Duceppe et Martin se démarquent
La formule du débat a largement limité les dérapages
Photo : Agence Reuters
L’atmosphère était détendue avant le premier débat hier soir.
Vancouver — Le premier débat des chefs en français diffusé hier soir en direct de Vancouver aura permis, sans surprise, à Gilles Duceppe et Paul Martin de se démarquer auprès de l’électorat, eux qui ont ouvert les hostilités visiblement en grande forme. Le chef bloquiste a été aussi efficace qu’en 2004, maîtrisant ses dossiers sur le bout des doigts, alors que le leader libéral paraissait confiant et sûr de lui. Aucun coup de grâce n’a toutefois été asséné, la nouvelle formule du débat, qui ne permet pas les interactions directes entre les chefs, ayant largement limité les dérapages et les attaques.
N’empêche, chaque leader avait manifestement bien affilé ses arguments. Aucun chef ne voulait concéder un pouce d’avance à ses opposants dans ce qui se dessine comme le dernier point fort de la campagne avant la relâche des Fêtes. À la fin de la soirée, tous considéraient d’ailleurs avoir bien fait et marqué des points auprès de le population.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était le premier à s’exécuter hier. Dans son allocution d’ouverture d’une minute, ce dernier a soutenu que le pays est avant tout en élections «à cause d’un scandale» et d’un gouvernement qui a «perdu l’autorité morale pour gouverner». Il a affirmé que le Parti libéral avait tenté «d’acheter la conscience des québécois» avec le programme des commandites. Gilles Duceppe a rappelé que la campagne en cours «n’était pas référendaire, contrairement à ce que veux nous faire croire Paul Martin. Il s’agit d’une élection fédérale».
Le leader libéral Paul Martin a ensuite pris le relais, affirmant quant à lui que Gilles Duceppe et ses troupes voulaient enclencher «le processus qui mène à un autre référendum sur la souveraineté». Il a terminé son allocution en soutenant que l’unité du pays était le meilleur moyen de conserver «la stabilité économique».
De son côté, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a enjoint les électeurs à «changer de gouvernement pour faire le vrai ménage à Ottawa». Rappelant ses promesses sur la TPS et l’aide aux familles, il a soutenu que son gouvernement s’attaquerait «aux vraies priorités» des citoyens. Jack Layton, le chef du NPD, a fermé la marche des introductions, déclarant d’entrée de jeu que «le NPD est là pour vous» et qu’il l’avait prouvé au cours des derniers mois en «essayant de faire fonctionner ce Parlement», a-t-il dit.
Tout au long du débat, les chefs ont martelé leurs thèmes forts. Stephen Harper a rappelé à chaque intervention ses promesses de crédits d’impôt divers et de réduction de la TPS, soutenant que les libéraux avaient échoué dans plusieurs domaines depuis 12 ans, notamment le règlement du déséquilibre fiscal, alors que le Bloc québécois «ne peut rien changer».
Le chef libéral n’a pas manqué une occasion de souligner son bilan tout en insistant sur le fait que l’économie se porte à merveille. Paul Martin a plaidé pour un fédéralisme flexible et a soutenu que les nombreuses ententes entre Québec et Ottawa, notamment sur la santé et la péréquation, sont une preuve que cela fonctionne.
Gilles Duceppe maîtrisait ses dossiers sur le bout des doigts hier, pouvant évoquer avec agilité les problèmes dans l’industrie du bois d’oeuvre et enchaîner sur l’aide pour les soins à domicile sans aucune difficulté. Jack Layton a beaucoup mieux paru qu’en 2004, alors que la formule sans confrontation l’avantageait. Il a reproché à Paul Martin et Stephen Harper de favoriser les grandes entreprises au détriment des citoyens, qui ont des besoins en éducation et en santé.
Le premier thème du débat a porté sur l’éthique et la gouvernance et a forcé les chefs à parler du déclenchement précipité des élections. Comme les autres questions préenregistrée, celle-ci est venu du public. Dans une phrase assassine, Gilles Duceppe a soutenu que «la corruption coûte plus cher que des élections». Paul Martin a quant à lui soutenu qu’il n’avait rien à cacher dans cette élection, la preuve étant qu’il a lui-même créé la commission Gomery. Le chef du NPD a rappelé que les chefs de l’opposition avait offert un compromis à Paul Martin pour déclencher des élections seulement en janvier. Une proposition rejetée par les libéraux. Stephen Harper a affirmé qu’il ne pouvait plus appuyer plus longtemps un parti corrompu. «Les gens ont aujourd’hui la chance de s’exprimer», a-t-il dit.
