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Échangeur Turcot - Le MTQ devra redessiner une partie de ses plans

Le rapport du BAPE rassure Mobilisation Turcot, mais déçoit le Conseil régional de l'environnement

Jeanne Corriveau   11 novembre 2009  Montréal
Le BAPE a porté un jugement sévère sur le projet de reconstruction du complexe Turcot dans son rapport rendu public hier, réclamant du ministère des Transports qu'il en revoie de nombreux aspects. Les groupes de citoyens et d'environnementalistes ont accueilli avec satisfaction les recommandations du BAPE, tout en exprimant certaines réserves.

Sans remettre en question la nécessité de reconstruire le complexe Turcot, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demande au ministère des Transports du Québec (MTQ) de modifier de grands pans du projet afin d'éviter les expropriations et de réduire les impacts négatifs sur la population locale.

«Puisque la reconstruction fixerait pour des décennies la physionomie du complexe et, de là, les contraintes d'aménagement et de vie de quartier, il est primordial de s'assurer que les bons choix sont faits avant le début des travaux, et ce, dans une approche de partenariat avec les collectivités concernées», écrivent les commissaires dans leur rapport rendu public hier.

Le BAPE juge inacceptable que des expropriations soient envisagées dans les secteurs entourant les échangeurs, notamment dans le village des Tanneries. Pour les éviter, le BAPE presse le MTQ de redessiner la configuration de certains éléments du projet, dont la portion nord-est de l'échangeur Turcot, y compris le futur boulevard Pullman, la rue Saint-Jacques et une section de l'autoroute 720.

Le BAPE estime aussi que l'aménagement en remblai de la section de l'autoroute 15 près des rues De Roberval et Cabot enclavera davantage le secteur et il réclame du MTQ qu'il réexamine cette configuration. Construire cette section d'autoroute en tranchée pourrait constituer une solution de rechange, soutiennent les commissaires. À proximité du centre récréatif Gadbois, les voies pourraient demeurer sur piliers, suggère aussi le BAPE.

Malgré les modifications qu'il réclame, le BAPE soutient que le complexe Turcot doit conserver sa capacité actuelle afin de répondre à long terme aux besoins de mobilité. Au cours des audiences publiques tenues en juin dernier, de nombreuses voix s'étaient pourtant élevées pour exiger une réduction de la circulation automobile assortie d'une amélioration du transport collectif dans la métropole. Les voies réservées sur l'autoroute 20 que propose le MTQ devraient être prolongées jusqu'au centre-ville, note le BAPE, mais pour le reste, il faudra se fier au plan de mobilité durable sur lequel travaille le ministère.

Le BAPE s'inquiète aussi des émanations polluantes qui risquent de demeurer importantes. Aussi recommande-t-il au gouvernement d'élaborer un plan précis pour réduire la consommation de carburant par les véhicules et pour favoriser l'utilisation de voitures hybrides tout en encourageant le transport collectif.

Le MTQ s'est fait réprimander par le BAPE, qui lui reproche d'avoir élaboré l'ambitieux projet de réfection des quatre échangeurs sans une concertation suffisante avec les villes et les citoyens touchés par ce chantier.

Le rapport a reçu un accueil mitigé de la part du Conseil régional de l'environnement (CRE), qui aurait souhaité que le rapport fasse davantage écho aux préoccupations de la Ville de Montréal, des groupes de citoyens et de la Direction de la santé publique concernant la place du transport collectif. «Il y a une critique sérieuse du projet et je crois que le ministère n'aura pas le choix de le revoir, mais ce qui fait mal, c'est que le BAPE ne prend pas position entre deux visions qui se confrontent, celle du transport public et celle du transport routier», signale le directeur général du CRE, André Porlier.

Denis Lévesque, de la coalition Mobilisation Turcot, est plus optimiste. Les recommandations touchant les expropriations et la reconfiguration d'une section de l'autoroute 15 le réjouissent particulièrement. «Ne serait-ce que pour ces deux aspects, c'est majeur. Ça impose au MTQ de retourner à sa table dessin, dit-il. On espère maintenant que le gouvernement n'autorisera pas les travaux sans que le projet ait été révisé correctement, parce qu'une fois qu'un tel échangeur est fait, on est pris avec pour un demi-siècle au moins.»

Par voie de communiqué, la ministre des Transports, Julie Boulet, a fait savoir qu'elle «prenait acte» des recommandations du rapport et que son ministère travaillait déjà sur différents scénarios pour réduire les expropriations. Les changements requis retarderont-ils les travaux? Son attachée de presse demeure prudente: «Comme le ministère a suivi les audiences publiques, le projet a été bonifié et nous entendons toujours respecter les échéanciers de réalisation», a assuré Jolyane Pronovost. Elle n'a pas voulu se prononcer sur la possible explosion des coûts évoquée par présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, en juin dernier.

