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Layton se pose en défenseur du système de santé

14 décembre 2005  Canada
Regina — Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, s'est porté à la défense du système public de santé, hier, accusant ses adversaires libéraux et conservateurs ainsi que plusieurs premiers ministres provinciaux, dont Jean Charest, de vouloir saboter l'assurance maladie.

M. Layton a affirmé qu'ils étaient tous sur la même longueur d'onde pour encourager la privatisation: le premier ministre Paul Martin, le chef conservateur Stephen Harper, de même que les premiers ministres provinciaux Ralph Klein et Jean Charest.

«Ils veulent ouvrir les portes du système de santé du Canada aux profiteurs, a déclaré M. Layton. Ils savent que c'est la dernière chose que souhaitent les Canadiens. Alors, plutôt que d'être honnêtes concernant leurs intentions, ils ont tenté en douce d'atteindre leurs objectifs.»

Le chef néo-démocrate a réclamé une nouvelle loi qui interdirait le recours au financement fédéral pour couvrir les salaires ou les coûts des médecins pratiquant au sein d'un nouveau régime privé.

La porte a été ouverte à un tel système par une décision de la Cour suprême, qui a conclu qu'un patient du Québec devrait avoir le droit de contracter une assurance privée pour couvrir les frais d'une chirurgie, dans l'éventualité où le délai de traitement est déraisonnablement long dans le réseau public.

En Alberta, le gouvernement de M. Klein examine actuellement la possibilité que l'assurance privée permette de réduire les listes d'attente dans le cas de certaines chirurgies, comme le remplacement de la hanche et du genou.

Hier, Shirley Douglas, fille du fondateur du régime d'assurance maladie Tommy Douglas, accompagnait M. Layton alors qu'il prenait la parole au bureau provincial du NPD, devant un portrait de son père décédé. M. Douglas avait averti les Canadiens de ne pas adhérer à aucun système mixte.

«Soit on veut un système à paiement unique dans ce pays, soit on veut un système de soins à l'américaine, a dit Mme Douglas. Il ne faut pas avoir l'illusion qu'un entre-deux est possible. Je dis aux gens de ce pays: si vous êtes prêts à en subir les contrecoups, il suffit de continuer tout droit. Mais il faut que vous sachiez à quoi vous vous exposez. Ne laissez personne vous dire que vous pouvez avoir un système parallèle qui continuera de vous donner des soins adéquats, parce que c'est impossible.»

M. Layton veut aussi forcer les provinces à prouver qu'elles affectent les fonds fédéraux exclusivement au régime public de santé.

Ces demandes ne sont pas nouvelles — elles sont au nombre des conditions que les libéraux ont refusé d'accepter pour que les néo-démocrates appuient leur gouvernement minoritaire.

M. Layton s'est fait demander s'il lancerait le même ultimatum à un autre gouvernement minoritaire, après le vote du 23 janvier prochain, ce qui pourrait entraîner un nouveau déclenchement d'élections.

«Nous ne devrions pas voir d'autres élections — nous devrions protéger notre système public et nous avons établi précisément comment y parvenir, a-t-il dit. M. Martin refuse de passer à l'action. Cela devra changer.»

Le ministre fédéral de la Santé, Ujjal Dosanjh, a affirmé que les propositions de M. Layton étaient l'équivalent de brouillons griffonnés «au dos d'une serviette de table».

Pour arrêter la privatisation, il est insensé de réclamer que le financement fédéral soit investi dans le système public de soins sans imposer la même exigence au financement accordé par les provinces, a-t-il dit.






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