Copps charge Martin
L'ex-ministre des Finances préférait l'équilibre budgétaire à la Loi canadienne sur la santé
22 octobre 2004
Canada
Ottawa — Paul Martin voulait mettre la Loi canadienne sur la santé au rancart lorsqu'il était ministre des Finances et qu'il concentrait ses efforts à réduire le déficit, soutient l'ancienne vice-première ministre libérale Sheila Copps dans un nouveau livre politiquement explosif.
Mme Copps, une proche de l'ex-premier ministre Jean Chrétien, battue par Paul Martin lors de la dernière course à la direction du Parti libéral du Canada, dit qu'elle a insisté pour que le budget de 1995 soit modifié à la dernière minute de façon à éviter que l'intention de M. Martin n'aille plus loin.
Le document comprenait le plan de M. Martin «pour mettre fin à la loi surannée sur la santé et la remplacer avec quelque chose de plus flexible après discussion avec les provinces», dit Mme Copps dans son livre Worth Fighting For, qui sortira en librairie au début de la semaine prochaine en anglais et au début de novembre dans sa version française, intitulée La Batailleuse.
Un porte-parole du bureau de Paul Martin a nié les allégations de Mme Copps.
«Toute suggestion au sujet de l'existence d'une proposition pour éliminer la Loi canadienne sur la santé reliée au budget de 1995 ou à M. Martin est incorrecte, a dit le porte-parole, Scott Reid. Il ne concevrait pas une telle proposition ni ne l'appuierait.»
Éliminer la loi sur la santé était une «carotte» fédérale que voulait faire miroiter M. Martin pour faciliter l'adoption des restrictions importantes en santé et dans les services sociaux, peut-on lire dans un extrait de trois pages anonymement envoyé à la Presse canadienne.
Le budget de 1995 a été un moment crucial pour le gouvernement libéral. Paul Martin avait promis cette année-là d'éliminer un déficit de 42 milliards de dollars.
La Loi canadienne sur la santé est la référence en matière de santé au Canada; elle garantit entre autres l'accès universel aux soins de santé et oblige les provinces à respecter des conditions afin de recevoir les milliards de dollars que le fédéral leur accorde pour financer leurs systèmes de santé.
Mme Copps dit avoir été sidérée de constater que M. Martin était prêt à entamer l'inviolabilité fédérale de l'assurance maladie.
«Lorsque j'ai vu la référence à la Loi canadienne sur la santé et la proposition de l'abolir, j'ai su que c'était de la dynamite politique.
«Qu'un gouvernement libéral fasse cela était une trahison de nos principes fondamentaux. Je suis allée voir M. Martin pour lui faire part de mes préoccupations, mais il en a fait fi, disant qu'il était trop tard parce que le budget était déjà parti pour l'imprimerie.»
En fait, les presses n'avaient pas encore fait leur travail et, appuyée par Jean Chrétien, Mme Copps dit avoir pu forcer le ministre des Finances de l'époque à réécrire le budget à la dernière minute.
La révélation ne devrait pas manquer de soulever plusieurs questions sur l'engagement de M. Martin vis-à-vis de l'assurance maladie.
Sheila Copps a dû quitter la politique fédérale de force plus tôt cette année après avoir perdu une lutte amère dans sa circonscription de Hamilton, en Ontario, contre l'actuel leader du gouvernement aux Communes, Tony Valeri.
Mme Copps, une proche de l'ex-premier ministre Jean Chrétien, battue par Paul Martin lors de la dernière course à la direction du Parti libéral du Canada, dit qu'elle a insisté pour que le budget de 1995 soit modifié à la dernière minute de façon à éviter que l'intention de M. Martin n'aille plus loin.
Le document comprenait le plan de M. Martin «pour mettre fin à la loi surannée sur la santé et la remplacer avec quelque chose de plus flexible après discussion avec les provinces», dit Mme Copps dans son livre Worth Fighting For, qui sortira en librairie au début de la semaine prochaine en anglais et au début de novembre dans sa version française, intitulée La Batailleuse.
Un porte-parole du bureau de Paul Martin a nié les allégations de Mme Copps.
«Toute suggestion au sujet de l'existence d'une proposition pour éliminer la Loi canadienne sur la santé reliée au budget de 1995 ou à M. Martin est incorrecte, a dit le porte-parole, Scott Reid. Il ne concevrait pas une telle proposition ni ne l'appuierait.»
Éliminer la loi sur la santé était une «carotte» fédérale que voulait faire miroiter M. Martin pour faciliter l'adoption des restrictions importantes en santé et dans les services sociaux, peut-on lire dans un extrait de trois pages anonymement envoyé à la Presse canadienne.
Le budget de 1995 a été un moment crucial pour le gouvernement libéral. Paul Martin avait promis cette année-là d'éliminer un déficit de 42 milliards de dollars.
La Loi canadienne sur la santé est la référence en matière de santé au Canada; elle garantit entre autres l'accès universel aux soins de santé et oblige les provinces à respecter des conditions afin de recevoir les milliards de dollars que le fédéral leur accorde pour financer leurs systèmes de santé.
Mme Copps dit avoir été sidérée de constater que M. Martin était prêt à entamer l'inviolabilité fédérale de l'assurance maladie.
«Lorsque j'ai vu la référence à la Loi canadienne sur la santé et la proposition de l'abolir, j'ai su que c'était de la dynamite politique.
«Qu'un gouvernement libéral fasse cela était une trahison de nos principes fondamentaux. Je suis allée voir M. Martin pour lui faire part de mes préoccupations, mais il en a fait fi, disant qu'il était trop tard parce que le budget était déjà parti pour l'imprimerie.»
En fait, les presses n'avaient pas encore fait leur travail et, appuyée par Jean Chrétien, Mme Copps dit avoir pu forcer le ministre des Finances de l'époque à réécrire le budget à la dernière minute.
La révélation ne devrait pas manquer de soulever plusieurs questions sur l'engagement de M. Martin vis-à-vis de l'assurance maladie.
Sheila Copps a dû quitter la politique fédérale de force plus tôt cette année après avoir perdu une lutte amère dans sa circonscription de Hamilton, en Ontario, contre l'actuel leader du gouvernement aux Communes, Tony Valeri.
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