Compteurs d'eau - Harel échoue à faire annuler le contrat de BPR
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louise Harel
À retenir
- Le conseil municipal a approuvé à l'unanimité la résiliation du contrat des compteurs d'eau
- La Ville a encore besoin de l'expertise de BPR pour enterrer le contrat des compteurs d'eau soutient le maire Tremblay
- Richard Bergeron appuie le maire Tremblay
Le conseil municipal de Montréal a approuvé à l'unanimité, hier, la résiliation du contrat des compteurs d'eau, mais la chef de l'opposition, Louise Harel, a échoué dans sa tentative pour mettre fin au contrat de la firme BPR, chargée de surveiller les travaux que devait exécuter Génieau. Tant l'équipe du maire Tremblay que celle de Projet Montréal, dirigée par Richard Bergeron, ont refusé de l'appuyer dans sa démarche. La Ville a encore besoin de l'expertise de BPR pour enterrer le contrat des compteurs d'eau, a estimé une majorité de conseillers.
Avec 42 voix contre 16, les élus montréalais ont rejeté la motion présentée par Louise Harel hier après-midi à l'occasion de la séance du conseil municipal. Seuls les membres de Vision Montréal ont appuyé cette motion.
L'équipe de Mme Harel souhaitait que la Ville mette fin au contrat d'une durée de cinq ans et d'une valeur de 4,7 millions de dollars accordé à BPR en 2008 grâce à une entente de gré à gré. BPR devait surveiller les travaux effectués par le consortium Génieau. Le contrat des compteurs d'eau étant en voie de résiliation, Mme Harel ne voyait pas l'utilité de continuer de payer BPR pour surveiller des travaux qui ne seraient pas réalisés.
Gérald Tremblay a expliqué que la Ville avait encore besoin de l'expertise de BPR, notamment pour évaluer les réclamations que fera le consortium Génieau, dont le contrat sera officiellement résilié demain par le conseil d'agglomération. Rappelons qu'une clause du contrat des compteurs d'eau prévoit des pénalités de résiliation de 1 % de la valeur du contrat, auxquelles s'ajoutent les coûts des travaux déjà réalisés. Jusqu'à maintenant, la Ville n'a reçu qu'une facture de 91 000 $, a répété le maire. «Nous sommes prudents. L'expertise de BPR va nous être très utile lorsque nous recevrons de Génieau une réclamation», a-t-il indiqué. L'aide de BPR permettra aussi à l'administration de gérer la transition avec les ressources internes de la Ville, a-t-il ajouté.
Pour la chef de l'opposition, il apparaît «illogique» de poursuivre le contrat de BPR puisque le contrat des compteurs d'eau sera résilié. «J'assiste aujourd'hui à un détournement de mandat, a-t-elle dit. Nous faisons face à une situation où l'estimé des travaux qui ont eu lieu, ou n'ont pas eu lieu, sera donné à une firme qui était elle-même chargée de surveiller les travaux qui ont, ou pas, été réalisés.»
Les troupes de Projet Montréal ont aussi rejeté la motion. À l'instar du maire Tremblay, leur chef, Richard Bergeron, croit que la Ville avait encore besoin de BPR. Le conseiller Alex Norris a toutefois avoué ressentir un certain malaise. «Le maire nous a indiqué qu'on était l'otage de BPR et que pour négocier un dédommagement de Génieau, nous n'avions pas l'expertise interne. Le contrat n'aurait jamais dû être octroyé à BPR», a-t-il dit en rappelant les liens professionnels qui unissaient BPR à Dessau, du consortium Génieau, avant l'octroi du controversé contrat.
Plus tard, les élus ont approuvé la décision d'annuler le contrat de 355,8 millions, mais cette fois, la décision a été unanime.
Michel Labrecque
Lors de cette séance du conseil, le maire Tremblay a également confirmé la nomination de Michel Labrecque à la présidence du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal (STM). M. Labrecque occupait ce poste depuis janvier dernier, mais comme il a été battu lors des élections du 1er novembre dernier, M. Tremblay a dû man¶uvrer pour le replacer à ce poste en le nommant représentant des usagers, puis président. Il s'agit là d'un précédent puisque la tradition veut que la présidence soit confiée à un élu.
Tout en reconnaissant les compétences de M. Labrecque, les partis d'opposition ont lancé les hauts cris quant à cette «astuce» du maire. La chef de l'opposition a reproché à Gérald Tremblay de n'avoir nommé que des membres de son équipe pour siéger aux cinq postes du CA réservés aux élus. «Je constate que l'ouverture qui avait été annoncée il y a quelques semaines par le maire [...] se termine au moment même où ces nominations se font», a indiqué Louise Harel. De son côté, le conseiller Alex Norris, de Projet Montréal, a lancé: «Le maire n'a pas d'élus compétents qu'il peut nommer à ce poste?»
Le conseiller Marvin Rotrand assumera la vice-présidence du CA de la STM, alors que Dominic Perri, Jocelyn-Ann Campbell, Bernard Blanchet et Monica Ricourt, tous d'Union Montréal, occuperont les autres postes.
