Washington reproche à Martin de faire campagne sur son dos
Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur au Canada, ont fait de sévères remontrances au premier ministre canadien Paul Martin hier en accusant ce dernier de mener sa campagne sur le dos des États-Unis. La critique n'a pas eu l'heur d'émouvoir le chef libéral, qui a saisi l'occasion pour se présenter une nouvelle fois comme un défenseur de la souveraineté canadienne.
Au cours d'une allocution devant le Canadian Club à Ottawa hier, l'ambassadeur américain David Wilkins a fait état de la profonde irritation de l'administration Bush devant les pointes que lui a lancées récemment le premier ministre Paul Martin.
«Il peut sembler astucieux sur le plan politique, en année électorale, de bomber le torse et de critiquer son ami et principal partenaire commercial. Mais c'est un terrain glissant. Nous devons tous espérer que cela n'aura pas d'effet à long terme sur les relations [canado-américaines]», a lancé l'ambassadeur Wilkins, allant même jusqu'à qualifier cette attitude de «toxique».
L'ambassadeur, qui est un proche du président américain George W. Bush, a ajouté qu'aux «dernières nouvelles, le nom des États-Unis ne figurait pas sur le bulletin de vote du 23 janvier».
S'il ne le nommait pas, il ne faisait pas de doute que l'ambassadeur visait directement le premier ministre Paul Martin, qui a fait monter d'un cran la tension déjà bien vive entre le Canada et les États-Unis la semaine dernière en dénonçant la position américaine sur les changements climatiques.
Sur ce sujet, M. Wilkins a rendu la monnaie de sa pièce au premier ministre canadien, notant que les États-Unis affichaient un bilan nettement meilleur que celui du Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre. «Je soumets respectueusement à votre attention qu'en matière de "conscience globale", les États-Unis font leur bout de chemin», a déclaré l'ambassadeur.
L'épisode de la semaine dernière sur les changements climatiques vient s'ajouter à la liste de plus en plus longue des différends entre le gouvernement Martin et le voisin du Sud. En février dernier, Ottawa avait annoncé son refus définitif de participer au bouclier antimissile proposé par les Américains. En octobre, le gouvernement de Paul Martin avait menacé Washington de fermer les valves du pétrole canadien si les États-Unis ne pliaient pas dans le litige sur le bois d'oeuvre, allant même jusqu'à explorer la possibilité de trouver des débouchés chinois pour le pétrole canadien.
En ce qui a trait au bois d'oeuvre, l'ambassadeur a souligné que l'administration américaine avait réduit de moitié ses droits de douane sur le bois canadien la semaine dernière.
Martin «défend le pays»
Le premier ministre Paul Martin a accueilli les propos de l'ambassadeur avec un sourire amusé, s'empressant de jeter de nouveau de l'huile sur le feu. «J'ai raison sur le bois d'oeuvre, j'ai raison sur les changements climatiques, et que personne ne vienne me dire que je ne devrais pas défendre mon pays, je vais le faire», a-t-il lancé sur un ton catégorique alors qu'il faisait campagne en Colombie-Britannique.
Il a nié prendre pour cible les États-Unis dans le cadre de sa stratégie électorale. «Lorsqu'on a des amis, on a beaucoup de choses en commun. Mais on peut avoir des désaccords avec nos amis et c'est le rôle du premier ministre du Canada de défendre les intérêts et les valeurs du Canada. Que nos amis n'aiment pas ce qu'on dit, bien, c'est la vie», a fait valoir M. Martin, qui avait pourtant fait du rapprochement avec les États-Unis un des thèmes de sa course au leadership.
N'empêche, depuis le début de la campagne, il ne manque pas une occasion de casser du sucre sur le dos du pays de l'oncle Sam. En plus de les citer parmi les deux pays «récalcitrants» en ce qui concerne le dossier sur les changements climatiques et de s'afficher au côté de l'ex-président Bill Clinton, M. Martin a accusé les États-Unis d'être en partie responsables de la flambée de crimes violents au pays en raison de la contrebande d'armes de poing. Il rappelle systématiquement que le Canada a dit non au bouclier antimissile et refusé de prendre part à la guerre en Irak.
De plus, la controversée publicité qui parodie la Ligue nationale d'improvisation met en scène une membre de l'équipe libérale qui déclare: «On va avoir une politique étrangère différente des États-Unis.»
S'il prend ses distances de l'administration Bush, le chef libéral essaie de peindre son adversaire Stephen Harper aux couleurs de la Maison-Blanche.
«Si la thèse, qui est la thèse de M. Harper, c'est que la seule façon d'avoir de bonnes relations avec les États-Unis c'est de tout concéder aux États-Unis, je n'accepte pas ça du tout», a-t-il martelé.
Depuis la dernière campagne électorale, alors que le sujet du bouclier antimissile avait été largement discuté, Stephen Harper tente de se départir de l'image de politicien favorable aux États-Unis. La semaine dernière, une chronique parue dans un journal conservateur américain, le Washington Times, le décrivait encore comme le «politicien le plus proaméricain en Occident», soulignant que son élection serait un «cadeau de Noël» pour le président Bush.
Alors que les relations canado-américaines reviennent à l'avant-plan de la bataille électorale, M. Harper a minimisé hier l'importance de cet article, notant qu'il s'agissait de l'opinion d'un seul individu.
Le chef du Bloc québécois a quant à lui invité les électeurs à ne pas se laisser bercer par les beaux discours de Paul Martin qui affichent une fermeté à l'égard des États-Unis. «Paul Martin, trop souvent, ne joint pas le geste à la parole. C'est-à-dire qu'il préfère dénoncer et moi, je pense qu'on devrait moins dénoncer et plutôt agir», a déclaré Gilles Duceppe, ajoutant que si M. Martin était «cohérent», il y a longtemps que l'industrie du bois d'oeuvre aurait eu des garanties de prêt.
