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Enflure de prix dans la construction

La Presse canadienne   15 octobre 2009  Montréal
De grandes entreprises du secteur de la construction s'entendent pour truquer les appels d'offres publics et gonfler les prix, selon ce qu'a soutenu à Radio-Canada un ancien conseiller au cabinet du sous-ministre des Transports.

De l'avis de l'ingénieur retraité François Beaudry, qui a travaillé pendant 33 ans pour le ministère des Transports, la pratique est maintenant généralisée dans la grande région de Montréal. Selon ses propos rapportés par Radio-Canada, mercredi, la mafia italienne montréalaise contrôle ce qui se passe à l'intérieur de la ville de Montréal en ce qui concerne la construction routière.

En février 2003, François Beaudry, alors conseiller au cabinet du sous-ministre des Transports, a reçu un appel d'un entrepreneur en construction qui lui a dévoilé une journée à l'avance le résultat des appels d'offres pour 10 contrats d'importance à Laval.

M. Beaudry a relaté que le lendemain, les prédictions se sont avérées exactes, à quelques détails près. Il a dit n'avoir pas de doute qu'il y avait eu collusion.

Selon les informations de Radio-Canada, la Sûreté du Québec (SQ) mène une enquête sur cette affaire.

Ayant servi d'intermédiaire entre son informateur et la SQ, M. Beaudry a notamment appris le langage secret utilisé par les entrepreneurs pour truquer les appels d'offres. Ainsi, un jeu de golf fictif permettrait d'indiquer aux entreprises à quel prix soumissionner. Cette information a été confirmée par un entrepreneur toujours actif, qui s'est confié à Radio-Canada sous le couvert de l'anonymat.

Une enquête que Radio-Canada mène depuis quelques mois laisse croire qu'un petit nombre d'entrepreneurs obtiennent la majorité des gros contrats à Montréal.

M. Beaudry a dit croire que l'intimidation permet au système de fonctionner. Selon lui, la mafia italienne montréalaise est impliquée, et la collusion toucherait environ 80 % des contrats.

Ce système de collusion coûterait très cher aux contribuables. Selon les sources consultées par Radio-Canada, en ce moment à Montréal, les prix des grands travaux publics seraient gonflés de près de 35 %.
 
 
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