Rappelons que le projet du MTQ prévoit la reconstruction des quatre échangeurs du complexe Turcot afin d'abaisser les structures près du sol. Les travaux, qui s'échelonneront sur six ans, sont évalués à 1,5 milliard de dollars et devraient être menés à terme en 2016. La capacité routière du complexe Turcot passera alors de 280 000 à 304 000 véhicules par jour. À la suite des audiences de juin, le gouvernement a fait savoir qu'il renonçait à réaliser le projet en partenariat public-privé.

L'administration du maire Gérald Tremblay commentera le rapport aujourd'hui.
 
 
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  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 13h39
    24 000 véhicules de plus par jour !
    Ça fait une méchante cheminé qui crache du CO2 ! Où est le transport en commun dans tout ça ? Méchants visionnaires les ingénieurs du MTQ ! Une firme d'ingénieurs, peut-être ? Celle avec des enveloppes brunes, madame Boulet ? J'en parle à madame Marois...

    Claude L'Heureux, Québec

  • Alain Lecompte
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 17h06
    bonne nouvelle
    Bon faudrait pas capoter pour 24000/voitures/jours..C'est la démographie expotentielles qui veut ça.
    Quant au transport en commun, faudrait commencer à lâcher prise un moment donné! Transport collectif en dessous ou à côté, mais un moment donné, on peux-tu LAISSER LES AUTOROUTES..POUR LES AUTOS???

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 19h22
    Le compte y est !
    Vroum, vroum sans vergogne monsieur Lecompte. Kioto vous passe cent pieds par-dessus la tête. Les conflits concernant l'environnement concernent justement les réductions en temps deCO2. Si l'on vous suit ce n'est pas demain la veille que l'on aura réduit considérablement le flot d'autos: droit dans le mur donc et Lecompte y est ! Enfin, le Ministère des transports devrait aussi s'occuper du transport en commun et ce dernier doit passer quelque part, n'est-ce pas ?

    Claude L'Heureux, Québec

  • Marc O. Rainville
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 20h05
    Mine de rien !
    Claude L'Heureux a écrit : ''Méchants visionnaires les ingénieurs du MTQ ! Une firme d'ingénieurs, peut-être ?''

    Moi : Vous avez raison, M. L'Heureux. Les ingénieurs visionnaires du projet Turcot du MTQ sont en effet membres de firmes d'ingénieries privées. Le maître d'oeuvre est l'équipementier militaire SNC Lavallin qui fabrique des mines antipersonnel en aluminium, indétectables... Ce détestable fleuron du génie conseil québécois peut se vanter aujourd'hui d'avoir plongé dans l'angoisse les citoyens de mon quartier. Je songe à ce visionnaire allumé qui planche sur les plans du nouvel échangeur et qui trace un large trait rouge à travers les logements de la section Nord de la rue Cazelais. - Tiens, vous autres, une bretelle d'autoroute en béton dans votre salon !
    La Ministre Boulet a déclaré aujourd'hui, reprenant en cela les propos que coulent en privé ses fonctionnaires depuis quelques mois déjà, qu'il lui apparaissait possible de réduire le nombre d'expropriations. La logique de ce positionnement on ne peut plus stratégique est assez claire. On adopte la posture du compromis mais on prépare déjà l'argument qui rendra caduc en cours de route l'assouplissement consenti. Le MTQ tient à son projet de bretelle d'autoroute dans St-Henri justement à cause des expropriations qu'elle entraîne. Mine de rien, cette petite mafia a toujours trois coups d'avance. Ce dossier sent le promoteur à pleins nez. Petite mafia..? Est-ce qu'on ne nous a pas fait miroiter la tenue d'une commission d'enquête prochainement sur l'industrie de la construction ? Le dossier Turcot est pourri. On avance en terrain miné !

  • Blanchet Pierre
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 23h21
    L'esprit du visionnaire
    Ahhhh l'échangeur Turcot. Les ingénieurs ont maîtrisé l'art du composé de béton dans le siècle dernier et cela semble devenu ce que j'appelle la plasticine du génie civil. Tu peux construire n'importe quelle forme avec ça! Depuis que je suis jeune, je me demandais comment ça tenait debout et comment tout ce béton faisait pour supporter l'hiver québécois. Plusieurs années plus tard j'ai eu ma réponse: Ça ne tient pas debout et ça ne supporte pas les hivers québécois!

