Liza Frulla veut créer un nouveau programme de commandites
6 juillet 2005
Canada
Photo : Agence Reuters
La ministre du Patrimoine estime qu’il faut trouver un nouveau véhicule pour aider les petites organisations qui cherchent du financement depuis l’abolition du programme de commandites.
Ottawa — La ministre du Patrimoine canadien, Liza Frulla, veut passer outre à l'opprobre suscité par le scandale des commandites et lancer un nouveau programme fédéral pour venir en aide aux festivals et autres événements estivaux.
Le programme des commandites, qui fait l'objet d'une commission d'enquête publique présidée par le juge John Gomery, a été aboli en décembre 2003 par le premier ministre Paul Martin. Du coup, les organismes qui en bénéficiaient ont été privés de contributions fédérales pouvant atteindre des centaines de milliers de dollars par année.
«Il y a un manque à gagner, c'est vrai», a reconnu Mme Frulla en entrevue.
Selon Luc Fournier, porte-parole de la Coalition des festivals canadiens (CFC) et du Regroupement des événements majeurs internationaux du Québec (REMI), les pertes oscilleront entre cinq et six millions en 2005 pour les seuls organismes québécois.
Au cours des derniers mois, la ministre a donc tenté de convaincre son collègue des Finances, Ralph Goodale, de lui octroyer des fonds afin de mettre sur pied un nouveau programme qui prendrait «la relève» des commandites controversées.
«J'ai demandé cette année de pouvoir compenser, mais compte tenu de la situation, il faut comprendre qu'il n'y avait pas trop d'appétit pour ça au niveau gouvernemental», a-t-elle confié. «On a tous été un peu figés.»
C'est en partie à cause de la «démagogie» ayant entouré le scandale des commandites qu'il a été impossible d'appuyer financièrement les organismes cette année, a soutenu Liza Frulla.
«On n'a pas fait la différence entre le bien-fondé du programme et sa gestion, qui était déficiente, peut-être criminelle», estime-t-elle. «Le problème, c'est que, collectivement, on a jeté le bébé avec l'eau du bain.»
La ministre se promet néanmoins de revenir à la charge en vue de 2006. «L'année prochaine, s'il y a un besoin, j'aurais l'intention de ramener ma cause au niveau des Finances pour pouvoir essayer de soutenir [les événements], a-t-elle promis. Mais il faudra que ce soit le vrai montant, pas un montant soufflé.» Mme Frulla faisait référence aux généreuses commissions que se versaient les agences de communication dans le cadre de l'ancien programme des commandites pour transférer les fonds fédéraux aux organismes.
La CFC et le REMI réclament depuis des mois l'instauration d'un programme qui serait doté d'un budget de 50 millions par année afin de financer de 600 à 800 événements. «Nous ne demandons pas une relance des commandites mais plutôt une compensation pour les victimes», a ironisé Luc Fournier lors d'un entretien téléphonique. Mais pour l'instant, Liza Frulla parle plutôt d'un montant annuel de 10 à 15 millions.
«J'ai rencontré tous les partis politiques et tous nous ont dit qu'ils étaient d'accord avec ça, a précisé M. Fournier. Mais il n'y a personne qui veut le mettre sur la table à la Chambre des communes parce qu'ils ont peur qu'on leur demande: "Est-ce que ça remplace les commandites?" Personne ne veut avoir cette question dans la face. Donc, personne n'ose. Et pendant ce temps-là, les événements souffrent.»
Le Parti conservateur et le Bloc québécois confirment qu'ils sont favorables à la création d'un nouveau programme, à la condition qu'il ne serve pas à faire la «propagande» d'Ottawa et que les agences privées soient tenues à l'écart.
Afin d'éviter l'apparition d'un nouveau scandale, Mme Frulla veut d'ailleurs qu'un éventuel programme d'appui soit géré de façon «très, très serrée» au sein même de son ministère.
«L'année prochaine, je pense qu'on peut revenir avec un dossier un peu plus vendable», croit-elle.
Le programme des commandites, qui fait l'objet d'une commission d'enquête publique présidée par le juge John Gomery, a été aboli en décembre 2003 par le premier ministre Paul Martin. Du coup, les organismes qui en bénéficiaient ont été privés de contributions fédérales pouvant atteindre des centaines de milliers de dollars par année.
«Il y a un manque à gagner, c'est vrai», a reconnu Mme Frulla en entrevue.
Selon Luc Fournier, porte-parole de la Coalition des festivals canadiens (CFC) et du Regroupement des événements majeurs internationaux du Québec (REMI), les pertes oscilleront entre cinq et six millions en 2005 pour les seuls organismes québécois.
Au cours des derniers mois, la ministre a donc tenté de convaincre son collègue des Finances, Ralph Goodale, de lui octroyer des fonds afin de mettre sur pied un nouveau programme qui prendrait «la relève» des commandites controversées.
«J'ai demandé cette année de pouvoir compenser, mais compte tenu de la situation, il faut comprendre qu'il n'y avait pas trop d'appétit pour ça au niveau gouvernemental», a-t-elle confié. «On a tous été un peu figés.»
C'est en partie à cause de la «démagogie» ayant entouré le scandale des commandites qu'il a été impossible d'appuyer financièrement les organismes cette année, a soutenu Liza Frulla.
«On n'a pas fait la différence entre le bien-fondé du programme et sa gestion, qui était déficiente, peut-être criminelle», estime-t-elle. «Le problème, c'est que, collectivement, on a jeté le bébé avec l'eau du bain.»
La ministre se promet néanmoins de revenir à la charge en vue de 2006. «L'année prochaine, s'il y a un besoin, j'aurais l'intention de ramener ma cause au niveau des Finances pour pouvoir essayer de soutenir [les événements], a-t-elle promis. Mais il faudra que ce soit le vrai montant, pas un montant soufflé.» Mme Frulla faisait référence aux généreuses commissions que se versaient les agences de communication dans le cadre de l'ancien programme des commandites pour transférer les fonds fédéraux aux organismes.
La CFC et le REMI réclament depuis des mois l'instauration d'un programme qui serait doté d'un budget de 50 millions par année afin de financer de 600 à 800 événements. «Nous ne demandons pas une relance des commandites mais plutôt une compensation pour les victimes», a ironisé Luc Fournier lors d'un entretien téléphonique. Mais pour l'instant, Liza Frulla parle plutôt d'un montant annuel de 10 à 15 millions.
«J'ai rencontré tous les partis politiques et tous nous ont dit qu'ils étaient d'accord avec ça, a précisé M. Fournier. Mais il n'y a personne qui veut le mettre sur la table à la Chambre des communes parce qu'ils ont peur qu'on leur demande: "Est-ce que ça remplace les commandites?" Personne ne veut avoir cette question dans la face. Donc, personne n'ose. Et pendant ce temps-là, les événements souffrent.»
Le Parti conservateur et le Bloc québécois confirment qu'ils sont favorables à la création d'un nouveau programme, à la condition qu'il ne serve pas à faire la «propagande» d'Ottawa et que les agences privées soient tenues à l'écart.
Afin d'éviter l'apparition d'un nouveau scandale, Mme Frulla veut d'ailleurs qu'un éventuel programme d'appui soit géré de façon «très, très serrée» au sein même de son ministère.
«L'année prochaine, je pense qu'on peut revenir avec un dossier un peu plus vendable», croit-elle.
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