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Gérald Tremblay n'a jamais été inquiété

Le maire sortant a pris la tête dès le début du dépouillement des suffrages et n'a jamais cédé sa place

Kathleen Lévesque   2 novembre 2009  Montréal
Gérald Tremblay, le maire réélu de Montréal
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Gérald Tremblay, le maire réélu de Montréal
Après les scandales, les rumeurs, les révélations, les allégations, Gérald Tremblay et son équipe ont fait face hier à un suspense qui s'est étiré sur plusieurs heures. Mais le chef d'Union Montréal a finalement obtenu à l'arraché un troisième mandat grâce à la division du vote d'opposition.

En début de soirée, les militants d'Union Montréal ont été peu nombreux à répondre à l'appel de leur chef à se rassembler. Il y avait beaucoup de nervosité dans l'air. Les très nombreuses polémiques qui ont explosé au cours des derniers mois n'étaient pas étrangères à cette ambiance plutôt morne.

Au fur et à mesure que l'écart s'est creusé entre M. Tremblay et ses adversaires, Louise Harel et Richard Bergeron, un changement d'ambiance s'est fait sentir. Des applaudissements ont accompagné l'annonce de la victoire du chef d'Union Montréal, mais personne n'était prêt à festoyer compte tenu des résultats dans les arrondissements. Des luttes serrées pour certaines têtes d'affiche du parti ont surpris.

Ainsi, la mairie de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal est passée entre les mains de Luc Ferrandez de Projet Montréal. Juste au nord, Vision Montréal semblait se diriger vers un gain et écarter André Lavallée. Dans Ahuntsic-Cartierville, Projet Montréal voguait vers une victoire au moment de mettre sous presse.

Ces résultats semblaient commander beaucoup de prudence dans le clan Tremblay. «Ç'a été une campagne difficile. Tout était négatif. Heureusement, on a une grosse équipe sur le terrain», a commenté Jean-Bosco Bourcier, organisateur pour Union Montréal dans 11 des 19 arrondissements.

L'organisation d'Union Montréal a beaucoup misé sur la sortie de vote afin de contrer une possible vague de mécontentement envers l'administration Tremblay. Le parti du maire apparaissait comme étant le mieux nanti des trois pour stimuler les Montréalais à se rendre aux urnes. Une armée de 1600 bénévoles a été à pied d'oeuvre toute la journée.

Selon M. Bourcier, le taux de participation assez faible a avantagé Union Montréal, d'autant plus que les adversaires se sont partagé le vote de protestation. «Un vote de masse est en général un vote de contestation. Cela ne semble pas s'être produit», a-t-il souligné.

D'autres dans l'équipe du maire Tremblay ne cachaient pas leur aigreur quant au travail journalistique. Les médias sont à la source des difficultés connues au cours des derniers mois, soulignait-on.

Il est vrai que Gérald Tremblay est sur la défensive depuis plus d'un an. Les scandales et les allégations de toutes sortes sont comme autant d'épines au pied du maire sortant. En décembre 2007, Le Devoir révélait le scandale des compteurs d'eau. L'automne dernier, l'histoire a refait surface alors que La Presse révélait que l'ancien président du comité exécutif Frank Zampino avait séjourné sur le yacht de luxe de l'entrepreneur Tony Accurso au moment où se déroulait le processus d'octroi du contrat.

Un autre scandale a fortement ébranlé l'administration Tremblay. Il s'agit de celui concernant la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), qui a développé le projet immobilier Contrecoeur, marqué par le favoritisme. Devant la tourmente, le maire Tremblay a modifié la structure de la SHDM et remercié le directeur général, qui avait pourtant été son chef de cabinet.

Puis, en début de campagne électorale, Radio-Canada démontrait que le processus d'appel d'offres était la plupart du temps vicié. Il y aurait collusion et corruption. Le territoire serait partagé entre les membres d'un club d'entrepreneurs. La mafia ne serait pas étrangère à tout cela.

Union Montréal avait des coffres bien garnis pour mener cette campagne électorale comparativement à ses adversaires. Le financement du parti de M. Tremblay a toutefois soulevé de nombreux doutes à la suite de la sortie publique de l'ex-maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté. Ce dernier a soutenu que Union Montréal bénéficierait de ristournes sur les contrats octroyés par la Ville de Montréal. Les sommes recueillies correspondraient à 3 % de la valeur de chaque contrat.

Au moment de mettre sous presse, le maire Tremblay n'avait pas encore pris la parole devant ses partisans.
 
