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Le miroir aux alouettes

Denise Bombardier   14 janvier 2006  Canada
Plus ça change, plus c'est pareil, quoi qu'en pensent les porte-voix béats de notre mutation sociale. À les écouter, les Québécois seraient les spécimens les plus affranchis de la planète. Le «né pour un petit pain» ne serait plus qu'une invention de loup-garou, la conquête de 1763, inscrite dans le traité de Paris, un événement préhistorique, et nous serions en train de devenir les spectateurs turbulents mais tout-puissants de la politique canadienne.

Le Bloc québécois, le si bien nommé, incarnerait notre puissance collective alors que les élections successives du Parti québécois exprimeraient notre volonté d'en découdre avec notre histoire de vaincus. Les référendums perdus l'auraient été à cause des autres: on en veut pour preuve les plus de 60 % de Canadiens français qui ont dit OUI en 1995. Faut-il rappeler que dans les pays baltes, l'indépendance a rallié les différents peuples à hauteur de 85 % et plus après l'effondrement de l'empire soviétique? Mais quelle importance, n'est-ce pas, puisque ce qui se passe ailleurs ne nous fait pas un pli.

Nous sommes donc des gagnants, nous additionnons les victoires morales, et le Canada auquel nous appartenons toujours est un espace pour nous virtuel, immatériel et étranger, sinon étrange. Gilles Duceppe, homme politique au talent indéniable, domine de son habileté ses adversaires dans les débats électoraux avec d'autant plus de force qu'il n'en déploiera jamais la moindre à exercer le pouvoir à Ottawa. Avec ses députés, il pose de nombreuses et pertinentes questions au gouvernement, si bien qu'on peut en conclure que le Québec est devenu le champion interrogateur de la politique canadienne faite par d'autres. Cela se dit gagner sans pouvoir.

Dans cette perspective, le Parti québécois subit les Québécois qui l'élisent. Il croit gouverner un pays et se fait rappeler à l'ordre par les référendums dont il prend l'initiative et qui le ramènent à sa mission provinciale. On parle alors de victoire morale, de sagesse populaire, de ratourage collectif. Le 23 janvier au soir, nous nous réjouirons de perpétuer notre protestation à travers un parti dont le fondateur, devenu lucide, annonçait une espérance de vie de deux ans et des poussières. Cela fait 15 ans que nous bloquons allégrement et rions sous cape de notre astuce.

Se pourrait-il que dans notre inconscient collectif marqué par une histoire de défaites et de revers, par un long siècle d'hibernation politique, par la trahison des élites de toutes catégories et par des délinquances iconoclastes et adolescentes, le sentiment d'aliénation face au pouvoir perdure? Se pourrait-il que nous n'aimions ni le pouvoir ni ceux qui l'exercent en général, masquant ainsi notre peur du risque et notre insécurité légendaire, si bien cernée par Yvon Deschamps le magnifique? Est-il possible que nous soyons plus persifleurs que téméraires, plus angoissés que bons vivants, plus crâneurs qu'audacieux et plus complexés que frimeurs?

Et si nous persistions à être un peuple inquiet qui se rassure avec des accroires, ce beau et vieux mot qui signifie aussi le désir de croire, un désir souvent bafoué par la réalité qui nous entoure? Se pourrait-il que notre statut volontaire de spectateurs indique que nous savons exactement ce que nous refusons tout en nous permettant de laisser planer le doute sur ce que nous prétendons vouloir? Nous aimons que les gouvernements du Parti québécois se comportent en dirigeants d'un pays indépendant tout en nous mettant à l'abri du risque de l'accession à l'indépendance. Si la peur n'était pas si présente, l'obsession que nous manifestons à nous distraire, à rire à tort et à raison, à nous affirmer comme les trouble-fêtes du Canada et les festivaliers permanents de l'Amérique du Nord, cette obsession serait sans doute moins claironnée et moins vive.

