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Briser l'omerta

Bernard Descôteaux   22 octobre 2009  Montréal
Le gouvernement du Québec hésite à instituer une enquête publique sur l'industrie de la construction. Il mise sur le travail policier, mais prévient du même souffle que la patience a des limites.

Ce qu'il faut dire aujourd'hui, haut et fort, est tout simplement que ces limites évoquées par le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, sont atteintes. Elles le sont depuis déjà longtemps, car ce n'est pas depuis seulement quelques jours ou quelques semaines qu'existe la corruption dans le monde de la construction. Dans l'entrevue qu'il accordait au Devoir hier, le maire Gérald Tremblay reconnaissait avoir été prévenu dès son entrée à l'Hôtel de Ville de Montréal que «circulaient des enveloppes brunes».

Les raisons militant en faveur d'une enquête publique sont simples. Il y a tout d'abord le fait que cette corruption est systémique. Elle a été instituée en un système mafieux auquel concourent des entrepreneurs en construction, des professionnels, comme les ingénieurs, des fonctionnaires et des élus. La pourriture ne cesse de s'étendre. Les révélations faites par les médias depuis quelques semaines illustrent la perversion profonde dont est atteint notre système démocratique.

Cette perversion n'est pas une vue de l'esprit. La peur s'est installée dans beaucoup d'administrations municipales. Une omerta est imposée par la menace. Est-il besoin de rappeler les accidents survenus récemment à quelques personnes du monde de la construction qui étaient disposées à parler? Dans les administrations municipales, nombreux sont les fonctionnaires qui n'osent parler aux enquêteurs de la Sûreté du Québec. Ils craignent de devoir un jour aller témoigner. Ils craignent pour leur emploi, pour leur famille et parfois pour leur sécurité physique.

Le gouvernement Charest annoncera aujourd'hui le renforcement de l'escouade policière mixte mise sur pied récemment. Le travail policier a ses limites. Il pourra conduire à des arrestations et à des procès et, peut-être, à des condamnations. Il permettra de rétablir l'ordre momentanément, le «système» se sachant sous surveillance. Celui-ci ne sera pas pour autant démantelé. Il n'aura pas été atteint dans toutes ses ramifications. L'omerta demeurera la règle.

Aujourd'hui, la confiance dans nos institutions politiques est atteinte. Le climat de corruption dont on prend la mesure quotidiennement dans les médias alimente le cynisme des électeurs. Ceux-ci attendent une réaction qui ne vient pas. Les élus locaux, laissés à eux-mêmes, disposent de peu de moyens pour faire le ménage qui s'impose. Ces moyens, ils sont dans les mains du gouvernement du Québec, qui se doit de mettre fin à ses tergiversations et agir avec force et conviction.






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  • Sarcelle33
    Inscrite
    jeudi 22 octobre 2009 03h06
    La peur règne, l'omerta
    mène peut-être dans les hautes sphères
    des gouvernements...
    ou bien elle en fait partie.

  • Paul Rodgers
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 06h47
    Mercenaire politique en chef...
    L'association entre la mafia et le parti libéral est connue depuis longtemps. Dans ses propos au Devoir, le maire de Montréal nous confirme ce dont plusieurs doutaient : les enquêtes publiques passées ne sont pas arrivées à rompre ce cordon ombilical. Le parti libéral est toujours celui de mercenaires au service de mafias.

    Au contraire, une nouvelle dimension s'est ajoutée. L'arrivée de John James Charest au Québec, en 1998, s'est réalisée par des manoeuvres douteuses d'une mafia, colonialiste celle-là, encore plus pernicieuse que la Sicilienne...

    Afin de faciliter sa traversée de la rivière des Outaouais, le mercenaire de Sherbrooke s'est fait verser un « pont d'or » évalué par Michel Vastel, en 1998, à plus de 3,3 millions de dollars sales échangé dans des couloirs sombres. Cela ne devait pas suffire, il est toujours soupçonné de profiter d'avantages occultes dont l'ampleur permet a ce « politicailleux » non fortuné, un style de vie multimillionnaire...

    Et c'est lui à qui aujourd'hui on demande de lancer une enquête publique sur la corruption de politiciens... Ce qui revient à lui demander de se pendre en public. John James doute que la chance qui a épargné les Chrétien, Pelletier et autres architectes du scandale des commandites soit au rendez-vous pour lui offrir la même voie d'évitement.

  • Steve Fortin
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 07h48
    Une enquête publique sur l'industrie de la construction... le sabordage du PLQ!!!
    Il ne faut pas être dupe... Le PLQ commettrait un acte de sabordage en instituant une enquête publique sur l'industrie de la construction et John James Charest le sait très bien. Aujourd'hui, c'est Labonté qui a parlé. Demain, d'autres élus libéraux parleront car ils sont sous une pression énorme. Bien des gens sont sous le couvert de l'omerta et ils ne se tairont pas tous et les 8 dernières années de règne du PLQ ont embrigadé bien des élus qui sont redevables de leur financement auprès des mafieux (qui sont TRÈS RAREMENT, POUR AINSI DIRE JAMAIS SÉPARATISSSSES EN PASSANT RAYMONDE). Ce système de corruption qui garde trop de gens au silence s'écroulera à mesure que les langues se délieront. À partir de ce moment, la population du Québec verra au grand jour quels sont les véritables intérêts du PLQ.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 09h26
    L`omerta s`installe dans la compromission
    Pour que l`omerta s`installe, en système de gérance dans le silence, il faut des politiciens médiocres. La première règle à suivre consiste à battre ceux-ci le 1er novembre. Tremblay et compagnie doivent être défaits pour le mieux être des payeurs de taxes de Montréal.