Une question sur le système de santé a donné l’occasion à tous les chefs de faire une profession de foi envers un réseau public et universel. Stephen Harper a toutefois soutenu que l’important était que les gens ne payent rien de leur poche, peu importe qui donne le service, alors qu’à l’opposé, Jack Layton a affirmé que les libéraux ont ouvert la porte à une privatisation sans précédent du système. Paul Martin a quant à lui rappelé que l’entente sur la santé conclue à l’automne 2004 avait procuré 41 milliards de dollars sur 10 ans aux provinces et que c’était un bon pas en avant. Le chef bloquiste a rappelé que la santé était de compétence provinciale et qu’Ottawa devait transférer l’argent sans condition, la meilleure manière de régler les problèmes selon lui.
Les chefs libéraux et conservateurs ont pu contraster leurs positions dans le domaine des services de gardes, mais c’est une question sur les mariages gais qui a retenu l’attention de ce segment. Que feriez-vous si votre fils était gai? a demandé un citoyen. «Notre devoir de parent est d’aimer nos enfants et j’aimerai les miens toute ma vie», a répondu Stephen Harper, qui a néanmoins réitéré qu’un vote libre aux Communes se tiendrait sur la question des mariages gais s’il était élu. «Brian Mulroney a tenu des votes libres au Parlement sur des questions beaucoup plus controversées, comme l’avortement et la peine de mort et la démocratie a survécu», a-t-il dit. L’occasion était alors belle pour Paul Martin de rappeler à quel point il tenait à la Charte des droits et libertés.
Finalement, le thème de l’unité nationale, pourtant un segment potentiellement explosif, n’a pas suscité de grands échanges, la formule du débat ayant là encore limité les élans de chacun. À une question qui demandait quoi faire pour réintégrer le Québec dans la constitution canadienne, tous les chefs ont montré leur peu d’appétit pour une nouvelle ronde constitutionnelle.
Paul Martin a affirmé que le statu quo n’était pas acceptable et c’est pourquoi il cherche à faire évoluer le fédéralisme. «Il faut respecter la place du Québec dans le Canada», a-t-il dit. La réplique de Gilles Duceppe n’a pas tardé. «Si l’Ontario avait dit non en 1982 jamais les autres provinces n’auraient signé. On a isolé le Québec», a-t-il dit, soutenant qu’il était temps que le Canada et le Québec se parlent «de pays à pays».
N’empêche, chaque leader avait manifestement bien affilé ses arguments. Aucun chef ne voulait concéder un pouce d’avance à ses opposants dans ce qui se dessine comme le dernier point fort de la campagne avant la relâche des Fêtes. À la fin de la soirée, tous considéraient d’ailleurs avoir bien fait et marqué des points auprès de le population.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était le premier à s’exécuter hier. Dans son allocution d’ouverture d’une minute, ce dernier a soutenu que le pays est avant tout en élections «à cause d’un scandale» et d’un gouvernement qui a «perdu l’autorité morale pour gouverner». Il a affirmé que le Parti libéral avait tenté «d’acheter la conscience des québécois» avec le programme des commandites. Gilles Duceppe a rappelé que la campagne en cours «n’était pas référendaire, contrairement à ce que veux nous faire croire Paul Martin. Il s’agit d’une élection fédérale».
Le leader libéral Paul Martin a ensuite pris le relais, affirmant quant à lui que Gilles Duceppe et ses troupes voulaient enclencher «le processus qui mène à un autre référendum sur la souveraineté». Il a terminé son allocution en soutenant que l’unité du pays était le meilleur moyen de conserver «la stabilité économique».
De son côté, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a enjoint les électeurs à «changer de gouvernement pour faire le vrai ménage à Ottawa». Rappelant ses promesses sur la TPS et l’aide aux familles, il a soutenu que son gouvernement s’attaquerait «aux vraies priorités» des citoyens. Jack Layton, le chef du NPD, a fermé la marche des introductions, déclarant d’entrée de jeu que «le NPD est là pour vous» et qu’il l’avait prouvé au cours des derniers mois en «essayant de faire fonctionner ce Parlement», a-t-il dit.
