Lettre à Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal - La Fée des glaces propose le chaos
Monsieur, Je suis un résidant de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, je demeure dans la rue Guilbault Ouest. Comme plusieurs, j'ai pris connaissance dans les médias de votre déclaration selon laquelle, afin de couper les coûts, vous entendiez laisser, au cours de l'hiver qui vient, se dégrader encore un peu plus le système de déneigement déjà affligeant qui prévaut dans notre bel arrondissement. Votre déclaration fait preuve d'une irresponsabilité qui me désarçonne, mais qui ne me laisse pas sans voix pour autant.
Il ne faut pas faire mystère du fait que le déneigement dans le Plateau-Mont-Royal, dans les rues secondaires, comme la petite rue Guilbault, s'est peu à peu dégradé au cours des ans au point de devenir chaotique et de menacer la sécurité publique. Pensons aux personnes dont la mobilité est réduite, aux pompiers, aux ambulanciers, aux services publics.
À titre d'exemple, l'an passé, à la suite de la première tempête de l'année, il a fallu compter huit jours (HUIT!) avant de recevoir la visite de la première chenillette sur les trottoirs de ma rue. Et quatre de plus pour recevoir la visite de la souffleuse. Bilan: 12 jours pour venir à bout de 25 centimètres de neige dans la rue Guilbault.
Fée des glaces
Or, fraîchement arrivé à la mairie, voilà que vous n'avez rien de mieux à proposer que de laisser les choses empirer. Que voilà une approche rafraîchissante de vos responsabilités. On dirait la Fée des glaces devenue maire d'arrondissement!
La neige à Montréal est pourtant un incontournable. Nous sommes une des rares villes du monde qui, pour rester fonctionnelle, dépend du déneigement plusieurs mois par année. Tout le monde le sait depuis que Jeanne Mance est débarquée du bateau de Maisonneuve. Pas vous? On est donc parvenu, au fil des générations, à ce que le système se grippe et nous laisse des congères qui se transforment en icebergs, des ornières qui rendent la circulation périlleuse et surtout des trottoirs que les plus de 60 ans ont de la difficulté à affronter. Que proposez-vous aujourd'hui? Le chaos.
Et au nom de quoi annoncez-vous, par voie d'ukase décrété depuis votre bureau de la mairie d'arrondissement, que le déneigement sera dorénavant négligé? Sur la base de la seule question financière.
Dépenser davantage
Mais que diable, s'il faut dépenser plus pour déneiger parce qu'il neige, dépensez plus, un point c'est tout! Dans l'ordre des priorités d'une administration municipale, le déneigement diligent fait partie des priorités au même titre que la collecte des déchets, les services d'incendie et de police, l'éclairage des rues, la voirie et la fourniture d'eau potable. Quand il n'y a plus d'argent pour le reste, c'est le reste qu'on coupe, pas les services essentiels. Si dans l'intervalle, il neige beaucoup, il faut donc dépenser beaucoup pour s'assurer que les rues et les trottoirs soient praticables en tout temps.
Permettez-moi d'ajouter que votre déclaration voulant que les citoyens de l'arrondissement soient trop dépendants de l'automobile n'a aucune pertinence. Si vous êtes convaincu qu'il en est ainsi, vous devez en contrepartie prendre acte que tout le monde ne loge pas à la même enseigne que vous à ce chapitre. Comme maire d'arrondissement, il vous appartient de convaincre vos concitoyens de migrer vers le transport en commun... à condition que celui-ci soit en mesure de les accueillir dans des conditions acceptables. Mais, dans l'intervalle, vous demeurez au service de vos citoyens et non pas le contraire. Ces derniers ne sont pas au service de votre idéologie, si pure d'intention soit-elle! Le chaos n'est pas une mesure didactique intelligente dans les circonstances.
