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Éditorial - Un sévère avertissement

Bernard Descôteaux   2 novembre 2009  Montréal
Troisième mandat donc pour Gérald Tremblay. Le maire sortant présidera les destinées de la métropole pour quatre autres années, mais avec une légitimité fragilisée. Les Montréalais ont exprimé avec une grande réserve leur confiance envers le chef d'Union Montréal, qui pendant ses deux premiers mandats n'a pas vu la corruption s'installer à l'Hôtel de Ville.

Acquise par défaut en raison de la division du vote entre Richard Bergeron, de Projet Montréal, et Louise Harel, de Vision Montréal, cette victoire obligera Gérald Tremblay à faire acte d'humilité. Lui qui avait remporté 54 % des suffrages à l'élection de 2005 est loin de cette majorité absolue qui lui était venue de presque tous les arrondissements.

Sa réélection, le maire Tremblay la doit manifestement aux anciennes banlieues qui se sont jointes à Montréal lors des fusions de 2001. La candidature de Louise Harel, marraine de ces fusions, aura fait peur à l'électorat de ces arrondissements, dont le vote aura été guidé par un réflexe d'autoprotection. La fracture créée par ces fusions demeure. Elle avait coûté en 2001 son siège de maire à Pierre Bourque, qui pour la même raison avait échoué dans sa tentative pour le retrouver en 2005. Force est de constater que ces fusions ont créé un nouvel équilibre des forces électorales qui rend la mairie de Montréal inaccessible au Parti québécois.

Occulté par cette réaction anti-Harel, l'enjeu de l'intégrité de l'administration municipale aura néanmoins failli entraîner la défaite du maire Tremblay. Ce résultat serré constitue un vote de blâme envers Union Montréal et tout particulièrement envers Gérald Tremblay lui-même pour n'avoir pas su affronter le problème de corruption apparu au grand jour ces derniers mois dans l'attribution de contrats de toutes sortes, notamment ceux adjugés à des entreprises de construction. Sa prétention mille fois répétée — «J'ai agi dès que j'ai su» — n'a pas été jugée crédible.

La première responsabilité du maire Tremblay à partir de maintenant sera de faire le ménage que souhaitent les Montréalais. Il devra mettre de côté tous les faux-fuyants derrière lesquels il s'est réfugié dans l'espoir d'échapper à ce vote de blâme. Il ne peut pas tourner la page comme si de rien n'était. Au lendemain de cette élection, ce ne peut être «business as usual». Ce genre de «business», les Montréalais n'en veulent plus. Ils l'ont dit clairement.

Verra-t-on un nouveau Gérald Tremblay émerger de cette élection? Rien n'est moins certain. Il pourrait être tenté de s'appuyer sur sa majorité au conseil pour poursuivre la politique pratiquée par son parti. La seule chose rassurante est que l'opposition, à l'Hôtel de Ville et dans plusieurs arrondissements, sera suffisamment forte pour garder son administration sur le qui-vive. Ayant recueilli ensemble tout près des deux tiers des suffrages, Vision Montréal et Projet Montréal pourront prétendre avoir toute la légitimité pour réclamer au nom des Montréalais des changements.






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  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 05h20
    Pourquoi pas une tutelle de Montréal
    Ce n'est pas l'hostilité aux fusions de la part des groupes anglophones de population qui détermine les réactions de rejet de L.Harel c'est le fait que c'est fondamentalement une indépendantiste convaincue. Ce que René Lévesque appelait un comportement de Rhodésiens.

    Pour ce qui est du changement d'attitude et d'actes de G.Tremblay, il est toujours majoritaire à l'hôtel de ville, il fera comme Charest depuis 2008, ce qu'il veut.

    La solution de la tutelle si même peu probable de la part du gouvernement libéral serait une solution plus appropriée monsieur Descôteaux que celle reposant sur la bonne volonté de G.Tremblay.

    Maintenant, J.Charest va laisser le temps arranger les choses, il faudra que les journalistes continuent leur travail d'enquête pour faire pression sur Charest ou remplacer celle publique que le premier ministre ne veut pas.

