Ville de Montréal - Appel à l'aide
Du rapport du Vérificateur général de la Ville de Montréal sur les compteurs d'eau, on a surtout retenu la nécessité d'annuler le contrat de 365 millions au consortium Génieau. Le fiasco constaté par Jacques Bergeron s'explique par de sérieux problèmes de gouvernance que l'on risque de perdre de vue dans le brouhaha électoral.
Dans toute l'histoire de Montréal, il n'y a probablement jamais eu de scandale de l'ampleur de celui qui ébranle l'administration Tremblay, mis à part celui sur la corruption du service de police dans les années 1940. Depuis, c'était le calme plat, ou presque. En 1978, il y eut Gérard Niding qui démissionna de la présidence du comité exécutif dans l'administration Drapeau après avoir accepté d'un des entrepreneurs des installations olympiques un chalet d'une valeur de 150 000 $. Sous celle du maire Jean Doré, le grand scandale avait été l'installation d'une fenêtre de 300 000 $ à son bureau. Autres temps, autres moeurs!
Le Vérificateur n'a pu se prononcer sur l'existence de collusion ou de favoritisme dans l'attribution de ce contrat des compteurs d'eau, question renvoyée à la police. Il a pu établir que le non-respect des bonnes pratiques de gestion des grands projets et d'attribution des contrats a conduit à l'élaboration d'un projet pour moitié inutile et pour l'autre trop cher. Un projet voté par un conseil municipal à qui l'on a caché une partie de l'information. Des failles qui l'ont conduit à proposer la création d'un comité pour réfléchir aux mécanismes de contrôle et de gouvernance administrative.
La nécessité de revoir ces mécanismes ne fait aucun doute. La façon suggérée n'est toutefois pas la bonne. Confiée à des hauts fonctionnaires, cette réflexion n'aboutira nulle part. Le regard sera par définition partial. Surtout, ils n'oseront aborder la gouvernance politique. Une réflexion que l'on ne peut non plus confier aux élus actuels dont une bonne part ont gardé leurs habitudes d'intervention dans tous les dossiers acquises dans leurs villes de banlieue d'avant la fusion avec Montréal. Il faut plutôt un regard extérieur et indépendant que seule une commission d'étude instituée par Québec peut exercer.
Montréal dispose d'un budget de quatre milliards. En plus, elle investit des centaines de millions dans de vastes projets d'infrastructures. Autant d'argent exige des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes sophistiqués, surtout dans un contexte où la structure à trois niveaux des arrondissements, ville centrale et agglomération vient complexifier la prise de décision. Un vérificateur interne est vite dépassé. Une piste à explorer est l'institution d'une sorte de conseil du trésor, comme à Québec et Ottawa, chargé d'analyser et d'autoriser toutes les dépenses tout en assurant leur conformité aux lois et règlements.
Parmi plusieurs, un des grands problèmes structurels de l'administration montréalaise est l'absence de contrepoids au comité exécutif où se prennent toutes les décisions. La véritable autorité y appartient par définition au président qui, selon les personnalités en cause, peut l'exercer de façon outrancière. Le dossier des compteurs d'eau laisse penser que le politique a exercé un contrôle de ce projet sans véritable surveillance ni reddition de comptes. Dans l'état actuel des choses, Montréal est administrée comme une ville de moyenne taille où ses dirigeants, si l'on ne les surveille pas, peuvent abuser de leurs pouvoirs. Il y a eu les compteurs d'eau, mais aussi la privatisation de la SHDM et, qui sait, combien d'autres mauvaises décisions. De toute évidence, Québec doit intervenir. Reste à savoir si le gouvernement Charest s'intéresse à Montréal.
Dans toute l'histoire de Montréal, il n'y a probablement jamais eu de scandale de l'ampleur de celui qui ébranle l'administration Tremblay, mis à part celui sur la corruption du service de police dans les années 1940. Depuis, c'était le calme plat, ou presque. En 1978, il y eut Gérard Niding qui démissionna de la présidence du comité exécutif dans l'administration Drapeau après avoir accepté d'un des entrepreneurs des installations olympiques un chalet d'une valeur de 150 000 $. Sous celle du maire Jean Doré, le grand scandale avait été l'installation d'une fenêtre de 300 000 $ à son bureau. Autres temps, autres moeurs!
Le Vérificateur n'a pu se prononcer sur l'existence de collusion ou de favoritisme dans l'attribution de ce contrat des compteurs d'eau, question renvoyée à la police. Il a pu établir que le non-respect des bonnes pratiques de gestion des grands projets et d'attribution des contrats a conduit à l'élaboration d'un projet pour moitié inutile et pour l'autre trop cher. Un projet voté par un conseil municipal à qui l'on a caché une partie de l'information. Des failles qui l'ont conduit à proposer la création d'un comité pour réfléchir aux mécanismes de contrôle et de gouvernance administrative.
La nécessité de revoir ces mécanismes ne fait aucun doute. La façon suggérée n'est toutefois pas la bonne. Confiée à des hauts fonctionnaires, cette réflexion n'aboutira nulle part. Le regard sera par définition partial. Surtout, ils n'oseront aborder la gouvernance politique. Une réflexion que l'on ne peut non plus confier aux élus actuels dont une bonne part ont gardé leurs habitudes d'intervention dans tous les dossiers acquises dans leurs villes de banlieue d'avant la fusion avec Montréal. Il faut plutôt un regard extérieur et indépendant que seule une commission d'étude instituée par Québec peut exercer.
Montréal dispose d'un budget de quatre milliards. En plus, elle investit des centaines de millions dans de vastes projets d'infrastructures. Autant d'argent exige des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes sophistiqués, surtout dans un contexte où la structure à trois niveaux des arrondissements, ville centrale et agglomération vient complexifier la prise de décision. Un vérificateur interne est vite dépassé. Une piste à explorer est l'institution d'une sorte de conseil du trésor, comme à Québec et Ottawa, chargé d'analyser et d'autoriser toutes les dépenses tout en assurant leur conformité aux lois et règlements.
Parmi plusieurs, un des grands problèmes structurels de l'administration montréalaise est l'absence de contrepoids au comité exécutif où se prennent toutes les décisions. La véritable autorité y appartient par définition au président qui, selon les personnalités en cause, peut l'exercer de façon outrancière. Le dossier des compteurs d'eau laisse penser que le politique a exercé un contrôle de ce projet sans véritable surveillance ni reddition de comptes. Dans l'état actuel des choses, Montréal est administrée comme une ville de moyenne taille où ses dirigeants, si l'on ne les surveille pas, peuvent abuser de leurs pouvoirs. Il y a eu les compteurs d'eau, mais aussi la privatisation de la SHDM et, qui sait, combien d'autres mauvaises décisions. De toute évidence, Québec doit intervenir. Reste à savoir si le gouvernement Charest s'intéresse à Montréal.
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