Montréal dans la tourmente - Tremblay voit le bon côté des choses
Le maire sortant croit que ceux qui sont animés de mauvaises intentions seront plus hésitants
L'affaire Labonté a continué de faire des vagues hier. Chacun leur tour, les trois candidats à la mairie se sont vantés d'être les plus aptes à manier le balai — ou l'aspirateur — pour faire le ménage à l'Hôtel de Ville. Ils ont tous nié avoir recours à des prête-noms pour financer leurs formations politiques.
S'il fallait trouver un point positif dans la tourmente qui secoue l'Hôtel de Ville de Montréal, c'est que les personnes ayant des «intentions douteuses» sont maintenant sur leurs gardes, prétend le maire Gérald Tremblay, éclaboussé comme bien d'autres politiciens par les révélations de l'ancien numéro deux de Vision Montréal, Benoit Labonté.
Dans le cadre d'une tournée des studios de télévision et de radio hier matin, le maire Tremblay a soutenu que le ménage qu'il avait amorcé il y a trois ans à l'Hôtel de Ville donnerait des résultats. «Les gestes que j'ai posés font que les personnes qui avaient des intentions douteuses ou qui avaient des comportements douteux sont maintenant sur leurs gardes», a-t-il indiqué à l'animateur Paul Arcand.
Au sujet du système de ristournes qui aurait été instauré lors de l'octroi des contrats, le maire a dit ignorer l'existence d'une telle combine, même si en 2007, Benoit Labonté lui en avait parlé. Il s'agit de rumeurs et de ouï-dire, a insisté Gérald Tremblay. Rappelons que dans une entrevue diffusée à Radio-Canada jeudi, Benoit Labonté a soutenu que divers intervenants lui avaient maintes fois rapporté les agissements de Bernard Trépanier, un ancien collecteur de fonds pour Union Montréal qui aurait réclamé de sous-traitants l'équivalent de 3 % de la valeur des contrats obtenus de la Ville. Vraisemblablement, des élus et des fonctionnaires se partageaient ensuite ces sommes, avait-il expliqué.
Le maire a également dû commenter les extraits de conversations téléphoniques, publiés par La Presse hier, impliquant Bernard Trépanier et divers interlocuteurs, soit Bernard Poulin, président du groupe d'ingénieurs SM, Frank Zampino, ex-président du comité exécutif, et Rosaire Sauriol, vice-président de Dessau. «Je n'ai jamais été manipulé par qui que ce soit», a affirmé Gérald Tremblay, se référant à l'une de ces conversations dont les médias ne peuvent plus rapporter la teneur en raison de menaces de poursuites de la part de Bernard Trépanier. «J'ai appris de mes erreurs. L'erreur, c'est de faire confiance à mon entourage. Je ne répéterai pas les mêmes erreurs, a expliqué Gérald Tremblay. Mon entourage va être très différent.»
Louise Harel a elle aussi dû se défendre des allégations de Benoit Labonté selon lesquelles Vision Montréal avait recours à des prête-noms. Elle a répété que depuis son arrivée à la tête du parti, des règles de financement strictes avaient été instaurées.
Financement sectoriel
Lors de son point de presse, elle a toutefois été embarrassée par les questions des journalistes concernant les propos de M. Labonté au sujet de sa responsable du financement, Sylvie Bourassa. M. Labonté soutenait que Mme Bourassa évoquait ouvertement le «financement sectoriel», c'est-à-dire les contributions de grandes entreprises. «Pendant 27 ans et demi de vie politique, je n'ai jamais utilisé les systèmes décrits par M. Labonté. Et je n'ai absolument pas l'intention d'utiliser ce genre de systèmes», a dit Mme Harel. Aux journalistes qui lui demandaient avec insistance si M. Labonté avait menti dans son témoignage, elle a fini par dire qu'elle n'avait pas entendu les propos que les journalistes lui rapportaient. «J'ai même retourné un chèque parce qu'il n'était pas fait selon les règles, a-t-elle dit. Nous avons même accepté de réduire [les dépenses liées à] la campagne que nous faisons pour ne pas avoir à accepter ce genre de dons.»
Les commentaires de Mme Harel n'ont pas impressionné le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. «Tout le monde sait comment fonctionnent les partis politiques. [...] Mme Harel a voulu profiter des réseaux en place. Elle a choisi volontairement Vision Montréal pour ces raisons, mais maintenant, sa mésalliance avec Benoit Labonté va lui coûter cher», a déclaré M. Bergeron.
Le DGE
Les révélations-chocs de Benoit Labonté ont aussi fait réagir le directeur général des élections du Québec (DGE), qui a demandé hier à Benoit Labonté d'entrer en contact avec son bureau et de présenter des faits concrets pour appuyer ses dires. «Soit que ça va mener à des poursuites, éventuellement, soit que ça va nous aider à formuler des recommandations pour tenter de corriger des problèmes», a déclaré le porte-parole du bureau du DGE, Denis Dion.
Visé par les propos de M. Labonté, Jacques Trépanier a fait savoir par voie de communiqué hier qu'il n'avait pas «l'intention de répliquer à des insinuations dénuées de toute crédibilité». Il entend d'ailleurs faire parvenir une mise en demeure à M. Labonté, dont les «insinuations» ne sont, selon lui, que «des rumeurs et des ragots provenant de ouï-dire».