Avec la Presse canadienne
Au cours d'une allocution devant le Canadian Club à Ottawa hier, l'ambassadeur américain David Wilkins a fait état de la profonde irritation de l'administration Bush devant les pointes que lui a lancées récemment le premier ministre Paul Martin.
«Il peut sembler astucieux sur le plan politique, en année électorale, de bomber le torse et de critiquer son ami et principal partenaire commercial. Mais c'est un terrain glissant. Nous devons tous espérer que cela n'aura pas d'effet à long terme sur les relations [canado-américaines]», a lancé l'ambassadeur Wilkins, allant même jusqu'à qualifier cette attitude de «toxique».
L'ambassadeur, qui est un proche du président américain George W. Bush, a ajouté qu'aux «dernières nouvelles, le nom des États-Unis ne figurait pas sur le bulletin de vote du 23 janvier».
S'il ne le nommait pas, il ne faisait pas de doute que l'ambassadeur visait directement le premier ministre Paul Martin, qui a fait monter d'un cran la tension déjà bien vive entre le Canada et les États-Unis la semaine dernière en dénonçant la position américaine sur les changements climatiques.
Sur ce sujet, M. Wilkins a rendu la monnaie de sa pièce au premier ministre canadien, notant que les États-Unis affichaient un bilan nettement meilleur que celui du Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre. «Je soumets respectueusement à votre attention qu'en matière de "conscience globale", les États-Unis font leur bout de chemin», a déclaré l'ambassadeur.
L'épisode de la semaine dernière sur les changements climatiques vient s'ajouter à la liste de plus en plus longue des différends entre le gouvernement Martin et le voisin du Sud. En février dernier, Ottawa avait annoncé son refus définitif de participer au bouclier antimissile proposé par les Américains. En octobre, le gouvernement de Paul Martin avait menacé Washington de fermer les valves du pétrole canadien si les États-Unis ne pliaient pas dans le litige sur le bois d'oeuvre, allant même jusqu'à explorer la possibilité de trouver des débouchés chinois pour le pétrole canadien.
En ce qui a trait au bois d'oeuvre, l'ambassadeur a souligné que l'administration américaine avait réduit de moitié ses droits de douane sur le bois canadien la semaine dernière.
Martin «défend le pays»
Le premier ministre Paul Martin a accueilli les propos de l'ambassadeur avec un sourire amusé, s'empressant de jeter de nouveau de l'huile sur le feu. «J'ai raison sur le bois d'oeuvre, j'ai raison sur les changements climatiques, et que personne ne vienne me dire que je ne devrais pas défendre mon pays, je vais le faire», a-t-il lancé sur un ton catégorique alors qu'il faisait campagne en Colombie-Britannique.
Il a nié prendre pour cible les États-Unis dans le cadre de sa stratégie électorale. «Lorsqu'on a des amis, on a beaucoup de choses en commun. Mais on peut avoir des désaccords avec nos amis et c'est le rôle du premier ministre du Canada de défendre les intérêts et les valeurs du Canada. Que nos amis n'aiment pas ce qu'on dit, bien, c'est la vie», a fait valoir M. Martin, qui avait pourtant fait du rapprochement avec les États-Unis un des thèmes de sa course au leadership.
N'empêche, depuis le début de la campagne, il ne manque pas une occasion de casser du sucre sur le dos du pays de l'oncle Sam. En plus de les citer parmi les deux pays «récalcitrants» en ce qui concerne le dossier sur les changements climatiques et de s'afficher au côté de l'ex-président Bill Clinton, M. Martin a accusé les États-Unis d'être en partie responsables de la flambée de crimes violents au pays en raison de la contrebande d'armes de poing. Il rappelle systématiquement que le Canada a dit non au bouclier antimissile et refusé de prendre part à la guerre en Irak.
De plus, la controversée publicité qui parodie la Ligue nationale d'improvisation met en scène une membre de l'équipe libérale qui déclare: «On va avoir une politique étrangère différente des États-Unis.»
S'il prend ses distances de l'administration Bush, le chef libéral essaie de peindre son adversaire Stephen Harper aux couleurs de la Maison-Blanche.
«Si la thèse, qui est la thèse de M. Harper, c'est que la seule façon d'avoir de bonnes relations avec les États-Unis c'est de tout concéder aux États-Unis, je n'accepte pas ça du tout», a-t-il martelé.
Depuis la dernière campagne électorale, alors que le sujet du bouclier antimissile avait été largement discuté, Stephen Harper tente de se départir de l'image de politicien favorable aux États-Unis. La semaine dernière, une chronique parue dans un journal conservateur américain, le Washington Times, le décrivait encore comme le «politicien le plus proaméricain en Occident», soulignant que son élection serait un «cadeau de Noël» pour le président Bush.
Alors que les relations canado-américaines reviennent à l'avant-plan de la bataille électorale, M. Harper a minimisé hier l'importance de cet article, notant qu'il s'agissait de l'opinion d'un seul individu.
Le chef du Bloc québécois a quant à lui invité les électeurs à ne pas se laisser bercer par les beaux discours de Paul Martin qui affichent une fermeté à l'égard des États-Unis. «Paul Martin, trop souvent, ne joint pas le geste à la parole. C'est-à-dire qu'il préfère dénoncer et moi, je pense qu'on devrait moins dénoncer et plutôt agir», a déclaré Gilles Duceppe, ajoutant que si M. Martin était «cohérent», il y a longtemps que l'industrie du bois d'oeuvre aurait eu des garanties de prêt.
Avec la Presse canadienne
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