D'anciens dirigeants de Vision Montréal auraient tenté d'alerter Harel au sujet de Labonté
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louise Harel
D'anciens dirigeants de Vision Montréal affirment qu'ils ont tenté de mettre en garde la nouvelle chef du parti, Louise Harel, des «comportements troubles» de Benoit Labonté pendant sa campagne à la direction en 2008. Des règles strictes avaient été adoptées par le parti pour encadrer le financement de cette course à la chefferie et elles n'ont pas été respectées, soutiennent Robert Laramée et Christine Hernandez.
À l'époque où Benoit Labonté lançait sa campagne à la chefferie de Vision Montréal, au printemps 2008, Robert Laramée était directeur général du parti et Christine Hernandez occupait le poste de secrétaire générale à la direction. Ils ont quitté leurs fonctions peu après le congrès de la TOHU qui a consacré Benoit Labonté à la tête du parti. Dans une lettre publiée en page A 9, ils soutiennent que les règles établies n'ont pas été suivies à la lettre.
En février 2008, le parti venait de traverser une période trouble avec l'enquête entamée par le Directeur général des élections (DGE) sur les présumées fraudes survenues pendant la campagne électorale de 2005. Soucieux de rétablir un climat de confiance, l'exécutif avait fait adopter, lors d'un conseil général tenu le 17 février 2008, une résolution afin d'établir des règles de fonctionnement pour la course à la chefferie et de déterminer des limites de dépenses pour les candidats. Car, faut-il le rappeler, les courses à la chefferie ne sont pas régies par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. «On ne voulait pas que les équipes fassent ce qu'elles veulent. Donc, tous les financements devaient passer par le parti», explique Christine Hernandez.
La limite des dépenses pour les candidats avait été fixée à 195 550 $, mais pour pouvoir atteindre ce maximum, leur collecte de fonds devait s'élever à 260 700 $.
Mme Hernandez et M. Laramée soutiennent que pendant cette course à la chefferie, il leur a été très ardu de faire respecter ces règles par certains membres de l'entourage de Benoit Labonté, dont Pierre D'Amours et Yves Lemire. «À notre départ, les règles avaient été rigoureusement respectées», écrivent-ils tout de même. C'est par la suite que ça s'est gâté, disent-ils.
Tous deux affirment que les fonds récoltés par le parti et par Benoit Labonté atteignaient seulement 28 000 $ au moment du congrès du 25 mai. «Sauf que l'ensemble des dépenses liées à la course à la chefferie et le congrès s'élevait déjà à l'époque à 130 000 $», affirme Mme Hernandez. L'exécutif de Vision Montréal a dû avancer des fonds à Benoit Labonté pour acquitter les factures qui s'ajoutaient.
Le rapport financier du parti pour l'année 2008 ne spécifie pas quels ont été les dépenses et les revenus liés à la course à la chefferie, alors que ces données auraient dû apparaître dans le document, soutient Mme Hernandez. Vision Montréal a d'ailleurs clôturé son année financière avec un déficit de 85 000 $, malgré un surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.
Plusieurs médias, dont RueFrontenac.com, TVA et Radio-Canada ont révélé au cours de la dernière semaine que Benoit Labonté aurait obtenu du financement de divers entrepreneurs, dont Tony Accurso, au printemps 2008. Mais Robert Laramée affirme que ces sommes, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars, n'ont pas transité par Vision Montréal et qu'il s'agit plutôt d'un financement parallèle.
Tous deux disent avoir tenté de mettre en garde Louise Harel contre M. Labonté et son entourage, des «vieux routiers» de la politique, avant même qu'elle se rallie à Vision Montréal en juin dernier, mais que toutes leurs tentatives ont été vaines.
Robert Laramée est celui qui avait attiré Benoit Labonté à Vision Montréal après que celui-ci eut claqué la porte du parti du maire Gérald Tremblay en 2007. Après avoir quitté la direction générale du parti, M. Laramée est devenu conseiller spécial de M. Labonté à l'arrondissement de Ville-Marie. Il a démissionné en novembre 2008 en critiquant le leadership du nouveau chef de Vision Montréal. Lorsque Louise Harel a pris la tête du parti, en juin dernier, il aurait d'ailleurs aimé réintégrer les rangs du parti, mais ses voeux n'ont pas été exaucés. Quant à Mme Hernandez, elle a quitté Vision Montréal en février dernier.