Les débats du conseil municipal, qui avaient débuté lundi soir, se sont poursuivis toute la journée hier. À un certain moment, excédée par la longueur des interventions des élus de l'opposition, la conseillère Jocelyn-Ann Campbell est intervenue pour demander un peu de retenue. «Les discussions vont dans toutes les directions. Je sais qu'il y a des conseillers ici qui étaient habitués de parler pendant des journées entières, soit à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes, mais ici, nous sommes au conseil municipal», a-t-elle déclaré. À 16h15, la séance a finalement été levée.
Avec 42 voix contre 16, les élus montréalais ont rejeté la motion présentée par Louise Harel hier après-midi à l'occasion de la séance du conseil municipal. Seuls les membres de Vision Montréal ont appuyé cette motion.
L'équipe de Mme Harel souhaitait que la Ville mette fin au contrat d'une durée de cinq ans et d'une valeur de 4,7 millions de dollars accordé à BPR en 2008 grâce à une entente de gré à gré. BPR devait surveiller les travaux effectués par le consortium Génieau. Le contrat des compteurs d'eau étant en voie de résiliation, Mme Harel ne voyait pas l'utilité de continuer de payer BPR pour surveiller des travaux qui ne seraient pas réalisés.
Gérald Tremblay a expliqué que la Ville avait encore besoin de l'expertise de BPR, notamment pour évaluer les réclamations que fera le consortium Génieau, dont le contrat sera officiellement résilié demain par le conseil d'agglomération. Rappelons qu'une clause du contrat des compteurs d'eau prévoit des pénalités de résiliation de 1 % de la valeur du contrat, auxquelles s'ajoutent les coûts des travaux déjà réalisés. Jusqu'à maintenant, la Ville n'a reçu qu'une facture de 91 000 $, a répété le maire. «Nous sommes prudents. L'expertise de BPR va nous être très utile lorsque nous recevrons de Génieau une réclamation», a-t-il indiqué. L'aide de BPR permettra aussi à l'administration de gérer la transition avec les ressources internes de la Ville, a-t-il ajouté.
Pour la chef de l'opposition, il apparaît «illogique» de poursuivre le contrat de BPR puisque le contrat des compteurs d'eau sera résilié. «J'assiste aujourd'hui à un détournement de mandat, a-t-elle dit. Nous faisons face à une situation où l'estimé des travaux qui ont eu lieu, ou n'ont pas eu lieu, sera donné à une firme qui était elle-même chargée de surveiller les travaux qui ont, ou pas, été réalisés.»
Les troupes de Projet Montréal ont aussi rejeté la motion. À l'instar du maire Tremblay, leur chef, Richard Bergeron, croit que la Ville avait encore besoin de BPR. Le conseiller Alex Norris a toutefois avoué ressentir un certain malaise. «Le maire nous a indiqué qu'on était l'otage de BPR et que pour négocier un dédommagement de Génieau, nous n'avions pas l'expertise interne. Le contrat n'aurait jamais dû être octroyé à BPR», a-t-il dit en rappelant les liens professionnels qui unissaient BPR à Dessau, du consortium Génieau, avant l'octroi du controversé contrat.
Plus tard, les élus ont approuvé la décision d'annuler le contrat de 355,8 millions, mais cette fois, la décision a été unanime.
Michel Labrecque
Lors de cette séance du conseil, le maire Tremblay a également confirmé la nomination de Michel Labrecque à la présidence du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal (STM). M. Labrecque occupait ce poste depuis janvier dernier, mais comme il a été battu lors des élections du 1er novembre dernier, M. Tremblay a dû man¶uvrer pour le replacer à ce poste en le nommant représentant des usagers, puis président. Il s'agit là d'un précédent puisque la tradition veut que la présidence soit confiée à un élu.
Tout en reconnaissant les compétences de M. Labrecque, les partis d'opposition ont lancé les hauts cris quant à cette «astuce» du maire. La chef de l'opposition a reproché à Gérald Tremblay de n'avoir nommé que des membres de son équipe pour siéger aux cinq postes du CA réservés aux élus. «Je constate que l'ouverture qui avait été annoncée il y a quelques semaines par le maire [...] se termine au moment même où ces nominations se font», a indiqué Louise Harel. De son côté, le conseiller Alex Norris, de Projet Montréal, a lancé: «Le maire n'a pas d'élus compétents qu'il peut nommer à ce poste?»
Le conseiller Marvin Rotrand assumera la vice-présidence du CA de la STM, alors que Dominic Perri, Jocelyn-Ann Campbell, Bernard Blanchet et Monica Ricourt, tous d'Union Montréal, occuperont les autres postes.
Les débats du conseil municipal, qui avaient débuté lundi soir, se sont poursuivis toute la journée hier. À un certain moment, excédée par la longueur des interventions des élus de l'opposition, la conseillère Jocelyn-Ann Campbell est intervenue pour demander un peu de retenue. «Les discussions vont dans toutes les directions. Je sais qu'il y a des conseillers ici qui étaient habitués de parler pendant des journées entières, soit à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes, mais ici, nous sommes au conseil municipal», a-t-elle déclaré. À 16h15, la séance a finalement été levée.
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