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Élections municipales - Trois constats qui profitent à Projet Montréal

3 novembre 2009  Montréal
L'élection à la mairie de Montréal entraîne différents constats, à soumettre à la réflexion.

Premier constat: dans un sondage réalisé au début de l'été 2009, la position constitutionnelle des candidats au poste de premier magistrat de la Ville était jugée importante par une majorité de non-francophones, alors qu'une majorité de francophones ne lui accordait pas d'importance, illustrant le handicap de départ de Louise Harel dans cette course à la mairie.

Comme la ville de Montréal compte grosso modo 47 % de non-francophones (13 % d'anglophones et 34 % d'allophones, langue maternelle), il fallait que Louise Harel obtienne une très forte majorité du vote francophone pour avoir une chance sérieuse de l'emporter (ce qui, à mon sens, ne pouvait se faire qu'à travers une alliance avec Projet Montréal, tel que cela sera expliqué plus loin), que le différentiel de la participation électorale favorise radicalement le vote francophone ou encore que Projet Montréal réussisse à canaliser une fraction significative du vote non francophone.

Résultat au final: le vote francophone s'est scindé entre Projet Montréal et Vision Montréal, particulièrement dans les quartiers centraux de la ville, assurant la réélection de Gérald Tremblay qui, lui, pouvait toujours compter sur un vote massif en provenance des arrondissements où se trouvent de fortes proportions de non-francophones (par exemple, l'arrondissement Saint-Laurent a donné 10 925 voix à Tremblay contre 3203 à Harel et 4116 à Bergeron).

Ce résultat électoral illustre jusqu'à quel point, les francophones et les non-francophones demeurent politiquement au sein de cette ville comme autant de liquides immiscibles, leurs votes étant fortement conditionnés par la question nationale. Nier cette réalité pour des motifs de rectitude politique, c'est se mettre la tête dans le sable.

Harel mal avisée

Deuxième constat: Il aurait fallu pour déloger le maire sortant un scénario semblable à celui de 2001 où Tremblay avait réussi à sortir Pierre Bourque de la mairie avec le coup de pouce du RCM fusionné au sein de l'UCIM (l'ancien nom d'Union Montréal).

Louise Harel aurait donc été mieux avisée de faire le choix d'une stratégie similaire en se rapprochant de Projet Montréal. Les 23 000 voix qui sont allées à Projet Montréal dans les deux seuls arrondissements centraux de Rosemont-Petite-Patrie et Plateau-Mont-Royal lui étaient nécessaires pour combler l'écart avec Gérald Tremblay — sans même compter les autres 8500 voix qu'elle a perdues dans son propre fief, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, au profit de Projet Montréal.

Troisième constat: à terme, cette nouvelle configuration électorale risque de profiter à Projet Montréal qui peut ainsi espérer se positionner avantageusement lors du prochain scrutin de 2013.

D'une part, Projet Montréal donne corps à un nécessaire rapprochement entre non-francophones et francophones progressistes au sein de cette ville. D'autre part, Projet Montréal possède désormais la capacité de démontrer qu'il peut gouverner différemment, ayant obtenu tous les sièges dans l'arrondissement Plateau Mont-Royal. Défi relevable à la condition expresse que ce parti ait acquis la maturité politique lui permettant d'éviter de s'embourber dans des querelles byzantines ou des luttes d'ego.
 
 
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