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Poubelles municipales

Gil Courtemanche   24 octobre 2009  Montréal
J'ai souvent soutenu que la politique municipale pourrait être le lieu idéal de l'apprentissage démocratique et je le crois encore. Problèmes de proximité, dossiers qui sont à la portée des citoyens. Ne méprisons pas l'importance de l'éclairage dans une rue bordée d'arbres, celui de l'enlèvement des ordures, de l'entretien des parcs, de l'animation culturelle d'un quartier, du ramassage des feuilles. Ne méprisons pas les choses quotidiennes qui font une bonne partie de nos vies.

Mais pas facile de dire aux citoyens de s'engager dans cette vie municipale et surtout de voter.

Et je comprends. La politique municipale est une poubelle, le dernier lieu des corruptions dignes de l'époque Duplessis. En fait, la politique municipale n'existe pas, c'est le commerce municipal qui existe.

J'ai, par affection et admiration pour deux personnes, contribué à deux campagnes électorales à la mairie. La première fois, j'étais bénévole et la seconde, engagé comme consultant. Dans les deux cas, nos premières rencontres se déroulèrent dans des bureaux d'ingénieurs-conseils spécialisés en infrastructure. Dans les deux cas, les organisateurs en chef qui étaient des «bénévoles» étaient des ingénieurs libérés par leur employeur. Autour des ingénieurs, des développeurs, des constructeurs, des promoteurs discutaient de la meilleure manière de construire un parti ou plutôt d'inventer un parti. Chacun d'eux possédait un lien privilégié avec un organisateur libéral ou péquiste qui pouvait livrer quelques centaines de membres qui assisteraient au congrès de fondation du parti. Bien souvent, on leur donnait leur carte de membre. Toutes ces discussions et ces manoeuvres se déroulaient bien avant le début officiel de la campagne électorale. Ces activités étaient essentiellement financées par les firmes qui gravitaient autour des candidats à la mairie.

***

Voilà le premier problème. Depuis le RCM, il n'y a jamais eu de parti politique à Montréal. Un parti, ce n'est pas un homme, mais des idées, un programme, une vision, du militantisme, des réunions et des congrès périodiques. Dans les partis municipaux, toutes ces activités relèvent de la frime et du théâtre. Et je ne parle pas de Québec ni de Laval, où la politique municipale se résume à l'existence d'un seul homme.

Dans un cas, j'ai découvert bien après que deux hommes, deux millionnaires fortement engagés dans le développement du centre-ville, avaient réuni quelques amis, proposé le nom d'un candidat et décidé de financer la création d'un parti. Cette opération prit plusieurs mois et fut entièrement financée au noir, soit par de l'argent comptant, soit en fournissant du personnel, des services ou des locaux. Je le sais maintenant, l'objectif était de contrôler Montréal, les plans d'urbanisme, la hauteur des tours, le réseau routier, les réfections. Posséder la ville. Mon candidat honnête était entouré de profiteurs et je sais qu'il le sait maintenant. La démarche suivie est exactement l'inverse de celle qui procède à la naissance d'un parti. Quelques hommes choisissent un candidat, lui proposent de l'appuyer, recrutent des professionnels de l'organisation qui trouvent quelques centaines de personnes, puis un nom de parti. Pour le programme, on engage un consultant, moi en l'occurrence, qui pond quelques pages en solitaire. Comment les quelques véritables propriétaires du parti, les quelques hommes mentionnés plus haut, s'assurent-ils d'un retour d'ascenseur? En faisant en sorte que quelques postes-clés de l'administration, du comité exécutif et de la direction de services soient réservés à des membres du consortium, car un parti municipal, c'est un consortium qui investit dans une entreprise. La ville comme filiale.

***

Pourquoi vivons-nous ces épisodes désolants? Le maire Tremblay qui ne sait rien de sa ville, Zampino qui mange des crevettes avec Accurso, Louise Harel qui ignore tout de son parti inventé qu'elle emprunte sans poser de questions. Car elle a bien emprunté un parti pour satisfaire son ambition. La loi sur le financement des partis est trop facilement contournable. Le régime d'octroi des contrats par soumission peut facilement être manipulé. Le secteur de l'industrie de la construction est pourri jusqu'à la moelle. Tout cela, on le sait depuis toujours et les deux anciens ministres qui s'affrontent à Montréal ne peuvent absolument pas plaider l'ignorance.

