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Libre opinion - Richard Bergeron mettra-t-il Projet Montréal en péril?

Paul Cliche - Membre de Projet Montréal  27 novembre 2009  Montréal
Comme on le sait, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a accepté avec joie et empressement l'invitation du maire Gérald Tremblay, chef d'Union Montréal, d'être membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, entièrement contrôlé par le parti au pouvoir, Union Montréal.

Responsable de l'urbanisme, il pense ainsi pouvoir influencer de façon capitale les décisions de l'administration dans un sens progressiste. Le maire a d'ailleurs lancé le défi à son nouvel allié de «contaminer» ses collègues avec ses idées. Mais on sait que le pouvoir des idées n'a pas beaucoup de poids devant certains intérêts particuliers contraires au bien commun. Les événements des derniers mois nous l'ont démontré amplement. Ce dernier a fait savoir, par ailleurs, qu'il serait «solidaire» des décisions prises par les membres de l'auguste cénacle, qui siègent encore à huis clos.

Cette situation atypique soulève bien des questions. Normalement, ce genre d'alliance survient entre un parti majoritaire comme Union Montréal et un parti minoritaire comme Projet Montréal après une entente formelle par laquelle la formation au pouvoir s'engage à mettre en oeuvre certains points importants du programme du parti qui siégerait normalement dans l'opposition. On a alors un gouvernement de coalition. Cette situation se présente surtout avec un scrutin proportionnel où aucun parti n'est majoritaire en sièges, mais qu'un se démarque des autres. Ce dernier s'allie habituellement à un parti secondaire avec lequel il a des affinités qui peuvent garantir de la stabilité.

Mais ce n'est pas le cas présentement à Montréal, et cette situation atypique soulève des problèmes qui peuvent être cuisants à court terme pour Projet Montréal. Qu'arrivera-t-il le jour — qui n'est pas très loin avec la présentation du budget — où le comité exécutif prendra des décisions qui, dans certains cas, garderont sous le boisseau ou contrediront le programme progressiste de Projet Montréal? Richard Bergeron les appuiera-t-il au mépris de ses convictions?

Et que feront les conseillers de son parti pris en souricière entre le programme qu'ils ont défendu auprès de la population et ce qu'on pourrait appeler les «compromissions» de leur chef? S'aligneront-ils sur l'administration? Projet Montréal risque alors de perdre la crédibilité qu'il a acquise progressivement depuis 2004. Je pense qu'il est urgent que les instances du parti prennent une position claire et étoffée sur cette question allant dans le sens de la préservation des idées défendues jusqu'ici par la formation.

On dira peut-être que je joue les Cassandre, ou alors que mon attitude dénote une mentalité intransigeante me portant à défendre de manière inopportune une ligne de parti pure et dure. Faisons l'expérience et souhaitons qu'elle réussisse, dit-on. Je veux bien, mais je crains que le désenchantement soit au rendez-vous au coin de la rue.

Et ce n'est pas l'administration Tremblay qui ferait les frais de ce gâchis appréhendé, mais bien les idées progressistes mises de l'avant par Projet Montréal, un parti qui fait germer l'espoir dans le coeur de plus en plus de citoyens montréalais qui n'en peuvent plus de l'atmosphère publique débilitante actuelle.

***

Paul Cliche

Membre de Projet Montréal
 
 
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  • Jean-Marc Lord - Abonné
    27 novembre 2009 11 h 11
    C'est deja fait
    Plusieurs avaient la sombre impressiona propos de richard bergeronde projet Montreal de graine de despotisme a la Jean Tremblay (Saguenay) et Régis Labeaume (Québec), ca n'a pas pris une semaine avant de se confirmer...
    Qui ne se rappelle pas le triste Pierre Bourque qui pour des economies de bout de chandelles n,avait pas fait deblayer les rues de Montréa il y a quelques annéesl. Quelques jours plus tard un froid intense a fait durcir et glacer la gadoue, ce qui a occasionné des coûts de deblaiements et de bris de machineries importants. Sans compter l'enfer a la circulation.
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  • Michel Bédard - Inscrit
    27 novembre 2009 11 h 55
    Cadeau de grec...
    Je partage entièrement le point de vue de M.Cliche. Le chef de Projet Montréal s'était fait offrir un cadeau de grec par le maire, et il a mordu à belles dents... Son rôle était de s'opposer de façon "constructive"... dans l'opposition, d'être un chien de garde. Les montréalais l'avaient élu pour ça. En ayant accepté de siéger sur le comité exécutif, il jouira d'un meilleur salaire et d’une visibilité tant recherchée. Mais à quel prix ? Il en doit une au maire... Par rapport à "son" parti, il s'est lui-même placé en conflit d'intérêts. Je le vois déjà avaliser certaines décisions du comité exécutif alors que les élus et les membres de PM grogneront les dents serrées. Manque de jugement à l'égard d'un cadeau empoisonné, qui fera peu à peu son travail de sape dans ce parti. Michel Bédard, chef de Fierté Montréal.
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  • Christine Gosselin - Inscrite
    27 novembre 2009 17 h 12
    Oiseaux de malheur
    Je ne comprends pas bien ce que M. Cliche réclame. Dans l'expression si hâtive de ses réserves à propos de la place occupée par Richard Bergeron au comité exécutif, je vois autant de volonté de nuire et d'attirer l'attention sur soi qu'un saine inquiétude envers la meilleure gestion de la ville possible au cours de ce mandat, tel qu'il se présente. J'ai confiance que M. Begeron est bien conscient des dangers, des obstacles et des pièges sur son chemin. Pendant les derniers jours de la campagne et dans les jours qui ont suivi, il a fait preuve de grande ouverture d'esprit et exprimé sa volonté de courir des risques pour faire avancer les choses, et il a exhorté ses adversaires à en faire de même. Pourquoi? Pour le bien de Montréal. Tant qu'il agira dans l'intérêt du plus grand nombre, il restera digne d'être chef de son parti et de contester la mairie de notre ville.
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