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La réponse libérale au fédéralisme souple des conservateurs - Martin plaide en faveur d'un Canada fort

20 décembre 2005  Canada
Cambridge — À Stephen Harper qui dit vouloir pratiquer un nouveau fédéralisme d'ouverture, régler la question du déséquilibre fiscal et faire plus de place au Québec sur la scène internationale, à l'UNESCO, le chef libéral Paul Martin réplique qu'il ne faut pas affaiblir le gouvernement du Canada.

«Nous sommes un pays et nous ne bâtirons pas un Canada fort en affaiblissant le gouvernement fédéral», s'est-il exclamé hier alors qu'il faisait campagne à Cambridge, dans le sud de l'Ontario.

L'idée de faire de la place au Québec dans les forums internationaux comme l'UNESCO ne le séduit guère.

«Le Canada doit parler avec une voix à l'international. Le Canada ne parle pas avec plusieurs voix», pas deux voix et pas dix, a-t-il martelé, arguant que cela venait de porter fruit lors des discussions sur l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce à Hong-Kong.

M. Martin s'est dit prêt, néanmoins, à ce que les provinces soient «consultées».

Il ne croit pas non plus que le temps soit venu d'enclencher de nouvelles discussions constitutionnelles pour permettre au Québec d'intégrer la Constitution canadienne. Cela doit être fait «quand les circonstances le permettront», a-t-il indiqué en anglais.

«Je ne veux pas m'engager dans des discussions constitutionnelles qui ne réussiront pas», a-t-il lancé en anglais. Les priorités des Canadiens, dit-il, sont ailleurs; elles portent sur la santé et l'économie.

Déséquilibre fiscal

Le chef conservateur Stephen Harper s'est aussi dit prêt à régler à long terme la question du déséquilibre fiscal, une revendication chère au Québec.

Il a proposé de convoquer les premiers ministres des provinces à une rencontre dès après l'élection du 23 janvier, s'il est élu. Il n'a toutefois pas précisé par quels moyens il pensait pouvoir corriger ce déséquilibre entre le gouvernement fédéral et les provinces: transfert de points d'impôt, paiement en espèces ou autre.

Le chef libéral a répliqué que si l'on peut parler aujourd'hui de déséquilibre fiscal, c'est parce que le gouvernement canadien affiche des excédents budgétaires, ce qui n'était pas le cas il y a 10 ans à peine.

M. Martin a ensuite souligné qu'il avait déjà versé de l'argent aux provinces pour les services de garde et aux municipalités pour leurs infrastructures.

Il a ajouté qu'il s'était déjà engagé à ce sujet en déposant un projet de loi sur les excédents budgétaires, qui prévoit la façon dont d'éventuels «surplus» imprévus pourraient être distribués. Le tiers de tout excédent serait consacré à la réduction de la dette, le tiers aux baisses d'impôt et le tiers aux dépenses. Et ce dernier tiers, «ça pourrait être des transferts aux provinces, ça pourrait être des transferts aux individus» ou une augmentation de certaines dépenses, a-t-il précisé. «C'est ça ma réponse à M. Harper.»

M. Martin a aussi repoussé l'invitation du chef bloquiste Gilles Duceppe, qui voulait débattre en tête-à-tête de questions d'intérêt pour les Québécois.

«On a déjà eu deux occasions d'avoir un débat; il va y avoir deux occasions dans le mois de janvier», a répliqué M. Martin, ajoutant qu'il pouvait à ces occasions discuter de divers sujets.

En campagne électorale en Ontario, à Cambridge, M. Martin a visité une usine de fabrication de meubles en bois — sans la présence des travailleurs. L'entreprise Galt fabrique l'armature des chaises de la Chambre des communes, entre autres.

À cette occasion, M. Martin a annoncé qu'il ferait passer de 500 000 $ à 750 000 $ l'exonération à vie d'impôt sur les gains en capital pour les petites entreprises.

Cette mesure, a expliqué M. Martin, doit permettre à de petits entrepreneurs de vendre à profit des parts dans une société — qui doit être admissible — tout en ne payant pas d'impôt sur la première tranche de 750 000 $.






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