Paul Martin doit défendre le mariage gai en Inde
19 janvier 2005
Canada
New Delhi — Le dossier controversé du mariage gai a rattrapé le premier ministre Paul Martin en Inde, hier, alors qu'il était confronté par les journalistes aux positions radicales du leader spirituel de la religion sikhe.
Deux jours à peine avant l'arrivée de M. Martin à New Delhi, le leader spirituel a enjoint à ses fidèles du monde entier de rejeter la légalisation du mariage de conjoints de même sexe, comme le proposent les libéraux de M. Martin.
Ce décret sans précédent de Joginder Singh Vedanti — qu'un député libéral sikh a comparé au pape — fait suite au débat passionné qui a occupé la presse indienne, où certains ont supputé que M. Martin avait annulé une visite prévue au Temple d'or d'Amritsar à cause des implications politiques de la controverse.
M. Martin a dû prendre la défense du projet de loi, hier, après un entretien avec le premier ministre indien Manmohan Singh. «Je voudrais souligner que nous sommes un pays de minorités ethniques et religieuses, a dit M. Martin en réponse à une question sur la controverse, en conférence de presse. Et le but de la Charte des droits est de protéger les minorités [...] contre l'oppression de la majorité.»
M. Singh s'est refusé à commenter ce qu'il a qualifié de politique interne canadienne. Mais il ajoutait, malicieusement, qu'une loi sur le mariage gai, à son avis, «ne recevrait pas un grand appui» en Inde.
Des sources citées par le journal Amritsar Tribune auraient laissé entendre que M. Martin s'était fait déconseiller de visiter la ville sainte du sikhisme parce qu'il n'y serait pas bien accueilli. Une telle insulte «heurterait durement le Parti libéral parce que la plupart des sikhs qui l'appuient s'en détourneraient, à la lumière de la position adoptée par le clergé sikh», écrivait le journal. Les fonctionnaires canadiens nient carrément l'allégation.
Le ministre de la Santé, Ujjal Dossanjh, s'est rendu à Amritsar la semaine dernière pour expliquer les changements apportés aux plans de M. Martin, qui a décidé de faire une tournée des régions affectées par les tsunamis en Thaïlande et au Sri Lanka, ce qui a entraîné le retrait de son programme de trois escales initialement prévues en Inde, à l'extérieur de la capitale.
Selon un haut fonctionnaire, M. Dossanjh se serait fait dire par des leaders religieux que le premier ministre devrait plutôt se rendre à Phuket et au Sri Lanka. Mais le ministre a présenté sa visite au temple d'Amritsar sous un jour différent, affirmant aux journalistes qu'il y était allé à titre personnel.
À son avis, ajoutait-il, l'édit n'influencera pas les positions politiques des sikhs canadiens, que courtise activement le Parti libéral. «Le premier ministre Martin et [l'ex-] premier ministre Chrétien sont tous deux catholiques, et [la position] du Vatican contre le mariage gai ne les a pas influencés. Donc, aucune autre institution religieuse ne devrait avoir d'impact sur quiconque.»
Deux jours à peine avant l'arrivée de M. Martin à New Delhi, le leader spirituel a enjoint à ses fidèles du monde entier de rejeter la légalisation du mariage de conjoints de même sexe, comme le proposent les libéraux de M. Martin.
Ce décret sans précédent de Joginder Singh Vedanti — qu'un député libéral sikh a comparé au pape — fait suite au débat passionné qui a occupé la presse indienne, où certains ont supputé que M. Martin avait annulé une visite prévue au Temple d'or d'Amritsar à cause des implications politiques de la controverse.
M. Martin a dû prendre la défense du projet de loi, hier, après un entretien avec le premier ministre indien Manmohan Singh. «Je voudrais souligner que nous sommes un pays de minorités ethniques et religieuses, a dit M. Martin en réponse à une question sur la controverse, en conférence de presse. Et le but de la Charte des droits est de protéger les minorités [...] contre l'oppression de la majorité.»
M. Singh s'est refusé à commenter ce qu'il a qualifié de politique interne canadienne. Mais il ajoutait, malicieusement, qu'une loi sur le mariage gai, à son avis, «ne recevrait pas un grand appui» en Inde.
Des sources citées par le journal Amritsar Tribune auraient laissé entendre que M. Martin s'était fait déconseiller de visiter la ville sainte du sikhisme parce qu'il n'y serait pas bien accueilli. Une telle insulte «heurterait durement le Parti libéral parce que la plupart des sikhs qui l'appuient s'en détourneraient, à la lumière de la position adoptée par le clergé sikh», écrivait le journal. Les fonctionnaires canadiens nient carrément l'allégation.
Le ministre de la Santé, Ujjal Dossanjh, s'est rendu à Amritsar la semaine dernière pour expliquer les changements apportés aux plans de M. Martin, qui a décidé de faire une tournée des régions affectées par les tsunamis en Thaïlande et au Sri Lanka, ce qui a entraîné le retrait de son programme de trois escales initialement prévues en Inde, à l'extérieur de la capitale.
Selon un haut fonctionnaire, M. Dossanjh se serait fait dire par des leaders religieux que le premier ministre devrait plutôt se rendre à Phuket et au Sri Lanka. Mais le ministre a présenté sa visite au temple d'Amritsar sous un jour différent, affirmant aux journalistes qu'il y était allé à titre personnel.
À son avis, ajoutait-il, l'édit n'influencera pas les positions politiques des sikhs canadiens, que courtise activement le Parti libéral. «Le premier ministre Martin et [l'ex-] premier ministre Chrétien sont tous deux catholiques, et [la position] du Vatican contre le mariage gai ne les a pas influencés. Donc, aucune autre institution religieuse ne devrait avoir d'impact sur quiconque.»
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