Des énormités relevées par Kroll
Au plus profond d'un océan de chiffres paradoxalement arides reposaient quelques énormités dans le rapport des juriscomptables de Kroll, Lindquist Avey. Le Devoir en a repêché quelques-unes, sans égard à leur valeur, pour le simple luxe de les contempler.
- Le ministère des Travaux publics a réalisé plusieurs concours de sélection d'agences au fil des ans, l'évaluation donnant lieu à des résultats étonnants. En 1997, dix agences ont été retenues. En mai 2001, cinq agences encore se partageaient le gâteau. Le commissaire John Gomery s'est étonné à plusieurs reprises au cours des dernières semaines de ces concours où il n'y avait que des gagnants, et pas de perdants.
- Des contrats accordés sous le couvert d’activités de publicité ont été considérés par les agences de publicité comme des contrats de commandite et facturés comme tels, commission à la clef. C’est notamment le cas d’un contrat de Santé Canada de 150 000 $ accordé à Jean Lafleur, sur lequel le publicitaire a réclamé une commission de 15 % (22 000 $), ou encore un contrat de 200 000 $ pour la campagne «J’arrête, j’y gagne», pour laquelle Groupaction a perçu une commission de 12 % (24 000 $).
- Dans l’échantillon de contrats de publicité passés en revue par Kroll, plus de la moitié des services ont été rendus par des sous-traitants non nommés, pour un total de 26 millions de dollars.
- La sous-traitance s’avérait fort rentable pour les publicitaires. En janvier 1998, Gilles-André Gosselin a touché une commission de 90 000 $ sans rien faire dans le cadre d’un projet de commandite de 1,1 million d’Industrie Canada. Il a refilé tout le boulot à Cossette.
- De 1996 à 2000, Jean Lafleur a facturé 99,99 % des budgets disponibles pour des contrats représentant 42,7 millions, ne laissant pas un cent de fonds publics sur la table.
- Toujours chez Lafleur, des commandites allouées à l’Encyclopédie du Canada, aux Expos, au Grand Prix de Formule 1 et au 125e anniversaire de la GRC ont généré le paiement de commissions de 12 % représentant près de un million de dollars. Bien que ces commissions couvraient les coûts de production, Lafleur a quand même facturé un million en honoraires supplémentaires. Gosselin a adopté la même philosophie de gestion en percevant sur six projets des commissions de 368 359 $ en sus d’honoraires de 1,6 million.
- Dans le cadre de la tournée du Bluenose, Gilles-André Gosselin a payé ses employés entre 12 et 17 $ l’heure, Jean Lafleur entre 125 et 150 $. Sur la facture expédiée aux Travaux publics, il a augmenté les montants de 99 % dans le cas de ses employés et de 138 % dans le cas de Lafleur. La production d’articles promotionnels lui donnait aussi l’occasion de percevoir des marges bénéficiaires de 96 %, sans égard au travail accompli, avant de refiler la note à l’État.
- Par l’intermédiaire de Groupaction, le gouvernement a acheté des pages de publicité dans l’Almanach du peuple payées en moyenne 4500 $ la page, pour un total de 525 000 $, soit six fois plus que le prix par page payé par le gouvernement du Québec. La dépense a notamment permis de mettre en valeur les ministres libéraux issus du Québec, dont Alfonso Gagliano. Polygone/Expour, l’entreprise qui édite l’Almanach, a aussi bénéficié de 15,9 millions pour des capsules radio d’une ineffable banalité.
- Le gouvernement a versé deux commandites totalisant 841 738 $ à Polygone/Expour plus des commissions de 126 262 $ à Groupaction pour deux salons de plein air qui n’ont jamais eu lieu. La visibilité offerte au fédéral dans des salons régionaux pour compenser cet échec vaut à peine plus de 5000 $.
- Alors que la presse avait évalué entre 1 et 1,5 million les contributions au PLC réalisées par Jean Brault, les enquêteurs de Kroll ont arrêté ce retour d’ascenseur à 1,7 million, en incluant notamment une somme de 812 065 $ à Comsar, 430 370 $ à Pluri-Design (l’agence de Jacques Corriveau) et 153 481 $ au lobbyiste libéral Alain Renaud. Les dons en liquide, estimés à près de 150 000 $, n’ont pas été pris en considération.
- En recourant à ses nombreuses filiales comme sous-traitants, Everest a pu dégager des marges brutes de 67 % sur la production d’articles promotionnels, dont le coût est passé de 80 603 $ à 243 314 $ dans un cas particulier, lorsque le ministère des Travaux publics a reçu la note. La complexité de la structure de propriété d’Everest a compliqué le travail de Kroll.
- Paul Coffin a réussi le tour de force de facturer 1,3 million en honoraires au gouvernement, bien que son entreprise ne détenait aucun instrument de mesure du temps travaillé jusqu’à 2001. Coffin a aussi réclamé en double le paiement d’un contrat exécuté en sous-traitance par Éminence grise, pour un montant de quelque 50 000 $.
