Commission Gomery - Un appel d'offres arrangé avec le gars des Postes
19 janvier 2005
Canada
Ottawa — Un appel d'offres pour sélectionner des agences de publicité aurait été trafiqué pour que les résultats du concours soient conformes aux voeux des dirigeants de la Société canadienne des postes (SCP), a tenté de démontrer le procureur de la Commission d'enquête sur les commandites, hier.
La version de Bernard Roy, le procureur en chef de la commission Gomery, s'est néanmoins heurtée à celle d'Alain Guilbert, le vice-président des communications de la SCP, qui a maintenu n'être jamais intervenu pour influencer le cours du processus.
M. Guilbert, qui témoignait hier devant la commission, ne nie pas avoir rencontré, en mars 2001, des employées du service d'approvisionnement pour discuter des finalistes du concours. Il fait cependant une distinction entre une «direction» et une «indication».
«Je leur ai donné des indications, a lâché M. Guilbert d'un ton exaspéré. Je ne leur ai pas dit qu'il fallait absolument les choisir. Je leur ai donné des indications.»
Les soupçons de la commission découlent de certaines modifications apportées en cours de route au processus d'appel d'offres. D'abord formulé en fonction de trouver les meilleures agences pour l'organisation d'événements, l'appel d'offres sera modifié, à la demande du président André Ouellet, pour inclure également l'organisation de lancements de timbres.
Ces lancements étaient la spécialité de trois agences en particulier qui s'acquittaient de ce travail depuis des années: Lafleur Communications, Gervais Gagnon Covington (GGC) et Tremblay-Guittet Communication (TGC).
«En ajoutant les lancements de timbres à l'appel d'offres, est-ce qu'on ne venait pas, par le fait même, favoriser ces trois firmes qui étaient les seules à avoir l'expertise dans le lancement de timbre?», a questionné Me Roy.
«C'est votre interprétation», a répliqué M. Guilbert.
Des documents déposés par la commission indiquent qu'après l'évaluation préliminaire du service d'approvisionnement, seul Lafleur Communications se classe parmi les quatre meilleures agences. Ces résultats sont alors discutés avec M. Guilbert, qui soutient n'avoir donné aucune direction.
Un peu plus de deux mois plus tard, l'évaluation finale est bien différente de l'évaluation préliminaire. Les trois agences en question terminent au deuxième, troisième et quatrième rang, et sont retenues par la SCP qui avait prévu retenir les quatre meilleurs résultats.
«C'est quoi l'utilité de tenir un concours, une soumission, un appel d'offres, si on n'accepte pas les meilleurs résultats comme les gagnants?», n'a pu s'empêcher de commenter le juge John Gomery.
La commission sur le scandale des commandites n'est pas la seule à montrer du doigt cette façon de faire. Dans un rapport rendu public en juillet, les vérificateurs de Deloitte Touche concluaient que, dans trois appel d'offres en particulier, M. Ouellet était intervenu pour influencer le processus ou l'issue de l'exercice.
La version de Bernard Roy, le procureur en chef de la commission Gomery, s'est néanmoins heurtée à celle d'Alain Guilbert, le vice-président des communications de la SCP, qui a maintenu n'être jamais intervenu pour influencer le cours du processus.
M. Guilbert, qui témoignait hier devant la commission, ne nie pas avoir rencontré, en mars 2001, des employées du service d'approvisionnement pour discuter des finalistes du concours. Il fait cependant une distinction entre une «direction» et une «indication».
«Je leur ai donné des indications, a lâché M. Guilbert d'un ton exaspéré. Je ne leur ai pas dit qu'il fallait absolument les choisir. Je leur ai donné des indications.»
Les soupçons de la commission découlent de certaines modifications apportées en cours de route au processus d'appel d'offres. D'abord formulé en fonction de trouver les meilleures agences pour l'organisation d'événements, l'appel d'offres sera modifié, à la demande du président André Ouellet, pour inclure également l'organisation de lancements de timbres.
Ces lancements étaient la spécialité de trois agences en particulier qui s'acquittaient de ce travail depuis des années: Lafleur Communications, Gervais Gagnon Covington (GGC) et Tremblay-Guittet Communication (TGC).
«En ajoutant les lancements de timbres à l'appel d'offres, est-ce qu'on ne venait pas, par le fait même, favoriser ces trois firmes qui étaient les seules à avoir l'expertise dans le lancement de timbre?», a questionné Me Roy.
«C'est votre interprétation», a répliqué M. Guilbert.
Des documents déposés par la commission indiquent qu'après l'évaluation préliminaire du service d'approvisionnement, seul Lafleur Communications se classe parmi les quatre meilleures agences. Ces résultats sont alors discutés avec M. Guilbert, qui soutient n'avoir donné aucune direction.
Un peu plus de deux mois plus tard, l'évaluation finale est bien différente de l'évaluation préliminaire. Les trois agences en question terminent au deuxième, troisième et quatrième rang, et sont retenues par la SCP qui avait prévu retenir les quatre meilleurs résultats.
«C'est quoi l'utilité de tenir un concours, une soumission, un appel d'offres, si on n'accepte pas les meilleurs résultats comme les gagnants?», n'a pu s'empêcher de commenter le juge John Gomery.
La commission sur le scandale des commandites n'est pas la seule à montrer du doigt cette façon de faire. Dans un rapport rendu public en juillet, les vérificateurs de Deloitte Touche concluaient que, dans trois appel d'offres en particulier, M. Ouellet était intervenu pour influencer le processus ou l'issue de l'exercice.
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