Simulation électorale - Initiation à la démocratie
Photo : Jacques Nadeau
Tout comme leurs collègues de 3000 écoles au Canada, les élèves de l’école Lavoie, à Montréal, ont participé hier à une simulation électorale.
Les scrutateurs étaient à leur poste hier à l'école Lavoie, dans Côte-des-Neiges, distribuant des bulletins de vote à des citoyens de la circonscription d'Outremont. Non, ce n'était pas le vote par anticipation mais bien la simulation électorale des «Électeurs en herbe», qui se déroulait dans cette école très multiethnique de Montréal.
En une heure, pas moins d'une centaine d'élèves de quatrième et cinquième secondaire ont défilé avec le plus grand sérieux dans la bibliothèque de l'école pour remplir leur bulletin de vote. L'exercice se déroule cette semaine dans 3000 écoles à travers le pays, dont environ 150 au Québec.
À l'école Lavoie, comme lors des vraies élections, les jeunes y allaient hier de raisonnements stratégiques élaborés. Pendant qu'il attendait en file, Aït Ouazzou, 16 ans, a expliqué qu'il allait voter libéral, même si le programme du NPD correspond davantage à ses valeurs. «Il ne faut pas que les conservateurs passent. S'ils passent, j'espère qu'ils seront minoritaires. Comme ça, on pourra les faire tomber, comme le Parti libéral.» L'élève de quatrième secondaire s'inquiète des visées conservatrices au sujet de la privatisation du système de santé, du respect du protocole de Kyoto ou de la participation militaire du Canada en Irak.
Il n'y a pas de doute que le jeune garçon votera dès qu'il en aura le droit. C'est aussi l'intention de sa camarade Andra Janari. «Le gouvernement contrôle plein de choses dans notre vie. On doit s'en préoccuper», a expliqué la jeune fille, qui penchait elle aussi en faveur des libéraux.
Électeurs en herbe
Les organisateurs des projets «Vote étudiant Canada» (dans le reste du pays) et «Électeurs en herbe» (au Québec) ont distribué des guides pédagogiques dans quelque 3000 écoles primaires et secondaires. On propose aux enseignants une panoplie d'activités: analyse des médias, de la publicité et des plates-formes électorales, simulation de débats entre les différents partis, rencontre avec des politiciens en campagne... Le projet, à géométrie variable selon le temps que les enseignants sont disposés à y consacrer, se conclut par une simulation électorale. Les jeunes votent alors dans de vraies urnes, fournies par Élections Canada, sur des bulletins de vote où sont inscrits les noms des candidats en lice dans la circonscription.
«C'est un peu notre manière d'agir pour contrer le faible taux de participation des jeunes aux élections», a expliqué Simon Allaire-Vigeant, président du Forum jeunesse de l'île de Montréal, qui subventionne le projet au Québec. On estime que seulement 38 % des jeunes de moins de 30 ans ont voté aux dernières élections fédérales, comparativement à 61 % de l'ensemble de la population.
Depuis le début de la campagne électorale, Karine Brunet, enseignante d'histoire à l'école Lavoie, discute politique avec ses élèves, entamant chacun de ses cours par une période de lecture des quotidiens. Elle est ravie de pouvoir enseigner le volet «éducation à la citoyenneté» du cursus scolaire en s'appuyant sur des exemples tirés de la campagne électorale. «On a présenté ce qu'était la droite, la gauche, le centre. On a placé les partis selon cette échelle-là. Les élèves ont aussi étudié les programmes», a expliqué la jeune enseignante de 27 ans.
Elle a dit constater que les élèves étaient un peu «mélangés» lorsque venait le temps de transposer leurs propres principes sur l'échiquier politique. «Au chapitre des valeurs morales, ils étaient plus portés vers la droite, mais quand on parlait des questions fiscales, le balancier tournait complètement», a observé Mme Brunet, mentionnant que ses élèves sont en général plus conservateurs lorsqu'il est question d'avortement ou de mariages homosexuels. Le revenu familial moyen de 14 000 $ dans cette circonscription joue vraisemblablement un rôle dans leurs positions plutôt à gauche en matière de questions économiques.
