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    Revue de presse - S'en laver les mains

    Manon Cornellier
    5 décembre 2009 |Manon Cornellier | Montréal | Chroniques
    La conférence de Copenhague sur les changements climatiques démarre lundi et le Canada s'y présente avec une réputation entachée, de l'avis de la majorité.


    Auteur d'un livre sur le sujet, le chroniqueur Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, résume bien ce point de vue et il le fait sans pitié. Selon lui, le Canada se présentera dans la capitale danoise avec des cibles auxquelles personne — des gouvernements étrangers aux experts et fonctionnaires — n'accorde une once de crédibilité et auxquelles le gouvernement canadien lui-même ne croit pas.
    Et cela se voit, dit Simpson, aux stratégies d'évitement qu'il emploie. La première est de lier tout geste canadien à la future politique américaine. Cela permet de gagner du temps et, par ricochet, de s'éloigner encore plus de la possibilité de respecter lesdites cibles. Et si le Congrès américain s'enlise, «le gouvernement Harper sera capable de se réjouir en privé» tout en disant aux Canadiens ne pouvoir en faire plus. L'autre stratégie d'évitement est de dire que le Canada ne fera rien à moins que la Chine et l'Inde acceptent des cibles obligatoires. «Pareils engagements pourraient être difficiles à obtenir, ce qui est parfait pour un gouvernement qui ne veut vraiment pas faire grand-chose chez lui.» Simpson convient que beaucoup de pays se livrent à une joute politique et que Copenhague a peu de chances de se conclure sur un accord, mais «le reste du monde a pris la mesure des harperites [...] et s'attend maintenant à une autre piètre performance canadienne caractérisée par beaucoup de relations publiques au pays et un manque de substance à l'étranger».

    Tout un contraste avec la détermination affichée par Connie Hedegaard, la ministre danoise de l'Environnement, dans un texte paru dans le Toronto Star. Selon elle, Copenhague représente une croisée des chemins. Le monde doit choisir entre la route vers une prospérité verte et un avenir durable et celle de l'inaction qui laissera un lourd héritage aux générations futures. Pour son gouvernement, le choix est clair. «Nous travaillons pour un accord global sans ambiguïté qui réduira les émissions de GES et offrira technologies, moyens financiers et mesures d'adaptation.» Selon elle, le temps presse. «Chaque jour perdu, le prix augmente, tout comme les possibles conséquences catastrophiques des changements climatiques.» Elle se réjouit de voir l'effet qu'a déjà eu l'échéance de Copenhague. Plusieurs pays se sont commis, bien que certains de façon trop timide, car la pression des citoyens, des entreprises et de la société civile commence à se faire sentir. Aux leaders maintenant d'être à la hauteur, dit-elle. Ils «avaient promis aux citoyens de cette planète une solution. Le temps est venu d'assumer cette responsabilité et d'accoucher d'un accord vraiment global et ambitieux. [...] Nous n'avons pas d'autre choix.»

    Quand on refuse de voir...

    Le gouvernement Harper ne s'en tire pas beaucoup mieux dans le dossier du transfert des détenus afghans. La réplique des conservateurs aux questions commence à sérieusement irriter. Le Globe and Mail résume bien la réaction générale en parlant de «réponses empreintes de mépris à des questions sérieuses et raisonnables». Le quotidien est particulièrement agacé par l'insistance du gouvernement à censurer outre mesure les courriels et notes de service du fonctionnaire dénonciateur Richard Colvin. «Il y a peut-être de bonnes raisons pour noircir certaines portions de ces documents, mais aucune raison convaincante, à part celle passe-partout de la sécurité nationale, n'a été fournie.» Selon le Globe, affirmer que ces questions portent ombrage à des «héros de guerre canadiens» relève de la farce. Et en optant pour l'attaque ou le déni, le gouvernement «trahit un problème plus profond: une absence de curiosité à l'égard du sort des détenus». Le quotidien veut bien présumer que le personnel sur le terrain a agi de bonne foi dans des conditions difficiles, mais si des problèmes apparaissent encore aujourd'hui — le gouvernement ayant lui-même dit être intervenu à quelques reprises en 2009 pour obtenir des correctifs —, que dire des accusations passées? «La question revient à nouveau et encore, le gouvernement soulève un écran de fumée, empêche la divulgation de documents et attaque ceux qui posent des questions. Rien de tout cela n'inspire beaucoup confiance à ceux qui cherchent à connaître la vérité.»

    Quand on refuse de voir...
    Le gouvernement Harper ne s’en tire pas beaucoup mieux dans le dossier du transfert des détenus afghans. La réplique des conservateurs aux questions commence à sérieusement irriter. Le Globe and Mail résume bien la réaction générale en parlant de «réponses empreintes de mépris à des questions sérieuses et raisonnables». Le quotidien est particulièrement agacé par l’insistance du gouvernement à censurer outre mesure les courriels et notes de service du fonctionnaire dénonciateur Richard Colvin. «Il y a peut-être de bonnes raisons pour noircir certaines portions de ces documents, mais aucune raison convaincante, à part celle passe-partout de la sécurité nationale, n’a été fournie.» Selon le Globe, affirmer que ces questions portent ombrage à des «héros de guerre canadiens» relève de la farce. Et en optant pour l’attaque ou le déni, le gouvernement «trahit un problème plus profond: une absence de curiosité à l’égard du sort des détenus». Le quotidien veut bien présumer que le personnel sur le terrain a agi de bonne foi dans des conditions difficiles, mais si des problèmes apparaissent encore aujourd’hui — le gouvernement ayant lui-même dit être intervenu à quelques reprises en 2009 pour obtenir des correctifs —, que dire des accusations passées? «La question revient à nouveau et encore, le gouvernement soulève un écran de fumée, empêche la divulgation de documents et attaque ceux qui posent des questions. Rien de tout cela n’inspire beaucoup confiance à ceux qui cherchent à connaître la vérité.»
    James Travers, du Toronto Star, conclut, pour sa part, que Stephen Harper n’appuie pas les soldats, mais se cache derrière eux pour éviter d’assumer ses responsabilités. Car au bout du compte, dit Travers, cette affaire des détenus afghans en est une de responsabilité politique. Les libéraux et les conservateurs après eux «ont opté pour des cataplasmes, évité les gestes difficiles et dispendieux qui étaient requis pour s’assurer que ce pays fasse tout ce qui est nécessaire pour se plier à la lettre et à l’esprit des lois canadiennes et internationales». Et du coup, au lieu de protéger les troupes, le gouvernement les a exposées à des risques accrus, de dire Travers, et «ces échecs sont maintenant aggravés par ce qui semble, paraît et sent comme une autre opération de camouflage».













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