Cela dit, ce n'est pas l'automobiliste en moi qui proteste, c'est le citoyen qui voit avec horreur venir un autre de ces hivers sans services de déneigement dignes de ce nom. Pendant ce temps-là, voilà que mon maire d'arrondissement n'a rien d'autre à proposer que de laisser le problème se gâter plutôt que de chercher des solutions. Et en la matière, les solutions s'appellent chenillettes, antidérapants, souffleuses et camions d'enlèvement travaillant avec ardeur dès qu'il y a plus de huit centimètres de neige tombés du ciel.
Il ne faut pas faire mystère du fait que le déneigement dans le Plateau-Mont-Royal, dans les rues secondaires, comme la petite rue Guilbault, s'est peu à peu dégradé au cours des ans au point de devenir chaotique et de menacer la sécurité publique. Pensons aux personnes dont la mobilité est réduite, aux pompiers, aux ambulanciers, aux services publics.
À titre d'exemple, l'an passé, à la suite de la première tempête de l'année, il a fallu compter huit jours (HUIT!) avant de recevoir la visite de la première chenillette sur les trottoirs de ma rue. Et quatre de plus pour recevoir la visite de la souffleuse. Bilan: 12 jours pour venir à bout de 25 centimètres de neige dans la rue Guilbault.
Fée des glaces
Or, fraîchement arrivé à la mairie, voilà que vous n'avez rien de mieux à proposer que de laisser les choses empirer. Que voilà une approche rafraîchissante de vos responsabilités. On dirait la Fée des glaces devenue maire d'arrondissement!
La neige à Montréal est pourtant un incontournable. Nous sommes une des rares villes du monde qui, pour rester fonctionnelle, dépend du déneigement plusieurs mois par année. Tout le monde le sait depuis que Jeanne Mance est débarquée du bateau de Maisonneuve. Pas vous? On est donc parvenu, au fil des générations, à ce que le système se grippe et nous laisse des congères qui se transforment en icebergs, des ornières qui rendent la circulation périlleuse et surtout des trottoirs que les plus de 60 ans ont de la difficulté à affronter. Que proposez-vous aujourd'hui? Le chaos.
Et au nom de quoi annoncez-vous, par voie d'ukase décrété depuis votre bureau de la mairie d'arrondissement, que le déneigement sera dorénavant négligé? Sur la base de la seule question financière.
Dépenser davantage
Mais que diable, s'il faut dépenser plus pour déneiger parce qu'il neige, dépensez plus, un point c'est tout! Dans l'ordre des priorités d'une administration municipale, le déneigement diligent fait partie des priorités au même titre que la collecte des déchets, les services d'incendie et de police, l'éclairage des rues, la voirie et la fourniture d'eau potable. Quand il n'y a plus d'argent pour le reste, c'est le reste qu'on coupe, pas les services essentiels. Si dans l'intervalle, il neige beaucoup, il faut donc dépenser beaucoup pour s'assurer que les rues et les trottoirs soient praticables en tout temps.
Permettez-moi d'ajouter que votre déclaration voulant que les citoyens de l'arrondissement soient trop dépendants de l'automobile n'a aucune pertinence. Si vous êtes convaincu qu'il en est ainsi, vous devez en contrepartie prendre acte que tout le monde ne loge pas à la même enseigne que vous à ce chapitre. Comme maire d'arrondissement, il vous appartient de convaincre vos concitoyens de migrer vers le transport en commun... à condition que celui-ci soit en mesure de les accueillir dans des conditions acceptables. Mais, dans l'intervalle, vous demeurez au service de vos citoyens et non pas le contraire. Ces derniers ne sont pas au service de votre idéologie, si pure d'intention soit-elle! Le chaos n'est pas une mesure didactique intelligente dans les circonstances.
Cela dit, ce n'est pas l'automobiliste en moi qui proteste, c'est le citoyen qui voit avec horreur venir un autre de ces hivers sans services de déneigement dignes de ce nom. Pendant ce temps-là, voilà que mon maire d'arrondissement n'a rien d'autre à proposer que de laisser le problème se gâter plutôt que de chercher des solutions. Et en la matière, les solutions s'appellent chenillettes, antidérapants, souffleuses et camions d'enlèvement travaillant avec ardeur dès qu'il y a plus de huit centimètres de neige tombés du ciel.
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