Labonté met Harel dans l'embarras
Le no 2 de Vision Montréal aurait accepté de l'argent d'entrepreneurs
Alors que le maire Gérald Tremblay patauge depuis des mois dans divers scandales, c'est au tour de Louise Harel de se retrouver dans l'embarras avec la divulgation d'informations concernant son bras droit, Benoit Labonté. Selon des informations rapportées hier matin par RueFrontenac.com, le chef de l'opposition aurait reçu une aide financière de l'homme d'affaires Tony Accurso dans le cadre de sa campagne à la chefferie de Vision Montréal au printemps 2008. M. Labonté a nié avec vigueur ces allégations.
Alors qu'il participait à une conférence de presse hier après-midi aux côtés de Louise Harel, Benoit Labonté a pris quelques minutes pour répliquer à l'article publié hier par RueFrontenac.com.
L'article rapportait qu'en mars 2008, M. Labonté aurait mangé dans un restaurant du Vieux-Montréal avec un groupe de personnes, parmi lesquelles Tony Accurso, propriétaire de Simard-Beaudry, la compagnie impliquée dans le scandale des compteurs d'eau. Au terme du repas, M. Labonté aurait demandé à l'homme d'affaires de lui donner un coup de pouce financier dans le cadre de la course à la chefferie de Vision Montréal. Selon les informations basées sur des témoignages de sources anonymes, M. Labonté aurait reçu par la suite plus de 100 000 $ de l'homme d'affaires sous forme de chèques et d'argent comptant.
Nerveux, Benoit Labonté a qualifié de « mensonger » l'article en question. « Je nie catégoriquement les informations publiées ce matin par RueFrontenac.com, a-t-il indiqué. Je n'ai jamais eu la rencontre privée avec l'entrepreneur comme allégué par RueFrontenac.com. [...] Rien à mon agenda le 17 mars n'indique ni petit-déjeuner, ni lunch, ni souper d'ailleurs, où que ce soit avec qui que ce soit. » Benoit Labonté dit avoir rencontré M. Accurso une seule fois, soit lors d'une activité de financement d'Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, organisée par Frank Zampino, ex-président du comité exécutif, dans l'arrondissement de Saint-Léonard en 2006.
Selon lui, ces allégations relèvent d'une campagne de salissage. « Il semble qu'en politique, tous les coups bas soient permis en campagne électorale », a ajouté M. Labonté, qui a laissé entendre que ce « coup en bas de la ceinture » était l'oeuvre de ses adversaires politiques.
Invitée à commenter cette affaire, Mme Harel a affirmé que M. Labonté avait toujours sa confiance. Mais elle était visiblement mal à l'aise: « Je suis à ses côtés et je n'ai pas de doute sur l'intégrité de M. Labonté. Je crois qu'il y a là une machination. Elle m'apparaît assez évidente avec les sources anonymes qui sont utilisées par médias à répétition », a-t-elle dit.
Une campagne coûteuse
La course à la chefferie de Vision Montréal avait démarré en mars 2008, quelques mois après que Benoit Labonté eut quitté Union Montréal pour passer dans le camp de l'opposition. Sans rival, il avait été couronné le 25 mai suivant à l'occasion d'un congrès tenu à la TOHU. Cette course avait été qualifiée de coûteuse par l'ancien directeur général du parti, Robert Laramée, qui l'avait évaluée à 120 000 $. L'aspirant-chef avait mis beaucoup de soin à choisir ses décors, tant lors du lancement de sa campagne au leadership, qui s'était tenu le 30 mars 2008 à la Société des arts technologiques, que lors du congrès à la TOHU quelques mois plus tard.
Benoit Labonté soutient toutefois que les règles de financement ont été édictées et gérées par le parti, qu'elles avaient été « respectées scrupuleusement » et que toutes les contributions transitaient par Vision Montréal: « La course à la chefferie était organisée par le parti et non pas par le candidat, comme ça se fait dans tous les partis et à tous les niveaux, a-t-il expliqué. Les dépenses pour la course au leadership, que ce soit les assemblées pour les élections des délégués dans les arrondissements ou même le congrès comme tel, étaient assumées par le parti et non par le candidat. Je veux être clair là-dessus. »
M. Labonté a menacé d'intenter une poursuite en diffamation contre RueFrontenac.com si celui-ci ne se rétractait pas. Quelques heures plus tard, le journal des « lockoutés » du Journal de Montréal a d'ailleurs reçu une mise en demeure de sa part, à laquelle s'est ajouté une mise en demeure provenant de Tony Accurso.
Richard Bousquet, coordonnateur de RueFrontenac.com, a indiqué au Devoir que des rétractations n'étaient pas envisagées. « Le travail du journaliste Fabrice de Pierrebourg a été rigoureux. On n'a pas à se rétracter parce que ce qu'on a publié s'assoit sur des données qui ont été vérifiées. C'est entre les mains des avocats », a-t-il dit.