Bien sûr, il faut que Québec cesse de jouer aux trois singes qui ne voient rien, n'entendent rien et ne disent rien. Oui, il faut des enquêtes policières, mais aussi une enquête publique, de même que des lois plus rigoureuses et des mécanismes de contrôle plus efficaces. On pourra peut-être procéder à un certain ménage, mais le problème fondamental ne disparaîtra pas et, avec le temps, le système de corruption reviendra. Le cancer c'est l'artificialité des partis politiques municipaux, qui sont des coquilles vides qui ne peuvent s'autofinancer légalement, contrairement aux partis politiques provinciaux ou fédéraux.

Tant que les citoyens ne s'investiront pas massivement dans la politique locale, les machines électorales municipales auront besoin d'argent sale et d'amis riches qui demanderont continuellement des retours d'ascenseur. Des retours d'ascenseur qui nous coûtent des centaines de millions de dollars.
 
 
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  • Godefroy
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 00h49
    Dévolution irresponsable
    Si nous ne vivons pas dans une véritable démocratie, où en sommes-nous rendu ?

    Nous sommes dirigés par des ploutocrates mafieux - état d'une société dans laquelle les plus riches exercent plus ou moins directement le pouvoir politique ou jouissent d'une influence prépondérante -.

    Nous n'avons pas de leçon à donner aux Afghans. Allons-nous descendre encore plus bas ?

    De l'air. Allez voter en masse montréalais. Débarassez-vous de Gérald le responsable irresponsable.

  • André Bourbonnais
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 01h33
    Aspirateur...
    Mme. Harel devra laisser son balai pour plutôt employer un
    aspirateur.

  • Claude Verreault Jr
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 03h20
    Des bandits au pouvoir
    Je demeure à Québec et cela me réconforte.Pour qui voter à la mairie de Montréal--ce sont tous des bandits à cravates...

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 07h22
    Ha! Eugène-René...
    ...Poubelle que ne nous as-tu pas fait un 2 novembre 1883 en inventant par décret la pourbelle. Vois ce qu'on y met maintenant dans ton invention diabolique, toute la mairie et la politique québécoise du 20ième et du 21ième siècle. Y-aura-t-il un salut?

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 09h21
    Le refus de la politique municipale
    Une autre cause de cette situation est sans doute le refus de considérer qu'il puisse y avoir une politique municipale. Beaucoup de gens considèrent qu'il ne s'agit que de gérer des services de base, voirie, collecte des ordures, entretien des parcs, et qu'il ne s'agit aucunement de choix politiques de développement. Ne parle-t-on pas d'administration municipale? Alors, dans ce cas, pourquoi ne pas confier les villes à des administrateurs professionnels?

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 09h34
    Vous n'avez rien dit contre Projet Montréal...
    Vous n'avez rien dit contre Projet Montréal...

    ...ce qui me semble très révélateur..

    J'appui entièrement votre silence Monsieur Courtemanche!

    Votons Projet Montréal !


    Christian Montmarquette


    P.S. ...avec le peu d'été qu'on a au Québec... Ça vous intéresse pas 3 kilomètres de plage à Verdun et Pointe-aux-Trembles ?


    .

  • David Milot
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 09h53
    Un seul vrai parti
    Il est vrai que le dernier vrai parti populaire à Montréal est le RCM. En fait c'était vrai jusqu'en 2004 où Projet Montréal est littéralement parti de rien. D'ailleurs des anciens conseillers du RCM comme André Cardinal et Paul Cliche ont participé à sa fondation.

    Projet Montréal est financé par ses membres et sympathisants. Le programme a été élaboré par les membres dans un long processus d'un an. Ses travailleurs d'élections sont aussi des membres bénévoles.