Yves Lemire occupait le poste de directeur de la campagne à la chefferie de M. Labonté avant d'être nommé à la direction générale de Vision Montréal en juin 2008, prenant ainsi la relève de Robert Laramée. Joint par Le Devoir hier, il a rejeté les allégations des deux anciens dirigeants du parti en affirmant que les règles de financement avaient été «totalement respectées» pendant la campagne de Benoit Labonté.
Il a aussi réfuté les affirmations de Robert Laramée et de Christine Hernandez, selon lesquelles la caisse du parti ne comptait que 28 000 $ en mai. «C'est totalement faux. Le 25 mai, au moment du congrès, il y avait un déficit dans la campagne de Benoit d'environ 70 000 $. Les campagnes de financement n'avaient pas donné les résultats escomptés et le conseil de direction avait été saisi de la situation trois semaines avant, alors que M. Laramée était le directeur général», a-t-il expliqué. La direction du parti avait alors autorisé le paiement des factures de l'organisation de M. Labonté, et celui-ci s'était engagé à rembourser cette somme. La tenue d'un cocktail de financement le 18 juin au Bain Mathieu a permis de récolter 56 895 $ pour éponger le déficit de M. Labonté.
M. Lemire soutient qu'il «faut faire la juste part des choses» et que certaines dépenses comme le congrès devaient être assumées par le parti. Selon lui, il est normal que, dans le rapport financier du parti, les dépenses liées à la course à la chefferie de M. Labonté n'apparaissent pas dans un poste comptable séparé. Quant au coût de la campagne de M. Labonté, il l'estime à près de 200 000 $.
M. Lemire remet d'ailleurs la crédibilité de Robert Laramée en question. Lorsqu'il a pris les rênes du parti en juin 2008, il a constaté que d'importantes dépenses avaient été autorisées par son prédécesseur pour les cinq premiers mois de l'année et que celles-ci n'avaient rien à voir avec Benoit Labonté.
Yves Lemire dit par ailleurs qu'il n'a participé à aucune des rencontres qu'aurait eues M. Labonté avec des entrepreneurs en 2008 et qui ont fait les manchettes récemment. Il est demeuré au poste de directeur général pendant un mois seulement et il a invoqué des divergences d'opinions avec Benoit Labonté pour expliquer son départ. Il est maintenant directeur national adjoint au Parti libéral du Canada.
À l'époque où Benoit Labonté lançait sa campagne à la chefferie de Vision Montréal, au printemps 2008, Robert Laramée était directeur général du parti et Christine Hernandez occupait le poste de secrétaire générale à la direction. Ils ont quitté leurs fonctions peu après le congrès de la TOHU qui a consacré Benoit Labonté à la tête du parti. Dans une lettre publiée en page A 9, ils soutiennent que les règles établies n'ont pas été suivies à la lettre.
En février 2008, le parti venait de traverser une période trouble avec l'enquête entamée par le Directeur général des élections (DGE) sur les présumées fraudes survenues pendant la campagne électorale de 2005. Soucieux de rétablir un climat de confiance, l'exécutif avait fait adopter, lors d'un conseil général tenu le 17 février 2008, une résolution afin d'établir des règles de fonctionnement pour la course à la chefferie et de déterminer des limites de dépenses pour les candidats. Car, faut-il le rappeler, les courses à la chefferie ne sont pas régies par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. «On ne voulait pas que les équipes fassent ce qu'elles veulent. Donc, tous les financements devaient passer par le parti», explique Christine Hernandez.
La limite des dépenses pour les candidats avait été fixée à 195 550 $, mais pour pouvoir atteindre ce maximum, leur collecte de fonds devait s'élever à 260 700 $.
Mme Hernandez et M. Laramée soutiennent que pendant cette course à la chefferie, il leur a été très ardu de faire respecter ces règles par certains membres de l'entourage de Benoit Labonté, dont Pierre D'Amours et Yves Lemire. «À notre départ, les règles avaient été rigoureusement respectées», écrivent-ils tout de même. C'est par la suite que ça s'est gâté, disent-ils.