  • Akaash Mukherjee
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 05h29
    C'est vrai que les Montréalais l'ont dit clairement?
    Faut dire que moi, je ne suis pae tout à fait d'accord avec la déclaration "Ce genre de «business», les Montréalais n'en veulent plus. Ils l'ont dit clairement". Je pense que vous vous trompez, les montréalais ont selon-moi clairement indiqué qu'ils sont d'accord avec M. Tremblay et ses scandals. Alors le dérapage de notre ville se poursuivra, les Montréalais n'ont pas eu assez de courage pour dire non, nous en avons marre! C'est triste.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 06h33
    Merci.
    Oui aux dernières élections M Tremblay avait obtenu 53% alors qu'hier dimanche il ne reçoit que 37%. Cependant si vous ajoutez ceux qui ne désiraient pas avoir madame Harel à la mairie, c'est-à-dire les 25% de monsieur Bergeron, cela fait 62% qui en réalité ne la voulaient pas à ce poste. D'autant plus intéressant que monsieur Bergeron et son équipe n'était rien du tout dans le paysage voilà 5 ans. C'est donc une déculottée pour madame Harel sans « warning » (pour qu'elle apprenne l'anglais où pour faire comme une candidate bilingue de Magog) et un avertissement à Tremblay dont il saura s'arranger. Pour la corruption, les montréalais sont indifférents puisqu'il est de coutume de le savoir et de le voir. C'est la vie à Montréal depuis belle lurette. On va juste faire un ravalement de façade et puis basta. Rien ne changera ni avec Tremblay ni avec quelqu'un d'autre puisque cette corruption est le fondement même de l'économie et de la politique québécoise. Les italo-québécois vivent avec cette structure corrompue depuis des siècles alors allez-vous leur demander de changer de fond en comble leur pratique économique? N'oublions pas aussi que Charest est là avec sa « pratique » de parti politique au même statut que d'autres qui ont besoin d'argent pour leurs campagnes électorales. Les montréalais démontrent une grande lucidité politique même si pas grand-chose ne changera et on se croira encore à Montréal en Italie plus qu'en Amérique du Nord avec plein d'églises et plein de nid-de-poule.

  • Roger Marcotte
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 07h42
    misère
    Élir Tremblay.....il ne faut jamais sous-estimé la stupidité populaire.....

  • Hudon François
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 08h42
    Un sévère avertissement!
    Après avoir passé le dernier moi à présenter Richard Bergeron comme un utopiste, vous considérez maintenant que le vote d'opposition représente un sévère avertissement adressé au Maire! L'utopiste a récolté 25% des voies. Aurait-il fait mieux si les médias l'avait pris au sérieux, comme un quart des montréalais l'ont fait? Il est triste, bien triste de vivre dans une gérontocratie.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 09h25
    La honte a un nom
    Montréal aura ce qu`elle mérite, un maire mafieux. Honte à cette démocratie sans code d`éthique. Les entrepreneurs en infrastructure se feront bâtir un bateau encore plus grand.

  • François Le Blanc
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 09h58
    Les Montréalais n'ont rien dit de clair
    Pas avec 35 % de votes exprimés. M. Descôteaux, vous écrivez n'importe quoi.

    Force est de croire que la majorité des « citoyens » sont léthargiques ou conformistes. Tout simplement incapables de sortir des sentiers battus (surtout une certaine clientèle "captive" d'Union Montréal, des Libéraux, etc., car elle se donne au moins la peine d'aller au bureau de vote). Personnellement, j'aime mieux l'expression en anglais (« to think outside the box »).

