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D'anciens dirigeants de Vision Montréal auraient tenté d'alerter Harel au sujet de Labonté

Jeanne Corriveau   21 octobre 2009  Montréal
Louise Harel
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Louise Harel
D'anciens dirigeants de Vision Montréal affirment qu'ils ont tenté de mettre en garde la nouvelle chef du parti, Louise Harel, des «comportements troubles» de Benoit Labonté pendant sa campagne à la direction en 2008. Des règles strictes avaient été adoptées par le parti pour encadrer le financement de cette course à la chefferie et elles n'ont pas été respectées, soutiennent Robert Laramée et Christine Hernandez.

À l'époque où Benoit Labonté lançait sa campagne à la chefferie de Vision Montréal, au printemps 2008, Robert Laramée était directeur général du parti et Christine Hernandez occupait le poste de secrétaire générale à la direction. Ils ont quitté leurs fonctions peu après le congrès de la TOHU qui a consacré Benoit Labonté à la tête du parti. Dans une lettre publiée en page A 9, ils soutiennent que les règles établies n'ont pas été suivies à la lettre.

En février 2008, le parti venait de traverser une période trouble avec l'enquête entamée par le Directeur général des élections (DGE) sur les présumées fraudes survenues pendant la campagne électorale de 2005. Soucieux de rétablir un climat de confiance, l'exécutif avait fait adopter, lors d'un conseil général tenu le 17 février 2008, une résolution afin d'établir des règles de fonctionnement pour la course à la chefferie et de déterminer des limites de dépenses pour les candidats. Car, faut-il le rappeler, les courses à la chefferie ne sont pas régies par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. «On ne voulait pas que les équipes fassent ce qu'elles veulent. Donc, tous les financements devaient passer par le parti», explique Christine Hernandez.

La limite des dépenses pour les candidats avait été fixée à 195 550 $, mais pour pouvoir atteindre ce maximum, leur collecte de fonds devait s'élever à 260 700 $.

Mme Hernandez et M. Laramée soutiennent que pendant cette course à la chefferie, il leur a été très ardu de faire respecter ces règles par certains membres de l'entourage de Benoit Labonté, dont Pierre D'Amours et Yves Lemire. «À notre départ, les règles avaient été rigoureusement respectées», écrivent-ils tout de même. C'est par la suite que ça s'est gâté, disent-ils.

Tous deux affirment que les fonds récoltés par le parti et par Benoit Labonté atteignaient seulement 28 000 $ au moment du congrès du 25 mai. «Sauf que l'ensemble des dépenses liées à la course à la chefferie et le congrès s'élevait déjà à l'époque à 130 000 $», affirme Mme Hernandez. L'exécutif de Vision Montréal a dû avancer des fonds à Benoit Labonté pour acquitter les factures qui s'ajoutaient.

Le rapport financier du parti pour l'année 2008 ne spécifie pas quels ont été les dépenses et les revenus liés à la course à la chefferie, alors que ces données auraient dû apparaître dans le document, soutient Mme Hernandez. Vision Montréal a d'ailleurs clôturé son année financière avec un déficit de 85 000 $, malgré un surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.

Plusieurs médias, dont RueFrontenac.com, TVA et Radio-Canada ont révélé au cours de la dernière semaine que Benoit Labonté aurait obtenu du financement de divers entrepreneurs, dont Tony Accurso, au printemps 2008. Mais Robert Laramée affirme que ces sommes, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars, n'ont pas transité par Vision Montréal et qu'il s'agit plutôt d'un financement parallèle.

Tous deux disent avoir tenté de mettre en garde Louise Harel contre M. Labonté et son entourage, des «vieux routiers» de la politique, avant même qu'elle se rallie à Vision Montréal en juin dernier, mais que toutes leurs tentatives ont été vaines.

