Commandites - Martin est-il intervenu pour le compte du Groupe Everest ?
Le procureur de la commission Gomery pose la question mais n'obtient pas de réponse
27 octobre 2004
Canada
Ottawa — Le premier ministre Paul Martin, à l'époque où il était ministre des Finances, aurait fait des démarches pour l'agence de publicité Groupe Everest, a laissé entendre hier le procureur de la commission Gomery, Bernard Roy.
Ses tentatives pour développer le sujet ont toutefois été contrecarrées, l'avocat du gouvernement du Canada s'objectant aux questions de M. Roy.
L'affrontement entre les deux avocats est survenu lorsque Me Roy interrogeait le témoin du jour, Andrée Larose, sur un contrat de 65 000 $ obtenu à l'automne 1995 par Groupe Everest, pour le compte du Bureau fédéral de développement régional, l'agence fédérale maintenant connue sous le nom de Développement économique Canada. De 1993 à 1996, M. Martin était ministre responsable de cette agence.
Le contrat de 65 000 $ alloué à Everest couvrait les frais de production d'annonces radiophoniques et de dépliants dans le cadre de la Semaine de la PME. En plus des frais de production, Ottawa a également déboursé 500 000 $ pour les coûts de placement des annonces dans les médias.
Le procureur en chef de la commission n'avait même pas fini de poser sa question au témoin, Andrée Larose, que l'avocat du gouvernement, Sylvain Lussier, bondissait pour s'opposer.
«Est-il à votre connaissance que la candidature du Groupe Everest avait fait l'objet de représentations de la part de M. Martin», a pu dire Me Roy avant de se faire interrompre par Me Lussier.
«Objection, a lancé le procureur du gouvernement. Il n'y a aucune preuve au dossier que M. Martin aurait fait des pressions quelconques [...] Quelle que soit la réponse que donnera Mme Larose à cette question-là, il va y avoir des conséquences.»
Lundi, l'avocat du gouvernement s'était aussi objecté au dépôt d'un document que voulait produire la Commission d'enquête sur le programme de commandites et les activités de publicité. Il ne fait aucun doute que le document est relié au sujet qui a suscité l'échange musclé entre les avocats, et il risque de placer M. Martin dans l'embarras.
Il s'agit d'une correspondance de 1994 entre M. Martin et Claude Boulay, président du Groupe Everest. M. Boulay est un supporteur de la première heure de M. Martin. Par exemple, lors de la course à la direction de 1990, il a participé à un comité de l'équipe Martin. Il a par la suite pris ses distances de cette équipe, semble-t-il après des divergences d'opinions sur la stratégie de communication.
«C'est précisément pour éviter de devoir déposer le document que je voulais d'abord savoir si le témoin savait si oui ou non il aurait pu y avoir quelque intervention auprès du Bureau fédéral [de développement régional] de la part de M. Martin», a fait valoir M. Roy.
Bien qu'il s'objecte à sa production pour l'instant, Me Lussier affirme que rien dans le document n'indique que le premier ministre serait intervenu dans ce dossier.
«Il n'y a eu aucune intervention de M. Martin dans le processus d'appel d'offres qui a donné lieu à la sélection du Groupe Everest pour le Bureau de développement régional», a noté Me Lussier en point de presse.
Le document demeure donc toujours hors d'accès du public.
«La décision de M. Roy est d'attendre que M. Martin et M. Boulay soient invités à venir comparaître ici comme témoin, et au moment opportun il va rendre publics les documents puisqu'il s'agit des deux personnes en question», a souligné François Perreault, porte-parole de la commission Gomery.
Ce n'est cependant pas demain la veille que le premier ministre se présentera devant le commissaire John Gomery. Les politiciens devraient être appelés à témoigner en début d'année prochaine, à Ottawa. Quant aux propriétaires d'agence, ils témoigneront à Montréal en mars ou en avril prochain.
Peu de détails
La campagne de publicité de la Semaine de la PME, qui s'est étirée d'octobre à novembre 1995 (donc en pleine campagne référendaire), a été financée par l'entremise du Fonds pour l'unité canadienne. Mme Larose n'a pu offrir d'explications, mais plus tôt en journée elle avait admis que «1995 n'était pas une année ordinaire».