  • André Loiselet
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 11h37
    Diviser c'est régner
    Les gens qui votèrent pour M. Bergeron plutôt que pour Mme Harel ont fait la victoire du maire Tremblay. Il suffit de compter les votes de deux partis de l'opposition pour s'en rendre compte. Virtuellement, les voteurs de M. Bergeron seraient allés, en majorité, chez Mme Harel qui était plus proche de leur vision.
    Diviser c'est régner!
    Une majorité (malgré les trop nombreuses abstentions) ont voté contre le maire actuel. La majoprité des voteurs ont perdu la mairie.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 13h03
    @M Loiseau
    Si vous dites : Les gens qui votèrent pour M. Bergeron plutôt que pour Mme Harel ont fait la victoire du maire Tremblay.
    Alors pourquoi les gens qui ont votés pour Harel? Pourquoi pas Bergeron?? Et ce n'est pas certain que les votes de Bergeron serait allés à Harel, car bien que ne voulant pas un retour de Tremblay plusieurs personnes on votés Bergeron parce Harel pour eux (et je crois que c'est le cas de la majorité des votes de Bergeron) n'était pas un choix acceptable. Harel l'unilingue, Harel au passé taché et souillé par sa position séparatiste, Harel celle par qui le malheur des fusions est arrivés. Pour plusieurs c'était anybody but Harel, même si cela veut dire le retour de Tremblay. Et c'est un choix aussi valide, car il ne faut pas oublié que la majorité, plus de 60% des Québécois disent non au séparatisme, dans les lus récent sondages.

  • Geoffrey Garver
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 13h26
    Plus que jamais, il faut une enquête rigoureuse
    Bon. Celui qui est le moins représentatif du changement aura le mandat de changer les choses à Montréal, car "changer" a gagné beaucoup plus de votes que M. Tremblay. Mais il ne sera pas suffisant de dire qu'on va juger M. Tremblay selons ses actions - nécessaire, mais pas suffisant. Pas suffisant, car on ne peut pas être le juge dans son propre cas, et il est donc maintenant plus important qu'avant les élections qu'il y aie une enquête indépendante et rigoureuse sur la corruption dans la gestion municipale.

  • Jean-Pierre Corbeil
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 14h21
    mairie inaccessible au pq
    Quand on est un petit peuple trop insignifiant pour réaliser qu'on a le pouvoir à condition d'aller voter, on regarde la tv pendant que les anglos de l'ouest de l'ile (de la ville MTL) vont aux urnes. Ainsi ils gardent le pouvoir.

  • Alain Bonin
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 14h52
    Vision à court terme.
    Je trouve déplorable encore le faible taux de vote. Malheureusement cela ne se voit pas à court terme. Les gens sont encore dans un niveau de confort acceptable des finances publiques. Rien n'y paraît. Les contrats scandaleux vont continuer d'être émis et la dette de s'accumuler. Tout cela sera fait avec de nouveaux moyens de contournement qui seront raffinés après ces révélations.

    Je crois que les gens n'ont pas vu ce qu'ils auraient pu changer. Qu'on soit anglais, français ou toutes autres ethnies la démocratie nous apporte le choix de changer les choses pour le futur. Indépendamment de nos origines la justice et l'équité est la même. Ce que les élections d'hier a envoyé comme message à nos élu(e)s est qu'ils ou elles peuvent continuer impunément de prospérer dans l'appareil de la corruption plus discrètement.

    Notre gouvernement va sûrement s'en tirer sans enquête publique puisque les québécois et québécoises ont démontré une certaine lassitude pour exercer leur droit fondamental. Cela laissera un goût amer aux prochaines génération qui ramasseront avec beaucoup de difficulté les pots cassés.

    Si le peuple savait le pouvoir qu'il a entre ses mains.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 15h19
    Montréal, étranger à 50%?
    Les Anglais et leurs amis éliraient la corruption plutôt que le français. Voilà, c'est chose faite!
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 15h49
    Tabou ridicule !
    Selon certains, Mme Harel ne l'a pas emporté, notamment parce qu'elle est une séparatiste. Comme si c'était un péché ! Pourtant, M. Bergeron est aussi indépendantiste et, à ce que je sache, personne ne l'a critiqué à ce sujet durant la campagne électorale qui s'est terminée hier !