La lucidité et la solidarité auxquelles nous aspirons sont inaccessibles sans une acuité de conscience. Or notre tendance à nous illusionner sur nous-mêmes, à nous éblouir dans le miroir comme les alouettes, risque de nous enfermer dans un statut plus particulier qu'on ne le souhaite. Sommes-nous si distinct et si singulier comme peuple que nous pourrions changer le cours de notre histoire en refusant les leviers du pouvoir? Ceux qui se réjouissent de l'appui massif des Québécois au Bloc québécois ne semblent pas se rendre compte de la possible relation entre cet appui à une indépendance théorique et les NON référendaires à une souveraineté, réelle celle-là. Dire non au Canada en votant pour le Bloc, dire non à un Québec indépendant, dire non au gouvernement dirigé par le Parti libéral du Québec, ne serait-ce pas refuser le pouvoir lui-même?

denbombardier@videotron.ca
 
 
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  • Eric Banville - Inscrit
    14 janvier 2006 07 h 50
    Alouette, je t'y plumerai!!!
    J'aimerais simplement féliciter madame Bombardier pour la justesse de cette analyse. Elle frappe dans le mille!!! Les Québécois ont "peur" du vrai pouvoir. Elle a tout à fait raison. Il est beaucoup plus facile de râler que de se prendre en main et de changer réellement les choses. À cet effet, le Bloc cadre parfaitement avec cette attitude.
    Par contre, sans être dans les secrets des Dieux, il me semble qu'en exerçant son désaccord à Ottawa via notre démocratie et nos institutions (en votant pour le Bloc), cela aidera nécessairement ceux qui veulent et croient à l'indépendance du Québec, non? Dans la mesure, effectivement, où cette présence soit temporaire (!!!).

    Bien que je sois un "convaincu" de la nécessité et de l'importance du projet souverainiste au Québec, votre article nous rappelle nos devoirs de cohérence comme citoyen...si cela existe vraiment!!!

    Merci
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  • Roland Berger - Abonné
    14 janvier 2006 10 h 59
    Turbulence et constestation
    Tout le monde sait que les enfants turbulents et constataires obtiennent généralement davantage de leurs parents que ceux qui font docilement leurs quatre volontés. Les Québécois ont compris que les institutions politiques, provinciales comme fédérales, sont structurées et fonctionnent selon le modèle familial. Le «pére» ne veut pas me laisser partir vivre ma vie ? Tant pour lui. Je vais lui faire la vie si dure qu'il finira bien par me mettre à la porte.
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  • Jean-Guy Beaulieu - Abonné
    14 janvier 2006 11 h 28
    Alouette, je te plumerai .
    Madame Bombardier,

    Vos questions sont pertinentes (comme souvent celles du Bloc), mais ne débouchent pas sur une compréhension totale de la situation (comme chez le Bloc). Vous semblez souffrir du même travers que vous nous reprochez collectivement. Vous êtes des nôtres à n'en pas douter, mais en plus sérieux.

    Vous semblez avoir oublié de mentionner cette façon de refuser le pouvoir quand nos soi-disant fédéralistes acceptent de participer au pouvoir des autres à l'intérieur des partis nationaux canadiens.

    Pour moi, l'appui au Bloc québécois est un appui au fédéralisme, le seul appui véritable au fédéralisme dans les structures actuelles du Canada. Pas le fédéralisme que défend Paul Martin la main sur son ADN national, mais un fédéralisme où les peuples participants seraient représentés en BLOC. dans une structure politique qui le permettrait. Toutefois, je ne suis pas sûr que le Bloc accepterait cette perspective. Là, c'est une autre question, une de plus.

    Vous nous rappelez à juste titre que :
    ** .dans les pays baltes, l'indépendance a rallié les différents peuples à hauteur de 85 % et plus après l'effondrement de l'empire soviétique ? **

    Faut-il vous rappeler qu'ici, l'Empire américain ne s'est pas encore effondré. Qu'adviendrait-il au Québec si cela arrivait ?

