Libre opinion - Échangeur Turcot : ne signez pas le décret !
Patricia Viannay, résidante de Saint-Henri et organisatrice communautaire au POPIR-Comité logement
12 novembre 2009
Montréal
Les citoyens du Village des Tanneries se réjouissent de lire, dans le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), publié mardi, que, dans le cadre de la reconstruction de l'échangeur Turcot, «la commission d'enquête ne souscrit pas à la volonté du promoteur d'acquérir des propriétés résidentielles» (page 55).
En effet, en juin dernier, 14 résidants directement touchés par le projet et 18 organismes communautaires du quartier avaient joint leurs voix à celles des 53 autres experts et organisations qui avaient exigé que le ministère des Transports du Québec (MTQ) refasse ses devoirs, ce que confirme publiquement le BAPE sur plusieurs enjeux.
Les organismes, les citoyens de Saint-Henri, de Ville-Émard et de Côte-Saint-Paul sont les mieux placés pour se positionner à propos du projet proposé par le MTQ. Ils connaissent bien l'échangeur puisqu'ils vivent directement à ses pieds. Ils ne sont pas des experts, mais ils restent pourtant les mieux à même d'évaluer les conséquences du projet, puisque ce sont leurs logements qui sont menacés de démolition, leur quartier qui est menacé d'enclavement par la construction sur remblais, leur qualité de vie qui est diminuée (augmentation de la pollution, du nombre de véhicules dans les rues avoisinantes, des risques d'accident, etc.).
Si ces derniers se réjouissent que ces questions ont été retenues par le BAPE, ils craignent encore que le projet ne se réalise, tel que proposé par le MTQ. L'épée de Damoclès que représente cet échangeur reste au-dessus de leurs têtes... Et si le premier ministre, Jean Charest, signait malgré tout le décret qui autoriserait le début des travaux?
M. Charest pourrait quand même être tenté d'aller de l'avant, parce qu'il faut faire vite. Mais d'où vient cette urgence d'agir? Est-elle réelle? Si oui, comment expliquer que le MTQ lui-même ne commence pas la réfection par l'axe nord-sud, réputé pour être le moins fiable?
Le premier ministre pourrait aussi écouter les sirènes qui nous chantent leur crainte de l'immobilisme québécois. Mais qui est le plus immobiliste? Celui qui pousse un projet reposant sur des principes des années 60, sur plus de béton pour plus d'autos, ou celui qui préfère se donner le temps de penser à un projet d'avenir, en concordance avec les défis écologiques, sociaux et urbains de notre époque?
Finalement, M. Charest pourrait craindre une «explosion de la facture» s'il commande une modification du projet. Mais qui est en mesure d'affirmer qu'un nouveau projet serait plus coûteux que celui actuellement proposé? Et les coûts sociaux liés à une augmentation de la pollution, de l'enclavement et des accidents et à la démolition de 166 logements ont-ils été évalués?
Ne pas respecter les recommandations du BAPE et s'engager immédiatement dans la voie des travaux, même en affirmant être ouvert à des modifications en cours de route, serait un acte illégitime que déciderait d'accomplir le gouvernement. Pour que les citoyens croient dans le pouvoir que leur donne la démocratie, ils doivent être écoutés. Jean Charest, ne signez pas le décret!
En effet, en juin dernier, 14 résidants directement touchés par le projet et 18 organismes communautaires du quartier avaient joint leurs voix à celles des 53 autres experts et organisations qui avaient exigé que le ministère des Transports du Québec (MTQ) refasse ses devoirs, ce que confirme publiquement le BAPE sur plusieurs enjeux.
Les organismes, les citoyens de Saint-Henri, de Ville-Émard et de Côte-Saint-Paul sont les mieux placés pour se positionner à propos du projet proposé par le MTQ. Ils connaissent bien l'échangeur puisqu'ils vivent directement à ses pieds. Ils ne sont pas des experts, mais ils restent pourtant les mieux à même d'évaluer les conséquences du projet, puisque ce sont leurs logements qui sont menacés de démolition, leur quartier qui est menacé d'enclavement par la construction sur remblais, leur qualité de vie qui est diminuée (augmentation de la pollution, du nombre de véhicules dans les rues avoisinantes, des risques d'accident, etc.).
Si ces derniers se réjouissent que ces questions ont été retenues par le BAPE, ils craignent encore que le projet ne se réalise, tel que proposé par le MTQ. L'épée de Damoclès que représente cet échangeur reste au-dessus de leurs têtes... Et si le premier ministre, Jean Charest, signait malgré tout le décret qui autoriserait le début des travaux?
M. Charest pourrait quand même être tenté d'aller de l'avant, parce qu'il faut faire vite. Mais d'où vient cette urgence d'agir? Est-elle réelle? Si oui, comment expliquer que le MTQ lui-même ne commence pas la réfection par l'axe nord-sud, réputé pour être le moins fiable?
Le premier ministre pourrait aussi écouter les sirènes qui nous chantent leur crainte de l'immobilisme québécois. Mais qui est le plus immobiliste? Celui qui pousse un projet reposant sur des principes des années 60, sur plus de béton pour plus d'autos, ou celui qui préfère se donner le temps de penser à un projet d'avenir, en concordance avec les défis écologiques, sociaux et urbains de notre époque?
Finalement, M. Charest pourrait craindre une «explosion de la facture» s'il commande une modification du projet. Mais qui est en mesure d'affirmer qu'un nouveau projet serait plus coûteux que celui actuellement proposé? Et les coûts sociaux liés à une augmentation de la pollution, de l'enclavement et des accidents et à la démolition de 166 logements ont-ils été évalués?
Ne pas respecter les recommandations du BAPE et s'engager immédiatement dans la voie des travaux, même en affirmant être ouvert à des modifications en cours de route, serait un acte illégitime que déciderait d'accomplir le gouvernement. Pour que les citoyens croient dans le pouvoir que leur donne la démocratie, ils doivent être écoutés. Jean Charest, ne signez pas le décret!
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