Réplique à Stephen Harper - Gilles Duceppe défend l'utilité du Bloc
17 janvier 2006
Canada
Longueuil — Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe accuse le chef conservateur Stephen Harper de laisser entendre que la démocratie est inutile lorsqu'il nie l'utilité du Bloc à la Chambre des communes.
Dimanche, le chef conservateur Stephen Harper avait soutenu que «le Bloc existe depuis 16 ans et, même s'il existait encore pendant 116 ans, il ne pourrait jamais faire avancer un seul dossier, faire adopter une seule loi».
Piqué au vif, M. Duceppe a énuméré une série de dossiers ou de projets de loi pour lesquels les interventions du Bloc ont été utiles, comme le déséquilibre fiscal, la loi anti-gang, la protection des mécanismes de gestion de l'offre en agriculture et la bonification des prestations d'assurance-emploi.
La pratique, réplique M. Duceppe, contredit les reproches de M. Harper.
«Il faut regarder les choses en pratique. Moi, je ne dirai jamais que la démocratie est inutile; parce que c'est ça qu'il y a au fond de ses propos [M. Harper]. La démocratie est un outil précieux qui permet aux citoyens, dans ce cas-ci les Québécois, d'envoyer des gens qui sont dignes de les représenter à Ottawa, qui les connaissent et qui ne se satisfont pas de phrases creuses», a déclaré M. Duceppe.
«Je vois bien que les autres partis s'attaquent surtout au Bloc, en disant que le Bloc est inutile, mais ce n'est pas ce que les agriculteurs viennent de me dire, ce n'est pas ce que les chômeurs me disent, ce n'est pas ce que les femmes me disent et ce n'est pas ce que les étudiants me disent», a riposté M. Duceppe.
M. Duceppe venait de rencontrer, hier, les membres du conseil général de l'Union des producteurs agricoles à Longueuil.
Plus que 48,8 % ou 50 %
Plus tôt dans la journée, lors d'une entrevue à l'animateur de radio Paul Arcand, le chef du Bloc québécois avait mis un bémol à l'objectif qui lui a été prêté de vouloir remporter au moins 50 % des suffrages exprimés lors de l'élection générale du 23 janvier.
Il a affirmé avoir toujours dit qu'il voulait «s'améliorer», c'est-à-dire que le Bloc obtienne plus que les 48,8 % du suffrage qu'il a obtenus et les 54 sièges sur une possibilité de 75 à la Chambre des communes.
«Moi, c'est toujours de faire mieux. Je vise toujours d'être premier. C'est difficile d'être meilleur que premier. Donc les deux objectifs, c'est d'augmenter le nombre de sièges et le pourcentage», a-t-il précisé.
Il a bien sûr affirmé qu'il serait heureux d'obtenir ce seuil symbolique de 50 % plus un, comme tout chef le serait dans les circonstances, a-t-il noté.
Outremont
D'autre part, un sondage CROP dans huit circonscriptions d'intérêt, qui paraîtra aujourd'hui dans La Presse mais dont certains résultats ont déjà filtré, laisse voir que, dans Outremont, le candidat libéral Jean Lapierre, lieutenant de Paul Martin au Québec, obtiendrait 30 % de l'appui populaire, le candidat bloquiste et ancien ministre péquiste Jacques Léonard 27 % et le candidat néo-démocrate Léo-Paul Lauzon 20 %.
Interrogé à ce sujet, M. Duceppe n'avait pas vu les résultats. Mais tout en affirmant que «c'est la démocratie» qui s'exprime et qu'il respecterait le verdict populaire, il a redit sa confiance en son candidat Léonard pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa.
M. Duceppe a soutenu qu'il n'éprouvait pas de plaisir particulier à battre Jean Lapierre, lui qui n'a pourtant pas ménagé les déclarations chocs sur le Bloc québécois.
«Que ce soit Jean Lapierre ou un autre, l'important c'est que Jacques Léonard gagne; je ne veux pas démoniser les gens. Ce qui me fait plaisir, c'est quand il y a un député du Bloc de plus.»
L'UPA
Par ailleurs, si l'Union des producteurs agricoles n'appuie pas officiellement le Bloc québécois, préférant demeurer neutre dans la présente campagne électorale, elle avoue que, jusqu'ici, le Bloc a bien servi les intérêts des agriculteurs du Québec.
«Dans le passé, les gens du Bloc nous ont été utiles à Ottawa, et on espère que, dans le futur, ils vont continuer à nous être utiles. On s'en est servi à plus qu'une occasion et ça a été utile pour les producteurs agricoles du Québec. Si le passé est garant de l'avenir, ça sera la même attitude», a affirmé hier le président de l'Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin.
M. Pellerin a rencontré la presse aux côtés du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, après que ce dernier eut rencontré les membres du conseil général de l'UPA à Longueuil.
L'UPA devait également rencontrer M. Lawrence Cannon pour le Parti conservateur et Stéphane Dion pour le Parti libéral du Canada. Le Bloc est le seul parti qui a délégué son chef.
«J'aime bien l'approche où on étudie les dossiers au mérite. Les gens du Bloc, c'est ce qu'ils ont fait avec nous. C'est le message que j'ai lancé à M. Duceppe: peu importe qui sera au pouvoir, si jamais c'était les conservateurs, s'il y a un dossier qui est bon pour l'agriculture, je ne voudrais pas qu'on se limite à faire de l'opposition, mais plutôt qu'on aille de l'avant. Et c'est ce que M. Duceppe nous a garanti. Et s'il y a un dossier qui est néfaste pour l'agriculture au Québec, eh bien qu'on prenne tous les moyens possibles pour empêcher la réalisation de ce dossier-là. Et c'est aussi l'engagement qu'on a eu du Bloc, et ça nous satisfait», a expliqué le président de l'Union des producteurs agricoles.
