Réaménagement de la fonction publique: un scénario parmi d'autres
11 août 2005
Canada
Photo : Jacques Nadeau
Le ministre Jean Lapierre.
Gatineau — Le ministre Jean Lapierre assure que le projet de réaménager 41 000 postes de fonctionnaires fédéraux ne fait pas partie de la politique officielle du gouvernement Martin, du moins pour l'instant.
Le quotidien torontois The Globe and Mail révélait hier que le Conseil du trésor songeait à créer une nouvelle entité, qui s'appellerait «Organisation de services partagés».
Quelque 41 000 des 290 000 employés fédéraux seraient touchés par ce changement: une partie d'entre eux seraient transférés à la nouvelle agence, tandis que les autres postes seraient abolis par attrition.
Les emplois visés seraient ceux ayant trait aux ressources humaines, aux services financiers et au soutien informatique. L'étude qui a imaginé ce projet, menée sur deux ans, a conclu à des économies potentielles de 2 à 4 milliards de dollars par année pour l'État fédéral. Il n'y aurait toutefois aucune économie dans les trois premières années de la réforme.
«Le chiffre de 41 000 emplois, c'est une étude interne qui ne s'est jamais rendue au bureau de Reg Alcock [président du Conseil du trésor]», a assuré hier le ministre des Transports, Jean Lapierre, lors d'une réunion du caucus libéral du Québec.
«On parle d'un document qui traîne quelque part au Conseil du trésor, a-t-il ajouté. Il y a toutes sortes de scénarios, mais ce n'est pas une politique gouvernementale, ce n'est pas une recommandation faite dans les hautes instances du Conseil du trésor. Faudra regarder ça, mais pour l'instant, c'est une étude parmi tant d'autres.»
Pourtant, les sous-ministres discutent actuellement de l'étude et des recommandations qu'ils feront à son sujet au conseil des ministres, selon le Globe and Mail.
Lise Jolicoeur, porte-parole de M. Alcock, a confirmé que le ministre n'avait pas encore reçu l'étude. On ne sait pas encore si elle sera véritablement soumise au cabinet et, si oui, à quel moment. «Le gouvernement du Canada cherche toujours à améliorer ses services aux Canadiens, tout en leur en donnant pour leur argent», a répondu Mme Jolicoeur quand on lui a demandé pourquoi on avait commandé l'étude.
«Tout changement dans la prestation des services serait étalée dans le temps; il ne serait pas effectué d'un coup», a-t-elle précisé.
«La sécurité d'emploi est là, a rappelé le ministre Lapierre. Il n'y a pas un emploi qui est menacé par cette étude-là. Cette décision-là ne se prendra pas à la légère et je sais que mes collègues ne laisseront pas le gouvernement faire des coupures à la scie mécanique.»
Les documents cités par le Globe and Mail préviennent qu'un projet aussi important comporte des risques et qu'il pourrait carrément se révéler un échec, dont les répercussions politiques pourraient être importantes.
On reconnaît en outre que la réorganisation pourrait n'avoir aucun impact positif sur l'efficacité ou les finances du gouvernement.
L'Alliance de la fonction publique (AFPC) n'a pas tardé à reprocher au gouvernement de faire preuve d'improvisation.
Jérôme Turcq, vice-président exécutif de l'AFPC-Québec, a rappelé qu'Ottawa a effectué une importante restructuration dans les années 1990.
«Plus de 45 000 emplois avaient alors été perdus, a-t-il souligné. Les effets pernicieux de cette restructuration se sont fait durement sentir sur les services à la population, alors que la charge de travail des travailleurs demeurés en poste a considérablement augmenté. Quelques années plus tard, près des deux tiers des emplois éliminés existent de nouveau. Dans un contexte où une population aux besoins croissants augmente, les coupes d'emploi auront pour effet de réduire le niveau de services offerts à la population canadienne.»
Outaouais
Par ailleurs, Jean Lapierre a promis de se battre pour accroître la proportion d'emplois fédéraux à Gatineau. En principe, 25 % des postes de la région de la capitale devraient échoir au Québec, mais cette règle n'est pas respectée depuis des années, au grand désarroi des députés locaux. «On remarque, pour toutes sortes de raisons, que c'est en train de glisser [le nombre d'emplois du côté québécois] et on veut rappeler à l'appareil fédéral que cet engagement-là fait partie du contrat social du concept de la capitale nationale, que la capitale nationale n'est pas juste de l'autre côté de la rivière», a affirmé M. Lapierre.