 
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  • Yves Côté
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 06h56
    Demain arrivera un jour...
    Avec des pommes pourries, on peu encore faire de belles tartes puisqu'on ne voit rien de ce qui se trouve sous la croûte. Et en rien n'apparaît utile de changer la recette. Toutefois, le jour ou la faim tenaille, les bouchées sont aussi dures à avaler que dangereuses pour la santé...
    L'important dans un monde ou l'intérêt général n'est plus qu'une simple addition d'intérêts particuliers, sans autre lien que la contemplation béate de son propre nombril, l'important est d'entretenir la certitude absurde que demain ne pourra jamais être moins beau qu'aujourd'hui. Après tout, ne sommes-nous pas suffisamment des êtres d'exception pour que tout autour ne s'en détermine ?
    Et cela, jusqu'à ce qu'accompagné d'un lot pourtant prévisibles de désillusions et de maux à partager, demain arrive pour chacun de nous...

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 07h43
    Vox populi...
    Monsieur Tremblay n'a jamais été inquiété par madame Harel pour quelques raisons bien simples:

    1- Bien des gens se sont vengés de celle qui a imposé comme ministre des fusions non voulues;

    2- Les anglais de Westmount n'ont pas apprécié qu'une péquiste qui parle l'anglais aussi mal que sa cheffe, Pauline Marois.

    3- Le scandale de Labonté a rejailli un peu quand même sur elle...

    4- Le faible taux de participation des Montréalais a favorisé le maire sortant.


    Dans ce cas, au vu du faible taux de participation, du non intérêt des électeurs dans les élections, peut-on affirmer que la voix du peuple s'est exprimée?


    Une victoire qui n'ajoutera rien au développement de la ville avec un maire qui ne réussit pas à faire en sorte que sa ville soit une ville attrayante et propre!

    Un maire qui n'a pas une vision et une passion de sa ville comme monsieur Lebeaume l'a de sa ville.

  • Isabelle Gélinas
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 10h33
    Rejeté par la majorité
    N'oublions pas que grâce à notre merveilleux système uninominal à un tour, on peut élire un maire alors que la majorité s'oppose à lui...

    Si 30% et quelques des Montréalais ayant exercé leur droit de vote ont appuyé le maire Tremblay, il est donc exact de dire que plus de 60% se sont opposés à lui.

    Ce système est ridicule.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 10h37
    M. Rehel
    Correction, Westmount, tout comme Cote Dt Luc, Hampstead et autre ne votaient pas à l'élection de Montréal. Ce sont des villes libres.

    Pour ce qui est de l'absentéisme, après une campagne très médiatisé, ce qu'on peu présumé du choix de ceux qui se sont abstenus, c'est qu'il sont totalement indiférent et que peu importe qui sera maire, pour eux c'est du pareil au même.

  • Guillaume L'altermontréaliste
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 12h24
    un mode de scrutin à 2 tours et élire un conseil exécutif
    Les résultats à la mairie démontrent que nous aurions avantage à considérer la mise en place d'un mode de scrutin à 2 oturs, comme ça se fait dans plusieurs pays.

    Parce qu'actuellement, avec 2 candidats ayant plus de vote que le gagnant, on peut questionner l'appui de Tremblay dans la population.

    L'autre solution que je privilégierais serait l'élection de nos exécutants séparément du législatif ; 2 raisons:
    1 - conseiller municipal (législatif) est un emploi à temps plein ; membre du comité exécutif aussi
    2 - nous élisons déja le/la pres. de la commission scolaire, pourquoi pas le président de la stm, le chef de la police, etc.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 12h30
    @ Isabelle Gélinas
    Cela veut aussi dire qu'encore plus.... 70% ne voulait rien savoir de Harel et 75% de Bergeron. Car il ne faut jamais voter contre quelqu'un on vote pour quelqu'un. Quand on vote contre quelqu'un on vote pour une personne par dépit, comme dernier recours, pas pour ses qualités, son programe ou autres.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 2 novembre 2009 22h06
    Pathétique!
    "N'oublions pas que grâce à notre merveilleux système uninominal à un tour, on peut élire un maire alors que la majorité s'oppose à lui..." (Isabelle Gélinas)

    De la même manière que le PQ a été élu en 1998...et aucun pkiss ne s'est élevé pour contester la validité du système en place qui les avantageait à ce moment-là...

    Toujours du pareil au même du moment qu'ils sont élus. Dans le cas contraire, tout est de la bullshit! On reconnaît bien là la mentalité de nos valeureux pkiss qui n'ont même pas eu le coeur de se déplacer pour voter Harel. Et, après ça, ils continuent à brailler et à se plaindre.

    Pathétique!

  • Marjolaine258
    Abonné
    mardi 3 novembre 2009 10h12
    Résultat électoral insensé
    Nous sommes abasourdis de voir que les électeurs de Montréal ont voté pour Gérald Tremblay et ses candidats. La seule raison qui explique cette élection est que la population n'est pas politisée. Faudra-il qu'un cataclysme encore pire que celui de la corruption et/ou la collusion arrive pour que la population montréalaise se réveille ?

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