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Martin donnera son feu vert au bouclier antimissiles

La souveraineté du Canada demeurerait intacte

12 juillet 2004  Canada
Paul Martin n’a encore rien révélé à l’ambassadeur américain au Canada.
Photo : Jacques Nadeau
Paul Martin n’a encore rien révélé à l’ambassadeur américain au Canada.
Ottawa — Quelques jours seulement après les récentes élections, Paul Martin a informé les autorités américaines que le Canada annoncera sous peu s'il participera ou non au controversé projet de bouclier antimissiles. Et tout indique que la réponse sera positive.

Alors que le site Web du ministère des Affaires étrangères a déjà étalé les avantages d'un bouclier antimissiles, des sources bien informées des deux côtés de la frontière ont souligné que la participation du Canada est «presque certaine».

Un conseiller de Paul Martin a toutefois indiqué que le premier ministre n'a encore rien révélé à Paul Cellucci, l'ambassadeur américain au Canada. La semaine dernière, les deux hommes ont discuté au téléphone et Paul Martin lui aurait affirmé qu'avec l'automne qui approchait, le Canada se préparait à annoncer sa décision sur le projet.

Scott Reid, conseiller du premier ministre, a précisé que Paul Martin a appelé Paul Cellucci pour échanger sur plusieurs sujets et pour remercier les États-Unis des félicitations reçues à la suite de sa victoire aux élections du 28 juin.

À plusieurs reprises pendant la campagne électorale, Paul Martin a réfuté les allégations des néo-démocrates qui affirmaient qu'un bouclier antimissiles allait mener à la militarisation de l'espace.

Étape à franchir

La première étape à franchir pour assurer la participation canadienne au projet consiste à relier le système de commandement de la Défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad), situé au Colorado, aux installations de contrôle du bouclier qui ont récemment été construites.

Le Canada devrait rendre sa décision au plus tard à la fin du mois de septembre. Un haut fonctionnaire fédéral a souligné que Paul Martin est d'accord avec les modifications à apporter au Norad, qui amèneraient des militaires canadiens à appuyer les Américains dans l'administration du bouclier antimissiles.

Un refus de collaborer avec les Américains pourrait mettre en péril Norad, qui constitue en quelque sorte la base de la politique de défense du Canada depuis de nombreuses années.

Par ailleurs, dans son site Internet, le ministère des Affaires étrangères défend le projet de bouclier antimissiles.

Il y a quelques mois, un document affiché dans le site concluait que «le gouvernement est déterminé à assurer... la sécurité du Canada et des Canadiens».

Le document soulignait aussi que le fait d'étudier une éventuelle participation du Canada au projet de bouclier antimissiles faisait partie des mesures que le gouvernement entend prendre pour assurer la sécurité du pays.

De nombreuses inquiétudes ont été soulevées face au projet, mais le gouvernement a déjà préparé des répliques précises.

Rodney Moore, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, affirme que la souveraineté du Canada demeurera intacte, qu'aucune arme ne sera envoyée dans l'espace et que seule une station radar en sol canadien est jusqu'ici prévue dans le projet. M. Moore ajoute qu'il ne faut pas craindre une prolifération du nucléaire avec ce projet car «tout ce dont on a besoin pour contrer l'attaque d'un missile est un impact à haute vitesse». Selon certaines sources, les Américains souhaitent avant tout un appui politique de façon à légitimer le projet aux yeux de la communauté internationale. Néanmoins, alors que les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont pu être réalisés avec de simples lames d'exacto, plusieurs personnes se demandent encore pourquoi il faudrait verser des milliards pour la construction d'un bouclier antimissiles.
 
 
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