C'est la deuxième fois qu'une telle simulation électorale est organisée sur la scène fédérale. En 2004, environ 265 000 jeunes de 1168 écoles y avaient participé. Cette année, le programme a également été offert aux écoles primaires. Les résultats seront dévoilés lundi soir, après la fermeture des bureaux de scrutin, afin de ne pas influencer le résultat des vraies élections.
En une heure, pas moins d'une centaine d'élèves de quatrième et cinquième secondaire ont défilé avec le plus grand sérieux dans la bibliothèque de l'école pour remplir leur bulletin de vote. L'exercice se déroule cette semaine dans 3000 écoles à travers le pays, dont environ 150 au Québec.
À l'école Lavoie, comme lors des vraies élections, les jeunes y allaient hier de raisonnements stratégiques élaborés. Pendant qu'il attendait en file, Aït Ouazzou, 16 ans, a expliqué qu'il allait voter libéral, même si le programme du NPD correspond davantage à ses valeurs. «Il ne faut pas que les conservateurs passent. S'ils passent, j'espère qu'ils seront minoritaires. Comme ça, on pourra les faire tomber, comme le Parti libéral.» L'élève de quatrième secondaire s'inquiète des visées conservatrices au sujet de la privatisation du système de santé, du respect du protocole de Kyoto ou de la participation militaire du Canada en Irak.
Il n'y a pas de doute que le jeune garçon votera dès qu'il en aura le droit. C'est aussi l'intention de sa camarade Andra Janari. «Le gouvernement contrôle plein de choses dans notre vie. On doit s'en préoccuper», a expliqué la jeune fille, qui penchait elle aussi en faveur des libéraux.
Électeurs en herbe
Les organisateurs des projets «Vote étudiant Canada» (dans le reste du pays) et «Électeurs en herbe» (au Québec) ont distribué des guides pédagogiques dans quelque 3000 écoles primaires et secondaires. On propose aux enseignants une panoplie d'activités: analyse des médias, de la publicité et des plates-formes électorales, simulation de débats entre les différents partis, rencontre avec des politiciens en campagne... Le projet, à géométrie variable selon le temps que les enseignants sont disposés à y consacrer, se conclut par une simulation électorale. Les jeunes votent alors dans de vraies urnes, fournies par Élections Canada, sur des bulletins de vote où sont inscrits les noms des candidats en lice dans la circonscription.
«C'est un peu notre manière d'agir pour contrer le faible taux de participation des jeunes aux élections», a expliqué Simon Allaire-Vigeant, président du Forum jeunesse de l'île de Montréal, qui subventionne le projet au Québec. On estime que seulement 38 % des jeunes de moins de 30 ans ont voté aux dernières élections fédérales, comparativement à 61 % de l'ensemble de la population.
Depuis le début de la campagne électorale, Karine Brunet, enseignante d'histoire à l'école Lavoie, discute politique avec ses élèves, entamant chacun de ses cours par une période de lecture des quotidiens. Elle est ravie de pouvoir enseigner le volet «éducation à la citoyenneté» du cursus scolaire en s'appuyant sur des exemples tirés de la campagne électorale. «On a présenté ce qu'était la droite, la gauche, le centre. On a placé les partis selon cette échelle-là. Les élèves ont aussi étudié les programmes», a expliqué la jeune enseignante de 27 ans.
Elle a dit constater que les élèves étaient un peu «mélangés» lorsque venait le temps de transposer leurs propres principes sur l'échiquier politique. «Au chapitre des valeurs morales, ils étaient plus portés vers la droite, mais quand on parlait des questions fiscales, le balancier tournait complètement», a observé Mme Brunet, mentionnant que ses élèves sont en général plus conservateurs lorsqu'il est question d'avortement ou de mariages homosexuels. Le revenu familial moyen de 14 000 $ dans cette circonscription joue vraisemblablement un rôle dans leurs positions plutôt à gauche en matière de questions économiques.
C'est la deuxième fois qu'une telle simulation électorale est organisée sur la scène fédérale. En 2004, environ 265 000 jeunes de 1168 écoles y avaient participé. Cette année, le programme a également été offert aux écoles primaires. Les résultats seront dévoilés lundi soir, après la fermeture des bureaux de scrutin, afin de ne pas influencer le résultat des vraies élections.
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