Santé: Ottawa ne sera pas qu'un banquier
Le ministre Dosanjh exprime au Devoir ses attentes à l'égard des provinces
Ottawa — Le ministre fédéral de la Santé, Ujjal Dosanjh, espère que les premiers ministres provinciaux sortiront de leur rencontre sur la santé, qui débute aujourd’hui à Toronto, avec autre chose que leur proposition de programme fédéral d’assurance-médicaments. Car la population a des priorités supplémentaires, dit-il, et le gouvernement fédéral, de son côté, refuse de voir son rôle dans le domaine de la santé réduit à celui de bailleur de fonds d’un programme d’assurance-médicament.
«Une de mes craintes est que ce genre de proposition de programme national d’assurance-médicaments limite essentiellement le rôle du gouvernement fédéral à celui de payeur de prescriptions. Nous croyons que le gouvernement fédéral a un intérêt plus large et un rôle plus vaste à jouer. Le gouvernement du Canada a un intérêt et une obligation en tant que garant du système d’assurance-maladie et il doit par conséquent représenter cette vision nationale au moyen du genre de projet de réformes que nous proposons», a-t-il déclaré en entrevue au Devoir hier, à deux semaines de la conférence des premiers ministres fédéral et provinciaux sur la santé, qui doit avoir lieu à Ottawa du 13 au 15 septembre prochain.
M. Dosanjh aimerait que les premiers ministres se mettent davantage au diapason des Canadiens, dont la vision, à l’entendre, coïncide davantage avec celle du fédéral. «Les Canadiens disent très clairement que les listes d’attente sont une priorité, que les soins à domicile sont une priorité, que la protection contre les coûts catastrophiques des médicaments l’est aussi. L’obligation de rendre des comptes est quelque chose que la majorité des Canadiens souhaitent et j’espère que les premiers ministres vont examiner ce genre d’enjeu et se présenter à la table en faisant preuve de flexibilité et d’un esprit ouvert», a-t-il dit.
Il espère que «les premiers ministres ne suggéreront pas leur projet à leur projet d’assurance-médicaments fédéral en sortant de leur rencontre de Toronto ou qu’ils ne s’y en tiendront pas», avant de citer en exemple le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, qui a invité ses homologues à garder la tête froide et à ne pas s’accrocher à leur proposition dans le dossier de la santé.
Le ministre fédéral estime pour sa part qu’Ottawa a fait preuve de flexibilité en maintenant que les gouvernements devaient travailler ensemble et en présentant un plan à plusieurs volets qui servira de base aux discussions, lors de la conférence de septembre.
Il nie qu’Ottawa cherche à soumettre les provinces à des solutions uniformes. Il affirme «avoir l’esprit ouvert» et être prêt à entendre ce que les provinces ont à dire sur la position fédérale. Il répète cependant ses arguments contre leur idée d’assurance-médicament pancanadienne, qui, selon lui, «n’est pas une bonne politique publique».
Les premiers ministres provinciaux ont fait cette proposition à l’issue de leur rencontre du Conseil de la fédération, à la fin juillet. Les provinces, à l’exception du Québec, seraient prêtes à transférer à Ottawa leur programme d’assurance-médicaments et à utiliser les économies ainsi réalisées pour financer les réformes de leur système de santé respectif. Le Québec, pour sa part, recevrait sa part des fonds fédéraux.
Ottawa a rapidement rejeté cette idée, mais les provinces ne l’ont pas abandonnée. Elles ont même continué à la peaufiner. Après les ministres de la Santé et des Finances, c’est au tour des premiers ministres, aujourd’hui et demain, d’y travailler.
M. Dosanjh, lui, multiplie les objections, notant au passage que les premiers ministres ont accouché de cette idée après seulement deux ou trois jours de réunion «derrière des portes closes. Tel qu’il a été proposé, ce n’est pas un plan intégré. Il sépare les générateurs de coûts, qui sont essentiellement les hôpitaux, les médecins et les provinces, du payeur qui serait, dans leur plan, le gouvernement fédéral», dit-il.
Même s’il avoue ne pas connaître avec précision les lacunes des programmes provinciaux existants, M. Dosanjh soutient que la priorité doit être donnée à la mise en place d’une protection uniforme contre les coûts catastrophiques des médicaments. Il ajoute que cette protection doit s’inscrire dans un plan d’ensemble similaire à celui que son gouvernement propose.
Le plan fédéral prévoit des réinvestissements d’au moins neuf milliards sur cinq ans, dont quatre milliards pour réduire les listes d’attente dans cinq secteurs et deux milliards pour améliorer les soins à domicile. Ottawa propose aussi, mais sans chiffrer ses engagements, de s’attaquer aux soins de première ligne et aux coûts catastrophiques des médicaments.
Le fédéral insiste aussi pour que les provinces adoptent des critères communs pour mesurer les listes d’attente et évaluer les réformes, afin de pouvoir faire des rapports comparables à leur population respective. «Nous voulons être sûrs que l’argent que nous dépensons produit des résultats que les gens dans chaque province espèrent. Nous avons une obligation de nous assurer que l’argent que nous dépensons entraîne des résultats qui sont d’une certaine manière mesurables», dit-il.
La plupart des provinces avaient accueilli froidement la proposition fédérale, ce qui les avait amenées à présenter la leur, creusant ainsi un fossé avec Ottawa, à la veille de la conférence de la mi-septembre, et jetant un doute sur ses possibilités de succès. Ottawa a d’ailleurs modéré ses attentes depuis lors. Le premier ministre du Canada, Paul Martin, qui avait promis de faire durer la réunion aussi longtemps que nécessaire pour en arriver à un accord sur 10 ans qui serait en mesure d’assurer la viabilité du système pour une génération, a reconnu la semaine dernière qu’il faudrait peut-être plus d’une rencontre. M. Dosanjh avait fait le même constat.