Un reportage diffusé à Radio-Canada hier à 18h a également fait état de témoignages confirmant la rencontre entre M. Labonté et M. Accurso en mars 2008. Selon une source qui a voulu garder l'anonymat, des membres de l'entourage de M. Labonté auraient demandé à des membres ou à des proches du parti de faire un chèque à Vision Montréal en échange de sommes d'argent afin de donner aux contributions une apparence de légitimité. Lorsqu'interrogé pour savoir s'il connaissait l'existence d'une telle pratique, M. Labonté a rétorqué: « À ma connaissance, non. Si j'avais eu connaissance de ça, c'est une pratique qui aurait été immédiatement arrêtée. »
En soirée, une enquête de TVA a révélé que M. Labonté avait reçu, en mars 2008, une enveloppe contenant des liasses de billets provenant de l'une des trois entreprises liées au contrat des compteurs d'eau. Le témoin anonyme, interrogé par TVA, a relaté que c'est lors d'une réunion tenue dans les bureaux de l'arrondissement de Ville-Marie, et à laquelle M. Labonté participait, qu'il a vu cette enveloppe. L'homme n'a pas voulu identifier la compagnie en question, mais il a précisé qu'il ne s'agissait pas de l'entreprise de Tony Accurso. Il a évalué la somme remise à M. Labonté à environ 25 000 $.
Rappelons que 2008 avait été marquée par de nombreuses démissions chez Vision Montréal et que le parti avait clôturé l'année avec un déficit de 85 000 $ malgré un surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.
Les allégations concernant Benoit Labonté surviennent à un bien mauvais moment pour Louise Harel qui, depuis le début sa campagne, plaide pour l'adoption de règles d'éthique strictes en matière de financement des partis politiques. C'est d'ailleurs elle qui, en juin dernier, avait annoncé la première son intention d'afficher sur Internet l'identité de toutes les personnes qui ont offert une contribution au parti dont elle venait de prendre la tête. Ses adversaires lui ont d'ailleurs emboîté le pas.
Quant à Tony Accurso, son nom a été évoqué à de multiples reprises au cours des derniers mois. Rappelons que l'une de ses entreprises, Simard-Beaudry Construction, formait, avec Dessau, le consortium Génieau qui a décroché le contrat des compteurs d'eau. L'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, avait d'ailleurs effectué deux voyages sur le bateau de l'homme d'affaires prospère alors que le processus d'attribution du contrat était en cours. Le maire, Gérald Tremblay, a récemment annoncé que ce contrat serait annulé.
Alors qu'il participait à une conférence de presse hier après-midi aux côtés de Louise Harel, Benoit Labonté a pris quelques minutes pour répliquer à l'article publié hier par RueFrontenac.com.
L'article rapportait qu'en mars 2008, M. Labonté aurait mangé dans un restaurant du Vieux-Montréal avec un groupe de personnes, parmi lesquelles Tony Accurso, propriétaire de Simard-Beaudry, la compagnie impliquée dans le scandale des compteurs d'eau. Au terme du repas, M. Labonté aurait demandé à l'homme d'affaires de lui donner un coup de pouce financier dans le cadre de la course à la chefferie de Vision Montréal. Selon les informations basées sur des témoignages de sources anonymes, M. Labonté aurait reçu par la suite plus de 100 000 $ de l'homme d'affaires sous forme de chèques et d'argent comptant.
Nerveux, Benoit Labonté a qualifié de « mensonger » l'article en question. « Je nie catégoriquement les informations publiées ce matin par RueFrontenac.com, a-t-il indiqué. Je n'ai jamais eu la rencontre privée avec l'entrepreneur comme allégué par RueFrontenac.com. [...] Rien à mon agenda le 17 mars n'indique ni petit-déjeuner, ni lunch, ni souper d'ailleurs, où que ce soit avec qui que ce soit. » Benoit Labonté dit avoir rencontré M. Accurso une seule fois, soit lors d'une activité de financement d'Union Montréal, le parti de Gérald Tremblay, organisée par Frank Zampino, ex-président du comité exécutif, dans l'arrondissement de Saint-Léonard en 2006.
Selon lui, ces allégations relèvent d'une campagne de salissage. « Il semble qu'en politique, tous les coups bas soient permis en campagne électorale », a ajouté M. Labonté, qui a laissé entendre que ce « coup en bas de la ceinture » était l'oeuvre de ses adversaires politiques.
Invitée à commenter cette affaire, Mme Harel a affirmé que M. Labonté avait toujours sa confiance. Mais elle était visiblement mal à l'aise: « Je suis à ses côtés et je n'ai pas de doute sur l'intégrité de M. Labonté. Je crois qu'il y a là une machination. Elle m'apparaît assez évidente avec les sources anonymes qui sont utilisées par médias à répétition », a-t-elle dit.