Robert Laramée est celui qui avait attiré Benoit Labonté à Vision Montréal après que celui-ci eut claqué la porte du parti du maire Gérald Tremblay en 2007. Après avoir quitté la direction générale du parti, M. Laramée est devenu conseiller spécial de M. Labonté à l'arrondissement de Ville-Marie. Il a démissionné en novembre 2008 en critiquant le leadership du nouveau chef de Vision Montréal. Lorsque Louise Harel a pris la tête du parti, en juin dernier, il aurait d'ailleurs aimé réintégrer les rangs du parti, mais ses voeux n'ont pas été exaucés. Quant à Mme Hernandez, elle a quitté Vision Montréal en février dernier.

Yves Lemire occupait le poste de directeur de la campagne à la chefferie de M. Labonté avant d'être nommé à la direction générale de Vision Montréal en juin 2008, prenant ainsi la relève de Robert Laramée. Joint par Le Devoir hier, il a rejeté les allégations des deux anciens dirigeants du parti en affirmant que les règles de financement avaient été «totalement respectées» pendant la campagne de Benoit Labonté.

Il a aussi réfuté les affirmations de Robert Laramée et de Christine Hernandez, selon lesquelles la caisse du parti ne comptait que 28 000 $ en mai. «C'est totalement faux. Le 25 mai, au moment du congrès, il y avait un déficit dans la campagne de Benoit d'environ 70 000 $. Les campagnes de financement n'avaient pas donné les résultats escomptés et le conseil de direction avait été saisi de la situation trois semaines avant, alors que M. Laramée était le directeur général», a-t-il expliqué. La direction du parti avait alors autorisé le paiement des factures de l'organisation de M. Labonté, et celui-ci s'était engagé à rembourser cette somme. La tenue d'un cocktail de financement le 18 juin au Bain Mathieu a permis de récolter 56 895 $ pour éponger le déficit de M. Labonté.

M. Lemire soutient qu'il «faut faire la juste part des choses» et que certaines dépenses comme le congrès devaient être assumées par le parti. Selon lui, il est normal que, dans le rapport financier du parti, les dépenses liées à la course à la chefferie de M. Labonté n'apparaissent pas dans un poste comptable séparé. Quant au coût de la campagne de M. Labonté, il l'estime à près de 200 000 $.

M. Lemire remet d'ailleurs la crédibilité de Robert Laramée en question. Lorsqu'il a pris les rênes du parti en juin 2008, il a constaté que d'importantes dépenses avaient été autorisées par son prédécesseur pour les cinq premiers mois de l'année et que celles-ci n'avaient rien à voir avec Benoit Labonté.

Yves Lemire dit par ailleurs qu'il n'a participé à aucune des rencontres qu'aurait eues M. Labonté avec des entrepreneurs en 2008 et qui ont fait les manchettes récemment. Il est demeuré au poste de directeur général pendant un mois seulement et il a invoqué des divergences d'opinions avec Benoit Labonté pour expliquer son départ. Il est maintenant directeur national adjoint au Parti libéral du Canada.
 
 
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  • Pierre Tremblay - Inscrit
    21 octobre 2009 08 h 39
    JE COMPRENDS UN PEU HAREL...
    D'un côté, des employées ou des ex-bénévoles qui avertissent que Labonté fait des drôle de choses et de l'autre, un LABONTé qui dit à Harel que se sont des frustrés, des jaloux qui ne l'on pas suivi ou qui sont en CLISS contre lui parce qu'il les mis à la porte. Qui devrait-elle croire?


    C'est sûr, quand on arrive dans un groupe déjà fait, il y a des "gangs" à l'intérieur. Qui choisir? Les "peut-être" frustrés ou le candidat qui se dit blanc comme neige?


    Pas évident à huit mois d'une élection. Je suis d'accord qu'on a dit à Mme Harel de faire attention à LABONTÉ mais entre cet avertissement et des faits, il y a une bonne différence.