Tout au long du débat, les chefs ont martelé leurs thèmes forts. Stephen Harper a rappelé à chaque intervention ses promesses de crédits d’impôt divers et de réduction de la TPS, soutenant que les libéraux avaient échoué dans plusieurs domaines depuis 12 ans, notamment le règlement du déséquilibre fiscal, alors que le Bloc québécois «ne peut rien changer».
Le chef libéral n’a pas manqué une occasion de souligner son bilan tout en insistant sur le fait que l’économie se porte à merveille. Paul Martin a plaidé pour un fédéralisme flexible et a soutenu que les nombreuses ententes entre Québec et Ottawa, notamment sur la santé et la péréquation, sont une preuve que cela fonctionne.
Gilles Duceppe maîtrisait ses dossiers sur le bout des doigts hier, pouvant évoquer avec agilité les problèmes dans l’industrie du bois d’oeuvre et enchaîner sur l’aide pour les soins à domicile sans aucune difficulté. Jack Layton a beaucoup mieux paru qu’en 2004, alors que la formule sans confrontation l’avantageait. Il a reproché à Paul Martin et Stephen Harper de favoriser les grandes entreprises au détriment des citoyens, qui ont des besoins en éducation et en santé.
Le premier thème du débat a porté sur l’éthique et la gouvernance et a forcé les chefs à parler du déclenchement précipité des élections. Comme les autres questions préenregistrée, celle-ci est venu du public. Dans une phrase assassine, Gilles Duceppe a soutenu que «la corruption coûte plus cher que des élections». Paul Martin a quant à lui soutenu qu’il n’avait rien à cacher dans cette élection, la preuve étant qu’il a lui-même créé la commission Gomery. Le chef du NPD a rappelé que les chefs de l’opposition avait offert un compromis à Paul Martin pour déclencher des élections seulement en janvier. Une proposition rejetée par les libéraux. Stephen Harper a affirmé qu’il ne pouvait plus appuyer plus longtemps un parti corrompu. «Les gens ont aujourd’hui la chance de s’exprimer», a-t-il dit.
Une question sur le système de santé a donné l’occasion à tous les chefs de faire une profession de foi envers un réseau public et universel. Stephen Harper a toutefois soutenu que l’important était que les gens ne payent rien de leur poche, peu importe qui donne le service, alors qu’à l’opposé, Jack Layton a affirmé que les libéraux ont ouvert la porte à une privatisation sans précédent du système. Paul Martin a quant à lui rappelé que l’entente sur la santé conclue à l’automne 2004 avait procuré 41 milliards de dollars sur 10 ans aux provinces et que c’était un bon pas en avant. Le chef bloquiste a rappelé que la santé était de compétence provinciale et qu’Ottawa devait transférer l’argent sans condition, la meilleure manière de régler les problèmes selon lui.
Les chefs libéraux et conservateurs ont pu contraster leurs positions dans le domaine des services de gardes, mais c’est une question sur les mariages gais qui a retenu l’attention de ce segment. Que feriez-vous si votre fils était gai? a demandé un citoyen. «Notre devoir de parent est d’aimer nos enfants et j’aimerai les miens toute ma vie», a répondu Stephen Harper, qui a néanmoins réitéré qu’un vote libre aux Communes se tiendrait sur la question des mariages gais s’il était élu. «Brian Mulroney a tenu des votes libres au Parlement sur des questions beaucoup plus controversées, comme l’avortement et la peine de mort et la démocratie a survécu», a-t-il dit. L’occasion était alors belle pour Paul Martin de rappeler à quel point il tenait à la Charte des droits et libertés.
Finalement, le thème de l’unité nationale, pourtant un segment potentiellement explosif, n’a pas suscité de grands échanges, la formule du débat ayant là encore limité les élans de chacun. À une question qui demandait quoi faire pour réintégrer le Québec dans la constitution canadienne, tous les chefs ont montré leur peu d’appétit pour une nouvelle ronde constitutionnelle.
Paul Martin a affirmé que le statu quo n’était pas acceptable et c’est pourquoi il cherche à faire évoluer le fédéralisme. «Il faut respecter la place du Québec dans le Canada», a-t-il dit. La réplique de Gilles Duceppe n’a pas tardé. «Si l’Ontario avait dit non en 1982 jamais les autres provinces n’auraient signé. On a isolé le Québec», a-t-il dit, soutenant qu’il était temps que le Canada et le Québec se parlent «de pays à pays».
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