  • Hubert Larocque
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 15h49
    La preuve électorale: L'anglais indispensable au Québec.
    N'est-il pas honteux et méprisable d'insinuer que Mme Harel ne savait pas assez l'anglais pour s'asseoir à la mairie de Montréal? On prétendra ensuite être attaché à un Québec français. Même "parfait-bilingue", aucun homme politique québécois ne devrait parler anglais dans l'exercice de ses fonctions. S'il n'en est pas ainsi, comment pouvez-vous prétendre que le Québec soit un pays français et que le français en soit la langue officielle? Quand un premier ministre ou un maire parle anglais à ses interlocuteurs, ceux-ci savent tout de suite qu'il est à leurs genoux et que le français est une langue folklorique parfaitement dépassée et négligeable. Cette obsession lancinante, incorrigible de parler anglais et de le faire savoir n'est-elle pas le révélateur le plus éloquent du colonialisme intériorisé? Le colonialisme intériorisé est plus grave que le colonialisme de premier degré parce que celui qui en est grippé a perdu la faculté de s'en apercevoir, mieux il substitue sa maladie à l'état normal.Enquérez-vous auprès d'André Pratte, de Lysiane Gagnon, d'Alain Dubuc, de Denise Bombardier, etc. s'ils ont conscience de leur souci névrotique de se valoriser, de se flatter à l'Anglais en lui parlant sa langue et en anglicisant le Québec?
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Pierre Allard
    Inscrit
    lundi 2 novembre 2009 19h18
    Une liberté en phase terminale
    14% des citoyens donnent leur aval a la corruption et elle est reconduite au pouvoir. Il a suffit qu'un tiers des votants le fassent et que 60% gens s'en fichent et ne votent pas. Les Montréalais ne méritent pas un gouvernement honnête, ni même la démocratie. Ils mériteront pleinement ce qu'ils auront.

    Erreur de penser que c'est une faille québécoise. Je note la même volonté, chez toutes les populations occidentales, d'être prises en charge et de ne PAS vouloir assumer leur gouvernance, même dans le cadre édulcoré d'une démocratie médiatique, bien balisée.

    C'est pour ça que j'ai bien l'impression que même cette pauvre consolation de feindre de lui prêter attention dans un simulacre de démocratie lui sera bientôt enlevée. D'abord aux USA, puis partout...

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/07/sa

    Pierre JC Allard

  • Sylvain Larose
    Abonné
    lundi 2 novembre 2009 19h44
    Démocratie et capitalisme
    Démocratie et capitalisme

    Nous ne vivons pas en démocratie. Arrêtez de vous leurrer: tant que des gens seront plus riches que d'autres, tant que l'argent pourra servir à corrompre des élus, des partis, des fonctionnaires, nous ne vivrons pas en démocratie.

    Ce n'est pas vrai que tout le monde à un vote. Les propriétaires de médias en ont drôlement plus. Et les gens très riches aussi.

    Que vaut mon vote devant 100 000$?

    Non, je ne suis pas allez voter. Je ne suis pas aller depuis une quinzaine d'année. Je suis tanné de perdre mon temps. Les dés sont pipés.

    Vous voulez une démocratie? Abandonnez le capitalisme.

    Vous voulez le capitalisme? Ne me dites pas que vous voulez la démocratie.

    Parce qu'en démocratie, où le peuple a le pouvoir, réellement, il y aurait pas de gens si riches. Le peuple ferait des lois pour mieux répartir la richesse.

    SVP, arrêtez de me parler de démocratie.

    Sylvain Larose, enseignant d'histoire.

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    mardi 3 novembre 2009 10h37
    Tout à fait exact, M. Larocque !
    M. Hubert Larocque, ce que vous écrivez dans votre envoi (www.ledevoir.com/2009/11/02/commentaires/0911021549081.html) est, en effet, rigoureusement exact.

    Et je ne saurais trop, en complément, vous renvoyer à l'analyse suivante, qui "décortique" par le menu, mais de manière succincte et concise, ce lancinant problème qui nous détruit de l'intérieur : www.vigile.net/article3679.html

    Oui, nous sommes encore un peuple profondément colonisé.

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