Échangeur Turcot - Le MTQ devra redessiner une partie de ses plans
Le BAPE a porté un jugement sévère sur le projet de reconstruction du complexe Turcot dans son rapport rendu public hier, réclamant du ministère des Transports qu'il en revoie de nombreux aspects. Les groupes de citoyens et d'environnementalistes ont accueilli avec satisfaction les recommandations du BAPE, tout en exprimant certaines réserves.
Sans remettre en question la nécessité de reconstruire le complexe Turcot, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demande au ministère des Transports du Québec (MTQ) de modifier de grands pans du projet afin d'éviter les expropriations et de réduire les impacts négatifs sur la population locale.
«Puisque la reconstruction fixerait pour des décennies la physionomie du complexe et, de là, les contraintes d'aménagement et de vie de quartier, il est primordial de s'assurer que les bons choix sont faits avant le début des travaux, et ce, dans une approche de partenariat avec les collectivités concernées», écrivent les commissaires dans leur rapport rendu public hier.
Le BAPE juge inacceptable que des expropriations soient envisagées dans les secteurs entourant les échangeurs, notamment dans le village des Tanneries. Pour les éviter, le BAPE presse le MTQ de redessiner la configuration de certains éléments du projet, dont la portion nord-est de l'échangeur Turcot, y compris le futur boulevard Pullman, la rue Saint-Jacques et une section de l'autoroute 720.
Le BAPE estime aussi que l'aménagement en remblai de la section de l'autoroute 15 près des rues De Roberval et Cabot enclavera davantage le secteur et il réclame du MTQ qu'il réexamine cette configuration. Construire cette section d'autoroute en tranchée pourrait constituer une solution de rechange, soutiennent les commissaires. À proximité du centre récréatif Gadbois, les voies pourraient demeurer sur piliers, suggère aussi le BAPE.
Malgré les modifications qu'il réclame, le BAPE soutient que le complexe Turcot doit conserver sa capacité actuelle afin de répondre à long terme aux besoins de mobilité. Au cours des audiences publiques tenues en juin dernier, de nombreuses voix s'étaient pourtant élevées pour exiger une réduction de la circulation automobile assortie d'une amélioration du transport collectif dans la métropole. Les voies réservées sur l'autoroute 20 que propose le MTQ devraient être prolongées jusqu'au centre-ville, note le BAPE, mais pour le reste, il faudra se fier au plan de mobilité durable sur lequel travaille le ministère.
Le BAPE s'inquiète aussi des émanations polluantes qui risquent de demeurer importantes. Aussi recommande-t-il au gouvernement d'élaborer un plan précis pour réduire la consommation de carburant par les véhicules et pour favoriser l'utilisation de voitures hybrides tout en encourageant le transport collectif.
Le MTQ s'est fait réprimander par le BAPE, qui lui reproche d'avoir élaboré l'ambitieux projet de réfection des quatre échangeurs sans une concertation suffisante avec les villes et les citoyens touchés par ce chantier.
Le rapport a reçu un accueil mitigé de la part du Conseil régional de l'environnement (CRE), qui aurait souhaité que le rapport fasse davantage écho aux préoccupations de la Ville de Montréal, des groupes de citoyens et de la Direction de la santé publique concernant la place du transport collectif. «Il y a une critique sérieuse du projet et je crois que le ministère n'aura pas le choix de le revoir, mais ce qui fait mal, c'est que le BAPE ne prend pas position entre deux visions qui se confrontent, celle du transport public et celle du transport routier», signale le directeur général du CRE, André Porlier.
Denis Lévesque, de la coalition Mobilisation Turcot, est plus optimiste. Les recommandations touchant les expropriations et la reconfiguration d'une section de l'autoroute 15 le réjouissent particulièrement. «Ne serait-ce que pour ces deux aspects, c'est majeur. Ça impose au MTQ de retourner à sa table dessin, dit-il. On espère maintenant que le gouvernement n'autorisera pas les travaux sans que le projet ait été révisé correctement, parce qu'une fois qu'un tel échangeur est fait, on est pris avec pour un demi-siècle au moins.»
Par voie de communiqué, la ministre des Transports, Julie Boulet, a fait savoir qu'elle «prenait acte» des recommandations du rapport et que son ministère travaillait déjà sur différents scénarios pour réduire les expropriations. Les changements requis retarderont-ils les travaux? Son attachée de presse demeure prudente: «Comme le ministère a suivi les audiences publiques, le projet a été bonifié et nous entendons toujours respecter les échéanciers de réalisation», a assuré Jolyane Pronovost. Elle n'a pas voulu se prononcer sur la possible explosion des coûts évoquée par présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, en juin dernier.
Rappelons que le projet du MTQ prévoit la reconstruction des quatre échangeurs du complexe Turcot afin d'abaisser les structures près du sol. Les travaux, qui s'échelonneront sur six ans, sont évalués à 1,5 milliard de dollars et devraient être menés à terme en 2016. La capacité routière du complexe Turcot passera alors de 280 000 à 304 000 véhicules par jour. À la suite des audiences de juin, le gouvernement a fait savoir qu'il renonçait à réaliser le projet en partenariat public-privé.
