Une ancienne taupe du SCRS rompt le silence
11 août 2004
Canada
Ottawa — Grant Bristow, qui avait infiltré une organisation suprémaciste blanche pour le compte des services secrets canadiens, a rompu le silence, affirmant avoir effectué cette mission ingrate parce qu'il s'agissait de «la bonne chose à faire».
Pour la première fois depuis qu'il a fait parler de lui dans les médias, il y a 10 ans, M. Bristow s'est exprimé publiquement au sujet de son controversé rôle de taupe du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Sa version des faits est publiée dans le numéro de septembre du magazine The Walrus.
Âgé de 46 ans, M. Bristow, qui a pendant longtemps vécu dans l'anonymat sous un nom d'emprunt, s'est entretenu avec le journaliste Andrew Mitrovica dans une banale chambre de motel d'Edmonton, dans l'espoir d'effacer une fois pour toutes son image publique de semeur de haine.
«Le moment est venu pour moi de dire: non coupable», a-t-il affirmé à M. Mitrovica.
Loin d'être raciste, M. Bristow était déterminé à faire du monde «un endroit moins détestable», a-t-il insisté.
Sa mère, Janet, avait inculqué à Grant Bristow un respect des droits de la personne et de toutes les races, est-il écrit dans l'article. Les pénibles souvenirs d'un ami de la famille ayant survécu à l'Holocauste laissèrent «une marque indélébile» sur le jeune Bristow.
Les liens de M. Bristow avec le SCRS ont commencé en 1986, alors qu'il travaillait comme conseiller en matière de sécurité et qu'un diplomate sud-africain a tenté de le persuader d'espionner des opposants canadiens à l'apartheid. Un ami lui a alors recommandé d'approcher les services secrets fédéraux.
«Dans la nomenclature des espions, Bristow était devenu un "actif"», a écrit l'auteur de l'article.
Sa rencontre fortuite avec un membre de l'extrême droite devait éventuellement mener M. Bristow à occuper un rôle central dans l'opération Gouverneur, une enquête menée par le SCRS sur le mouvement suprémaciste blanc. M. Bristow menait une double existence, travaillant le jour comme enquêteur d'une société de transport maritime et passant ses soirées et ses fins de semaine à entretenir ses liens avec la droite raciste, selon l'article.
«Je surveillais les groupes haineux violents, y raconte M. Bristow. C'était la bonne chose à faire.»
Pendant qu'il infiltrait l'organisation raciste Heritage Front, les renseignements fournis au SCRS ont mené à l'arrestation et à l'expulsion du pays de certains suprémacistes, selon l'article de The Walrus.
Au début de 1994, convaincu que Heritage Front était sur le point d'imploser, M. Bristow avait l'intention de mettre un terme à son implication au sein de l'opération Gouverneur. Peu de temps après, son rôle était révélé par le Toronto Sun, poussant la taupe et les membres de sa famille à entrer dans la clandestinité.
Pour la première fois depuis qu'il a fait parler de lui dans les médias, il y a 10 ans, M. Bristow s'est exprimé publiquement au sujet de son controversé rôle de taupe du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Sa version des faits est publiée dans le numéro de septembre du magazine The Walrus.
Âgé de 46 ans, M. Bristow, qui a pendant longtemps vécu dans l'anonymat sous un nom d'emprunt, s'est entretenu avec le journaliste Andrew Mitrovica dans une banale chambre de motel d'Edmonton, dans l'espoir d'effacer une fois pour toutes son image publique de semeur de haine.
«Le moment est venu pour moi de dire: non coupable», a-t-il affirmé à M. Mitrovica.
Loin d'être raciste, M. Bristow était déterminé à faire du monde «un endroit moins détestable», a-t-il insisté.
Sa mère, Janet, avait inculqué à Grant Bristow un respect des droits de la personne et de toutes les races, est-il écrit dans l'article. Les pénibles souvenirs d'un ami de la famille ayant survécu à l'Holocauste laissèrent «une marque indélébile» sur le jeune Bristow.
Les liens de M. Bristow avec le SCRS ont commencé en 1986, alors qu'il travaillait comme conseiller en matière de sécurité et qu'un diplomate sud-africain a tenté de le persuader d'espionner des opposants canadiens à l'apartheid. Un ami lui a alors recommandé d'approcher les services secrets fédéraux.
«Dans la nomenclature des espions, Bristow était devenu un "actif"», a écrit l'auteur de l'article.
Sa rencontre fortuite avec un membre de l'extrême droite devait éventuellement mener M. Bristow à occuper un rôle central dans l'opération Gouverneur, une enquête menée par le SCRS sur le mouvement suprémaciste blanc. M. Bristow menait une double existence, travaillant le jour comme enquêteur d'une société de transport maritime et passant ses soirées et ses fins de semaine à entretenir ses liens avec la droite raciste, selon l'article.
«Je surveillais les groupes haineux violents, y raconte M. Bristow. C'était la bonne chose à faire.»
Pendant qu'il infiltrait l'organisation raciste Heritage Front, les renseignements fournis au SCRS ont mené à l'arrestation et à l'expulsion du pays de certains suprémacistes, selon l'article de The Walrus.
Au début de 1994, convaincu que Heritage Front était sur le point d'imploser, M. Bristow avait l'intention de mettre un terme à son implication au sein de l'opération Gouverneur. Peu de temps après, son rôle était révélé par le Toronto Sun, poussant la taupe et les membres de sa famille à entrer dans la clandestinité.
- » scrs
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