Stade olympique - Aux contribuables de juger
Écarté par la RIO, un ingénieur soumet sa solution au remplacement du toit du stade à l'analyse critique du public
Photo : Jacques Nadeau
Un ingénieur a proposé une solution plus économique que celle de la SNC-Lavalin, mais la RIO a écarté sa proposition. Pierre Jutras a décidé de prendre les citoyens à témoin de cette décision injuste, selon lui.
Un nouveau chapitre pourrait bien s'écrire dans la saga du toit du Stade olympique. Alors que la Régie des installations olympiques (RIO) poursuit l'étude d'une nouvelle toiture imaginée par SNC-Lavalin, un ingénieur montréalais vient jouer les trouble-fête. Comment? En soumettant à l'opinion publique les détails d'une solution rejetée... injustement, selon lui.
Recalé par la RIO dans la course au remplacement du toit du Stade olympique, un ingénieur montréalais ne semble pas avoir dit son dernier mot. À compter d'aujourd'hui, il présente en effet sur Internet le contenu détaillé de son projet de toiture avec, à la clef, un défi lancé ouvertement aux ingénieurs, aux architectes, aux universitaires, aux politiciens et même aux assureurs du Québec: qu'ils prouvent que sa solution n'est pas «idéale en matière de fiabilité, de durabilité, de sécurité, de longévité et d'économie».
Pierre Jutras, de la firme Aérolande, n'en démord pas. Le rejet de son projet par le RIO est injuste. Le toit envisagé par son entreprise «dépasse tous les critères de conception exigés dans les appels de candidatures qu'a successivement lancés la RIO en octobre 2004 et février 2005», écrit-il sur son site (www.toitdustade.ca), lancé officiellement aujourd'hui. Et le public, selon lui, dispose désormais de tout, au bout de quelques clics de souris, pour en juger.
Avec un toit souple intégrant et corrigeant la toiture actuelle défectueuse construite en 1999 par la firme Birdair, l'idée de ce designer en architecture textile s'inspire fortement des structures autoportantes qu'il a réalisées au cours des dernières années aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon. «C'est un dôme souple qui utilise le système de câblage actuellement en place», a-t-il résumé en entrevue au Devoir. «C'est aussi un toit léger [il est constitué de deux membranes séparées par de l'air] résistant aux charges de neige. Il est aussi très économique à construire [environ 15 millions de dollars].»
Au rancart
Le hic? La RIO n'a pas retenu ce projet présenté conjointement par Aérolande et Pomerleau en 2005. «Le comité d'experts a jugé que cette candidature n'était pas solide en fonction des nombreux critères évalués», a expliqué cette semaine Sylvie Bastien, porte-parole de cet organisme. Pour rendre sa décision, ce comité a pris en compte la capacité financière du candidat, son expérience en matière de gestion d'entreprises de construction et de gestion de projets, l'expertise de l'équipe chargée de la réalisation du projet ainsi que la valeur du concept présenté.
Rappelons que ce nouveau toit doit rester la propriété et la responsabilité du constructeur pendant 25 à 30 ans. La RIO se contentera de louer l'utilisation de la toiture.
Au terme de l'appel d'offres, deux firmes, SNC-Lavalin et Janin-Atlas, ont été retenues pour soumettre une solution de rechange permanente à la toiture actuelle qui, à cause d'une grave défectuosité, rend inutilisable, pour des raisons de sécurité, l'espace central du bâtiment du 1er décembre au 31 mars.
Janin-Atlas ayant décidé de se retirer, seule la firme SNC-Lavalin, qui a présenté un avant-projet technique en mars dernier, comme Le Devoir l'avait révélé, reste dans la course. Son projet de toit fixe et rigide est évalué à environ 85 millions de dollars.
Comprendre pour juger
Devant cette avenue, M. Jutras veut faire entrer son «autre solution» en présentant en détail sur son site les caractéristiques techniques de son toit, les documents officiels entourant l'appel d'offres lancé par la RIO mais aussi quelques pièces choisies de sa correspondance avec l'organisme chargé de gérer les installations olympiques et les ministères participant au processus de remplacement de la toiture.
«Je veux laisser aux gens le soin de juger de la démarche poursuivie par la RIO dans ce dossier, démarche qui a eu pour effet d'écarter une proposition alternative intéressante», dit-il. Les critiques, les réactions et les commentaires recueillis sur son site seront tous rendus publics sur ce même site, assure l'homme, qui souhaite par son geste aider les gens à comprendre le processus d'octroi des contrats gouvernementaux.