    Dans l'entourage de Projet Montréal, on ne trouve pas de firmes d'avocats, de comptables, de communication ou d'ingénieurs intéressés, mais bien que des militants qui sont là pour améliorer la qualité de vie à Montréal.

    M. Courtemanche a raison dans sa dénonciation mais il ignore Projet Montréal qui pourtant est plus que dans la course, surtout depuis qu'on sait que Louise Harel utilise des méthodes semblables à Gérald Tremblay.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 11h15
    @ M. Montmarquette
    M. Montmarquette, comme un des fondateurs de Québec solidaire est complètement logique en demandant de voter Projet Montréal parce que :

    On pourrait penser que 3 de nos partis politiques provinciaux sont représentés par 3 partis municipaux montréalais et peut-être 3 religions :

    Vision Montréal de Mme Harel, représenterait le PQ, par son implication passée à la politique provinciale avec sa majorité de Québécois francophones, plus ou moins catholique.

    Union Montréal de M. Gérald Tremblay, le PLQ, par son implication passée à la politique provinciale et le support de la communauté juive, sauf une ou deux personnes.

    Projet Montréal de M. Richard Bergeron, Québec solidaire, par son implication comme musulman de l'Islam « pour un gars du Lac St-Jean » qui rejoint le port du voile préconisé par Mme David et Amir Khadir, un Iranien de naissance.

  • Jacques Leger
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 11h21
    OUBLI VOLONTAIRE?
    COURTEMANCHE VEUT-IL IGNORER L'EXISTENCE DE PROJET MONTRÉAL POUR DES RAISONS QU'IL N'A PAS LE COURAGE ET L'INTÉGRITÉ DE NOUS RÉVÉLER? IL A LE DEVOIR DE S'EXPLIQUER LA-DESSUS.

    JACQUES LÉGER,MONTRÉAL

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 11h25
    Ce sont sur les vraies valeurs des gens qu'on devrait investir.
    Vous dites que même si on fait le ménage, ça reviendra et je suis d'accord avec vous. Les consortiums aux valeurs discutables ont de gros appétits. Et le monde de la politique (municipale, provinciale et fédérale)leur est livré en pâture. Le problème, on dirait qu'il n'y a que les gens intéressés au pouvoir et à l'argent qui s'intéressent à la chose politique. Alors que ceux qui pourraient s'y intéresser pour des vrais valeurs sont à peu près laissés pour compte. Au fond, les premiers se servent peut-être de ceux qui s'investissent pour des bonnes causes pour parvenir à leur fin.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 17h29
    Le complexe islamophobique de Gilles Bousquet
    Mais... Ma foi du bon Dieu...

    Gilles Bousquet est devenu comme Georges Bush !

    Il voit des complots islamistes partout !

    Je lui recommande fortement de délaisser cette vilaine manie qui commence à friser le racisme.

    De toutes manières, qu'est-ce que cette histoire de religion peut bien venir foutre la campagne municipale ?

    Occupez-vous donc des relations louches de Louise Harel.

    Il me semble que c'est pas mal plusse au coeur du débat.


    CM

  • André Lajoie
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 19h29
    bel article
    Merci pour cet article, j'ai bien aimé.

