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Élections municipales - Où étiez-vous ?

Josée Boileau   3 novembre 2009  Montréal
Il est dangereux de fonder une analyse sur des anecdotes, mais elles sont parfois si éloquentes.

Ainsi donc, dimanche, tout le Québec devait se rendre aux urnes. Les Montréalais surtout, furieux des révélations dont les médias les avaient assommés. Pourtant, la charmante jeune caissière d'un détaillant d'une grande artère fut tout étonnée de se faire demander si elle finirait à temps pour voter. «Pourquoi??? Y'a des élections???»Deuxième anecdote, piquée à La Presse: la responsable d'un bureau de scrutin a bloqué l'entrée à Richard Bergeron au motif qu'elle ignorait qui il était. Cette personne n'avait donc ni écouté un bulletin de nouvelles, ni lu les journaux, ou le bulletin du vote qu'elle devait superviser...
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  • André Loiselet
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 02h03
    Les pirates
    J'ignorais que le vote puisse devenir obligatoire. Bravo l'Australie et la Belgique.
    Le québécois jappe beaucoup mais il ne mord pas. Tandis que l'anglo et l'immigrant votent tous du même bord, lui, se divise en trois ou quatre portions de tarte que le gagnant a vite fait d'avaler. On l'a vu au référendum.
    Le résultat de ce vote me laisse sous l'inquiétante impression que les montréalais étaient de collusion avec les entrepeneurs corrompus. Je blague à peine.
    Après tout, l'argent n'a pas d'odeur.
    Aurions-nous acquis la fâcheuse habitude de déserter le navire chaque fois que les pirates attaquent?

  • Guy Archambault
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 04h28
    Pourquoi s'en prendre au public quand le spectacle est poche et les acteurs mauvais ?
    Plusieurs commentateurs politiques semblent s'étonner, sinon s'offusquer, du faible taux de participation aux élections municipales. Déjà, ces mêmes personnes vilipendaient le désintéressement du public au regard du déclin du vote populaire lors des élections provinciales ou fédérales.
    Pourtant rien de plus naturel de ne pas porter attention à ce qui ne nous rejoint pas, ne nous touche pas ou nous semble étranger, anodin ou confus ou quand les principaux porteurs des message n'ont pas de charisme ou d'éloquence. Peu de personnes sont intéressées à investir du temps ou de l'énergie dans des discussions ou des votes qui concernent un terrain de jeux, des sacs à poubelle, des nids-de-poule, des égouts gelés, des contrats de voirie. Ce ne sont pas là des sujets bien emballants et très mobilisateurs.
    La population se déplace quand le contenu du spectacle politique le passionne et quant les acteurs sur la scène ont une voix et une gestuelle qui les touchent.
    Au vu du contenu de la pièce politique, le public se déplace si le thème évoque des dangers imminents pour la santé ou la sécurité personnelle ou collective; si, en plus, il met en scène une problématique fondamentale d'appartenance ou d'identité collective le public se ruera aux guichets de l'isoloir.
    Au vu de la performance, les acteurs auxquels le public peut s'identifier sont ceux qui par leur éloquence verbale et gestuelle savent mettre en évidence et en transparence les thèmes abordés pendant le spectacle de la campagne électorale, savent toucher leur coeur, leur intelligence émotionnelle.
    Les dernières élections municipales qui ont atteint les taux de participation les plus élevés sont celles qui ont répondu à ces critères : des enjeux prenants et clairs et des acteurs éloquents auxquels le public pouvait s'identifier. Que des analystes politiques fassent le tour des dernières élections municipales ainsi que des élections et des référendums provinciaux des cinquante dernières années et ils verront que l'hypothèse présentée ici se vérifie dans une très grande majorité des cas.
    Alors, qu'on arrête de vilipender le public lorsque le spectacle électoral est ubuesque et lorsque ses acteurs sont des amateurs; la télé-réalité est là pour satisfaire ceux qui se plaisent à ce genre de spectacle.

    Guy Archambault

  • Georges Paquet
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 06h05
    Très bonne idée, le vote obligatoire.
    Mais, il faudra aussi que les politiciens aient l'obligation de rendre des comptes.
    Il faudra aussi que les faiseurs d'imgaes soient obligés de mettre plus d'information dans leurs publicités que ne le font les vendeurs de savon. Autrement, les citoyens seront justifiés de ne pas acheter un savon qu'ils ne connaissent pas ou dans lequel ils n'ont pas cinfiance.

  • Claude Savard
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 07h08
    La politique... ou la démocratie?!
    Bonjour Madame Boileau,

    Instinctivement, je crois que votre dernière phrase aurait dû être "... si l'on ne veut pas que la démocratie finisse entre les mains d'un club fermé de citoyens."

    Est-ce simplement un désintérêt? Ou est-ce un phénomène plus sournois que nous pourrions résumer à "hors de mon bonheur personnel et immédiat, point de salut?"

    Claude Savard
    St-Jean-sur-Richelieu

  • Yves Lanthier
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 08h27
    Vote obligatoire?
    Pourquoi pas un crédit d'impôt.
    (Sérieux!)

  • Richard Lapointe
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 10h37
    Les citoyens ordinaires
    Où étiez-vous me demandez-vous dans votre éditorial?

    Chez-moi entrain de m'occuper de mes petits enfants!
    C'est une mauvaise réponse me direz-vous et j'en conviens. Cependant de nombreux citoyens comme moi, sont complètement dégoutés du comportement de nos chères élites et ils n'ont aucune envie de les conforter dans leurs comportements.