    Mais ça voyez-vous, pas besoin d'avoir un BAC en génie pour comprendre qu'une structure de même à long terme c'était pas viable. Ils vont nous dire que c'est parce que cela n'a pas été entretenu comme il le faut ou qu'il y a maintenant plus d'autos qui y circulent que prévu à l'époque bla..bla...bla... Foutaise! Dans le temps aussi ils le voyaient que personne n'entretenaient rien comme il le faut, qu'il y avait de plus en plus d'autos... Il fallait pas être un grand visionnaire pour comprendre cela!

    Donc, grâce à ces rois de la planification, je suis obligé de faire une prière chaque fois que je passe dessus. Si je travaillais pour un entreprise de pompes funèbres je mettrais une pancarte:'Avez-vous pensé à vos préarragements funéraires avant de prendre l'échangeur?'

    Plusieurs années plus tard, les ti-counes en ingénierie ne sont pas mieux. Le même plan qu'à l'époque mais par terre. Wow! Concept! De nos jours donc, pas plus de vision. Personne ne comprend ce qui s'en vient pour les générations futures, celle qui vont payer pour les dettes et les ruines laissées par les baby boomers. Personne n'est capable de comprendre que cette route qui coupe Montréal dans le milieu sera bientôt un anachronisme... Au lieu de cela, on répète le passé parce que ça, dans notre petite tête de conservateur, on pense que ça marche pis que c'est sérieux. Pas mal plus que les écolos hippie qui vont nous scrapper notre économie maudits chiâleux!

    La solution? Pas d'autoroute 15 qui traverse Montréal du tout. Faites le tour si vous ne voulez pas y venir. Réhabilitons les terrains en dessous de l'échangeur en parc. Maudit qu'on serait bien! Bienvenue dans le futur. Ou peut importe quelle autre solution, tant que c'est pas la corruption qui mène le bal, ça devrait être pas si pire.

    Personnelement je me console... L'échangeur Turcot va tellement prendre de temps à reconstruire que les gens vont commencer à apprendre à s'en passer. Un ministère visionnaire se dirait alors... Coudonc, si on a appris à s'en passer, pourquoi alors le réouvrir...

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    jeudi 12 novembre 2009 00h53
    ...et les véhicules électriques, on en fait quoi?
    Je lis monsieur L'Heureux, avec sa cheminée crachant le CO2. S'il fallait vous prendre au sérieux, nous serions déjà tous morts!

    Sans compter le fait que les véhicules d'aujourd'hui polluent beaucoup moins que ceux qui roulaient il y a quinze ans, on nous promet, dans un avenir plus ou moins proche, l'avènement de voitures électriques; pas pour l'an prochain, bien sûr, malgré la sortie annoncée de la Chevrolet Volt, mais un jour ou l'autre, on finira bien par régler les derniers irritants de cette motorisation qui ne polluera plus du tout. Alors, ce jour-là, l'argument des prêtres de la religion écologique tombera à plat; l'odieuse voiture ne sera désormais plus odieuse, parce qu'elle ne sera plus polluante, ce qui entraînera des ventes incroyables. À ce moment-là, nous serons bien contents d'avoir gardé la capacité du complexe Turcot, même que l'on regrettera de ne pas avoir permis de l'accroître un peu...

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 12 novembre 2009 10h35
    Peur de l'autre ?
    Monsieur Dupuis rêve au tout-à-l'électricité pour se transporter, toujours seul dans son auto. A-t-il peur de l'autre, des autres dans un métro ou un autobus... électrique, bien entendu !

    Claude L'Heureux, Québec

  • Marc O. Rainville
    Inscrit
    vendredi 13 novembre 2009 15h48
    L'esprit du visionnaire - Commentaire
    Blanchet Pierre a écrit : ''Personnellement je me console... L'échangeur Turcot va tellement prendre de temps à reconstruire que les gens vont commencer à apprendre à s'en passer. Un ministère visionnaire se dirait alors... Coudonc, si on a appris à s'en passer, pourquoi alors le réouvrir?''
    Moi : Oui, comme on avait appris à se passer du Canadien.Le problème M. Blanchet, c'est que le projet de réfection dans son état actuel, ne prévoit pas la fermeture de l'échangeur pendant les travaux. On va d'abord construire le nouveau puis on va démanteler l'ancien. Pas question de réduire le trafic pendant les travaux ! (Je ne parle pas du trafic d'influences...)C'est d'ailleurs le caractère temporaire de certains aspects du projet qui cause les expropriations, la bretelle proposée étant un ajout qui devrait disparaitre à la fin des travaux. Si je décode bien la situation, on aura alors évincé les anciens occupants pour laisser la place au développement privé.

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