    Faut-il aussi vous rappeler que le Canada est une monarchie parlementaire où nos élus, qu'on le veuille ou non, ne sont rien d'autres que les sujets de sa Majesté ? De quels leviers du pouvoir s'agit-il donc quand vous demandez :
    ** Sommes-nous si distinct et si singulier comme peuple que nous pourrions changer le cours de notre histoire en refusant les leviers du pouvoir ? **
    Ceux de sa Majesté ?

    Faut-il aussi vous rappeler que les Québécois sont un peuple issu des sujets du roi de France cédé par traité, au dessus de sa tête, au roi d'Angleterre ? Il ne sait pas ce que c'est que d'être souverain. Ils ne l'a jamais su. Toutefois, il en a une petite idée, tellement petite...

    Dire NON à cela, c'est aussi une manifestation de l'indépendance des Québécois. Peut-on toujours leur reprocher que les structures politiques ne correspondent pas toujours à leurs aspirations ? Et que leurs sages penseurs (hommes ou femmes.) ne les éclairent pas plus qu'il ne faut sur l'enfantement de leur pays ?

    Si le miroir qu'on lui présente est déformant, pourquoi l'alouette ne se mettrait-elle pas enfin en colère ? Mais, ici, l'alouette est moqueuse ? Pour ne pas mourir de tristesse.

    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville
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  • Bertrand Lemire - Abonné
    14 janvier 2006 20 h 45
    Somme d'intentions et psychanalyse
    1) Additionner les votes et tenter de faire une synthèse du résultat comme s'il s'agissait d'une «intention collective», est une opération dénuée de sens: l'exercice démocratique ne vise pas à donner une direction cohérente et sensée mais bien à déterminer un vainqueur au sein d'une lutte, heureusement, non violente. Souvent d'ailleurs on constate qu'une élection est moins une victoire de l'un qu'une défaite de l'autre: le rejet est une motivation plus constante que l'adoption, lors d'un vote. Ainsi, voter Bloc au fédéral et Non à la souveraineté n'est pas si incohérent qu'il n'y paraît. Et l'«intention collective» québécoise (qui n'existe pas, je le rappelle) ne pourrait-elle pas être de nature temporaire, le temps qu'une vision plus emballante n'émerge? Ce qui tarde dramatiquement du point de vue fédéraliste alors que les souverainistes continuent de susciter l'adhésion.

    2) L'exercice du pouvoir (politique fédéral) est-il si profitable? Le rejet ultime de 1982, i.e. l'exclusion du Québec lors de l'adoption d'une constitution canadienne n'était-elle pas menée pas des Québécois appuyés de Québécois (74 députés libéraux)? Une constitution, c'est tout de même la loi fondamentale. Ne peut-on pas interpréter cet épisode comme le début d'un rejet mutuel et renouvelé depuis par diverses manifestations (Bloc, Meech, scandales, etc.)? Je comprends l'inquiétude face aux effets du retrait systématique de la vie décisionnelle au plus haut niveau fédéral. Mais la comparaison n'est pas encore favorable à une stratégie plutôt qu'à l'autre. Elle pourrait le devenir cependant et il demeure souhaitable de poser la question.

    3) Faudrait-il voter en fonction du vent afin de participer au pouvoir? Voter pour le parti qui a la plus grande chance de gouverner? Alors point de NPD, de Parti vert; prôner le bipartisme Démocrate-Républicain sans tiers parti possible? Se peut-il que les gens n'adressent, par leur vote, rien d'autre que de la confiance ou faut-il que leurs votes soient obligatoirement stratégiques?

