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Le chômeur vache à lait

Manon Cornellier   24 novembre 2004  Canada
Une fois n'était pas assez. Ni trois, ni quatre. Il a encore fallu hier que la vérificatrice générale, Sheila Fraser, revienne sur la litigieuse question du surplus du compte de l'assurance-emploi et répète dans son rapport que «le gouvernement n'a pas respecté l'esprit de la Loi sur l'assurance-emploi». Cela fait plus de cinq ans qu'elle s'en inquiète, dans ses rapports comme dans les comptes publics.
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    24 novembre 2004 23 h 32
    Ottawa doit 46 milliards aux petits travailleurs
    Malgré que le titre de l'article de Manon Cornellier fausse la réalité du problème des surplus de l'assurance-emploi, le texte, lui, vise assez juste. Ce ne sont pas les chômeurs qui se font taxer à la place des riches de la société mais bien les petits travailleurs, ceux qui gagnent moins de 40,000$ par an.

    Il est vrai que les employeurs cotisent 1.4 fois le montant des employés, mais, quand on y pense, c'est la même clientèle. En effet, c'est une taxe reliée aux emplois pour les 40,000 premiers dollars. C'est un coût direct lié au salaire, affectant particulièrement les emplois à revenus modestes. À l'opposé, tous ceux qui ont soit de gros salaires, soit des revenus de travail autonome, de placements, de dividendes corporatifs échappent en grande partie à cet impôt déguisé destiné aux pauvres.

    Je dis que c'est un impôt déguisé réservé aux pauvres car c'est ainsi que le fédéral utilise ce programme depuis au moins 5 ans pour y puiser plusieurs milliards à chaque année pour réduire une partie de la dette que les riches n'auront jamais à payer. Mais, comme le souligne Mme Cornellier, les règles comptables lui permettent de mêler l'argent perçu aux autres revenus du gouvernement, mais seulement dans la mesure où une réserve est créée pour affronter des récessions économiques cycliques.

    Ottawa n'a pas la légitimité pour s'approprier définitivement les revenus de ce programme "d'assurance" financé à 100% par les salariés et leurs employeurs. Aussi, le temps approche où l'hypocrisie devra cesser et Ottawa devra rembourser sa dette aux travailleurs en faisant ce qu'il a tardé à faire de façon effrontée malgré les récriminations de la vérificatrice générale depuis les 5 dernières années: baisser les cotisations surtout et ensuite améliorer les conditions des chômeurs qu'il avait charcutées à l'origine dans sa crainte que les coûts deviennent hors de contrôle.

    La position de minoritaire du gouvernement Martin doit être l'élément déclencheur pour le faire passer à la caisse. Que les partis d'opposition présentent un projet de loi pour régler ce problème une fois pour toutes et qu'ils le fassent passer quitte à passer sur le corps des libéraux. Martin jouera-t-il son gouvernement pour s'accrocher désespérément à une cause aussi méprisable que d'engranger des surplus sur le dos des plus pauvres parmi les travailleurs du pays ? S'il le fait, je ne donne pas cher de sa peau.

    Jeannot Vachon
    Comptable
    Québec
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    25 novembre 2004 23 h 23
    Les surplus appartiennent-ils aux chômeurs ou aux travailleurs?
    Qui a payé cette assurance et qui devrait bénéficier de ces surplus? La réponse est évidente. Lorsque des millions de personnes cotisent trop pour un montant assuré dans un programme public, il n'y a aucune raison pour que, pour épuiser les surplus, on double les revenus des bénéficiaires qui encaissent des prestations d'assurance . Redonnons donc aux travailleurs ce qu'ils ont payé en trop.

    L'idée de Paul Martin, en période électorale, de subventionner les travailleurs saisonniers pourrait avoir du sens, mais ce sont les gagne-petit qui paieraient la note alors que les contribuables aisés s'en tirent en majeure partie. Quand on parle d'assurance, n'est-il pas injuste que des assurés soient sûrs d'être gagnants alors que pour d'autres c'est exactement l'inverse et ils sont obligés de cotiser?

    En réalité le gouvernement vole les travailleurs à faible revenu de 2 façons. D'abord il recueille trop d'argent des cotisations, ce qui en fait un impôt déguisé. Ensuite il oblige ces travailleurs à subventionner les industries saisonnières et les régions pauvres du pays. Avec la caisse de l'assurance-emploi, on prévoit subventionner aussi des congés parentaux qui ne sont pas un risque à assurer mais une décision planifiée. Il pourra se greffer de nombreux projets similaires dans le futur tant quer la caisse d'assurance-emploi aura des surplus.

    Ces causes sont nobles, j'en conviens, mais pourquoi les petits travailleurs doivent-ils en porter le poids ? Parce que ce sont des gens proches de leur classe sociale qui en profitent ?

    Cet impôt spécial coûte aussi cher à un travailleur à 40,000 qu'à un médecin salarié qui en gagnerait 200,000. Celui qui gagne 20,000 par an est sous le seuil de la pauvreté. Même s'il doit faire vivre une femme et 2 enfants et qu'il gagne 10 fois moins que ce médecin, il devra cotiser un montant égal à 50% de la cotisation de celui-là, non pas pour un coût d'assurance, mais pour une faible partie d'assurance et une majeure partie d'impôt spécial à verser en subventions à différents groupes. Pourquoi ce fardeau fiscal n'est-il pas réparti équitablement à l'ensemble de la population en fonction des revenus de chacun?

