Montréal - Et si le prochain maire était minoritaire?
Le prochain maire de Montréal sera-t-il minoritaire? Alors que les trois principaux candidats à la mairie se retrouvent au coude-à-coude à l'approche du scrutin de dimanche, ce scénario apparaît fort plausible.
Depuis 1960, il est arrivé à deux reprises qu'un maire soit minoritaire au conseil municipal de Montréal. Lorsque Pierre Bourque s'est retrouvé dans cette position en 1997 à la suite d'une cascade de démissions, il avait déclaré: «Ce n'est pas la fin du monde; la vie va continuer.» La réalité a été plus difficile, d'autant plus qu'il avait dû se résigner à conserver deux démissionnaires dans son comité exécutif. Il a tout de même réussi à se faire réélire avec une forte majorité l'année suivante.
Gérald Tremblay est lui aussi devenu minoritaire en octobre 2003, à l'époque où les élus issus des ex-banlieues désertaient son parti. Il n'est pas demeuré longtemps dans cette position puisque moins de deux mois plus tard, tout juste avant l'adoption du budget, il avait attiré six élus de l'opposition dans son équipe.
À Québec, les maires minoritaires sont chose courante. L'ex-maire Jean-Paul L'Allier s'en est fort bien tiré, estime le chroniqueur urbain Réjean Lemoine. «M. L'Allier était un fin négociateur. Sur les dossiers importants, il accordait à plusieurs conseillers ce qu'ils demandaient pour leur quartier en échange de leur appui. M. L'Allier était passé maître dans l'art du compromis. Et quand il sentait une réticence, il reculait et attendait», explique M. Lemoine.
Confrontée à Ann Bourget, une chef de l'opposition aussi intraitable qu'elle, Andrée Boucher n'a pas géré cette situation avec autant de doigté, estime M. Lemoine. «C'était vraiment une question de personnalité. [...] Ça peut devenir très difficile si on est en présence de personnes qui sont incapables de mettre de l'eau dans leur vin», dit-il.
Professeur à l'INRS, Jean-Pierre Collin rappelle qu'au niveau municipal, les élus sont moins fidèles aux partis qu'au provincial ou au fédéral. À son avis, une minorité au conseil risque d'inciter plusieurs élus à changer de camp. Mais dans l'hypothèse où le prochain maire de Montréal obtient la majorité au conseil mais qu'il se retrouve aux prises avec une majorité de maires d'arrondissement appartenant à une formation adverse, la situation pourrait devenir problématique pour lui. «C'est le plus beau cas de figure de blocage. On aurait une partie de bras de fer assez costaude», croit-il.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a fait savoir hier qu'elle souhaitait vivement une «majorité sans équivoque essentielle pour faire le ménage qui s'impose à l'Hôtel de Ville». Pour Richard Bergeron, de Projet Montréal, une position minoritaire n'est pas dramatique. «C'est même mieux dans l'esprit du modèle de gouvernance que je veux mettre en place», a-t-il expliqué. Rappelons que plus tôt cette semaine, M. Bergeron a promis d'intégrer des membres de l'opposition dans son comité exécutif s'il accédait à la mairie.
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Avec la collaboration d'Alec Castonguay
Depuis 1960, il est arrivé à deux reprises qu'un maire soit minoritaire au conseil municipal de Montréal. Lorsque Pierre Bourque s'est retrouvé dans cette position en 1997 à la suite d'une cascade de démissions, il avait déclaré: «Ce n'est pas la fin du monde; la vie va continuer.» La réalité a été plus difficile, d'autant plus qu'il avait dû se résigner à conserver deux démissionnaires dans son comité exécutif. Il a tout de même réussi à se faire réélire avec une forte majorité l'année suivante.
Gérald Tremblay est lui aussi devenu minoritaire en octobre 2003, à l'époque où les élus issus des ex-banlieues désertaient son parti. Il n'est pas demeuré longtemps dans cette position puisque moins de deux mois plus tard, tout juste avant l'adoption du budget, il avait attiré six élus de l'opposition dans son équipe.
À Québec, les maires minoritaires sont chose courante. L'ex-maire Jean-Paul L'Allier s'en est fort bien tiré, estime le chroniqueur urbain Réjean Lemoine. «M. L'Allier était un fin négociateur. Sur les dossiers importants, il accordait à plusieurs conseillers ce qu'ils demandaient pour leur quartier en échange de leur appui. M. L'Allier était passé maître dans l'art du compromis. Et quand il sentait une réticence, il reculait et attendait», explique M. Lemoine.
Confrontée à Ann Bourget, une chef de l'opposition aussi intraitable qu'elle, Andrée Boucher n'a pas géré cette situation avec autant de doigté, estime M. Lemoine. «C'était vraiment une question de personnalité. [...] Ça peut devenir très difficile si on est en présence de personnes qui sont incapables de mettre de l'eau dans leur vin», dit-il.
Professeur à l'INRS, Jean-Pierre Collin rappelle qu'au niveau municipal, les élus sont moins fidèles aux partis qu'au provincial ou au fédéral. À son avis, une minorité au conseil risque d'inciter plusieurs élus à changer de camp. Mais dans l'hypothèse où le prochain maire de Montréal obtient la majorité au conseil mais qu'il se retrouve aux prises avec une majorité de maires d'arrondissement appartenant à une formation adverse, la situation pourrait devenir problématique pour lui. «C'est le plus beau cas de figure de blocage. On aurait une partie de bras de fer assez costaude», croit-il.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a fait savoir hier qu'elle souhaitait vivement une «majorité sans équivoque essentielle pour faire le ménage qui s'impose à l'Hôtel de Ville». Pour Richard Bergeron, de Projet Montréal, une position minoritaire n'est pas dramatique. «C'est même mieux dans l'esprit du modèle de gouvernance que je veux mettre en place», a-t-il expliqué. Rappelons que plus tôt cette semaine, M. Bergeron a promis d'intégrer des membres de l'opposition dans son comité exécutif s'il accédait à la mairie.
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Avec la collaboration d'Alec Castonguay
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