La fonctionnaire, ancienne gestionnaire de la publicité au sein de l'équipe de Charles Guité, a servi pour une deuxième journée consécutive des réponses laconiques à la commission. Confrontée à des documents portant sa signature, elle a la plupart du temps soutenu ne pas se souvenir des détails.
Ses tentatives pour développer le sujet ont toutefois été contrecarrées, l'avocat du gouvernement du Canada s'objectant aux questions de M. Roy.
L'affrontement entre les deux avocats est survenu lorsque Me Roy interrogeait le témoin du jour, Andrée Larose, sur un contrat de 65 000 $ obtenu à l'automne 1995 par Groupe Everest, pour le compte du Bureau fédéral de développement régional, l'agence fédérale maintenant connue sous le nom de Développement économique Canada. De 1993 à 1996, M. Martin était ministre responsable de cette agence.
Le contrat de 65 000 $ alloué à Everest couvrait les frais de production d'annonces radiophoniques et de dépliants dans le cadre de la Semaine de la PME. En plus des frais de production, Ottawa a également déboursé 500 000 $ pour les coûts de placement des annonces dans les médias.
Le procureur en chef de la commission n'avait même pas fini de poser sa question au témoin, Andrée Larose, que l'avocat du gouvernement, Sylvain Lussier, bondissait pour s'opposer.
«Est-il à votre connaissance que la candidature du Groupe Everest avait fait l'objet de représentations de la part de M. Martin», a pu dire Me Roy avant de se faire interrompre par Me Lussier.
«Objection, a lancé le procureur du gouvernement. Il n'y a aucune preuve au dossier que M. Martin aurait fait des pressions quelconques [...] Quelle que soit la réponse que donnera Mme Larose à cette question-là, il va y avoir des conséquences.»
Lundi, l'avocat du gouvernement s'était aussi objecté au dépôt d'un document que voulait produire la Commission d'enquête sur le programme de commandites et les activités de publicité. Il ne fait aucun doute que le document est relié au sujet qui a suscité l'échange musclé entre les avocats, et il risque de placer M. Martin dans l'embarras.
Il s'agit d'une correspondance de 1994 entre M. Martin et Claude Boulay, président du Groupe Everest. M. Boulay est un supporteur de la première heure de M. Martin. Par exemple, lors de la course à la direction de 1990, il a participé à un comité de l'équipe Martin. Il a par la suite pris ses distances de cette équipe, semble-t-il après des divergences d'opinions sur la stratégie de communication.
«C'est précisément pour éviter de devoir déposer le document que je voulais d'abord savoir si le témoin savait si oui ou non il aurait pu y avoir quelque intervention auprès du Bureau fédéral [de développement régional] de la part de M. Martin», a fait valoir M. Roy.
Bien qu'il s'objecte à sa production pour l'instant, Me Lussier affirme que rien dans le document n'indique que le premier ministre serait intervenu dans ce dossier.
«Il n'y a eu aucune intervention de M. Martin dans le processus d'appel d'offres qui a donné lieu à la sélection du Groupe Everest pour le Bureau de développement régional», a noté Me Lussier en point de presse.
Le document demeure donc toujours hors d'accès du public.
«La décision de M. Roy est d'attendre que M. Martin et M. Boulay soient invités à venir comparaître ici comme témoin, et au moment opportun il va rendre publics les documents puisqu'il s'agit des deux personnes en question», a souligné François Perreault, porte-parole de la commission Gomery.
Ce n'est cependant pas demain la veille que le premier ministre se présentera devant le commissaire John Gomery. Les politiciens devraient être appelés à témoigner en début d'année prochaine, à Ottawa. Quant aux propriétaires d'agence, ils témoigneront à Montréal en mars ou en avril prochain.
Peu de détails
La campagne de publicité de la Semaine de la PME, qui s'est étirée d'octobre à novembre 1995 (donc en pleine campagne référendaire), a été financée par l'entremise du Fonds pour l'unité canadienne. Mme Larose n'a pu offrir d'explications, mais plus tôt en journée elle avait admis que «1995 n'était pas une année ordinaire».
La fonctionnaire, ancienne gestionnaire de la publicité au sein de l'équipe de Charles Guité, a servi pour une deuxième journée consécutive des réponses laconiques à la commission. Confrontée à des documents portant sa signature, elle a la plupart du temps soutenu ne pas se souvenir des détails.
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