Une campagne coûteuse
La course à la chefferie de Vision Montréal avait démarré en mars 2008, quelques mois après que Benoit Labonté eut quitté Union Montréal pour passer dans le camp de l'opposition. Sans rival, il avait été couronné le 25 mai suivant à l'occasion d'un congrès tenu à la TOHU. Cette course avait été qualifiée de coûteuse par l'ancien directeur général du parti, Robert Laramée, qui l'avait évaluée à 120 000 $. L'aspirant-chef avait mis beaucoup de soin à choisir ses décors, tant lors du lancement de sa campagne au leadership, qui s'était tenu le 30 mars 2008 à la Société des arts technologiques, que lors du congrès à la TOHU quelques mois plus tard.
Benoit Labonté soutient toutefois que les règles de financement ont été édictées et gérées par le parti, qu'elles avaient été « respectées scrupuleusement » et que toutes les contributions transitaient par Vision Montréal: « La course à la chefferie était organisée par le parti et non pas par le candidat, comme ça se fait dans tous les partis et à tous les niveaux, a-t-il expliqué. Les dépenses pour la course au leadership, que ce soit les assemblées pour les élections des délégués dans les arrondissements ou même le congrès comme tel, étaient assumées par le parti et non par le candidat. Je veux être clair là-dessus. »
M. Labonté a menacé d'intenter une poursuite en diffamation contre RueFrontenac.com si celui-ci ne se rétractait pas. Quelques heures plus tard, le journal des « lockoutés » du Journal de Montréal a d'ailleurs reçu une mise en demeure de sa part, à laquelle s'est ajouté une mise en demeure provenant de Tony Accurso.
Richard Bousquet, coordonnateur de RueFrontenac.com, a indiqué au Devoir que des rétractations n'étaient pas envisagées. « Le travail du journaliste Fabrice de Pierrebourg a été rigoureux. On n'a pas à se rétracter parce que ce qu'on a publié s'assoit sur des données qui ont été vérifiées. C'est entre les mains des avocats », a-t-il dit.
Un reportage diffusé à Radio-Canada hier à 18h a également fait état de témoignages confirmant la rencontre entre M. Labonté et M. Accurso en mars 2008. Selon une source qui a voulu garder l'anonymat, des membres de l'entourage de M. Labonté auraient demandé à des membres ou à des proches du parti de faire un chèque à Vision Montréal en échange de sommes d'argent afin de donner aux contributions une apparence de légitimité. Lorsqu'interrogé pour savoir s'il connaissait l'existence d'une telle pratique, M. Labonté a rétorqué: « À ma connaissance, non. Si j'avais eu connaissance de ça, c'est une pratique qui aurait été immédiatement arrêtée. »
En soirée, une enquête de TVA a révélé que M. Labonté avait reçu, en mars 2008, une enveloppe contenant des liasses de billets provenant de l'une des trois entreprises liées au contrat des compteurs d'eau. Le témoin anonyme, interrogé par TVA, a relaté que c'est lors d'une réunion tenue dans les bureaux de l'arrondissement de Ville-Marie, et à laquelle M. Labonté participait, qu'il a vu cette enveloppe. L'homme n'a pas voulu identifier la compagnie en question, mais il a précisé qu'il ne s'agissait pas de l'entreprise de Tony Accurso. Il a évalué la somme remise à M. Labonté à environ 25 000 $.
Rappelons que 2008 avait été marquée par de nombreuses démissions chez Vision Montréal et que le parti avait clôturé l'année avec un déficit de 85 000 $ malgré un surplus de 257 000 $ résultant de l'année précédente.
Les allégations concernant Benoit Labonté surviennent à un bien mauvais moment pour Louise Harel qui, depuis le début sa campagne, plaide pour l'adoption de règles d'éthique strictes en matière de financement des partis politiques. C'est d'ailleurs elle qui, en juin dernier, avait annoncé la première son intention d'afficher sur Internet l'identité de toutes les personnes qui ont offert une contribution au parti dont elle venait de prendre la tête. Ses adversaires lui ont d'ailleurs emboîté le pas.
Quant à Tony Accurso, son nom a été évoqué à de multiples reprises au cours des derniers mois. Rappelons que l'une de ses entreprises, Simard-Beaudry Construction, formait, avec Dessau, le consortium Génieau qui a décroché le contrat des compteurs d'eau. L'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, avait d'ailleurs effectué deux voyages sur le bateau de l'homme d'affaires prospère alors que le processus d'attribution du contrat était en cours. Le maire, Gérald Tremblay, a récemment annoncé que ce contrat serait annulé.
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