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Décès de quatre policiers de la GRC en Alberta - McLellan réclame plus de sévérité contre le «fléau» de la culture de marijuana

5 mars 2005  Canada
«En un sens, je crois qu’il est temps que le système judiciaire réfléchisse aux conséquences de la dure réalité de la culture intensive [de cannabis] sur les communautés et sur la société», a noté Mme McLellan lors d’un point de presse hi
Photo : Agence Reuters
«En un sens, je crois qu’il est temps que le système judiciaire réfléchisse aux conséquences de la dure réalité de la culture intensive [de cannabis] sur les communautés et sur la société», a noté Mme McLellan lors d’un point de presse hi
Ottawa — Au lendemain de la tragédie qui a coûté la vie à quatre policiers qui tentaient de perquisitionner un site de production de marijuana à grande échelle en Alberta, la ministre de la Sécurité publique, Anne McLellan, a laissé entendre qu'il était temps que les juges se montrent sévères à l'endroit des trafiquants et producteurs de cannabis.

Décrivant la culture intensive de marijuana comme un «fléau», la ministre McLellan a fait valoir que ce problème concerne la société dans son ensemble et qu'il faut le prendre au sérieux.

«En un sens, je crois qu'il est temps que le système judiciaire réfléchisse aux conséquences de la dure réalité de la culture intensive [de cannabis] sur les communautés et sur la société», a noté Mme McLellan lors d'un point de presse hier.

Cette réflexion devrait se refléter dans les sentences imposées, a-t-elle poursuivi, notant que le projet de loi devant les Communes tient compte de cette dimension.

Le projet de loi en question, actuellement à l'étape de la deuxième lecture, vise à décriminaliser la possession de petites quantités de cannabis. En parallèle, la mesure durcit les infractions liées au trafic et à la culture de plusieurs plants de marijuana. Le projet de loi vise notamment les cultures à grande échelle en doublant les sentences qui seraient imposées aux personnes s'adonnant à de telles activités, de plus en plus fréquentes au Canada.

La ministre McLellan a aussi souligné que le projet de loi obligerait les juges à expliquer leur raisonnement dans le cas où ils ne retiendraient pas une sentence d'emprisonnement lorsqu'il y aurait des circonstances aggravantes.

Le ministre de la Justice, Irwin Cotler, s'est dit ouvert à des modifications au projet de loi tout en gardant un ton prudent devant les journalistes qui mettaient en question la sévérité des pénalités proposées. Il ne faut pas oublier que le projet de loi durcit les pénalités, a-t-il observé.

«Le projet de loi a prévu ce fléau de la culture de marijuana, a déclaré M. Cotler. Ce projet de loi est-il assez sévère? C'est une partie de la stratégie.»

Cette stratégie vise non seulement à durcir l'approche envers les trafiquants mais aussi à allouer plus de ressources à la stratégie antidrogue. Et le ministre Cotler n'exclut pas la possibilité d'accorder plus de ressources financières aux forces policières.

«J'en ai discuté avec Mme McLellan et je suis d'avis qu'il faudrait peut-être plus de ressources pour combattre [le problème], plus d'argent», a dit M. Cotler.

Décriminalisation, pas légalisation

Malgré le décès des quatre policiers, tant Mme McLellan que son collègue de la Justice ont réitéré la volonté de leur gouvernement de décriminaliser la marijuana. Mais pas question de légaliser la substance, comme le suggère une résolution de l'Alberta débattue aujourd'hui même par les libéraux. «Ce gouvernement n'appuie pas du tout la légalisation de la marijuana, a fait valoir Mme McLellan. C'est très clair.»

Les partisans de la légalisation de la marijuana font valoir depuis longtemps qu'avec la légalisation, les problèmes de violence et de crime organisé seraient probablement enrayés.

À l'autre bout du spectre, d'autres soutiennent qu'il faut seulement serrer la vis davantage en durcissant les pénalités pour tous.

Mais hier, les tenants de chaque point de vue ont dit vouloir éviter de faire de la politique à partir d'un événement aussi tragique.

Marc Boris Saint-Maurice, l'ancien chef du Parti marijuana et maintenant un libéral converti, s'est contenté de souligner le parallèle avec l'alcool.

«Historiquement, on a vu qu'à l'époque de la prohibition aux États-Unis, Al Capone utilisait la violence de façon incroyable pour contrôler le marché. Aujourd'hui, on a un marché légal d'alcool et il n'y a pas de violence pour contrôler ce marché. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas la même chose pour la marijuana.»

Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a pour sa part souligné qu'il y a toujours des pressions pour des actions immédiates et radicales lorsqu'une tragédie semblable survient mais qu'il s'agissait dans ce cas d'un homme dangereux et perturbé. En ce sens, il aurait été difficile de prévenir ce genre d'incident.
«En un sens, je crois qu’il est temps que le système judiciaire réfléchisse aux conséquences de la dure réalité de la culture intensive [de cannabis] sur les communautés et sur la société», a noté Mme McLellan lors d’un point de presse hi Les résidants de Mayerthorpe ont aménagé un sanctuaire de fortune en l’honneur des quatre membres de la GRC tués jeudi.
 






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