Il ne peut d'ailleurs rien espérer de plus. En effet, la RIO n'a pas l'intention de rouvrir son appel d'offres en vue du remplacement du toit du stade, a confirmé Mme Bastien. Au cours des prochaines semaines, SNC-Lavalin doit présenter un projet technique complet pour sa nouvelle toiture. Par la suite, à l'automne, le gouvernement pourrait prendre une décision en fonction du cadre financier présenté par l'entreprise, histoire de poser un quatrième couvercle, en 30 ans d'existence, sur ce vestige des Jeux olympiques de 1976.
Recalé par la RIO dans la course au remplacement du toit du Stade olympique, un ingénieur montréalais ne semble pas avoir dit son dernier mot. À compter d'aujourd'hui, il présente en effet sur Internet le contenu détaillé de son projet de toiture avec, à la clef, un défi lancé ouvertement aux ingénieurs, aux architectes, aux universitaires, aux politiciens et même aux assureurs du Québec: qu'ils prouvent que sa solution n'est pas «idéale en matière de fiabilité, de durabilité, de sécurité, de longévité et d'économie».
Pierre Jutras, de la firme Aérolande, n'en démord pas. Le rejet de son projet par le RIO est injuste. Le toit envisagé par son entreprise «dépasse tous les critères de conception exigés dans les appels de candidatures qu'a successivement lancés la RIO en octobre 2004 et février 2005», écrit-il sur son site (www.toitdustade.ca), lancé officiellement aujourd'hui. Et le public, selon lui, dispose désormais de tout, au bout de quelques clics de souris, pour en juger.
Avec un toit souple intégrant et corrigeant la toiture actuelle défectueuse construite en 1999 par la firme Birdair, l'idée de ce designer en architecture textile s'inspire fortement des structures autoportantes qu'il a réalisées au cours des dernières années aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon. «C'est un dôme souple qui utilise le système de câblage actuellement en place», a-t-il résumé en entrevue au Devoir. «C'est aussi un toit léger [il est constitué de deux membranes séparées par de l'air] résistant aux charges de neige. Il est aussi très économique à construire [environ 15 millions de dollars].»
Au rancart
Le hic? La RIO n'a pas retenu ce projet présenté conjointement par Aérolande et Pomerleau en 2005. «Le comité d'experts a jugé que cette candidature n'était pas solide en fonction des nombreux critères évalués», a expliqué cette semaine Sylvie Bastien, porte-parole de cet organisme. Pour rendre sa décision, ce comité a pris en compte la capacité financière du candidat, son expérience en matière de gestion d'entreprises de construction et de gestion de projets, l'expertise de l'équipe chargée de la réalisation du projet ainsi que la valeur du concept présenté.
Rappelons que ce nouveau toit doit rester la propriété et la responsabilité du constructeur pendant 25 à 30 ans. La RIO se contentera de louer l'utilisation de la toiture.
Au terme de l'appel d'offres, deux firmes, SNC-Lavalin et Janin-Atlas, ont été retenues pour soumettre une solution de rechange permanente à la toiture actuelle qui, à cause d'une grave défectuosité, rend inutilisable, pour des raisons de sécurité, l'espace central du bâtiment du 1er décembre au 31 mars.
Janin-Atlas ayant décidé de se retirer, seule la firme SNC-Lavalin, qui a présenté un avant-projet technique en mars dernier, comme Le Devoir l'avait révélé, reste dans la course. Son projet de toit fixe et rigide est évalué à environ 85 millions de dollars.
Comprendre pour juger
Devant cette avenue, M. Jutras veut faire entrer son «autre solution» en présentant en détail sur son site les caractéristiques techniques de son toit, les documents officiels entourant l'appel d'offres lancé par la RIO mais aussi quelques pièces choisies de sa correspondance avec l'organisme chargé de gérer les installations olympiques et les ministères participant au processus de remplacement de la toiture.
«Je veux laisser aux gens le soin de juger de la démarche poursuivie par la RIO dans ce dossier, démarche qui a eu pour effet d'écarter une proposition alternative intéressante», dit-il. Les critiques, les réactions et les commentaires recueillis sur son site seront tous rendus publics sur ce même site, assure l'homme, qui souhaite par son geste aider les gens à comprendre le processus d'octroi des contrats gouvernementaux.
Il ne peut d'ailleurs rien espérer de plus. En effet, la RIO n'a pas l'intention de rouvrir son appel d'offres en vue du remplacement du toit du stade, a confirmé Mme Bastien. Au cours des prochaines semaines, SNC-Lavalin doit présenter un projet technique complet pour sa nouvelle toiture. Par la suite, à l'automne, le gouvernement pourrait prendre une décision en fonction du cadre financier présenté par l'entreprise, histoire de poser un quatrième couvercle, en 30 ans d'existence, sur ce vestige des Jeux olympiques de 1976.
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