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Duceppe choisit le Bloc

Robert Dutrisac , Alec Castonguay   11 juin 2005  Canada
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, doit annoncer lundi qu'il restera à Ottawa pour mener les troupes bloquistes lors des prochaines élections fédérales. La course à la succession de Bernard Landry se fera donc sans lui.

Gilles Duceppe a choisi de faire cette annonce à Ottawa à 11h lundi, tout de suite après un caucus avec ses députés avec lesquels il discutera soit en personne, soit par téléconférence. La petite salle de l'édifice du centre au Parlement est d'ailleurs déjà prête.

Déchiré depuis une semaine, plongé en plein dilemme par le départ fracassant du chef péquiste Bernard Landry, Gilles Duceppe subissait énormément de pression pour rester à Ottawa, même si certains membres de l'entourage de son bon ami Bernard Landry auraient voulu l'amener à Québec.

La plupart des députés péquistes jugent qu'il est préférable que Gilles Duceppe reste à Ottawa. Le député de Charlevoix, Rosaire Bertrand, a résumé la situation hier: «Ça n'a rien à voir avec la valeur de M. Duceppe comme chef du Parti québécois, mais le contexte politique fait en sorte qu'il fera mieux à Ottawa.»

Le député de Saint-Maurice, Claude Pinard, abonde dans ce sens. En tenant deux courses à la direction au PQ et au Bloc, «on se trouve à avoir deux fronts complètement dégarnis. Tout le mouvement souverainiste serait vraiment paralysé». Les forces souverainistes doivent se concentrer sur le prochain rendez-vous électoral fédéral avant de songer aux prochaines élections au Québec et au référendum. «On ne peut pas passer à la deuxième ou à la troisième période sans avoir joué la première période», a illustré M. Pinard.

Le fait que cette annonce ait lieu à Ottawa et non pas au Québec, et au parlement canadien de surcroît, a convaincu plusieurs députés péquistes que M. Duceppe avait décidé de rester au Bloc québécois. «S'il annonçait lundi à Ottawa plutôt qu'au Québec qu'il se lançait dans la course à la direction du PQ, il aurait perdu cette course d'avance», estime une conseillère péquiste.

Au cours des derniers jours, tous les députés bloquistes l'ont prié de rester «sur le front fédéral», estimant que le Bloc est aujourd'hui «aussi important que le PQ» pour le mouvement souverainiste. «Faut-il déshabiller Pierre pour habiller Paul?», se sont demandé tout haut les députés bloquistes, dont faisaient partie plusieurs poids lourds comme Pierre Paquette, Michel Gauthier, Richard Marceau et Réal Ménard.

Depuis une semaine, le chef bloquiste a répété que sa réflexion s'articulait autour de la stratégie souverainiste et non pas en fonction de ses ambitions personnelles. «Ce qui préoccupe le plus Gilles Duceppe, c'est de laisser le Bloc en mauvaise posture avant des élections», a expliqué une source bloquiste au Devoir cette semaine. Le chef du Bloc en serait arrivé à la conclusion qu'une course au leadership au sein de son parti n'était pas une bonne idée à la veille d'un scrutin. De plus, Gilles Duceppe, qui a consulté Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Bernard Landry au cours des derniers jours, se serait fait dire qu'il est un actif important du mouvement souverainiste à Ottawa alors que rien n'assure que la greffe prendrait avec le PQ. Seulement cinq ou six personnes seraient au courant de la décision de M. Duceppe.

Au sein de la députation péquiste, on croit que même en l'absence d'un candidat aussi solide que Gilles Duceppe et de François Legault, qui s'est désisté cette semaine pour des raisons familiales, le PQ pourra tenir une véritable course. L'opposition à la seule candidate déclarée, Pauline Marois, sera nourrie, dit-on.

Apparue dans l'objectif ces derniers jours, la candidature d'André Boisclair est perçue favorablement par un nombre significatif de députés péquistes. M. Boisclair, qui tâte le terrain à l'heure actuelle, doit annoncer ses intentions d'ici environ une semaine.

