Nouvelle entente sur les réfugiés: un «tueur silencieux»
5 août 2005
Canada
Ottawa — Une nouvelle entente avec les États-Unis a mené à la réduction du nombre de demandes d'asile au Canada cette année, mais elle s'avère un «tueur silencieux», selon un organisme de défense des droits des réfugiés.
Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) a publié un rapport, hier, qui exige que le gouvernement fédéral annule l'Entente sur les tiers pays sûrs, affirmant qu'il a «un effet dévastateur» sur «les vies de réfugiés menacés».
L'entente s'est avérée particulièrement néfaste pour les gens qui tentent de quitter la Colombie, a indiqué le CCR.
Le ministère de l'Immigration insiste pour dire que l'entente s'est avérée un succès et que l'engagement du Canada envers la protection des réfugiés n'a pas faibli.
Selon l'entente qui est en vigueur depuis le 29 décembre, chaque pays considère l'autre comme un endroit sécuritaire pour les réfugiés. Ce qui signifie que le Canada peut retourner des candidats à la frontière en leur disant qu'il doivent réclamer leur statut de réfugié aux États-Unis, le pays où ils sont d'abord arrivés.
Les défenseurs de la cause des réfugiés au Canada se sont carrément opposés à l'entente, affirmant que les États-Unis ne sont pas toujours un pays sécuritaire pour les individus qui cherchent à fuir la persécution.
Aux États-Unis, les demandeurs — enfants inclus — sont souvent mis en prison durant des mois ou même des années pendant qu'on traite leur dossier, ont déclaré les opposants à l'entente. Par ailleurs, étant donné que les règles américaines sont plus sévères, les demandeurs rejetés aux États-Unis sont souvent acceptés par la suite au Canada.
Moins de demandes
Les défenseurs de la cause des réfugiés affirment aussi que l'entente aurait pour effet de réduire considérablement le nombre de demandes d'asile, incitant les gens à utiliser des moyens illicites, et donc plus dangereux, pour franchir la frontière.
«Six mois après l'application de l'entente, tout indique que la plupart de nos craintes sont en train de se matérialiser», déclare le rapport.
En se basant sur les données de la première moitié de l'année, le CCR prédit que le Canada recevra en 2005 son plus petit nombre de demandes d'asile depuis le milieu des années 1980.
On s'attend à un total de 17 300 demandes, bien en deçà de la moyenne de 29 680 qu'on observe chaque année depuis 1989, date de l'entrée en vigueur du système d'évaluation actuel, souligne le CCR.
«Ce n'est pas une exagération de décrire cet accord comme un tueur silencieux», a déclaré Nick Summers, président du CCR. «Hors de la vue des Canadiens, les demandeurs d'asile sont en train de payer le prix de cette approche de type "pas dans ma cour" que le Canada utilise en matière de protection des réfugiés. Les faits montrent que les États-Unis ne sont pas sûrs pour tous les réfugiés et que le Canada est en train de laisser tomber des réfugiés ayant besoin de sa protection.»
Greg Scott, porte-parole du ministère de l'Immigration, a affirmé que le gouvernement canadien surveillait les effets de l'entente, ajoutant qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions.
«Il faut avoir une vision plus large du dossier et tenter d'identifier les causes de cette baisse», a dit M. Scott.
Selon le CCR, le plus grand nombre de demandes d'asile en 2004 est venu de Colombiens. Ce nombre aurait toutefois chuté de 70 % cette année.
«Compte tenu que 81 % des candidats colombiens sont acceptés au Canada, contre seulement 45 % aux États-Unis, il est clair qu'on a fermé la porte au nez de demandeurs qui ont besoin de la protection du Canada parce qu'ils ne trouveront pas nécessairement cette protection aux États-Unis.»
Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) a publié un rapport, hier, qui exige que le gouvernement fédéral annule l'Entente sur les tiers pays sûrs, affirmant qu'il a «un effet dévastateur» sur «les vies de réfugiés menacés».
L'entente s'est avérée particulièrement néfaste pour les gens qui tentent de quitter la Colombie, a indiqué le CCR.
Le ministère de l'Immigration insiste pour dire que l'entente s'est avérée un succès et que l'engagement du Canada envers la protection des réfugiés n'a pas faibli.
Selon l'entente qui est en vigueur depuis le 29 décembre, chaque pays considère l'autre comme un endroit sécuritaire pour les réfugiés. Ce qui signifie que le Canada peut retourner des candidats à la frontière en leur disant qu'il doivent réclamer leur statut de réfugié aux États-Unis, le pays où ils sont d'abord arrivés.
Les défenseurs de la cause des réfugiés au Canada se sont carrément opposés à l'entente, affirmant que les États-Unis ne sont pas toujours un pays sécuritaire pour les individus qui cherchent à fuir la persécution.
Aux États-Unis, les demandeurs — enfants inclus — sont souvent mis en prison durant des mois ou même des années pendant qu'on traite leur dossier, ont déclaré les opposants à l'entente. Par ailleurs, étant donné que les règles américaines sont plus sévères, les demandeurs rejetés aux États-Unis sont souvent acceptés par la suite au Canada.
Moins de demandes
Les défenseurs de la cause des réfugiés affirment aussi que l'entente aurait pour effet de réduire considérablement le nombre de demandes d'asile, incitant les gens à utiliser des moyens illicites, et donc plus dangereux, pour franchir la frontière.
«Six mois après l'application de l'entente, tout indique que la plupart de nos craintes sont en train de se matérialiser», déclare le rapport.
En se basant sur les données de la première moitié de l'année, le CCR prédit que le Canada recevra en 2005 son plus petit nombre de demandes d'asile depuis le milieu des années 1980.
On s'attend à un total de 17 300 demandes, bien en deçà de la moyenne de 29 680 qu'on observe chaque année depuis 1989, date de l'entrée en vigueur du système d'évaluation actuel, souligne le CCR.
«Ce n'est pas une exagération de décrire cet accord comme un tueur silencieux», a déclaré Nick Summers, président du CCR. «Hors de la vue des Canadiens, les demandeurs d'asile sont en train de payer le prix de cette approche de type "pas dans ma cour" que le Canada utilise en matière de protection des réfugiés. Les faits montrent que les États-Unis ne sont pas sûrs pour tous les réfugiés et que le Canada est en train de laisser tomber des réfugiés ayant besoin de sa protection.»
Greg Scott, porte-parole du ministère de l'Immigration, a affirmé que le gouvernement canadien surveillait les effets de l'entente, ajoutant qu'il était trop tôt pour en tirer des conclusions.
«Il faut avoir une vision plus large du dossier et tenter d'identifier les causes de cette baisse», a dit M. Scott.
Selon le CCR, le plus grand nombre de demandes d'asile en 2004 est venu de Colombiens. Ce nombre aurait toutefois chuté de 70 % cette année.
«Compte tenu que 81 % des candidats colombiens sont acceptés au Canada, contre seulement 45 % aux États-Unis, il est clair qu'on a fermé la porte au nez de demandeurs qui ont besoin de la protection du Canada parce qu'ils ne trouveront pas nécessairement cette protection aux États-Unis.»
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