Dimanche, le chef conservateur Stephen Harper avait soutenu que «le Bloc existe depuis 16 ans et, même s'il existait encore pendant 116 ans, il ne pourrait jamais faire avancer un seul dossier, faire adopter une seule loi».
Piqué au vif, M. Duceppe a énuméré une série de dossiers ou de projets de loi pour lesquels les interventions du Bloc ont été utiles, comme le déséquilibre fiscal, la loi anti-gang, la protection des mécanismes de gestion de l'offre en agriculture et la bonification des prestations d'assurance-emploi.
La pratique, réplique M. Duceppe, contredit les reproches de M. Harper.
«Il faut regarder les choses en pratique. Moi, je ne dirai jamais que la démocratie est inutile; parce que c'est ça qu'il y a au fond de ses propos [M. Harper]. La démocratie est un outil précieux qui permet aux citoyens, dans ce cas-ci les Québécois, d'envoyer des gens qui sont dignes de les représenter à Ottawa, qui les connaissent et qui ne se satisfont pas de phrases creuses», a déclaré M. Duceppe.
«Je vois bien que les autres partis s'attaquent surtout au Bloc, en disant que le Bloc est inutile, mais ce n'est pas ce que les agriculteurs viennent de me dire, ce n'est pas ce que les chômeurs me disent, ce n'est pas ce que les femmes me disent et ce n'est pas ce que les étudiants me disent», a riposté M. Duceppe.
M. Duceppe venait de rencontrer, hier, les membres du conseil général de l'Union des producteurs agricoles à Longueuil.
Plus que 48,8 % ou 50 %
Plus tôt dans la journée, lors d'une entrevue à l'animateur de radio Paul Arcand, le chef du Bloc québécois avait mis un bémol à l'objectif qui lui a été prêté de vouloir remporter au moins 50 % des suffrages exprimés lors de l'élection générale du 23 janvier.
Il a affirmé avoir toujours dit qu'il voulait «s'améliorer», c'est-à-dire que le Bloc obtienne plus que les 48,8 % du suffrage qu'il a obtenus et les 54 sièges sur une possibilité de 75 à la Chambre des communes.
«Moi, c'est toujours de faire mieux. Je vise toujours d'être premier. C'est difficile d'être meilleur que premier. Donc les deux objectifs, c'est d'augmenter le nombre de sièges et le pourcentage», a-t-il précisé.
Il a bien sûr affirmé qu'il serait heureux d'obtenir ce seuil symbolique de 50 % plus un, comme tout chef le serait dans les circonstances, a-t-il noté.
Outremont
D'autre part, un sondage CROP dans huit circonscriptions d'intérêt, qui paraîtra aujourd'hui dans La Presse mais dont certains résultats ont déjà filtré, laisse voir que, dans Outremont, le candidat libéral Jean Lapierre, lieutenant de Paul Martin au Québec, obtiendrait 30 % de l'appui populaire, le candidat bloquiste et ancien ministre péquiste Jacques Léonard 27 % et le candidat néo-démocrate Léo-Paul Lauzon 20 %.
Interrogé à ce sujet, M. Duceppe n'avait pas vu les résultats. Mais tout en affirmant que «c'est la démocratie» qui s'exprime et qu'il respecterait le verdict populaire, il a redit sa confiance en son candidat Léonard pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa.
M. Duceppe a soutenu qu'il n'éprouvait pas de plaisir particulier à battre Jean Lapierre, lui qui n'a pourtant pas ménagé les déclarations chocs sur le Bloc québécois.
«Que ce soit Jean Lapierre ou un autre, l'important c'est que Jacques Léonard gagne; je ne veux pas démoniser les gens. Ce qui me fait plaisir, c'est quand il y a un député du Bloc de plus.»
L'UPA
Par ailleurs, si l'Union des producteurs agricoles n'appuie pas officiellement le Bloc québécois, préférant demeurer neutre dans la présente campagne électorale, elle avoue que, jusqu'ici, le Bloc a bien servi les intérêts des agriculteurs du Québec.
«Dans le passé, les gens du Bloc nous ont été utiles à Ottawa, et on espère que, dans le futur, ils vont continuer à nous être utiles. On s'en est servi à plus qu'une occasion et ça a été utile pour les producteurs agricoles du Québec. Si le passé est garant de l'avenir, ça sera la même attitude», a affirmé hier le président de l'Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin.
M. Pellerin a rencontré la presse aux côtés du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, après que ce dernier eut rencontré les membres du conseil général de l'UPA à Longueuil.
L'UPA devait également rencontrer M. Lawrence Cannon pour le Parti conservateur et Stéphane Dion pour le Parti libéral du Canada. Le Bloc est le seul parti qui a délégué son chef.
«J'aime bien l'approche où on étudie les dossiers au mérite. Les gens du Bloc, c'est ce qu'ils ont fait avec nous. C'est le message que j'ai lancé à M. Duceppe: peu importe qui sera au pouvoir, si jamais c'était les conservateurs, s'il y a un dossier qui est bon pour l'agriculture, je ne voudrais pas qu'on se limite à faire de l'opposition, mais plutôt qu'on aille de l'avant. Et c'est ce que M. Duceppe nous a garanti. Et s'il y a un dossier qui est néfaste pour l'agriculture au Québec, eh bien qu'on prenne tous les moyens possibles pour empêcher la réalisation de ce dossier-là. Et c'est aussi l'engagement qu'on a eu du Bloc, et ça nous satisfait», a expliqué le président de l'Union des producteurs agricoles.
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