    D'abord cessez d'accuser les citoyens comme vous le faites "Il faudrait des mesures énergiques pour brasser la cage du confort et de l'indifférence, de l'absence de curiosité, du repli sur soi et encore soi et ses amis. » dites-vous. C'est faux. J'ai écouté les discours, regardé les reportages et j'ai lu les articles des journaux concernant les élections municipales. Mais qu'est ce que j'y ai trouvé ? Rien pour me convaincre d'aller voter. Encore une fois j'ai constaté que la politique, municipale cette fois, est profondément malade et gangrené. Que la démocratie est effectivement contrôlée par un «club fermé de citoyens. ». Le monde ordinaire le savait bien avant que les médias en fassent état.
    Je suis assez tanné, d'entendre nos élites dire comme l'a fait l'ancien président du mouvement Desjardins que la seule solution c'est d'aller voter. Mais le problème viens justement du côté de ceux qui comme lui nous reprochent de ne pas sauver les apparences afin qu'ils puissent, paré d'un mandat démocratique, vaquer tranquillement à leurs affaires. Alors voter pour qui et voter pour quoi ? Pour éradiquer la corruption ? Voyons donc ! Comme si c'était une révélation. En tout cas les citoyens ordinaires en sont convaincus depuis longtemps eux. Il faut croire qu'ils sont mieux renseignés que les dirigeants et dirigeantes d'entreprises et que les journalistes.

    Le problème n'est pas du côté des citoyens mais bien du côté des élites de tout acabit.

    C'est un désolation que de voir notre charmant maire Tremblay, gentil garçon par ailleurs, bien éduqué dans les bonnes écoles privées probablement, nous prendre pour de parfaits imbéciles. Changeant d'idée de jour en jour, perdant la mémoire de ce qu'il avait dit la veille.

    Ne parlons pas de Diane Lemieux dont l'arrogance est invraisemblable. Non plus que d'une représentante du monde des affaires dont j'ai malheureusement oublié le nom et qui était invitée à commenter les élections à Montréal. Compétente semble-t-il en politique puisque venant du monde des affaires, elle disait à la radio de Radio-Canada sans aucune retenue, qu'elle avait choisi elle, de vivre à Montréal bien qu'elle ait une formation lui permettant de vivre partout dans le monde. Que doivent retenir les citoyens ordinaires (les mals instruits et les immobiles) devant un tel étalage de suffisance? Que leur vote est important. Mon oeil!

    Que dire de monsieur Labonté, autre membre de l'élite éclairée, dénonçant tous ceux et celles qui ont comme lui les mains dans le sac, mais qui n'a pas eu le courage de dénoncer ce système avant de s'être fait pogner. Vous aurez remarqué que son salon ne ressemblait pas faire partie d'un logement du troisième étage de la rue Joliette.

    Que penser du premier ministre Charest qui de son côté essaie de nous faire croire que les enquêtes policières sont la solution à l'infiltration de la mafia dans le monde municipal. Gageons qu'il n'a jamais entendu parler ni lui ni ses organisateurs de monsieur Acurso.

    Et J'en passe.

    Non madame Boileau le véritable problème n'est pas du côté des citoyens qui sont moins nonos que les élites ne le croient, mais du côté des élites, dirigeants et dirigeantes des institutions publiques et des entreprises privées qui parlent en devant de scène avec grand talent d'ailleurs- instruction oblige- de l'éthique mais qui en privé font tout le contraire.

    Votre proposition sur le vote obligatoire pourrait, vous semblez le croire, apporter une solution à l'incurie du citoyen ordinaire. Je pense qu'il ne permettrait que de rassurer ces chères élites sur leur légitimité. Mais les citoyens ordinaires ne seront pas plus dupes du manège. Dans un tel contexte où serait le gain démocratique si le maire Tremblay pouvait alors être gratifié du vote d'une majorité de votants comme c'est le cas dans les pays totalitaires et se coucher réjoui de l'appui de ses chers concitoyens,

    Non je pense qu'il faut cesser de raisonner court. Je conviens que voter c'est important mais il faut cesser de constamment accuser les citoyens ordinaires qui n'ont aucun autre moyen que de s'abstenir soit parce que complètement désabusés ou soit pour protester à l'encontre des machines politiques contrôlées par les élites politiques, idéologiques et financières.

    Certains diront que c'est la politique du pire que de penser ainsi. J'en suis venu à croire que c'est la politique du pire que d'aller voter dans de telles conditions !

    Salutations

    Richard Lapointe

    P.S. Peut-être que si les grandes entreprises de génie conseil invitaient plus souvent les citoyens ordinaires dans leurs loges au Centre Bell, ces derniers seraient-ils plus enclins à aller voter ?

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 14h08
    Les gens ne recherchent pas le meilleur élu. Ils recherchent des "vérités".
    Un raisonnement primaire de bons et de méchants, c'est pas mal plus simple que de se casser la tête avec des promesses électorales, des réalisations et des programmes de parti. Un électeur qui suit ce type de raisonnement, si tu le mets de ton bord, devient une bête à répéter des slogans à qui tu peux faire faire les pires campagnes de peur et de démagogie imbécile. Il le fera avec la plus absolue des convictions.
    À cela s'ajoute un deuxième bénéfice: Quand quelqu'un de sensé voit un de ces idiots perroquets tenter de le convaincre du bienfait de sa Parole, ça lui enlève toute envie de voter. Et c'est ce qu'on veut: Des bons et des méchants. Et une belle bande de pantins.

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