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Duceppe se fait plus modeste

Le chef bloquiste ne parle plus d'obtenir 50 % des voix

Robert Dutrisac   13 janvier 2006  Canada
Gilles Duceppe
Photo : Jacques Nadeau
Gilles Duceppe
Québec — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne s'émeut guère de l'appel lancé aux Québécois par Mario Dumont, qui les a exhortés à ne pas voter pour la formation souverainiste. Au lendemain des élections du 23 janvier, le chef de l'Action démocratique du Québec devra reconnaître que la population ne s'est pas trompée et se rallier à la majorité.
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  • Gilles Ouimet
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    jeudi 12 janvier 2006 23h46
    Une sortie de secours pour Mario
    Ainsi, Mario Dumont nous annonce que le Bloc québécois est devenu un boulet pour le Québec et qu'il s'apprête à voter conservateur le 23 janvier. Ce constat et cette prise de position qui nous arrivent plutôt tardivement dans la campagne montrent clairement deux choses: une méconnaissance étonnante de l'histoire récente du Québec et un opportunisme politique plutôt pathétique.

    Remontons à 1982, lors du désormais célèbre rapatriement unilatéral de la constitution canadienne contre la volonté des deux partis politiques de l'Assemblée nationale du Québec. Il y avait alors 74 députés libéraux qui étaient censés défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Que s'est-il passé ? Ils ont suivi la ligne du parti et ont tous voté contre les intérêts du Québec qui s'est retrouvé tout seul dans son coin. De mauvaise humeur, les Québécois ont ensuite voté pour les Conservateurs aux élections suivantes.

    Cela nous a tout de même donné une tentative honnête et courageuse de la part du gouvernement Mulroney pour satisfaire le Québec. Il s'agit de l'accord du Lac Meech. Cet accord, pourtant à peine au seuil de la pauvreté constitutionnelle, a pourtant été refusé. Il faut bien le dire, ce sont les libéraux qui ont torpillé l'accord. Il y avait alors une bonne majorité de députés conservateurs pour défendre les intérêts du Québec. Cependant, dans cette dynamique canadienne, est-ce que ces députés conservateurs ont réussi à empêcher le rejet de l'accord ? Ils étaient bien intentionnés mais ont-il réussi à bien défendre les intérêts du Québec ? Le Bloc québécois a justement été créé par ces députés conservateurs qui ont constaté leur impuissance à cette occasion.

    Depuis ce temps, le Bloc parle pour le Québec et agit pour le Québec et quoi qu'en pense Mario Dumont, le Bloc a probablement marqué plus souvent qu'on ne le pense parce que sa ligne de parti est celle du Québec. Le Québec, c'est 25% de la députation fédérale. Si le Bloc n'existait pas, le Québec serait défendu par 75 députés libéraux et conservateurs condamnés à suivre la ligne de leur parti respectif «from coast to coast». J'aime autant pas imaginer ce que notre gardien de but aurait l'air. Quant à notre attaque, elle serait encore plus anémique. Puisque Mario Dumont aime les comparaisons avec le hockey, on pourrait peut-être lui demander pourquoi il s'entête, dans ce pays, à évoluer à 4 contre 1 ?

    Évidemment, M. Dumont serait bien assez brillant pour comprendre cette mathématique s'il n'était pas présentement aveuglé par un opportunisme à courte vue. En politique depuis qu'il est descendu de son berceau, il ne peut s'imaginer ailleurs et présentement pour lui, ça va plutôt mal. Manifestement, il se cherche une sortie de secours. Son parti, pourtant né lors d'un autre épisode de la grande impuissance constitutionnelle canadienne (accords de Charlottetown), ne va présentement nulle part. Il faudrait peut-être lui rappeler que ces accords ont catégoriquement été rejetés par la population canadienne. Le Québec trouvait que c'était insuffisant pour lui tandis que le reste du Canada estimait que le Québec en avait trop !

    Mais Mario Dumont passe allègrement au dessus de cela et il se prépare à faire le saut dans le parti consevateur. C'est écrit dans le ciel, il s'y prépare. De toute façon, idéologiquement, il est un authentique conservateur. La conversion est pourtant tardive parce qu'il n'avait pas prévu cette performance du parti de Stephen Harper. Maintenant que ces derniers semblent vouloir franchir le seuil de la respectabilité au Québec, il se range de leur côté ce qui rend cette conversion sinon suspecte pour le moins pathétique. J'hésite entre les deux mots.

    Pour rester dans le domaine sportif, je dirais qu'aligner Mario Dumont dans notre équipe est plutôt risqué. Défensivement, il semble d'aucun secours et offensivement il apparaît plus habile pour marquer dans son propre but.

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