Tous deux affirment que les fonds récoltés par le parti et par Benoit Labonté atteignaient seulement 28 000 $ au moment du congrès du 25 mai. «Sauf que l'ensemble des dépenses liées à la course à la chefferie et le congrès s'élevait déjà à l'époque à 130 000 $», affirme Mme Hernandez. L'exécutif de Vision Montréal a dû avancer des fonds à Benoit Labonté pour acquitter les factures qui s'ajoutaient.
Le rapport financier du parti pour l'année 2008 ne spécifie pas quels ont été les dépenses et les revenus liés à la course à la chefferie, alors que ces données auraient dû apparaître dans le document, soutient Mme Hernandez. Vision Montréal a d'ailleurs clôturé son année financière avec un déficit de 85 000 $, malgré un surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.
Plusieurs médias, dont RueFrontenac.com, TVA et Radio-Canada ont révélé au cours de la dernière semaine que Benoit Labonté aurait obtenu du financement de divers entrepreneurs, dont Tony Accurso, au printemps 2008. Mais Robert Laramée affirme que ces sommes, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars, n'ont pas transité par Vision Montréal et qu'il s'agit plutôt d'un financement parallèle.
Tous deux disent avoir tenté de mettre en garde Louise Harel contre M. Labonté et son entourage, des «vieux routiers» de la politique, avant même qu'elle se rallie à Vision Montréal en juin dernier, mais que toutes leurs tentatives ont été vaines.
Robert Laramée est celui qui avait attiré Benoit Labonté à Vision Montréal après que celui-ci eut claqué la porte du parti du maire Gérald Tremblay en 2007. Après avoir quitté la direction générale du parti, M. Laramée est devenu conseiller spécial de M. Labonté à l'arrondissement de Ville-Marie. Il a démissionné en novembre 2008 en critiquant le leadership du nouveau chef de Vision Montréal. Lorsque Louise Harel a pris la tête du parti, en juin dernier, il aurait d'ailleurs aimé réintégrer les rangs du parti, mais ses voeux n'ont pas été exaucés. Quant à Mme Hernandez, elle a quitté Vision Montréal en février dernier.
Yves Lemire occupait le poste de directeur de la campagne à la chefferie de M. Labonté avant d'être nommé à la direction générale de Vision Montréal en juin 2008, prenant ainsi la relève de Robert Laramée. Joint par Le Devoir hier, il a rejeté les allégations des deux anciens dirigeants du parti en affirmant que les règles de financement avaient été «totalement respectées» pendant la campagne de Benoit Labonté.
Il a aussi réfuté les affirmations de Robert Laramée et de Christine Hernandez, selon lesquelles la caisse du parti ne comptait que 28 000 $ en mai. «C'est totalement faux. Le 25 mai, au moment du congrès, il y avait un déficit dans la campagne de Benoit d'environ 70 000 $. Les campagnes de financement n'avaient pas donné les résultats escomptés et le conseil de direction avait été saisi de la situation trois semaines avant, alors que M. Laramée était le directeur général», a-t-il expliqué. La direction du parti avait alors autorisé le paiement des factures de l'organisation de M. Labonté, et celui-ci s'était engagé à rembourser cette somme. La tenue d'un cocktail de financement le 18 juin au Bain Mathieu a permis de récolter 56 895 $ pour éponger le déficit de M. Labonté.
M. Lemire soutient qu'il «faut faire la juste part des choses» et que certaines dépenses comme le congrès devaient être assumées par le parti. Selon lui, il est normal que, dans le rapport financier du parti, les dépenses liées à la course à la chefferie de M. Labonté n'apparaissent pas dans un poste comptable séparé. Quant au coût de la campagne de M. Labonté, il l'estime à près de 200 000 $.
M. Lemire remet d'ailleurs la crédibilité de Robert Laramée en question. Lorsqu'il a pris les rênes du parti en juin 2008, il a constaté que d'importantes dépenses avaient été autorisées par son prédécesseur pour les cinq premiers mois de l'année et que celles-ci n'avaient rien à voir avec Benoit Labonté.
Yves Lemire dit par ailleurs qu'il n'a participé à aucune des rencontres qu'aurait eues M. Labonté avec des entrepreneurs en 2008 et qui ont fait les manchettes récemment. Il est demeuré au poste de directeur général pendant un mois seulement et il a invoqué des divergences d'opinions avec Benoit Labonté pour expliquer son départ. Il est maintenant directeur national adjoint au Parti libéral du Canada.
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