pour la chef de l'opposition et chef de Vision Montréal, Louise Harel, les trois conditions formulées par M. Bergeron «vont de soi», son parti s'étant déjà prononcé sur ces questions. «Ce qui va davantage retenir l'attention, c'est ce que va faire M. Bergeron si ces trois conditions ne sont pas réunies.» Elle s'insurge contre l'hypothèse évoquée par M. Bergeron d'une maladie soudaine ou d'une absence impromptue pour se soustraire au vote. «C'est irresponsable! C'est digne d'un parlement école! lance-t-elle. Ça démontre l'ambiguïté de cette fonction de chef de parti et de membre du comité exécutif. J'ai toujours pensé que le vrai test viendrait avec le budget.»
La conseillère de Vision Montréal, Lyn Thériault, siège elle aussi au comité exécutif, mais selon Mme Harel, son cas est tout à fait différent et beaucoup moins problématique que celui de M. Bergeron. «Il y a une différence importante entre le fait d'être le chef d'un parti et d'être simple conseiller, ajoute-t-elle sans vouloir se prononcer sur la conduite qu'adoptera Mme Thériault.
Dilemmes en perspective
Jusqu'à maintenant, les deux partis d'opposition semblent dresser un bilan plutôt positif du ménage à trois au comité exécutif, mais la situation pourrait se corser au cours des prochains mois. Les élus devront non seulement adopter le budget, mais également se prononcer sur des dossiers d'urbanisme délicats comme les projets de condos de Marianopolis, sur le flanc du mont Royal, ou de Cité-Nature, derrière les pyramides olympiques. Malgré ses réticences, M. Bergeron, qui est responsable de l'urbanisme au comité exécutif, devra se plier aux décisions prises par les élus de l'équipe Tremblay.
M. Bergeron minimise toutefois les conséquences du «test» que représente le budget. Des dissensions ne devraient pas conduire à des gestes d'éclat selon lui: «Il ne s'agit pas du test du siècle.»
Du côté du maire Tremblay, on se contente d'expliquer que les décisions concernant le budget ne sont pas encore prises. «Il est normal que l'opposition fasse ses demandes, mais M. Bergeron sait très bien que le comité exécutif n'a pas pris de décision finale et qu'il y a plusieurs scénarios qui circulent», a expliqué Darren Becker, attaché de presse au comité exécutif. M. Bergeron aura l'occasion de rappeler ses demandes à ses collègues du comité exécutif en janvier.» M. Becker n'a pas voulu commenter l'absence possible de Richard Bergeron lors du vote sur le budget.
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