Délit d'initié - Une tache au dossier de M. Net?
30 décembre 2005
Canada
Photo : Agence Reuters
Ralph Goodale photographié lors de son passage devant la commission Gomery.
Ottawa — La réputation de «M. Net» qu'avait Ralph Goodale sauvera-t-elle les libéraux à l'occasion des prochaines élections ou causera-t-elle leur perte?
C'est là la grande question alors qu'un scandale de délit d'initié vient menacer les espoirs du premier ministre Paul Martin d'être réélu le 23 janvier.
De toute évidence, M. Martin se fie à la solide réputation de son ministre des Finances, qu'on a toujours dit honnête et intègre, pour réussir à désamorcer une révélation qui a eu les effets d'une bombe.
La GRC a déclaré cette semaine qu'elle avait lancé une enquête criminelle à la suite d'allégations selon lesquelles l'annonce du 23 novembre dernier de M. Goodale ayant trait aux fiducies de revenu avait fait l'objet d'une fuite. Celle-ci aurait profité aux spéculateurs dans les heures qui ont précédé l'annonce officielle.
M. Goodale «est une bonne personne, un homme honnête, a déclaré M. Martin hier. Il est une personne d'une grande intégrité et il ne remettra pas sa démission.»
En fait, M. Goodale a été un des rares membres du Parti libéral à ne pas voir sa réputation être affectée par le scandale des commandites. Il en a même bénéficié. À titre d'ancien ministre des Travaux publics qui a mis fin au programme en 2002, il a été louangé par le juge John Gomery dans son rapport publié l'automne dernier.
M. Gomery a vanté M. Goodale pour avoir mis fin «aux abus» moins de 24 heures après s'être fait confier le ministère des Travaux publics.
«Ces mesures élémentaires auraient dû être mises en pratique dès le départ», a écrit M. Gomery.
Même s'ils réclament maintenant sa démission, peu de membres des partis de l'opposition osent contredire M. Martin lorsque celui-ci vante la droiture de M. Goodale.
«J'aime bien Ralph Goodale. C'est un homme très aimable, un homme bien», a reconnu le porte-parole des conservateurs en matière de finances, Monte Solberg.
Malgré tout, les partis de l'opposition tentent de retourner la belle réputation de M. Goodale contre les libéraux. Ils affirment que les récentes révélations démontrent que la corruption est si répandue au sein du gouvernement que même le très honnête ministre des Finances n'y échappe pas.
«Je ne pense pas que cela aide tellement les libéraux quand un de leurs ministres qu'on dit parmi les plus honnêtes se retrouve mêlé à quelque chose d'aussi honteux», a affirmé M. Solberg.
La réputation d'homme droit de M. Goodale vient en partie du fait qu'il refuse de préconiser les tactiques partisanes qui sont pratique courante en politique de nos jours.
En 12 années de service au sein du conseil des ministres, l'ancien chef du Parti libéral de la Saskatchewan s'est forgé une réputation de politicien apolitique et d'homme sérieux qui adore expliquer, en long et en large, les menus détails de la vie politique.
«Devant la caméra, ce que vous voyez c'est le Ralph exubérant», a blagué son ancien conseiller David MacInnis, maintenant président de l'Association canadienne de pipelines d'énergie.
En privé, a indiqué M. MacInnis, M. Goodale est encore plus ennuyant. Il fuit souvent les événements mondains afin de continuer à étudier ses dossiers. Toutefois, on le surprend parfois à chanter dans les environs de son bureau.
M. Goodale risque de ne jamais «illuminer le monde avec son charisme», a indiqué M. MacInnis, mais il estime que sa réputation d'homme silencieusement compétent et scrupuleusement honnête lui permettra, ainsi qu'au Parti libéral, de naviguer à bon port une fois l'orage passé.