Outre les quatre députés qui ont annoncé leur appui à M. Boisclair jeudi (le député de Gouin, Nicolas Girard, qui a organisé cette sortie publique, ainsi que les députées de Rosemont, Rita Dionne-Marsolais, de Matapédia, Danielle Doyer, et de Marie-Victorin, Cécile Vermette), quelques députés lui ont spontanément accordé leur appui hier. C'est le cas de Claude Pinard, enthousiasmé par cette candidature. «André a toujours joué des rôles très importants à l'intérieur du parti. Il est relativement jeune et c'est un candidat qui pourrait rallier les générations», a-t-il dit. Âgé de 39 ans, M. Boisclair a été élu député de Gouin en 1989. Il a occupé diverses fonctions au sein du gouvernement, notamment celles de ministre de la Solidarité sociale, ministre des Affaires municipales, ministre de l'Environnement et leader parlementaire.

S'il se lance dans la course, André Boisclair, qui vient de passer un an à la Kennedy School of Government, affiliée à l'université Harvard, et qui a reçu jeudi son diplôme de maîtrise en administration publique, devra renoncer à un lucratif emploi au bureau torontois des consultants américains McKinsey & Co., où il doit commencer à travailler à compter du mois d'août. «C'est un choix difficile», estime Mme Dionne-Marsolais, qui a travaillé pour un concurrent de McKinsey, PriceWaterhouseCoopers. «Mais sa famille l'appelle», a-t-elle dit au Devoir.

Trois autres députés sont en réflexion et pourraient se lancer dans la course, soit le député de Blainville, Richard Legendre, lui-même lieutenant de François Legault, le député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, et le député de Mercier, Daniel Turp.

Le comité exécutif national du PQ se réunit aujourd'hui toute la journée à Montréal pour discuter des modalités de l'élection du nouveau chef du PQ, dont le calendrier. Jointe hier, la présidente du PQ, Monique Richard, a indiqué que les 16 membres de l'exécutif, dont trois députés, fixeront d'abord le calendrier. L'exécutif national, qui doit soumettre ses recommandations à la conférence nationale des présidents du PQ pour approbation, doit décider si l'élection du nouveau chef aura lieu tôt à l'automne ou au début de décembre (ce que souhaite Mme Marois), voire au printemps et même à l'automne 2006 (comme l'a suggéré Jean-François Lisée). Le calendrier devra tenir compte à la fois de la volonté du parti de recruter le plus grand nombre possible de membres grâce à cette course à la direction ainsi que des finances précaires de la formation politique. «On ne veut pas bousculer cette opération-là», a dit Mme Richard.






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  • Stéphane Beaudin
    Inscrit
    samedi 11 juin 2005 07h36
    Bonne décision M. Duceppe
    « Du sang neuf svp!

    Jour après jour, les spéculations pleuvent sur le Québec. Mais soyons réaliste, de voir Duceppe au PQ ne serait que la résultante d'une pratique stupide de certain médias, celle des sondages éclaires. Nous l'avons tous vu dès le lendemain de la démission de Landry, les noms de plusieurs personnalités publiques étaient étalés suivi d'un pourcentage plus ou moins élevé. Ce chiffre, loin de nous dire qui serait le meilleur candidat à la chefferie, nous indiquait une simple quote de sympathie populaire et c'est tout à fait normal que Duceppe soit arrivé premier vue le rôle de premier plan qu'il joue depuis quelque temps à Ottawa.

    Il faut absolument présenter de nouveaux candidats aux québécois, il faut encore plus organiser un débat autour du but premier; la souveraineté. Moi, j'ai très confiance que Duceppe prendra la bonne décision et que cette dernière aura des conséquences positives sur la politique québécoise. Enfin nous voilà en tant que peuple devant l'opportunité d'observer ce qui se fait de mieux en démocratie; une course à la chefferie où les idées s'affrontent sans merci avec comme résultante l'obtention plus que probable de l'indépendance nationale. »

  • FARID KODSI
    Inscrit
    mercredi 15 juin 2005 00h08
    Beaudin rêve en couleurs
    « Certes, Duceppe a pris la bonne décision mais pas dans le but de donner la chance à de nouveaux candidats, loin de là. Où les voyez-vous donc ces nouveaux candidats? En la seule personne de Marois de Pompadour avec ses toilettes de velours qui ont coûté 400 000 $ aux contribuables québécois.

    Duceppe, mon cher monsieur, a tout simplement choisi la partie facile et rentable, celle de demeurer à Ottawa pour profiter des largesses du gouvernement fédéral et pour éviter du même coup la magouille du P.Q. Voilà tout. Plutôt que de rêver en couleurs, M. Beaudin, soyez donc un peu plus réaliste. »

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