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Vérification à Postes Canada - André Ouellet s'explique dans une lettre au ministre McCallum

5 août 2004  Canada
Ottawa — Le ministre du Revenu, John McCallum, a reçu, mardi soir, une lettre du président suspendu de la Société canadienne des postes, André Ouellet, dans laquelle ce dernier tente de justifier les conclusions «troublantes» d'un rapport de vérification dévoilé la semaine dernière.

Le document concluait que M. Ouellet a dérogé aux pratiques d'embauche de la société d'État à au moins 80 reprises, qu'il est intervenu dans l'attribution de contrats totalisant 35 millions de dollars et qu'il a omis de fournir les pièces justificatives pour ses dépenses de voyages et d'hébergement, lesquelles ont oscillé entre 127 000 $ et 327 000 $ par année.

Le porte-parole du ministre McCallum, Shane Diaczuk, a refusé de préciser hier si les explications de la missive permettraient au président-directeur général de conserver son poste. M. Ouellet est suspendu, avec salaire, depuis le 24 février, soit quelques jours après le dépôt du rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur le scandale des commandites, auquel a été mêlé Postes Canada.

John McCallum a poursuivi hier ses consultations avec les membres du conseil d'administration de Postes Canada avant de trancher quant à l'avenir professionnel d'André Ouellet. Il devrait prendre sa décision d'ici quelques jours, après en avoir discuté avec le premier ministre Paul Martin et les responsables du Conseil du trésor.

M. Diaczuk a précisé que M. McCallum était prêt à rencontrer M. Ouellet, mais que ce dernier ne lui avait pas encore formulé pareille demande.

Samedi, l'ancien ministre libéral a prétendu qu'il méritait les deux millions de dollars qu'il a dépensés en frais de déplacement et d'hébergement ces huit dernières années. Il a notamment souligné au quotidien Ottawa Citizen qu'il avait redressé la société d'État, qui a déclaré un revenu net de 235 millions de dollars en 2003. Il a en outre assuré qu'il avait observé toutes les règles en vigueur. «Je ne suis pas du tout embarrassé par mes dépenses», a-t-il soutenu lors de sa seule interview depuis la publication du rapport de vérification de la firme Deloitte & Touche. «Mes voyages visaient à promouvoir [la société] et à permettre à [la société] d'être plus rentable et mieux dirigée», a-t-il avancé.
 
 
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