  • Geneviève Martineau
    Inscrite
    samedi 24 octobre 2009 20h40
    Le cynisme ne mène à rien. Il faut agir.
    Je viens de lire votre article sur la création d'un parti municipal. Et je suis franchement déçue. Oui tout ce qui est dit sur les vieux partis est vrai. Et pourtant... Il en existe un parti d'idées à Montréal. Un parti avec des VRAIS bénévoles et un financement RÉELLEMENT citoyen. C'est Projet Montréal. Je suis ingénieure, et bénévole, et donnatrice. Personne ne m'a engagée. J'ai choisi de m'y impliquer pour les projets et les idées qui y sont véhiculées. Parce qu'il représente l'avenir que j'ai envie d'avoir et de faire vivre à mes enfants. Parce que les gens qui le composent me ressemble. Ils sont vivants, pas cyniques, mais engagés. Pour le meilleur. Richard Bergeron a beau ne pas avoir le charisme d'Obama, il porte des convictions sincères et des ambitions avec des moyens pour y arriver. Et en plus: il n'est pas seul. Toute une équipe de candidats et de membres qui travaillent d'arrache-pied pour concrétiser tous ces projets. Il n'est pas un rêveur seul sur son île. Il est un homme écoeuré de la magouille et de l'inertie des politiciens et qui a décidé de plonger. C'est tout en son honneur quand on le connait. Par respect pour tout ce monde qui prend le problème à bras le corps plutôt que de lancer des hauts cris stérile, il faut en PARLER. Pas de tabagisme, pas de conversion à l'Islam ou d'hypothèses conspirationistes sur le 9-11... Non. Il faut parler des SOLUTIONS CONCRÈTES et APPLICABLES qui sont proposées. Richard Bergeron en est le porte parole, mais il n'est que la pointe de l'iceberg. Plongez pour aller voir tout le monde qui se trouve là dessous... Vous allez voir. Ça va bouger.Pour le mieux.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 25 octobre 2009 10h18
    Franchement monsieur Bouquet, votre grille d'analyse???
    Sans vouloir vous offensez, le regard réducteur que vous jetez sur les 3 partis politiques municipaux de Montréal, m'invite à penser que vous auriez grand besoin d'une autre paire de lunette.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    dimanche 25 octobre 2009 17h25
    @ M. Morissette
    M. Morissette, Votre paire de lunettes vous montre quoi ? Que les juifs et les musulmans votent majoritairement pour le PQ ?

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    dimanche 25 octobre 2009 18h29
    Vision Montréal de Louise Harel s'est fait poursuivre plus de 200 fois par le Directeur général des élections
    Vision Montréal Louise Harel s'est fait poursuivre 200 fois par le Directeur général des élections (DGÉ.

    C'est ce que le député Amir Khadir a dénoncé sur les ondes de la radio du 98,5 FM, ce dimanche 25 octobre 2009.

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    lundi 26 octobre 2009 10h27
    Amalgame Louise Harel - Vision Montréal
    Amalgame = malhonnêteté intellectuelle
    Mesquinerie = esprit petit

    M. Montmarquette, votre propension à vouloir à tout prix salir Mme Harel (Vision Montréal existait avant madame, et c'est avant son arrivée que ces poursuites ont été exécutées), et ce en étalant (copiant/collant !) les mêmes interventions sur plusieurs forums, démontre hors de tout doute que vous n'êtes pas ici pour discuter et échanger, mais bien pour mousser un parti politique montréalais. Soit, Projet Montréal. Dirigé par M. Richard Bergeron.

    Vous avez le droit d'exprimer votre opinion, M. Montbarquette. Mais dans le rôle d'« agent officiel de Projet Montréal » (comme un internaute a déjà dit), vous faites plutôt dans le ridicule.

    Et vous nuisez carrément à la cause que vous prétendez défendre.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    lundi 26 octobre 2009 17h39
    @ Nicolas St-Gilles : «Vision Montréal et Louise Harel n'ont pas eu besoin de moi pour se salir les mains »
    Vision Montréal et Louise Harel n'ont pas eu besoin de moi pour se salir les mains, ils ont été parfaitement capables de le faire par eux-mêmes.

    Je ne fais que mettre en garde une certaine part de la population qui pourrait être tentée de leur donner le bon dieu sans confession.

    Quant à ma militance, on ne pourra pas me reprocher que je que je milite pour un parti sous le couvert d'une pseudo objectivité ou neutralité politique.

    Mes couleurs sont nettes et avouées et mes intentions sont connues de tout le monde qui me lit le mondrement.

    Je crois sincèrement et fermement que nous avons désespérément besoin de sang neuf à Québec comme à Montréal pour faire bouger et améliorer les choses.

    Et ce sang neuf pour moi s'appelle définitivement «Québec Solidaire» et «Projet Montréal».

    Bonne chance dans vos élections,

    Et que le meilleur gagne.



    _______________________

    Christian Montmarquette

    Militant de Québec Solidaire et de Projet Montréal


    Tous mes articles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_

    .

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