  • Jasette
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 09h42
    Ce n'est pas d'aujourd'hui que certeines gens ont perdu dans nos institutions politiques
    Et, croyez-moi, les personnes dont je vous parle ne sont pas des marginaux qui disent ou pensent n'importe quoi.

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 12h02
    NE COMMISSION D ENQUETE
    La majorité des gens pensent que le gouvernement CHAREST refuse de faire une commission d enquete car « OUI IL A PEUR D ETRE ÉCLABOUSÉ» peut etre avec raison .
    Car la facon donc CHAREST a été élu chef libéral, a laissé des doutes, et tous le code d étique qu il a mi en place ce printemps pour ses minitres,/ donc un a été obligé de partir/ « parce que justement menbre du conseil
    d adminitration d une compagni de pavage »qui recoit des contrats du gouvernement.
    Ce ministre est il le sul ou un parmi plusieurs autres ,/avec la déclaration de la chef de la deuxieme opposition /qui a dit en chambre «TROIS MINISTRES AVAIT SÉJOURNÉ SUR LE BATEAU DE M ACURSO»
    OUI VITE UNE COMMISSION D ENQUETE
    ROGER MONTREAL

  • Linda Hart
    Inscrite
    jeudi 22 octobre 2009 13h02
    Bravo !
    Bravo M. Descôteaux, c'est exactement cela, il n'y a qu'une enquête à large spectre et avec pleins pouvoirs qui pourra faire la lumière sur le degré de pourriture qui affecte notre démocratie.

  • Gilles Picard
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 13h53
    Le gouvernement a peur
    On ne doit pas s'étonner outre mesure des hésitations du gouvernement à mettre sur pied une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Plus la création d'une telle commission apparaît comme nécessaire plus elle devient pour le gouvernement un risque qu'il n'a pas le courage politique de courir.

  • Yves Grimard
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 13h55
    Une enquête maintenant
    Merci M. Descôteaux de dire haut et fort que cela en est assez.

    Comment pouvons-nous nous faire entendre par ce gouvernement? Les enquêtes policières ont leurs limites, à preuve la commission Gomery! Nous avons tous vu le nombre de poursuites et les résultats des condamnations. Par contre la Commission a mis au jour une pratique et un système.

    De plus, je suis estomaqué de lire ce Monsieur le Maire Tremblay ose nous dire qu'il sait plein de choses mais rien n'a transpiré de tout cela jusqu'à maintenant. Il a fallu attendre le rapport du Vérificateur de ville et les enquêtes du Devoir et de Radio-Canada. Où était-il lorsque les premiers signaux sont apparus dans les journaux qu'il se passait des choses dans le dossier des compteurs d'eau et cela dès 2007? Où était-il lorsqu'un de ses directeurs a démissionné pour s'objecter à ce qui se passait avec la SHDM? Il y a tout de même des limites à nous prendre pour des valises.

  • Lucien Cimon
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 16h00
    Gagner du temps... à nos frais
    Bien peu de gens normalement informés ignorent les raisons pour lesquelles notre premier ministre refuse, contre tout bon sens, d'instaurer au plus vite une commission d'enquête sur la corruption dans la construction et dans les organisations politiques: il ne veut pas mordre les mains qui nourrissent le parti qui l'a fait élire. En attendant l'événement d'éclat qui le fera céder sous la pression,il met sur pieds une brigade policière spéciale qui fera juste assez de bruit pour que les rats aient le temps de regagner la sécurité de leurs trous. Il pourra ensuite se faire du capital politique en agitant, devant les yeux des électeurs conquis, le cadavre de quelques souriceaux qu'on aura sacrifiés pour sauver la famille des rats.

  • Andrew Savage
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 16h22
    BRAVO !
    Vaut mieux tard que jamais.
    Vous avez enfin compris que le silence est d'or ...

  • Pierre Valois
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 02h50
    Le silence
    On finit par oublier, dans toute l'avalanche des révélations qui se succèdent depuis environ 6 mois, que c'est le quatrième pouvoir de notre démocratie qui a commencé à lever le voile sur les conduites mafieuses de plusieurs organisateurs, politiciens et entrepreneurs.

    Louons le travail des ces journalistes, dont les moyens sont à des lunes de ceux d'un état.

    C'est à la fois réconfortant pour la santé de notre presse (écrite, parlée,etc.) tout comme c'est totalement désolant pour toute la classe politique, qui a attendu que la rumeur soit rendue à ce point élevée, pour agir.

    Sans le journalisme d'enquête menée par ces personnes, nous dormirions encore sur nos deux oreilles (de marteau!)

    A-t-on perdu le sens du mot gouverner en cette province?

    L'intendant Charest, et nous pourrions remonter assez loin pour lui rappeler la mémoire des malversations de son lointain prédécesseur, l'intendant Bigot, saura-t-il s'élever à la hauteur du statut du poste qu'il occupe, pour commencer un jour à gouverner?

    Il n'en a pas donné beaucoup de signes jusqu'ici, et c'est probablement contraire à ses moeurs.

    Que ceux qui l'ont élu s'en repentent!

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