    4) Y a-t-il réellement refus d'exercer des responsabilités politiques? Là où vous voyez les refus des leviers du pouvoir, où d'autres voient le fait d'«être collectivement ambivalent», moi j'y vois l'«addition» de deux pôles contradictoires, plutôt bien sûrs d'eux, et il faudra bien, un jour, que l'un gagne d'une manière décisive, suffisamment pour que l'autre reconnaisse sa défaite, ou qu'un compromis satisfaisant fasse consensus. Mais ça... ça peut encore être long. Les deux camps veulent vigoureusement les leviers du pouvoir à mon sens, et il ne s'agit nullement d'une démission, mais seulement d'une lutte qui tant qu'elle n'est pas finie, risque effectivement d'affaiblir une telle chose que le Québec en tant que province. Cet état dichotomique au Québec, si on le regarde de trop près peut sembler être un «statut plus particulier qu'on ne le souhaite» mais avec un peu de distance, ce n'est qu'un statut transitoire vers autre chose. Quoi? Je ne saurais le dire, bien que je souhaite vivement un pays.

    En conclusion, je ne croix pas à la vision d'un Québec timoré, adolescent, immature, «un peuple inquiet qui se rassure avec des accroires» et qu'on psychanalyse en traitant ses membres de «looser», de fraudeurs ou de «spécimens les plus affranchis de la planète», ou en lui attribuant une «peur du risque» et une «insécurité légendaire». Le Québec est en lutte, une lutte fondamentale au sein de ses forces les plus vives, une lutte qui le redéfinit, le plus pacifiquement du monde, sans même avoir besoin de révolution ou de réveil national. Le Québec est en lutte parce qu'il est fait de vivants, scolarisés, libres, développés et riches. La France est en lutte comme l'ont montré les émeutes des banlieues sensibles, les USA sont en lutte devant l'assomption de leurs guerres, toutes les sociétés qui évoluent sont en lutte mais chacune a ses enjeux du moment.
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  • Daniel Gariépy - Abonné
    14 janvier 2006 23 h 03
    La démocratie est-elle un jeu?
    Mme Bombardier, il y a plusieurs éléments très justes dans votre analyse mais certaines de vos conclusions semblent s'appuyer sur des prémisses que j'aimerais remettre en cause.

    Tout d'abord, il me semble que votre argumentation repose sur une prémisse qui, même si elle paraît évidente, mérite une réflexion sérieuse. J'y perçois la position selon laquelle le pouvoir en démocratie est exercé uniquement par le parti qui gagne les élections (d'ailleurs, ne dit-on pas le parti « au pouvoir »?).

    J'ai plutôt la naïveté de croire que le pouvoir reste entre les mains du peuple (des citoyens) et que l'on mandate seulement un parti, et pour un terme limité, à appliquer le programme qui rejoint le plus de gens. Et je ne parle évidemment pas ici du programme d'un ou l'autre des partis mais d'un programme qui se retrouve toujours un peu mitoyen à l'ensemble des programmes. Chaque parti présente une position idéologique différente mais ne pourra étirer son pouvoir très loin du programme "du peuple". Puisque nous ne sommes pas dans une dictature, le tollé de l'opposition, des médias et, via les sondages, du peuple même, finit toujours (l'exception de Mike Harris ne sera pas oubliée de si tôt) par restreindre la portée des programmes et rattraper les idéologues des partis (parlez-en à M. Charest et il en sera de même pour M. Harper). C'est ce qui en amène d'ailleurs plusieurs à conclure que les partis sont tous pareils.

    Une autre prémisse que je déduis de votre prise de position est que le fait d'être représenté par le parti au pouvoir (dans un comté ou une région) donne plus de pouvoir au citoyens de cette région. Je ne crois pas que cela résiste à l'analyse, sauf pour ceux de la région qui avaient déjà une influence importante (un pouvoir réel) généralement tributaire de leurs moyens financiers et envers qui le député ou ministre élu se sent habituellement beaucoup plus de devoir qu'envers ses autres électeurs. Évidemment, un centre de traitement fiscal ou une « Cité de l'énergie », ça fait toujours un peu plaisir mais ça n'a rien à voir avec du pouvoir.

    J'irais même jusqu'à dire qu'un député d'arrière banc de l'opposition à plus de chance de faire entendre une cause fondamentalement juste (en chambre et avec l'appui des médias) qu'un député d'arrière banc du parti élu pour lequel le pouvoir exercé est souvent le résultat de tractations en coulisses, que sa cause soit juste ou non. Même si le député du parti élu est de bonne foi et croit en sa cause, les impératifs de la « real politik » dans notre « lobby-o-cratie » le restreindront.