«Le fait demeure qu'il s'agit de Ralph, que les gens auront confiance qu'il fera le ménage dans tout cela», a soutenu M. MacInnis, qui reconnaît toutefois que le bureau du premier ministre a sapé la réputation de M. Goodale au cours des 18 derniers mois en le forçant à réviser plusieurs fois le budget fédéral à des fins partisanes.
C'est là la grande question alors qu'un scandale de délit d'initié vient menacer les espoirs du premier ministre Paul Martin d'être réélu le 23 janvier.
De toute évidence, M. Martin se fie à la solide réputation de son ministre des Finances, qu'on a toujours dit honnête et intègre, pour réussir à désamorcer une révélation qui a eu les effets d'une bombe.
La GRC a déclaré cette semaine qu'elle avait lancé une enquête criminelle à la suite d'allégations selon lesquelles l'annonce du 23 novembre dernier de M. Goodale ayant trait aux fiducies de revenu avait fait l'objet d'une fuite. Celle-ci aurait profité aux spéculateurs dans les heures qui ont précédé l'annonce officielle.
M. Goodale «est une bonne personne, un homme honnête, a déclaré M. Martin hier. Il est une personne d'une grande intégrité et il ne remettra pas sa démission.»
En fait, M. Goodale a été un des rares membres du Parti libéral à ne pas voir sa réputation être affectée par le scandale des commandites. Il en a même bénéficié. À titre d'ancien ministre des Travaux publics qui a mis fin au programme en 2002, il a été louangé par le juge John Gomery dans son rapport publié l'automne dernier.
M. Gomery a vanté M. Goodale pour avoir mis fin «aux abus» moins de 24 heures après s'être fait confier le ministère des Travaux publics.
«Ces mesures élémentaires auraient dû être mises en pratique dès le départ», a écrit M. Gomery.
Même s'ils réclament maintenant sa démission, peu de membres des partis de l'opposition osent contredire M. Martin lorsque celui-ci vante la droiture de M. Goodale.
«J'aime bien Ralph Goodale. C'est un homme très aimable, un homme bien», a reconnu le porte-parole des conservateurs en matière de finances, Monte Solberg.
Malgré tout, les partis de l'opposition tentent de retourner la belle réputation de M. Goodale contre les libéraux. Ils affirment que les récentes révélations démontrent que la corruption est si répandue au sein du gouvernement que même le très honnête ministre des Finances n'y échappe pas.
«Je ne pense pas que cela aide tellement les libéraux quand un de leurs ministres qu'on dit parmi les plus honnêtes se retrouve mêlé à quelque chose d'aussi honteux», a affirmé M. Solberg.
La réputation d'homme droit de M. Goodale vient en partie du fait qu'il refuse de préconiser les tactiques partisanes qui sont pratique courante en politique de nos jours.
En 12 années de service au sein du conseil des ministres, l'ancien chef du Parti libéral de la Saskatchewan s'est forgé une réputation de politicien apolitique et d'homme sérieux qui adore expliquer, en long et en large, les menus détails de la vie politique.
«Devant la caméra, ce que vous voyez c'est le Ralph exubérant», a blagué son ancien conseiller David MacInnis, maintenant président de l'Association canadienne de pipelines d'énergie.
En privé, a indiqué M. MacInnis, M. Goodale est encore plus ennuyant. Il fuit souvent les événements mondains afin de continuer à étudier ses dossiers. Toutefois, on le surprend parfois à chanter dans les environs de son bureau.
M. Goodale risque de ne jamais «illuminer le monde avec son charisme», a indiqué M. MacInnis, mais il estime que sa réputation d'homme silencieusement compétent et scrupuleusement honnête lui permettra, ainsi qu'au Parti libéral, de naviguer à bon port une fois l'orage passé.
«Le fait demeure qu'il s'agit de Ralph, que les gens auront confiance qu'il fera le ménage dans tout cela», a soutenu M. MacInnis, qui reconnaît toutefois que le bureau du premier ministre a sapé la réputation de M. Goodale au cours des 18 derniers mois en le forçant à réviser plusieurs fois le budget fédéral à des fins partisanes.
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