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Le rôle d'Ottawa divise les provinces

Seul le sous-financement du fédéral en santé fait l'unanimité

31 juillet 2004  Canada
Niagara-on-the-Lake — Les provinces canadiennes ont convenu hier d'exiger du gouvernement fédéral qu'il assume le quart des dépenses de santé au pays, en plus de créer un système national d'assurance-médicaments. Mais l'unanimité s'arrête là.

Au terme de deux jours de discussions à Niagara-on-the-Lake, en Ontario, le Conseil de la fédération est demeuré divisé sur l'opportunité de permettre au fédéral d'imposer des priorités d'investissement aux provinces en matière de santé.

«Le gouvernement du Québec et les Québécois sont opposés à des programmes ciblés et nous n'allons pas accepter des programmes ciblés, a tranché le premier ministre Jean Charest, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion. C'est le Québec qui est responsable et compétent pour livrer les services de santé. Nous n'allons accepter aucune condition».

De son côté, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, s'est montré beaucoup plus conciliant. Il se dit tout à fait disposé à «travailler avec le gouvernement fédéral pour créer un "panier" de fonds ciblés, sur des services choisis par Ottawa et le gouvernement ontarien.»

Si elles n'ont pu trouver un terrain d'entente sur cette question, les provinces ont fait l'unanimité en ce qui concerne le sous-financement du système de santé.

Le gouvernement fédéral, ont estimé les premiers ministres, devra fouiller dans ses goussets et investir bien plus que les neuf milliards de dollars sur cinq ans promis par le premier ministre du Canada, Paul Martin, lors de la dernière campagne électorale. De fait, la part des dépenses assumées par Ottawa en matière de santé devra passer de 16 à 25 %, ont-ils conclu.

Le Conseil de la fédération n'a pas mis de chiffres sur la table, mais d'après l'évaluation du gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral devrait injecter quelque 28 milliards de dollars d'ici 2010 dans le système de santé pour relever la barre à 25 %.

«C'est une évaluation qui est extrêmement objective, a expliqué le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier. Elle est fondée sur des calculs très simples de ce que représentent les dépenses en matière de santé, et de ce qu'elles représenteront dans les prochaines années».

Mais selon la conjoncture, «cette somme peut évoluer», a nuancé M. Charest.

Les provinces ont aussi convenu de demander au gouvernement Martin de mettre en place, immédiatement, un «pharmacare», un régime national, universel, d'assurance-médicaments.

Le Québec, qui gère déjà son propre programme, ne sera pas pénalisé, a assuré le premier ministre Charest. «Il est entendu que le Québec maintiendra son programme et recevra un dédommagement comparable pour le régime qui sera mis en place», précise d'ailleurs le communiqué final de la réunion. «On n'a rien cédé, zéro, a dit M. Charest. Nous nous attendons à être pleinement compensés. Je veux que cela soit compris».

Ce droit de retrait avec compensation est l'un des aspects avantageux du fédéralisme canadien, a-t-il dit. Parallèlement, les premiers ministres ont dénoncé les compressions d'Ottawa dans le programme de péréquation ces dernières années et réclamé un redressement des versements au niveau de 2000-2001.

«De 2002-2003 à 2003-2004, on s'est fait couper, au Québec, 2,1 milliards de dollars», a dénoncé le premier ministre québécois.

Les provinces et les territoires défendront leur position devant le gouvernement fédéral, le 13 septembre à Ottawa, à l'invitation du premier ministre Paul Martin.
 
 
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