    J'invite donc les journalistes à continuer leurs recherches. IMPORTANT À SAVOIR: A-t-elle eue des preuves tangibles avant ou après. Là est tout la question.
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    21 octobre 2009 09 h 19
    Financement occulte
    Labonté a collecté $211,500 de quelques supporteurs-contracteurs. Tremblay profite de $360,000 à un seul dîner bénéfice. Tous ces dons sont selon l`esprit de la loi! J`aimerais savoir qui monitorise la distribution de ces dons en liquide pour la bonne cause? Y aurait-il des déclarations de revenus douteuses pour fin d`impôts? Devons-nous croire Tremblay qui semble avoir une mémoire sélective? Les empereurs jovialistes font la fête à nos dépends, car il y a un putsch anti-démocratique au Québec.
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  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit
    21 octobre 2009 10 h 14
    Labonté et les compteurs d'eau
    Suite aux révélations sur le financement de Labonté par Accurso, on comprend mieux pourquoi il n'a pas, comme tout bon chef de l'opposition, demandé l'annulation du contrat comme je lui avait demandé lors de l'assemblée extraordinaire du 21 avril 2009 ; voir http://www.youtube.com/watch?v=X8TBmTVGY3M&hl=
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  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    21 octobre 2009 11 h 54
    C'est normal....
    C'est normal que le parti de Tremblay, qui est le parti en place, récolte plus d'argent que les partis d'opposition lors d'un dîner-bénéfice.

    C'est le contraire qui serait anormal...!
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  • Yvon Gagnon - Inscrit
    21 octobre 2009 12 h 53
    Soyons logiques !
    N'importe qui le moindrement intelligent doit bien savoir que Madame Harel, ou n'importe qui d'autre, ne peut prendre la tête d'un parti et faire table rase de ses dirigeants le lendemain matin, sur les soupçons d'anciens dirigeants démissionnaires. Ça fait pas de sens.

    Moi, je crois qu'il faut tirer une ligne et cette ligne débute quand Madame Harel a pris la tête du parti. Elle est responsable depuis le mois de juin 2009. Il n'y a eu aucun scandale depuis son arrivée à la tête de ce parti et elle a agi promptement comme cheffe, dès que les allégations contre Labonté ont dépassé les ragots anonymes et qu'on a sorti des relevés de communications cellulaires.

    Maintenant, à qui profite tout ce brouhaha autour du passé de Labonté ? On a tellement rien sur le passé de Louise Harel qu'on va y mettre sur le dos le passé d'un dirigeant qu'elle a mis dehors à la première preuve ? Comme montréalais, je suis d'avis qu'il faut dépasser le cynisme, aller voter et débarquer l'administration en place.
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  • yvesdeau - Inscrit
    21 octobre 2009 17 h 36
    Tempête dans un verre d'eau!
    Encore une fois on tente d'assassiner la réputation de madame Harel en noyant le poisson! Cette élection est l'occasion de juger le bilan de l'administration Tremblay. Est-il nécessaire de rappeler sous quelle administration municipale il y a présentement plusieurs enquêtes policières en cours? Est-ce que le rapport du vérificateur de la ville sur le contrat des compteurs d'eau fut dévoilé publiquement trop tôt avant les élections afin que la population en oublie la gravité? Pensez-y! Je crois que le cas Labonté est symptômatique d'un système malheureusement fort répendu et "légal". En prennant un peu de recul sur la situation , il me semble que l'on tente de noyer le poisson en faisant une tempête dans un verre d'eau...
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  • François M. Taisne - Inscrit
    21 octobre 2009 19 h 58
    L'affaire Labonté
    Tout compte fait, Benoit Labonté a été victime de règlements à la Borgia. Comme André Lavallée. Et à coup de rumeurs, relevées par la presse, plutôt que de poignards... On est au XXIè siècle, non?
    En bout de piste, l'activité politique va être régie par des bigots... Comme l'environnement.
    Décidément, on doit toujours suivre des catéchistes dans la Province de Québec. Par contre, le paradis promis est sur terre!
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