La tâche sera d’autant plus compliquée que le premier ministre albertain, Ralph Klein, a prévu de n’assister qu’à la première journée de la rencontre, une décision que M. Dosanjh aimerait bien voir renversée.
«Une de mes craintes est que ce genre de proposition de programme national d’assurance-médicaments limite essentiellement le rôle du gouvernement fédéral à celui de payeur de prescriptions. Nous croyons que le gouvernement fédéral a un intérêt plus large et un rôle plus vaste à jouer. Le gouvernement du Canada a un intérêt et une obligation en tant que garant du système d’assurance-maladie et il doit par conséquent représenter cette vision nationale au moyen du genre de projet de réformes que nous proposons», a-t-il déclaré en entrevue au Devoir hier, à deux semaines de la conférence des premiers ministres fédéral et provinciaux sur la santé, qui doit avoir lieu à Ottawa du 13 au 15 septembre prochain.
M. Dosanjh aimerait que les premiers ministres se mettent davantage au diapason des Canadiens, dont la vision, à l’entendre, coïncide davantage avec celle du fédéral. «Les Canadiens disent très clairement que les listes d’attente sont une priorité, que les soins à domicile sont une priorité, que la protection contre les coûts catastrophiques des médicaments l’est aussi. L’obligation de rendre des comptes est quelque chose que la majorité des Canadiens souhaitent et j’espère que les premiers ministres vont examiner ce genre d’enjeu et se présenter à la table en faisant preuve de flexibilité et d’un esprit ouvert», a-t-il dit.
Il espère que «les premiers ministres ne suggéreront pas leur projet à leur projet d’assurance-médicaments fédéral en sortant de leur rencontre de Toronto ou qu’ils ne s’y en tiendront pas», avant de citer en exemple le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, qui a invité ses homologues à garder la tête froide et à ne pas s’accrocher à leur proposition dans le dossier de la santé.
Le ministre fédéral estime pour sa part qu’Ottawa a fait preuve de flexibilité en maintenant que les gouvernements devaient travailler ensemble et en présentant un plan à plusieurs volets qui servira de base aux discussions, lors de la conférence de septembre.
Il nie qu’Ottawa cherche à soumettre les provinces à des solutions uniformes. Il affirme «avoir l’esprit ouvert» et être prêt à entendre ce que les provinces ont à dire sur la position fédérale. Il répète cependant ses arguments contre leur idée d’assurance-médicament pancanadienne, qui, selon lui, «n’est pas une bonne politique publique».
Les premiers ministres provinciaux ont fait cette proposition à l’issue de leur rencontre du Conseil de la fédération, à la fin juillet. Les provinces, à l’exception du Québec, seraient prêtes à transférer à Ottawa leur programme d’assurance-médicaments et à utiliser les économies ainsi réalisées pour financer les réformes de leur système de santé respectif. Le Québec, pour sa part, recevrait sa part des fonds fédéraux.
Ottawa a rapidement rejeté cette idée, mais les provinces ne l’ont pas abandonnée. Elles ont même continué à la peaufiner. Après les ministres de la Santé et des Finances, c’est au tour des premiers ministres, aujourd’hui et demain, d’y travailler.
M. Dosanjh, lui, multiplie les objections, notant au passage que les premiers ministres ont accouché de cette idée après seulement deux ou trois jours de réunion «derrière des portes closes. Tel qu’il a été proposé, ce n’est pas un plan intégré. Il sépare les générateurs de coûts, qui sont essentiellement les hôpitaux, les médecins et les provinces, du payeur qui serait, dans leur plan, le gouvernement fédéral», dit-il.
Même s’il avoue ne pas connaître avec précision les lacunes des programmes provinciaux existants, M. Dosanjh soutient que la priorité doit être donnée à la mise en place d’une protection uniforme contre les coûts catastrophiques des médicaments. Il ajoute que cette protection doit s’inscrire dans un plan d’ensemble similaire à celui que son gouvernement propose.
Le plan fédéral prévoit des réinvestissements d’au moins neuf milliards sur cinq ans, dont quatre milliards pour réduire les listes d’attente dans cinq secteurs et deux milliards pour améliorer les soins à domicile. Ottawa propose aussi, mais sans chiffrer ses engagements, de s’attaquer aux soins de première ligne et aux coûts catastrophiques des médicaments.
Le fédéral insiste aussi pour que les provinces adoptent des critères communs pour mesurer les listes d’attente et évaluer les réformes, afin de pouvoir faire des rapports comparables à leur population respective. «Nous voulons être sûrs que l’argent que nous dépensons produit des résultats que les gens dans chaque province espèrent. Nous avons une obligation de nous assurer que l’argent que nous dépensons entraîne des résultats qui sont d’une certaine manière mesurables», dit-il.
La plupart des provinces avaient accueilli froidement la proposition fédérale, ce qui les avait amenées à présenter la leur, creusant ainsi un fossé avec Ottawa, à la veille de la conférence de la mi-septembre, et jetant un doute sur ses possibilités de succès. Ottawa a d’ailleurs modéré ses attentes depuis lors. Le premier ministre du Canada, Paul Martin, qui avait promis de faire durer la réunion aussi longtemps que nécessaire pour en arriver à un accord sur 10 ans qui serait en mesure d’assurer la viabilité du système pour une génération, a reconnu la semaine dernière qu’il faudrait peut-être plus d’une rencontre. M. Dosanjh avait fait le même constat.
La tâche sera d’autant plus compliquée que le premier ministre albertain, Ralph Klein, a prévu de n’assister qu’à la première journée de la rencontre, une décision que M. Dosanjh aimerait bien voir renversée.
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