Rappelons que les élections se tiendront le 1er novembre, mais que le vote par anticipation a lieu demain.
Avec La Presse canadienne
S'il fallait trouver un point positif dans la tourmente qui secoue l'Hôtel de Ville de Montréal, c'est que les personnes ayant des «intentions douteuses» sont maintenant sur leurs gardes, prétend le maire Gérald Tremblay, éclaboussé comme bien d'autres politiciens par les révélations de l'ancien numéro deux de Vision Montréal, Benoit Labonté.
Dans le cadre d'une tournée des studios de télévision et de radio hier matin, le maire Tremblay a soutenu que le ménage qu'il avait amorcé il y a trois ans à l'Hôtel de Ville donnerait des résultats. «Les gestes que j'ai posés font que les personnes qui avaient des intentions douteuses ou qui avaient des comportements douteux sont maintenant sur leurs gardes», a-t-il indiqué à l'animateur Paul Arcand.
Au sujet du système de ristournes qui aurait été instauré lors de l'octroi des contrats, le maire a dit ignorer l'existence d'une telle combine, même si en 2007, Benoit Labonté lui en avait parlé. Il s'agit de rumeurs et de ouï-dire, a insisté Gérald Tremblay. Rappelons que dans une entrevue diffusée à Radio-Canada jeudi, Benoit Labonté a soutenu que divers intervenants lui avaient maintes fois rapporté les agissements de Bernard Trépanier, un ancien collecteur de fonds pour Union Montréal qui aurait réclamé de sous-traitants l'équivalent de 3 % de la valeur des contrats obtenus de la Ville. Vraisemblablement, des élus et des fonctionnaires se partageaient ensuite ces sommes, avait-il expliqué.
Le maire a également dû commenter les extraits de conversations téléphoniques, publiés par La Presse hier, impliquant Bernard Trépanier et divers interlocuteurs, soit Bernard Poulin, président du groupe d'ingénieurs SM, Frank Zampino, ex-président du comité exécutif, et Rosaire Sauriol, vice-président de Dessau. «Je n'ai jamais été manipulé par qui que ce soit», a affirmé Gérald Tremblay, se référant à l'une de ces conversations dont les médias ne peuvent plus rapporter la teneur en raison de menaces de poursuites de la part de Bernard Trépanier. «J'ai appris de mes erreurs. L'erreur, c'est de faire confiance à mon entourage. Je ne répéterai pas les mêmes erreurs, a expliqué Gérald Tremblay. Mon entourage va être très différent.»
Louise Harel a elle aussi dû se défendre des allégations de Benoit Labonté selon lesquelles Vision Montréal avait recours à des prête-noms. Elle a répété que depuis son arrivée à la tête du parti, des règles de financement strictes avaient été instaurées.
Financement sectoriel
Lors de son point de presse, elle a toutefois été embarrassée par les questions des journalistes concernant les propos de M. Labonté au sujet de sa responsable du financement, Sylvie Bourassa. M. Labonté soutenait que Mme Bourassa évoquait ouvertement le «financement sectoriel», c'est-à-dire les contributions de grandes entreprises. «Pendant 27 ans et demi de vie politique, je n'ai jamais utilisé les systèmes décrits par M. Labonté. Et je n'ai absolument pas l'intention d'utiliser ce genre de systèmes», a dit Mme Harel. Aux journalistes qui lui demandaient avec insistance si M. Labonté avait menti dans son témoignage, elle a fini par dire qu'elle n'avait pas entendu les propos que les journalistes lui rapportaient. «J'ai même retourné un chèque parce qu'il n'était pas fait selon les règles, a-t-elle dit. Nous avons même accepté de réduire [les dépenses liées à] la campagne que nous faisons pour ne pas avoir à accepter ce genre de dons.»
Les commentaires de Mme Harel n'ont pas impressionné le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron. «Tout le monde sait comment fonctionnent les partis politiques. [...] Mme Harel a voulu profiter des réseaux en place. Elle a choisi volontairement Vision Montréal pour ces raisons, mais maintenant, sa mésalliance avec Benoit Labonté va lui coûter cher», a déclaré M. Bergeron.
Le DGE
Les révélations-chocs de Benoit Labonté ont aussi fait réagir le directeur général des élections du Québec (DGE), qui a demandé hier à Benoit Labonté d'entrer en contact avec son bureau et de présenter des faits concrets pour appuyer ses dires. «Soit que ça va mener à des poursuites, éventuellement, soit que ça va nous aider à formuler des recommandations pour tenter de corriger des problèmes», a déclaré le porte-parole du bureau du DGE, Denis Dion.
Visé par les propos de M. Labonté, Jacques Trépanier a fait savoir par voie de communiqué hier qu'il n'avait pas «l'intention de répliquer à des insinuations dénuées de toute crédibilité». Il entend d'ailleurs faire parvenir une mise en demeure à M. Labonté, dont les «insinuations» ne sont, selon lui, que «des rumeurs et des ragots provenant de ouï-dire».
Rappelons que les élections se tiendront le 1er novembre, mais que le vote par anticipation a lieu demain.
Avec La Presse canadienne
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