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Succession du premier ministre de la Nouvelle-Écosse - Harper n'a rien dit pour retenir MacKay à Otawa

1 octobre 2005  Canada
Ottawa — Peter MacKay dit avoir été «touché» par les invitations de ses collègues pour qu'il reste au Parti conservateur, mais il affirme que le chef Stephen Harper ne lui a fait, jusqu'ici, aucun commentaire à ce sujet.

Cette réaction, qui semble plutôt froide du côté de M. Harper, va probablement nourrir le débat sur les tensions à la tête du parti, au moment où M. MacKay réfléchit à la possibilité de participer à la course à la succession du premier ministre conservateur de la Nouvelle-Écosse, John Hamm.

M. MacKay, âgé de 40 ans, a affirmé, hier, qu'il «manquerait de sincérité» en disant qu'il n'a pas au moins réfléchi à la possibilité de se diriger vers l'assemblée législative de sa province.

Mais l'ex-chef du Parti progressiste-conservateur — maintenant adjoint de M. Harper — soutient «que sa tendance naturelle l'inciterait plutôt à rester à Ottawa pour terminer le travail».

Le travail à accomplir comprend notamment une campagne électorale fédérale, au printemps prochain, dont l'objectif est de défaire les libéraux du premier ministre Paul Martin.

Le départ de M. MacKay, un homme loquace et accessible, serait une grosse perte pour le parti fédéral, dont la direction entretient des relations plutôt tendues avec les journalistes parlementaires.

Quand M. Hamm a annoncé qu'il prenait sa retraite, cette semaine, plusieurs sympathisants se sont immédiatement tournés vers M. MacKay, dont la circonscription fédérale est en Nouvelle-Écosse, pour l'inviter à rester à Ottawa.

«De la part de mes collègues, c'est particulièrement touchant», a-t-il dit.

Mais est-ce que le chef du parti, Stephen Harper, a exprimé le souhait qu'il reste à Ottawa? «En fait, a laissé tomber M. MacKay, ce n'est pas l'élément décisif.»

Jeudi, les deux hommes ont parlé de l'ouverture créée en Nouvelle-Écosse, a-t-il dit. Mais est-ce que son patron l'a encouragé à rester?

«Non, il ne l'a pas fait», a reconnu M. MacKay dans un rire nerveux, après s'être fait poser la question plusieurs fois.

Un conservateur influent a affirmé «qu'il n'y avait pas d'histoires à faire avec ça. C'est la personnalité de Stephen». M. Harper est un professionnel, a indiqué cette source, et il s'attend à la même chose des autres. «Personne ne devrait avoir besoin d'être cajolé pour rester».

Et la porte-parole de M. Harper, Carolyn Stewart-Olsen, a affirmé que cette question était discutable étant donné que M. MacKay a déjà répété à plusieurs reprises à M. Harper qu'il resterait avec le parti fédéral.

«Peter a toujours dit qu'il resterait à Ottawa alors c'est une drôle d'histoire», a-t-elle dit.

À partir de cette situation, il serait facile de spéculer que M. Harper souhaite le départ de son adjoint parce que M. MacKay lui fait ombrage. D'autres pourraient y décoder un scénario plus machiavélique, dans lequel M. MacKay fait en sorte que son chef apparaisse sous un angle défavorable.
 
 
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