Le quotidien torontois The Globe and Mail révélait hier que le Conseil du trésor songeait à créer une nouvelle entité, qui s'appellerait «Organisation de services partagés».
Quelque 41 000 des 290 000 employés fédéraux seraient touchés par ce changement: une partie d'entre eux seraient transférés à la nouvelle agence, tandis que les autres postes seraient abolis par attrition.
Les emplois visés seraient ceux ayant trait aux ressources humaines, aux services financiers et au soutien informatique. L'étude qui a imaginé ce projet, menée sur deux ans, a conclu à des économies potentielles de 2 à 4 milliards de dollars par année pour l'État fédéral. Il n'y aurait toutefois aucune économie dans les trois premières années de la réforme.
«Le chiffre de 41 000 emplois, c'est une étude interne qui ne s'est jamais rendue au bureau de Reg Alcock [président du Conseil du trésor]», a assuré hier le ministre des Transports, Jean Lapierre, lors d'une réunion du caucus libéral du Québec.
«On parle d'un document qui traîne quelque part au Conseil du trésor, a-t-il ajouté. Il y a toutes sortes de scénarios, mais ce n'est pas une politique gouvernementale, ce n'est pas une recommandation faite dans les hautes instances du Conseil du trésor. Faudra regarder ça, mais pour l'instant, c'est une étude parmi tant d'autres.»
Pourtant, les sous-ministres discutent actuellement de l'étude et des recommandations qu'ils feront à son sujet au conseil des ministres, selon le Globe and Mail.
Lise Jolicoeur, porte-parole de M. Alcock, a confirmé que le ministre n'avait pas encore reçu l'étude. On ne sait pas encore si elle sera véritablement soumise au cabinet et, si oui, à quel moment. «Le gouvernement du Canada cherche toujours à améliorer ses services aux Canadiens, tout en leur en donnant pour leur argent», a répondu Mme Jolicoeur quand on lui a demandé pourquoi on avait commandé l'étude.
«Tout changement dans la prestation des services serait étalée dans le temps; il ne serait pas effectué d'un coup», a-t-elle précisé.
«La sécurité d'emploi est là, a rappelé le ministre Lapierre. Il n'y a pas un emploi qui est menacé par cette étude-là. Cette décision-là ne se prendra pas à la légère et je sais que mes collègues ne laisseront pas le gouvernement faire des coupures à la scie mécanique.»
Les documents cités par le Globe and Mail préviennent qu'un projet aussi important comporte des risques et qu'il pourrait carrément se révéler un échec, dont les répercussions politiques pourraient être importantes.
On reconnaît en outre que la réorganisation pourrait n'avoir aucun impact positif sur l'efficacité ou les finances du gouvernement.
L'Alliance de la fonction publique (AFPC) n'a pas tardé à reprocher au gouvernement de faire preuve d'improvisation.
Jérôme Turcq, vice-président exécutif de l'AFPC-Québec, a rappelé qu'Ottawa a effectué une importante restructuration dans les années 1990.
«Plus de 45 000 emplois avaient alors été perdus, a-t-il souligné. Les effets pernicieux de cette restructuration se sont fait durement sentir sur les services à la population, alors que la charge de travail des travailleurs demeurés en poste a considérablement augmenté. Quelques années plus tard, près des deux tiers des emplois éliminés existent de nouveau. Dans un contexte où une population aux besoins croissants augmente, les coupes d'emploi auront pour effet de réduire le niveau de services offerts à la population canadienne.»
Outaouais
Par ailleurs, Jean Lapierre a promis de se battre pour accroître la proportion d'emplois fédéraux à Gatineau. En principe, 25 % des postes de la région de la capitale devraient échoir au Québec, mais cette règle n'est pas respectée depuis des années, au grand désarroi des députés locaux. «On remarque, pour toutes sortes de raisons, que c'est en train de glisser [le nombre d'emplois du côté québécois] et on veut rappeler à l'appareil fédéral que cet engagement-là fait partie du contrat social du concept de la capitale nationale, que la capitale nationale n'est pas juste de l'autre côté de la rivière», a affirmé M. Lapierre.
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