Boisclair courtisé pour relayer Duceppe
Des supporters de la venue de Gilles Duceppe dans la course à la chefferie du Parti québécois tentent de convaincre l'ancien ministre André Boisclair de faire le saut à la tête du Bloc québécois, question de ne pas laisser le parti frère orphelin sur la scène fédérale. Ce scénario offrirait un tandem alliant l'expérience au renouveau.
Comme l'a appris Le Devoir de sources généralement bien informées, des discussions ont été entamées dès lundi afin de trouver une solution à la situation délicate dans laquelle se trouve plongé M. Duceppe. Si le chef bloquiste fait le saut sur la scène québécoise, ce n'est pas une mais deux courses au leadership qui seront déclenchées, souligne un allié de M. Duceppe au sein du PQ.
«Et ça doit se faire rapidement parce qu'il est impensable que Gilles mène ses troupes lors des élections fédérales en attendant de s'en venir au PQ. Ça serait intenable. Chaque parti doit avoir un nouveau chef dès l'automne. Avec Boisclair, ça ferait un bon tandem. La cote de popularité de Gilles comme leader souverainiste est excellente et André symbolise le vent de renouveau attendu», ajoute cette personne.
L'idée d'avoir une figure de remplacement connue pour diriger le Bloc advenant le départ de Gilles Duceppe n'est pas farfelue. Une source bloquiste a affirmé au Devoir qu'elle avait entendu le scénario Boisclair «à droite et à gauche», même si ça reste pour l'instant «des rumeurs».
Mais visiblement, cette possibilité pourrait enlever une épine au pied du chef bloquiste. «Ce qui préoccupe le plus Gilles Duceppe, c'est de laisser le Bloc dans le trouble avant une élection, continue cette source. Ensuite seulement, il réfléchit s'il peut battre Marois ou Legault. Il sait que c'est un défi, mais ça vient après dans ses réflexions. La situation du Bloc pèse très lourd.»
Gilles Duceppe ne veut surtout pas «se faire taxer d'avoir quitté le parti pour servir seulement ses ambitions personnelles». «S'il pense que ça va être perçu comme ça, il ne fera probablement pas le saut», explique ce bloquiste. Suivant cette logique, Gilles Duceppe est très conscient qu'il doit y avoir des candidats solides dans les rangs d'une éventuelle course au leadership du Bloc, question de démontrer qu'il ne laisse pas son parti en difficulté. «Ça prend des candidats de calibre dans les rangs, même si ce n'est pas imposé et que les militants doivent se prononcer. Il ne faut pas qu'il y ait de vacuum après un départ de Gilles Duceppe et il le sait», explique cette source.
Lorsque le PQ avait déroulé le tapis rouge à Lucien Bouchard après la démission de Jacques Parizeau dans la foulée de la défaite référendaire de 1995, le Bloc québécois avait été déstabilisé: la succession n'avait pas été assurée causant une période de déchirements internes.
Les contacts avec André Boisclair se poursuivaient hier. L'ancien ministre, parti l'année dernière étudier à Harvard aux États-Unis, a récemment été recruté à Toronto par la firme de consultants McKenzie. Reconnu comme un habile débatteur, M. Boisclair a été élu à 23 ans en 1989. S'il a une expérience des fonctions ministérielles, il n'a toutefois jamais dirigé une équipe; le Bloc serait l'occasion de démontrer ses capacités.
Certains adeptes de M. Boisclair croient plutôt qu'il doit offrir ses services au Parti québécois et tenter sa chance pour succéder à Bernard Landry. André Boisclair n'a pu être joint hier.
Du côté du Bloc québécois, on n'exclut pas la venue de M. Boisclair à Ottawa, même si on reste très prudent sur cette possibilité. Pour Pierre Paquette, député bloquiste et proche de Gilles Duceppe, «l'idée que M. Boisclair se présente est envisageable», puisqu'il est un «candidat de valeur». Présenté régulièrement comme un successeur possible à la tête du Bloc, Pierre Paquette affirme toutefois ne pas avoir entendu parler concrètement du tandem Duceppe-Boisclair.
Il juge d'ailleurs «très fantaisiste» d'imposer André Boisclair aux militants du Bloc. «Chaque parti a ses règles et, au Bloc, le chef doit être élu au suffrage universel des membres, dit-il. La décision leur appartient à eux, pas aux apparatchiks d'un parti. On ne peut pas imposer un chef.» Il souligne que tant M. Duceppe que M. Boisclair ne font «pas l'unanimité d'un côté ou de l'autre». «Au PQ, ce n'est pas tous les militants qui veulent avoir Duceppe et, au Bloc, il y a beaucoup de gens qui veulent le garder», dit-il.
Plusieurs députés bloquistes réfléchissent aussi à la succession de Gilles Duceppe et à l'impact de son départ sur la scène fédérale. «Le front politique souverainiste à Ottawa est maintenant aussi important que celui de Québec. Est-ce qu'on va déshabiller Paul pour habiller Pierre? On peut se poser la question. La perte d'un chef du calibre de Gilles Duceppe serait une perte énorme», a souligné le député Richard Marceau sur les ondes de RDI, hier en fin de journée.
