Les TCA appuient Martin pour bloquer Harper
3 décembre 2005
Canada
Photo : Agence Reuters
Buzz Hargrove, le président du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile, a jeté son dévolu sur Paul Martin et les libéraux. Le mot d’ordre aux syndiqués: votez libéral là où le NPD ne peut pas l’emporter pour empêcher l’élect
Toronto — C'était Noël le 2 décembre pour Paul Martin hier. Contre toute attente, le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a reçu tout un cadeau de la part du président du plus important syndicat canadien, qui implore ses membres de voter de manière stratégique afin de faire réélire un gouvernement minoritaire libéral à Ottawa.
Il s'agit d'un appui surprenant de Buzz Hargrove, le président du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), un organisme reconnu traditionnellement pour cautionner massivement le Nouveau Parti démocratique (NPD).
Le gouvernement minoritaire libéral a, en 17 mois, représenté le Parlement le plus productif de l'histoire canadienne, dit-il, citant au passage les investissements en santé et dans les programmes sociaux obtenus au cours des derniers mois, grâce aussi au NPD.
«Ce gouvernement mérite de retourner à Ottawa, avec une plus grande marge de manoeuvre», a fait valoir le leader syndical.
Ce que demande M. Hargrove à ses troupes, ce n'est pas de tourner le dos aux candidats néo-démocrates, mais plutôt de voter libéral lorsque le candidat néo-démocrate de leur circonscription électorale n'a aucune chance de l'emporter.
La stratégie vise à abattre ce que le syndicat considère comme l'ennemi des programmes sociaux et du système public de santé, le chef conservateur Stephen Harper.
«Nous devons nous assurer de ne pas donner plus de pouvoirs à Stephen Harper», a lancé M. Hargrove, lors de son discours devant les délégués syndicaux réunis en assemblée générale annuelle.
Le chef libéral était visiblement ravi. «Il n'y a pas de doute que ce que M. Hargrove a dit [...] c'est un atout très important pour nous dans cette campagne électorale», a admis M. Martin lors d'un point de presse.
Avec ses 250 000 membres canadiens, cet appui partiel des TCA n'est pas négligeable.
Dans la bataille qui s'annonce serrée, en Ontario par exemple, les votes des syndiqués pourraient faire pencher la balance en faveur des libéraux devant les conservateurs. Lors des élections de 2004, les conservateurs ont remporté 13 sièges de leurs 99 sièges par moins de 5 % devant les libéraux ou les néo-démocrates.
Celui qui perd au change, le chef du NPD Jack Layton, a minimisé l'impact de la sortie de M. Hargrove. «M. Hargrove a droit à ses opinions, a déclaré M. Layton. Notre opinion, et mon rôle à titre de chef du parti qui représente le mieux les objectifs des travailleurs, c'est de faire élire le plus de députés néo-démocrates.»
L'économie et la santé
Dans son discours aux délégués des TCA, hier, M. Martin a courtisé ouvertement ce groupe plus enclin à voter NPD. Il en a profité pour attaquer son rival principal, M. Harper, qu'il accuse d'être «silencieux» sur bien des sujets.
«Peut-être est-il silencieux parce qu'il ne veut pas que vous sachiez qu'il aurait envoyé notre armée en Irak. Peut-être est-il silencieux parce qu'il ne veut pas dévoiler ses intentions sur les soins privés dans le système de santé», a lancé M. Martin aux 900 délégués, qui l'ont accueilli par une ovation.
Lors d'un point de presse, le chef libéral a commenté la promesse des conservateurs de réduire le temps d'attente en santé en excluant tout système de santé parallèle au système public. Il a rappelé que la réduction du temps d'attente était au centre de sa campagne, l'an dernier, et que son gouvernement a fait des investissements en ce sens.
«Il n'y a personne qui doit prendre des leçons de Stephen Harper, a argué M. Martin. C'est une question de confiance. Comment peut-on avoir confiance en quelqu'un qui, il y a quelques mois, n'avait aucune intention d'appuyer le système [de santé] public et universel. C'est une conversion à la dernière minute.»
Il s'agit d'un appui surprenant de Buzz Hargrove, le président du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), un organisme reconnu traditionnellement pour cautionner massivement le Nouveau Parti démocratique (NPD).
Le gouvernement minoritaire libéral a, en 17 mois, représenté le Parlement le plus productif de l'histoire canadienne, dit-il, citant au passage les investissements en santé et dans les programmes sociaux obtenus au cours des derniers mois, grâce aussi au NPD.
«Ce gouvernement mérite de retourner à Ottawa, avec une plus grande marge de manoeuvre», a fait valoir le leader syndical.
Ce que demande M. Hargrove à ses troupes, ce n'est pas de tourner le dos aux candidats néo-démocrates, mais plutôt de voter libéral lorsque le candidat néo-démocrate de leur circonscription électorale n'a aucune chance de l'emporter.
La stratégie vise à abattre ce que le syndicat considère comme l'ennemi des programmes sociaux et du système public de santé, le chef conservateur Stephen Harper.
«Nous devons nous assurer de ne pas donner plus de pouvoirs à Stephen Harper», a lancé M. Hargrove, lors de son discours devant les délégués syndicaux réunis en assemblée générale annuelle.
Le chef libéral était visiblement ravi. «Il n'y a pas de doute que ce que M. Hargrove a dit [...] c'est un atout très important pour nous dans cette campagne électorale», a admis M. Martin lors d'un point de presse.
Avec ses 250 000 membres canadiens, cet appui partiel des TCA n'est pas négligeable.
Dans la bataille qui s'annonce serrée, en Ontario par exemple, les votes des syndiqués pourraient faire pencher la balance en faveur des libéraux devant les conservateurs. Lors des élections de 2004, les conservateurs ont remporté 13 sièges de leurs 99 sièges par moins de 5 % devant les libéraux ou les néo-démocrates.
Celui qui perd au change, le chef du NPD Jack Layton, a minimisé l'impact de la sortie de M. Hargrove. «M. Hargrove a droit à ses opinions, a déclaré M. Layton. Notre opinion, et mon rôle à titre de chef du parti qui représente le mieux les objectifs des travailleurs, c'est de faire élire le plus de députés néo-démocrates.»
L'économie et la santé
Dans son discours aux délégués des TCA, hier, M. Martin a courtisé ouvertement ce groupe plus enclin à voter NPD. Il en a profité pour attaquer son rival principal, M. Harper, qu'il accuse d'être «silencieux» sur bien des sujets.
«Peut-être est-il silencieux parce qu'il ne veut pas que vous sachiez qu'il aurait envoyé notre armée en Irak. Peut-être est-il silencieux parce qu'il ne veut pas dévoiler ses intentions sur les soins privés dans le système de santé», a lancé M. Martin aux 900 délégués, qui l'ont accueilli par une ovation.
Lors d'un point de presse, le chef libéral a commenté la promesse des conservateurs de réduire le temps d'attente en santé en excluant tout système de santé parallèle au système public. Il a rappelé que la réduction du temps d'attente était au centre de sa campagne, l'an dernier, et que son gouvernement a fait des investissements en ce sens.
«Il n'y a personne qui doit prendre des leçons de Stephen Harper, a argué M. Martin. C'est une question de confiance. Comment peut-on avoir confiance en quelqu'un qui, il y a quelques mois, n'avait aucune intention d'appuyer le système [de santé] public et universel. C'est une conversion à la dernière minute.»
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