Harper leurre les Québécois, selon le chef libéral
14 janvier 2006
Canada
St. Catharines, Ont. — Après plusieurs journées difficiles, le chef libéral s'est ressaisi, hier, et a accusé son adversaire conservateur, Stephen Harper, de vouloir «leurrer» les Québécois sur la question du déséquilibre fiscal.
Il a même prétendu que M. Harper était prêt à abandonner aux Américains la politique étrangère du Canada.
Délaissant le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, dont il n'a pas prononcé le nom depuis deux jours, M. Martin s'en est pris à la promesse des conservateurs de mettre fin au «déséquilibre fiscal» entre Ottawa et les provinces.
«La seule façon de nous assurer que vous allez tenir votre parole, M. Harper, c'est de nous dire le montant que vous allez mettre là-dedans», a-t-il soutenu dans un discours prononcé devant une centaine de militants à St. Catharines, dans la péninsule du Niagara.
Le premier ministre sortant a fait remarquer que, dans la plateforme conservatrice dévoilée hier, le dossier du déséquilibre fiscal n'est pas chiffré. Dans l'entourage de Stephen Harper, on explique que le coût final de l'opération dépendra des négociations avec les provinces.
«L'argent pour régler ce que lui a décrit comme le "déséquilibre" n'est pas là, a dit M. Martin. C'est clair: il vient de leurrer les provinces, il vient de leurrer les Québécois.»
L'engagement du chef conservateur — et du Bloc — sur le déséquilibre fiscal aura néanmoins eu du bon: le chef libéral ose maintenant prononcer l'expression consacrée par le rapport Séguin, ce qu'il refusait de faire jusqu'à tout récemment.
«En abordant la question du déséquilibre fiscal, j'ai été très clair que ça va prendre de l'argent», a-t-il affirmé hier, sans toutefois préciser combien il serait prêt à mettre sur la table.
Bouclier antimissile
Paul Martin s'est aussi montré incisif sur le dossier du bouclier antimissile. Il a avancé que, sous un gouvernement Harper, «nous serions membres» du projet piloté par l'administration de George W. Bush.
Le chef libéral a martelé que la position de Stephen Harper se résumait à dire: «C'est à Washington de faire la politique internationale du Canada.»
«Encore une fois, ça démontre à quel point il y a une brisure entre lui et le peuple canadien», a-t-il dénoncé.
En entrevue à Radio-Canada jeudi, le chef conservateur a reconnu qu'il n'avait pas encore pris sa décision sur l'opportunité, pour le Canada, de participer au bouclier américain. Il a toutefois précisé que le choix final ne reviendrait pas au cabinet, mais aux députés des Communes.
M. Martin n'a pas manqué, pour finir, de s'en prendre à M. Harper au sujet du protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Les conservateurs estiment que le traité international ne produira pas les résultats escomptés et qu'il faut prendre une autre voie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
«Il vient de dire à 150 pays [signataires du protocole] que le Canada ne [tiendra] pas sa parole, et c'est inexcusable.»
Le premier ministre a dû reconnaître que, sous le règne libéral, le Canada a pris du «retard» dans l'atteinte de ses objectifs à l'égard de Kyoto.
«Mais nous sommes tous en retard, alors mettons-nous tous ensemble [les pays du monde] pour nous assurer que nous respecterons nos engagements», a-t-il plaidé.
Il a même prétendu que M. Harper était prêt à abandonner aux Américains la politique étrangère du Canada.
Délaissant le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, dont il n'a pas prononcé le nom depuis deux jours, M. Martin s'en est pris à la promesse des conservateurs de mettre fin au «déséquilibre fiscal» entre Ottawa et les provinces.
«La seule façon de nous assurer que vous allez tenir votre parole, M. Harper, c'est de nous dire le montant que vous allez mettre là-dedans», a-t-il soutenu dans un discours prononcé devant une centaine de militants à St. Catharines, dans la péninsule du Niagara.
Le premier ministre sortant a fait remarquer que, dans la plateforme conservatrice dévoilée hier, le dossier du déséquilibre fiscal n'est pas chiffré. Dans l'entourage de Stephen Harper, on explique que le coût final de l'opération dépendra des négociations avec les provinces.
«L'argent pour régler ce que lui a décrit comme le "déséquilibre" n'est pas là, a dit M. Martin. C'est clair: il vient de leurrer les provinces, il vient de leurrer les Québécois.»
L'engagement du chef conservateur — et du Bloc — sur le déséquilibre fiscal aura néanmoins eu du bon: le chef libéral ose maintenant prononcer l'expression consacrée par le rapport Séguin, ce qu'il refusait de faire jusqu'à tout récemment.
«En abordant la question du déséquilibre fiscal, j'ai été très clair que ça va prendre de l'argent», a-t-il affirmé hier, sans toutefois préciser combien il serait prêt à mettre sur la table.
Bouclier antimissile
Paul Martin s'est aussi montré incisif sur le dossier du bouclier antimissile. Il a avancé que, sous un gouvernement Harper, «nous serions membres» du projet piloté par l'administration de George W. Bush.
Le chef libéral a martelé que la position de Stephen Harper se résumait à dire: «C'est à Washington de faire la politique internationale du Canada.»
«Encore une fois, ça démontre à quel point il y a une brisure entre lui et le peuple canadien», a-t-il dénoncé.
En entrevue à Radio-Canada jeudi, le chef conservateur a reconnu qu'il n'avait pas encore pris sa décision sur l'opportunité, pour le Canada, de participer au bouclier américain. Il a toutefois précisé que le choix final ne reviendrait pas au cabinet, mais aux députés des Communes.
M. Martin n'a pas manqué, pour finir, de s'en prendre à M. Harper au sujet du protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Les conservateurs estiment que le traité international ne produira pas les résultats escomptés et qu'il faut prendre une autre voie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
«Il vient de dire à 150 pays [signataires du protocole] que le Canada ne [tiendra] pas sa parole, et c'est inexcusable.»
Le premier ministre a dû reconnaître que, sous le règne libéral, le Canada a pris du «retard» dans l'atteinte de ses objectifs à l'égard de Kyoto.
«Mais nous sommes tous en retard, alors mettons-nous tous ensemble [les pays du monde] pour nous assurer que nous respecterons nos engagements», a-t-il plaidé.
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