Comme l'a appris Le Devoir de sources généralement bien informées, des discussions ont été entamées dès lundi afin de trouver une solution à la situation délicate dans laquelle se trouve plongé M. Duceppe. Si le chef bloquiste fait le saut sur la scène québécoise, ce n'est pas une mais deux courses au leadership qui seront déclenchées, souligne un allié de M. Duceppe au sein du PQ.
«Et ça doit se faire rapidement parce qu'il est impensable que Gilles mène ses troupes lors des élections fédérales en attendant de s'en venir au PQ. Ça serait intenable. Chaque parti doit avoir un nouveau chef dès l'automne. Avec Boisclair, ça ferait un bon tandem. La cote de popularité de Gilles comme leader souverainiste est excellente et André symbolise le vent de renouveau attendu», ajoute cette personne.
L'idée d'avoir une figure de remplacement connue pour diriger le Bloc advenant le départ de Gilles Duceppe n'est pas farfelue. Une source bloquiste a affirmé au Devoir qu'elle avait entendu le scénario Boisclair «à droite et à gauche», même si ça reste pour l'instant «des rumeurs».
Mais visiblement, cette possibilité pourrait enlever une épine au pied du chef bloquiste. «Ce qui préoccupe le plus Gilles Duceppe, c'est de laisser le Bloc dans le trouble avant une élection, continue cette source. Ensuite seulement, il réfléchit s'il peut battre Marois ou Legault. Il sait que c'est un défi, mais ça vient après dans ses réflexions. La situation du Bloc pèse très lourd.»
Gilles Duceppe ne veut surtout pas «se faire taxer d'avoir quitté le parti pour servir seulement ses ambitions personnelles». «S'il pense que ça va être perçu comme ça, il ne fera probablement pas le saut», explique ce bloquiste. Suivant cette logique, Gilles Duceppe est très conscient qu'il doit y avoir des candidats solides dans les rangs d'une éventuelle course au leadership du Bloc, question de démontrer qu'il ne laisse pas son parti en difficulté. «Ça prend des candidats de calibre dans les rangs, même si ce n'est pas imposé et que les militants doivent se prononcer. Il ne faut pas qu'il y ait de vacuum après un départ de Gilles Duceppe et il le sait», explique cette source.
Lorsque le PQ avait déroulé le tapis rouge à Lucien Bouchard après la démission de Jacques Parizeau dans la foulée de la défaite référendaire de 1995, le Bloc québécois avait été déstabilisé: la succession n'avait pas été assurée causant une période de déchirements internes.
Les contacts avec André Boisclair se poursuivaient hier. L'ancien ministre, parti l'année dernière étudier à Harvard aux États-Unis, a récemment été recruté à Toronto par la firme de consultants McKenzie. Reconnu comme un habile débatteur, M. Boisclair a été élu à 23 ans en 1989. S'il a une expérience des fonctions ministérielles, il n'a toutefois jamais dirigé une équipe; le Bloc serait l'occasion de démontrer ses capacités.
Certains adeptes de M. Boisclair croient plutôt qu'il doit offrir ses services au Parti québécois et tenter sa chance pour succéder à Bernard Landry. André Boisclair n'a pu être joint hier.
Du côté du Bloc québécois, on n'exclut pas la venue de M. Boisclair à Ottawa, même si on reste très prudent sur cette possibilité. Pour Pierre Paquette, député bloquiste et proche de Gilles Duceppe, «l'idée que M. Boisclair se présente est envisageable», puisqu'il est un «candidat de valeur». Présenté régulièrement comme un successeur possible à la tête du Bloc, Pierre Paquette affirme toutefois ne pas avoir entendu parler concrètement du tandem Duceppe-Boisclair.
Il juge d'ailleurs «très fantaisiste» d'imposer André Boisclair aux militants du Bloc. «Chaque parti a ses règles et, au Bloc, le chef doit être élu au suffrage universel des membres, dit-il. La décision leur appartient à eux, pas aux apparatchiks d'un parti. On ne peut pas imposer un chef.» Il souligne que tant M. Duceppe que M. Boisclair ne font «pas l'unanimité d'un côté ou de l'autre». «Au PQ, ce n'est pas tous les militants qui veulent avoir Duceppe et, au Bloc, il y a beaucoup de gens qui veulent le garder», dit-il.
Plusieurs députés bloquistes réfléchissent aussi à la succession de Gilles Duceppe et à l'impact de son départ sur la scène fédérale. «Le front politique souverainiste à Ottawa est maintenant aussi important que celui de Québec. Est-ce qu'on va déshabiller Paul pour habiller Pierre? On peut se poser la question. La perte d'un chef du calibre de Gilles Duceppe serait une perte énorme», a souligné le député Richard Marceau sur les ondes de RDI, hier en fin de journée.
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