    Les lobbys sont moins intéressés par les partis d'opposition, cela va de soi. Outre les « bonbons » donc, cette idée de « voter du bon bord » ne tient pas la route et, je rajoute, qu'elle contribue à ternir la politique en perpétuant ses aspects les plus négatifs (la politicaillerie par laquelle on achète des votes en donnant des centres gouvernementaux ou des subventions dont le mérite est questionnable) que obnubile aujourd'hui complètement, dans la population en général, la noble politique par laquelle les idées et orientations réfléchies des partis influent sur la direction générale du pays.

    Quant à moi, je pense que l'avenir de la démocratie passe par des électeurs qui choisissent leur députés et leur parti en fonction de leurs positions fondamentales sur les sujets qu'ils ont vraiment à coeur (et pas juste depuis le début de la campagne autant que possible). Évidemment, ça suppose un électorat plus informé et surtout, moins cynique. Mais ce cynisme ne peut qu'être encouragé par des prises de positions d'intellectuels comme celle que vous défendez aujourd'hui. En effet, vous sembler propose à l'électeur d'user de son vote de façon dite « stratégique », tenant compte du vent qui souffle et allant à l'encontre de leurs convictions les plus profondes. Si même des gens dont une grande part de leur travail consiste à réfléchir sur ces questions en arrivent à défendre une position que je considère, tel que je l'ai mentionné (je n'aurai pas la prétention de dire démontré) cynique, il est évident que l'électeur moyen qui ne réfléchit pas plusieurs heures par semaine à son pouvoir de citoyen sera décontenancé.

    Pour faire mon choix, je préfèremettre dans la balance mes positions fondamentales quant à l'avenir du Québec (et du Canada), ma place dans le continuum « gauche-droite » et la présence, dans les plateformes des partis, de politiques spécifiques qui pourraient selon moi avoir un impact majeur sur l'avenir de mes enfants. Évidemment, dans ma réflexion, mes conclusions quant aux limites d'application des programmes par les partis élus font en sorte que ma place dans le continuum « gauche-droite » et les politiques qui seraient aux extrémités du spectre (difficilement applicables après le passage de M. Harris) se subordonnent à ma position sur la question « nationale ».


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  • François Leduc - Abonné
    16 janvier 2006 11 h 33
    Un choix lucide
    Votre point de vue sur la peur du pouvoir ne s'adressent pas à tous les Québecois. Si l'on se fie au résultat du référendum de 1995 et aux sondages depuis celui-ci, il existe entre 40 et 50% de Québecois favorables à la souveraineté. Ces Québecois n'ont certainement pas peur de prendre en main leur destiné et d'exercer ainsi les pourvoirs dont ils seraient invetis comme tout État indépendant.

    Votre analyse ne vise d'une part que cette frange d'indécis qui représente entre 15 et 20% des Québecois et d'autre part une partie des fédéralistes qui espèrent encore (ou qui se font des accroires, pour reprendre votre expression) une réforme du fédéralisme à la faveur du Québec.

    Depuis des décennies, toutes les tentatives en vue de répondre aux aspirations du Québec ont échoué. Et les changements à l'ordre constitutionnel canadien ont été faits au détriment du Québec. Le fédéralisme centralisateur piétine les pouvoirs du Québec (et ceux des autres provinces).

    Aucun des partis "nationaux" ne présente de véritables propositions de façon à satisfaire et à préserver les intérêts légitimes du Québec ni n'affiche une volonté réelle afin de réformer ce régime fédéral sclérosé.

    Dans ces cisconstances, l'appui important au Bloc Québecois est tout à fait compréhensible et n'est pas susceptible de fléchir tant et aussi longtemps que le statut du Québec demeurera ce qu'il est en ce moment.

    De là, un choix lucide et conséquent des Québecois.

    F. Leduc
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