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Le gouvernement central n'est pas qu'un percepteur de taxes

Aux promesses d'ouverture de Stephen Harper, Paul Martin oppose son propre bilan au Québec

21 décembre 2005  Canada
Le chef libéral Paul Martin a visité une ferme familiale à Buxton Nord, en Ontario, hier. Le chef libéral a dû commenter les déclarations de son homologue québécois, Jean Charest, qui a dit apprécier un certain nombre d’engagements du chef con
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral Paul Martin a visité une ferme familiale à Buxton Nord, en Ontario, hier. Le chef libéral a dû commenter les déclarations de son homologue québécois, Jean Charest, qui a dit apprécier un certain nombre d’engagements du chef con
Buxton Nord — Au premier ministre du Québec Jean Charest, qui estime que certains engagements du chef conservateur, Stephen Harper, vont dans le sens des demandes du Québec, le chef libéral Paul Martin réplique que le bilan de son propre gouvernement parle de lui-même.

«Nous, on a un bilan très, très fort», a-t-il martelé hier, alors qu'il faisait campagne dans une ferme à Buxton Nord, en Ontario.

Dans le cadre d'entrevues qu'il accorde pour la fin de l'année, le premier ministre du Québec s'est montré intéressé par certains engagements du chef conservateur, Stephen Harper.

M. Charest a dit y voir «un signe encourageant», ajoutant que certains engagements vont «dans le sens des demandes du Québec», notamment son intention de corriger le déséquilibre fiscal et sa volonté de reconnaître les responsabilités culturelles et institutionnelles «spéciales» du Québec sur la scène internationale.

M. Martin a toutefois repoussé l'approche dite d'ouverture tel que prônée par Stephen Harper, jugeant que celle-ci ne ferait qu'affaiblir le gouvernement fédéral et le réduirait à un rôle de percepteur d'impôts et de taxes.

«Je crois dans un fédéralisme ouvert et flexible. On a besoin d'un Québec fort; on a besoin de provinces fortes, mais on a aussi besoin d'un gouvernement canadien fort. M. Harper, lui, veut réduire le rôle du gouvernement fédéral à celui d'un percepteur de taxes. Ce n'est pas de cette façon qu'on construit un pays à la hauteur de nos attentes. Et ce n'est certainement pas de cette façon qu'on va construire un Canada qui réussit», a-t-il plaidé.

Faisant référence aux affirmations de M. Harper, lundi à Québec, M. Martin a dit ne pas avoir besoin de se lancer dans de grandes déclarations, jugeant que les ententes signées avec les provinces, dont le Québec, parlent d'elles-mêmes. Il a cité les ententes Ottawa-Québec sur les services de garde, sur le financement de la santé, sur les congés parentaux, notamment.

M. Martin a souligné à M. Charest que M. Harper, au contraire, veut «déchirer» l'entente sur les services de garde conclue avec le Québec, et ce après un an. «Ça, ça veut dire que le Québec va perdre un milliard de dollars sur les prochains cinq ans, a dénoncé M. Martin. Et M. Harper a dit qu'il voulait imposer des points de repère aux provinces dans la santé.»

De passage aux Escoumins, sur la Côte-Nord, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a contesté l'analyse du chef libéral.

«Si M. Martin trouve que ce sont de bonnes relations, j'aimerais savoir ce que sont de mauvaises relations», a-t-il dit avec ironie.

Rencontre sur l'éducation

Par ailleurs, M. Martin s'est montré ouvert à la demande du président du Conseil de la fédération et premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein, qui avait entre autres sollicité une rencontre avec le gouvernement fédéral sur le dossier de l'éducation.

M. Martin a toutefois souligné qu'il ne serait pas prêt à rencontrer les provinces avant que des travaux préparatoires à ce sujet soient complétés.

Agriculture

Sur un autre plan, M. Martin a profité de sa visite d'une ferme familiale à Buxton Nord pour annoncer qu'il reverrait son «cadre stratégique pour l'agriculture» afin d'y ajouter des incitatifs écologiques et de mieux financer l'expansion des exportations.

Entre autres, il compte établir une norme nationale sur les carburants renouvelables qui exigera un minimum de 5 % de biocarburants dans l'essence et le diesel, et ce d'ici 2010.

M. Martin a dit avoir modifié certains aspects de son «cadre stratégique» pour plaire aux agriculteurs, qui se plaignaient non pas des principes de ce plan, mais de la lenteur de l'octroi de l'aide financière.
 
 
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