L'administration du maire Gérald Tremblay commentera le rapport aujourd'hui.
Sans remettre en question la nécessité de reconstruire le complexe Turcot, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demande au ministère des Transports du Québec (MTQ) de modifier de grands pans du projet afin d'éviter les expropriations et de réduire les impacts négatifs sur la population locale.
«Puisque la reconstruction fixerait pour des décennies la physionomie du complexe et, de là, les contraintes d'aménagement et de vie de quartier, il est primordial de s'assurer que les bons choix sont faits avant le début des travaux, et ce, dans une approche de partenariat avec les collectivités concernées», écrivent les commissaires dans leur rapport rendu public hier.
Le BAPE juge inacceptable que des expropriations soient envisagées dans les secteurs entourant les échangeurs, notamment dans le village des Tanneries. Pour les éviter, le BAPE presse le MTQ de redessiner la configuration de certains éléments du projet, dont la portion nord-est de l'échangeur Turcot, y compris le futur boulevard Pullman, la rue Saint-Jacques et une section de l'autoroute 720.
Le BAPE estime aussi que l'aménagement en remblai de la section de l'autoroute 15 près des rues De Roberval et Cabot enclavera davantage le secteur et il réclame du MTQ qu'il réexamine cette configuration. Construire cette section d'autoroute en tranchée pourrait constituer une solution de rechange, soutiennent les commissaires. À proximité du centre récréatif Gadbois, les voies pourraient demeurer sur piliers, suggère aussi le BAPE.
Malgré les modifications qu'il réclame, le BAPE soutient que le complexe Turcot doit conserver sa capacité actuelle afin de répondre à long terme aux besoins de mobilité. Au cours des audiences publiques tenues en juin dernier, de nombreuses voix s'étaient pourtant élevées pour exiger une réduction de la circulation automobile assortie d'une amélioration du transport collectif dans la métropole. Les voies réservées sur l'autoroute 20 que propose le MTQ devraient être prolongées jusqu'au centre-ville, note le BAPE, mais pour le reste, il faudra se fier au plan de mobilité durable sur lequel travaille le ministère.
Le BAPE s'inquiète aussi des émanations polluantes qui risquent de demeurer importantes. Aussi recommande-t-il au gouvernement d'élaborer un plan précis pour réduire la consommation de carburant par les véhicules et pour favoriser l'utilisation de voitures hybrides tout en encourageant le transport collectif.
Le MTQ s'est fait réprimander par le BAPE, qui lui reproche d'avoir élaboré l'ambitieux projet de réfection des quatre échangeurs sans une concertation suffisante avec les villes et les citoyens touchés par ce chantier.
Le rapport a reçu un accueil mitigé de la part du Conseil régional de l'environnement (CRE), qui aurait souhaité que le rapport fasse davantage écho aux préoccupations de la Ville de Montréal, des groupes de citoyens et de la Direction de la santé publique concernant la place du transport collectif. «Il y a une critique sérieuse du projet et je crois que le ministère n'aura pas le choix de le revoir, mais ce qui fait mal, c'est que le BAPE ne prend pas position entre deux visions qui se confrontent, celle du transport public et celle du transport routier», signale le directeur général du CRE, André Porlier.
Denis Lévesque, de la coalition Mobilisation Turcot, est plus optimiste. Les recommandations touchant les expropriations et la reconfiguration d'une section de l'autoroute 15 le réjouissent particulièrement. «Ne serait-ce que pour ces deux aspects, c'est majeur. Ça impose au MTQ de retourner à sa table dessin, dit-il. On espère maintenant que le gouvernement n'autorisera pas les travaux sans que le projet ait été révisé correctement, parce qu'une fois qu'un tel échangeur est fait, on est pris avec pour un demi-siècle au moins.»
Par voie de communiqué, la ministre des Transports, Julie Boulet, a fait savoir qu'elle «prenait acte» des recommandations du rapport et que son ministère travaillait déjà sur différents scénarios pour réduire les expropriations. Les changements requis retarderont-ils les travaux? Son attachée de presse demeure prudente: «Comme le ministère a suivi les audiences publiques, le projet a été bonifié et nous entendons toujours respecter les échéanciers de réalisation», a assuré Jolyane Pronovost. Elle n'a pas voulu se prononcer sur la possible explosion des coûts évoquée par présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, en juin dernier.
Rappelons que le projet du MTQ prévoit la reconstruction des quatre échangeurs du complexe Turcot afin d'abaisser les structures près du sol. Les travaux, qui s'échelonneront sur six ans, sont évalués à 1,5 milliard de dollars et devraient être menés à terme en 2016. La capacité routière du complexe Turcot passera alors de 280 000 à 304 000 véhicules par jour. À la suite des audiences de juin, le gouvernement a fait savoir qu'il renonçait à réaliser le projet en partenariat public-privé.
L'administration du maire Gérald Tremblay commentera le rapport aujourd'hui.
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