    Pour qu'il y ait équité, il faudrait 2 sortes d'assurance-emploi, une pour les cotiseurs stables et une autre pour les récidivistes du chômage ou pour ceux qui profitent de telles subventions déguisées. L'une qu'on pourrait appeler l'assurance-emploi saisonnier coûterait plus cher en primes et rapporterait moins en prestations et ce serait l'inverse pour l'assurance emploi régulière.

    On plaide toujours que le privé gère mieux ses affaires que le gouvernement. Celui qui fait plusieurs réclamations d'assurance régulière s'apperçoit vite que sa prime augmente de façon exponentielle. Le privé ne facture pas les uns pour subventionner les autres, sauf en termes de risque. À risque égal, prime égale, mais si le risque augmente pour un groupe, c'est ce groupe qui paie et non l'ensemble des clients.

    Si j'ai une sécurité d'emploi, pourquoi je paierais aussi cher mais à l'année longue qu'un travailleur saisonnier qui sera régulièrement en chômage 8 mois sur 12?

    Si le gouvernement tient à soutenir les régions pauvres et les industries saisonnières, qu'il en fasse partager le poids à tous les contribuables. Ceux qui profitent de ce systême doivent s'attendre à payer doublement autant au niveau des primes qu'à celui des prestations. S'ils ont choisi de vivre dans une région pauvre ou de travailler dans une industrie pauvre, ils doivent en assumer les conséquences, plutôt que de profiter du fait que le gouvernement a trop perçu de primes pour essayer d'en soutirer un peu plus, non pas du gouvernement, mais des gagne-petits qui, à la fin, paient la facture.

    Avec cette solution on en arriverait à l'inverse de ce qui se passe actuellement. Le gouvernement, via l'ensemble des impôts perçus, couvrirait les pertes encourues par l'assurance-emploi saisonnier, alors que l'autre serait autonome, ni en surplus ni déficitaire, du moins sur l'horizon d'un cycle économique.

    De plus, avec les économies réalisées et le capital d'assurance rapatrié vers son but initial, le gouvernement pourrait offrir des conditions plus avantageuses, en termes de stabilité du revenu pour les emplois saisonniers, plutôt que d'emprisonner les chômeurs dans des règles impossibles comme il l'a fait depuis plusieurs années.


    Jeannot Vachon
    Comptable
    Québec
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  • Jeannot Vachon - Inscrit
    27 novembre 2004 23 h 52
    Et si Ottawa nous devait plutôt 60 milliards ?
    Paul Martin est vraiment en train de mettre son gouvernement dans le trouble avec la caisse de l'assurance-emploi. Il devra passer à la caisse un jour ou l'autre. Ces fonds accumulés ne peuvent remplacer l'impôt que l'ensemble des contribuables, incluant les riches, doivent payer pour rembourser la dette du pays.

    À court terme, ça fonctionne, comme un gestionnaire qui utilise à son profit le fonds de roulement d'un programme qu'il administre. Paul Martin s'est fait au fil des années une spécialité du mensonge comptable, en présentant des budgets faussés par une prudence excessive et non nécessaire. De même il a accumulé des fonds beaucoup trop élevés en primes d'assurance-emploi pour s'approprier le fonds de roulement de cette caisse. Mais voilà, la caisse n'appartient pas au gouvernement. Il n'en est que le gestionnaire. Aura-t-il le courage politique de voter une loi pour s'approprier définitivement ces surplus? Sûrement pas en tant que gouvernement minoritaire et même dans un mandat majoritaire, le débat qui s'ensuivrait lui ferait perdre de nombreuses plumes.

    J'ai plutôt peur qu'il se mette à distribuer ces surplus en bonbons électoraux comme il a tenté de le faire dans la dernière campagne, mais ce serait immoral.

    Non! Non seulement la caisse doit être vidée au profit de ceux qui l'ont payé, ou du moins au profit de ceux qui paient actuellement, les travailleurs et employeurs du pays, mais des intérêts devraient être comptabilisés à l'acquis de la caisse, puisque Ottawa utilise ces fonds pour diminuer le coût de sa dette. Comme pour tout programme dont on est le gestionnaire, on ne peut honnêtement détourner les fonds à son profit sans y contribuer d'une juste compensation.

    Laisserait-on le Gouvernement s'approprier le rendement de nos cotisations de retraite? Cela n'aurait aucun sens. Alors pourquoi ramasse-t-il le rendement d'un fonds payé par nous devant servir à défrayer des hauts coûts de chômage dans une éventuelle récession importante qui ne vient jamais, alors que l'inflation gruge la valeur accumulée du fonds?

    Un calcul rapide de ma part, qui échelonne sur 10 ans l'accumulation des 46 milliards, ferait monter la note à plus de 60 milliards si on appliquait un taux de 6%, (ça semble élevé actuellement mais ce ne l'était pas au début de cette période). Même à 4%, on ramasserait près de 2 milliards de rendement annuel actuellement.

    Continuons à faire gonfler le fonds et peut-être qu'un jour il pourra être autonome et ne plus nécessiter de prime. Mais ne rêvons pas en couleur et prenons garde qu'on se réveille un beau matin, et que le fonds soit disparu et qu'il faille tout recommencer à zéro.



    Jeannot Vachon
    Comptable
    Québec
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