- Pour toutes les agences passées en revue par les experts de Kroll, des données importantes, comme des bilans financiers d’une année entière, manquaient à l’appel.
- Le ministère des Travaux publics a réalisé plusieurs concours de sélection d'agences au fil des ans, l'évaluation donnant lieu à des résultats étonnants. En 1997, dix agences ont été retenues. En mai 2001, cinq agences encore se partageaient le gâteau. Le commissaire John Gomery s'est étonné à plusieurs reprises au cours des dernières semaines de ces concours où il n'y avait que des gagnants, et pas de perdants.
- Des contrats accordés sous le couvert d’activités de publicité ont été considérés par les agences de publicité comme des contrats de commandite et facturés comme tels, commission à la clef. C’est notamment le cas d’un contrat de Santé Canada de 150 000 $ accordé à Jean Lafleur, sur lequel le publicitaire a réclamé une commission de 15 % (22 000 $), ou encore un contrat de 200 000 $ pour la campagne «J’arrête, j’y gagne», pour laquelle Groupaction a perçu une commission de 12 % (24 000 $).
- Dans l’échantillon de contrats de publicité passés en revue par Kroll, plus de la moitié des services ont été rendus par des sous-traitants non nommés, pour un total de 26 millions de dollars.
- La sous-traitance s’avérait fort rentable pour les publicitaires. En janvier 1998, Gilles-André Gosselin a touché une commission de 90 000 $ sans rien faire dans le cadre d’un projet de commandite de 1,1 million d’Industrie Canada. Il a refilé tout le boulot à Cossette.
- De 1996 à 2000, Jean Lafleur a facturé 99,99 % des budgets disponibles pour des contrats représentant 42,7 millions, ne laissant pas un cent de fonds publics sur la table.
- Toujours chez Lafleur, des commandites allouées à l’Encyclopédie du Canada, aux Expos, au Grand Prix de Formule 1 et au 125e anniversaire de la GRC ont généré le paiement de commissions de 12 % représentant près de un million de dollars. Bien que ces commissions couvraient les coûts de production, Lafleur a quand même facturé un million en honoraires supplémentaires. Gosselin a adopté la même philosophie de gestion en percevant sur six projets des commissions de 368 359 $ en sus d’honoraires de 1,6 million.
- Dans le cadre de la tournée du Bluenose, Gilles-André Gosselin a payé ses employés entre 12 et 17 $ l’heure, Jean Lafleur entre 125 et 150 $. Sur la facture expédiée aux Travaux publics, il a augmenté les montants de 99 % dans le cas de ses employés et de 138 % dans le cas de Lafleur. La production d’articles promotionnels lui donnait aussi l’occasion de percevoir des marges bénéficiaires de 96 %, sans égard au travail accompli, avant de refiler la note à l’État.
- Par l’intermédiaire de Groupaction, le gouvernement a acheté des pages de publicité dans l’Almanach du peuple payées en moyenne 4500 $ la page, pour un total de 525 000 $, soit six fois plus que le prix par page payé par le gouvernement du Québec. La dépense a notamment permis de mettre en valeur les ministres libéraux issus du Québec, dont Alfonso Gagliano. Polygone/Expour, l’entreprise qui édite l’Almanach, a aussi bénéficié de 15,9 millions pour des capsules radio d’une ineffable banalité.
- Le gouvernement a versé deux commandites totalisant 841 738 $ à Polygone/Expour plus des commissions de 126 262 $ à Groupaction pour deux salons de plein air qui n’ont jamais eu lieu. La visibilité offerte au fédéral dans des salons régionaux pour compenser cet échec vaut à peine plus de 5000 $.
- Alors que la presse avait évalué entre 1 et 1,5 million les contributions au PLC réalisées par Jean Brault, les enquêteurs de Kroll ont arrêté ce retour d’ascenseur à 1,7 million, en incluant notamment une somme de 812 065 $ à Comsar, 430 370 $ à Pluri-Design (l’agence de Jacques Corriveau) et 153 481 $ au lobbyiste libéral Alain Renaud. Les dons en liquide, estimés à près de 150 000 $, n’ont pas été pris en considération.
- En recourant à ses nombreuses filiales comme sous-traitants, Everest a pu dégager des marges brutes de 67 % sur la production d’articles promotionnels, dont le coût est passé de 80 603 $ à 243 314 $ dans un cas particulier, lorsque le ministère des Travaux publics a reçu la note. La complexité de la structure de propriété d’Everest a compliqué le travail de Kroll.
- Paul Coffin a réussi le tour de force de facturer 1,3 million en honoraires au gouvernement, bien que son entreprise ne détenait aucun instrument de mesure du temps travaillé jusqu’à 2001. Coffin a aussi réclamé en double le paiement d’un contrat exécuté en sous-traitance par Éminence grise, pour un montant de quelque 50 000 $.
- Pour toutes les agences passées en revue par les experts de Kroll, des données importantes, comme des bilans financiers d’une année entière, manquaient à l’appel.
- » kroll
Haut de la page

